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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 10:51

Le congrès du PS à Poitiers :

pour quels résultats ?

Derrière les discours qui se sont succédé sans surprise, plusieurs scènes aussi surréalistes que révélatrices des luttes internes ont valu le détour à Poitiers.

Il y a une scène : circulaire, avec le poing et la rose. Un décor, monumental, rouge-rosé. De la musique aussi : le seul endroit au monde où, dans une play-list, on met Pharrell Williams après le Chiffon rouge. Des acteurs viennent à la tribune ou passent en coulisse dire leur texte. Certains n’y croient même plus. Ce 77e congrès du Parti socialiste au parc des expositions de Poitiers était un grand théâtre politique. Sans fond. La pièce a duré trois jours. On hésite avec le style : un peu de théâtre de boulevard, beaucoup d’absurde…

Congrès de Poitiers : le rassemblement du PS prend du plomb dans l’aile.

Fin du congrès de Poitiers dimanche dans un climat de tensions que les bonnes figures ont tenté de minimiser.

Le congrès du PS s'est achevé dimanche à Poitiers, un rendez-vous que Jean-Christophe Cambadélis voulait comme un grand rassemblement unitaire de la majorité pour réussir la fin du quinquennat Hollande, mais les critiques d'Arnaud Montebourg et des frondeurs ont joué les trouble-fête.

La photo de famille clôturant les travaux aurait pu être parfaite. Manuel Valls, Jean-Christophe Cambadélis, Stéphane Le Foll, Jean-Marc Ayrault réunis rose à la main, chantant en cœur la Marseillaise, au lendemain d'un congrès qui avait aussi ovationné debout François Hollande. Or les responsables des “frondeurs” et de l'aile gauche avaient boudé l'estrade, confirmant la persistance d'un désaccord politique avec la direction du parti, exprimé tout au long du congrès. Martine Aubry n'était pas non plus visible ce dernier jour.

Leitmotiv d'une cohésion sans faille derrière François Hollande

Dans son discours de clôture, le premier secrétaire, élu il y a dix jours par 70 % des militants, a assuré qu'il serait "le garant de l'unité de tous". Jean-Christophe Cambadélis avait aussi affirmé, devant Manuel Valls assis au premier rang, qu'il était possible d'"infléchir" certains aspects de la politique économique, promettant un "débat amical" avec le gouvernement, en prévision des discussions budgétaires de l'automne. "Maintenant, il te faut finir le job !", a-t-il lancé au Premier ministre qui, la veille, avait affiché son intention de poursuivre résolument les réformes.

Le leitmotiv d'une cohésion sans faille entre le PS et l'exécutif derrière François Hollande, a été répété à l'envi. "Il est important que ceux et celles qui gouvernent soient rassemblés (...) Rien ne me fera dévier (du) chemin (des réformes), conforté par le soutien et l'engagement de ma famille politique", a dit lui-même le Premier ministre, qui a exprimé samedi sa "loyauté sans faille" au président.

Les clivages au sein du PS devraient réapparaître dès lundi autour du très controversé projet de loi Macron, qui retourne à l'Assemblée nationale. Manuel Valls, se montrant inflexible sur le travail dominical, n'exclut pas de recourir à l'article 49-3.

Attaque au vitriol

L’ex-ministre de l’Économie Arnaud Montebourg et l’homme d’affaires Mathieu Pigasse se sont vivement attaqué à la politique du gouvernement dans une tribune du Journal du Dimanche : "Hébétés, nous marchons droit vers le désastre. C’est la démocratie qui est cette fois menacée." Dans ce texte, les deux hommes en appellent à une "coalition des pays européens" pour une stratégie de "baisse d’impôts en faveur des ménages" et de résorption du déficit "par la croissance mais non par l’austérité".

«Le fossé se creuse entre le peuple et notre parti»

C’est la première personnalité de premier plan à monter à la tribune de Poitiers. Le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone attaque sa première phrase et… on lui coupe le micro. Manuel Valls vient d’entrer dans le parc des expositions de Poitiers. «Quel plaisir !», s’amuse-t-il. Valls s’installe. Bartolone reprend. Il veut que Poitiers serve à dire ce que les socialistes «veulent faire de ce deuxième temps du quinquennat». Il rappelle qu’il avait porté le débat sur les 3%, sa «conception» de l’Europe et la «confrontation» avec l’Allemagne. Et à ses camarades socialistes qui parlent de «compétitivité» ou de «charges», il lance : «Faisons attention aux mots que nous employons». «Sans notre action, c’est la main invisible du marché, insiste le patron de l’Assemblée. Nous avons une autre orientation à leur proposer».

Avant lui, Marie-Noëlle Lienemann s’était pointée sur l’estrade avec un petit pull jaune et des mots forts. Les responsables socialistes précédents racontaient un monde de rêve. La sénatrice a pris un autre chemin : «Nous ne pouvons pas faire comme-ci la crise était derrière nous, comme-ci la chute des adhérents n’existait pas. Le fossé se creuse entre le peuple et notre parti.» Puis, elle ajoute : «Regardons la hausse du chômage la baisse du pouvoir d’achat, les défaites électorales et la montée du Front national. Le malaise est profond, on ne peut pas mener une politique libérale et dire que c’est une politique sociale-libérale. Où va notre parti s’il n’est plus à gauche ?» A la fin de son discours, elle récolte les premiers applaudissements nourris de cette matinée de congrès.

Secouer les siens, la députée Karine Berger, chef de file de la motion «La Fabrique socialiste» dans ce congrès (9,5%) s’y colle aussi : «Nous devons rappeler que dans socialisme, il y a social». Elle demande que le PS porte l’idée d’un «service public des maisons de retraite», écrive un «nouveau traité de Maastricht» et se batte pour le CV anonyme… que le gouvernement vient d’enterrer. «Etre responsable, quand on est socialiste c’est défendre […] nos idéaux, poursuit-elle. Le PS peut prendre des risques qu’un gouvernement ne prend pas».

De ce congrès de Poitiers, qu'allons nous retenir ? Quelles options pour recoller avec la Gauche et ses électeurs ? On ne peut guère se cacher derrière des votes sans âmes et des réactions courtoises convenues, ni M.Valls, ni F.Hollande sont reconnus…

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Published by radicalisme-finisterien - dans Politique