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17 juin 2015 3 17 /06 /juin /2015 08:50

Les rois nus

Dette grecque : préparez vos oreilles,

les révélations vont faire mal !

Alors que l’hypothèse d’un défaut grec se précise et que la plus grande confusion règne dans le camp des créanciers (le FMI et les « Européens » sont divisés, ce qui n’est pas nouveau) des langues commencent à se délier. Quand tout cela sera fini, on peut s’attendre à quelques aveux croquignolets qui risquent de décoiffer jusqu’aux mieux permanentés de nos européistes. Pour les plus impatients, voici déjà un avant-goût :

1) En mars dernier, un membre du FMI, le Brésilien Paolo Batista, déclarait sur une chaîne de télé grecque que la majeure partie de l’argent qui avait été prêté à Athènes l’avait été pour secourir des créanciers privés, en aucun cas pour aider le pays. « La Grèce a reçu des sommes énormes, mais cet argent a été principalement utilisé pour permettre le désengagement, par exemple, des banques françaises ou allemandes » affirme-t-il dans la vidéo ci-dessous

:https://www.youtube.com/watch?v=3-kWcvaDh9g

2) Plus récemment c’est Philippe Legrain qui confirme la chose. L’ancien conseiller économique de José Manuel Barroso était auditionné jeudi dernier par la « Commission pour la vérité sur la dette grecque », mise sur pieds par la présidente du Parlement hellène Zoé Konstantopoulou. Il y a affirmé ceci : « en 2010, les grands dirigeants européens et le directeur du FMI de l’époque, Dominique Strauss-Kahn, ont délibérément refusé de considérer la Grèce comme insolvable dans le but de protéger les intérêts des grandes banques européennes. En effet, selon les statuts du FMI, cette institution ne pouvait pas prêter à un État dont la dette était déjà insoutenable ».

Pourtant, il était indispensable de prêter à la Grèce. Pour quelle raison ? Pour l’aider à sortir du marasme ? Pour le bien de son peuple ? Pour sauvegarder l’idéal européen ? Pas du tout ! Pour aider les banques françaises et allemandes, principales créancières d’Athènes et respectivement engagées à hauteur de 20 et 17,2 milliards d’euros, à retirer leurs billes sans une égratignure. Ce qui fut d'ailleurs grandement facilité par la Banque centrale européenne. En effet, Legrain révèle ceci : lorsque la BCE se décide, en 2010, à intervenir sur le marché secondaire et à y racheter de la dette souveraine dans le cadre du programme SMP (Securities Market Program), c’est pour partie aux banques françaises et allemandes détentrices d'obligations grecques qu'elle rachète des titres. A un bon prix d'ailleurs, toujours selon l'économiste. Ce qui non seulement permet à ces grandes banques de ne rien perdre mais qui leur permet aussi.... de gagner !

3) Enfin, peut-être finira-t-on par se souvenir, comme on avait déjà tenté de l’expliquer ici, que l’argent ne se prête pas gratuitement. Ainsi, certains des créanciers de la Grèce ont réalisé des profits en lui faisant crédit. Et oui : ils ont empoché le montant des intérêts correspondant aux prêts consentis.

Mais tout cela n’est rien pour l'heure. Pas de quoi s’affoler. En tout cas, il y en a qui restent sereins. Terminons donc sur une note d'optimisme printanier et de candeur sucrée :

Publié par Coralie Delaume à 12:53

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Libellés : banques, Barroso, BCE, crise de la dette, dette grecque, défaut partiel, Europe,target="_blank" </a>href="http://l-arene-nue.blogspot.fr/search/label/FMI">FMI, Grèce, Paolo Batista, bel/Europe">/search/label/Philippe%20Legrain">Philippe Legrain, Programme SMP, Zoé Konstantopoulou

  1. Répondre

    Anonyme15 juin 2015 13:18

    Les dettes grecques dans les banques allemandes ou françaises concernaient des épargnants style assurances vie françaises ou allemandes, pas des épargnants forcément riches. Le bonneteau a consisté à transférer la dette grecque sur une assiette plus large, les contribuables français ou allemands, pas forcément épargnants. Sauver les banques, a consisté aussi à sauver des épargnants pas si riches, l'oublier c'est un peu louper le centre du problème, des contribuables ou et épargnants pas richissimes de pays parfois aussi plus pauvres que la Grèce qui regimbent à soutenir un pays moins mal en point que certains pays qui le renflouent. Si vous oubliez que l'Europe n'est pas faite que d'épargnants ou de populations de riches contribuables en regard de la Grèce, alors vous avez complètement raté le problème.

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    • Coralie Delaume15 juin 2015 13:27

      Mais... qui a autorisé ces banques à jouer l'argent des épargnants pas forcément riche au casino ? Personne : elles se le sont autorisé elles-mêmes, faisant fi de toute prudence. Sanction in fine ? Aucune. Et sinon, quand on renfloue les banques comme on l'a beaucoup fait, pourquoi ne les nationalise-t-on pas ? Renflouer, c'est mettre de l'argent. En principe, quand je mets de l'argent, je deviens propriétaire. Logique non ? Et juste, me semble-t-il.

    • Anonyme16 juin 2015 20:37

      Et pourquoi moi, qui investit mon argent dans une epargne a faible rendement, mais dont les gerants ne prennent pas de risque, devrais-je payer pour ceux que leur 'gourmandise' a pousse vers des epargnes a rendement plus eleve, forcement plus risquees?

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      Anonyme15 juin 2015 13:51

      Euh, ca veut dire quoi renflouer les banques ? Les banques ont payé des intérêts sur les aides d'états, mais surtout ce sont les épargnants dans les banques qui ont été sauvegardés, c'est pour bonne partie, ce que vous oubliez, des épargnants souvent modestes qui allaient se retrouver en slip, pas Soros, d'où gros problème politique électoral en France ou Allemagne. Si la Grèce fait défaut, ce sont des contribuables de base allemands ou français qui vont essuyer les plâtres, d'où encore clashs électoraux. Les grosses fortunes ont mis leurs avoirs à l'abri par toutes sortes de montages fiscaux, pas les clients bidochons des banques allemandes ou françaises.

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      Anonyme15 juin 2015 14:14

      Les banques ont été renflouées par la nationalisation de leurs créances. Par ailleurs, nombreux sont ceux qui prétendent que les banques créent la monnaie, alors pourquoi dans ce cas était il nécessaire de renflouer des banques qui comme le baron de Münchhausen pouvaient se sauver en se tirant par les cheveux ? Vous voyez bien que le débat actuel est ridicule. Les banques sont incapables de se sauver en créant de la monnaie, ni en conservant des créances insolvables qu'elles sont contraintes de transmettre dans le domaine public. La nationalisation de fait des banques a été faite en transmettant leurs dettes aux états. Une nationalisation de forme ne change rien au problème des banques qui de toute façons doivent gérer leurs engagements quotidiens que les compétences régaliennes de l'état sont totalement inaptes à gérer. Vous croyez sincèrement que Bercy maitrise les transactions financières au point de s'en prétendre maitre et expert ? Si oui, alors bon courage, car vous naviguez dans le brouillard de la pleine illusion.

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      • Coralie Delaume15 juin 2015 23:25

        Mais nationaliser les créances pourries, c'est nationaliser uniquement les pertes ! En gros, vous semblez considérer que le rôle de l'Etat c'est de prendre les pertes, cependant que celui du secteur privé serait d'empocher les bénéfices quoiqu'il arrive, y compris en cas de faute lourde. Car oui, prêter à un créancier insolvable quand on est banquier (la Grèce était insolvable, tout le monde le savait) est une faute lourde. Moins pudibonds, les Anglais, eux, ont nationalisé Northern Rock. Sinon, les banques créent en effet de la monnaie, mais uniquement à partir de monnaie banque centrale. Il faut donc une action de la BCE en amont.

      • Anonyme16 juin 2015 05:39

        Coralie, bonjour. Je ne suis pas le ou la même "Anonyme" qu'au-dessus. Vous dites, "les banques créent en effet de la monnaie, mais uniquement à partir de monnaie banque centrale". Selon ce documentaire pédagogique produit par des économistes et des entrepreneurs britanniques, il semblerait que non, que l'argent soit en très grande partie créé à partir de rien, sans intervention des banques centrales et sans réelle régulation, par des banques privées. Cette création monétaire dérégulée (et sans réelle monnaie, les opérations se résumant à des transferts de montants libellées en chiffres créés sur des ordinateurs) serait l'une des grandes raisons de l'augmentation exponentielle de la dette mondiale et des bulles successives qui engendrent crise sur crise. Étant une inculte en économie, je vous laisse juge de la valeur du travail de ces personnes. http://positivemoney.org/videos/97-owned-monetary-reform-documentary/

      • Anonyme16 juin 2015 10:27

        "les banques créent en effet de la monnaie, mais uniquement à partir de monnaie banque centrale" Drôle de gloubi boulga... Les banques privées ne créent pas de monnaie du tout, pas même à partir de monnaie centrale. Les banques privées ne font qu'emprunter de la monnaie déjà créée, c'est leur boulot qui s'appelle de l'intermédiation.

      • Coralie Delaume16 juin 2015 12:02

        Ah non, ce que vous dites est faux. La création de monnaie est le fait des banques commerciales. La création a lieu au moment où la banque commerciale octroie un prêt à un emprunteur. Elle ne le fait d'ailleurs pas à partir des dépôts préexistants, elle le fait par un jeu d'écriture, à l'actif et au passif de son bilan. C'est pour ça qu'on parle souvent de "création de monnaie ex-nihilo". Les banques commerciales ne transfèrent en aucun cas de l'argent créé par la Banque centrale vers ses clients, pour une raison simple : la monnaie banque centrale (ou monnaie centrale) ne va pas dans l'économie réelle. Elle reste sur les comptes que les banques commerciales ont auprès de la banque centrale et sert à compenser les mouvements entres les différentes banques privées. Elle sert aussi de réserves obligatoires, car la capacité de création de monnaie par les banques privées est limitée par le montant des réserves obligatoires que les banques commerciales détiennent auprès de la BC. Dans mon précédent commentaire, j'ai eu le tort de vouloir expliquer hyper vite un truc assez compliqué, ce qui n'était pas forcément malin. De votre côté, il n'est pas forcément malin non plus de parler sans savoir.

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        werebrouck15 juin 2015 22:37

        OUI, Mais l'irradiation provoquée par le défaut grec fera plus de mal encore. http://www.lacrisedesannees2010.com/2015/06/la-bombe-atomique-grecque-combien-de-megatonnes.html

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        Mike Guillaume16 juin 2015 01:07

        Très bon point sur l'absence de sanction et Northern Rock, Coralie... Les banques retent le seul secteur où l'on peut prendre des risques inconsidérés en faisant payer les autres (càd les contribuables) si çà ne marche pas. Too big to fail, disait-on pendant la précédente crise. Rien n'a change.

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        Anonyme16 juin 2015 13:14

        Enfin un papier de Coralie ! ... après une longue cure de James Ellroy ?

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        • Coralie Delaume16 juin 2015 14:06

          M'en parlez pas ! Je suis au milieu du Dalhia noir et ne parviens pas à trouver le temps de continuer !

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          Robert Mascarell16 juin 2015 14:29

          Coralie, j'apprécie beaucoup et votre article et les analyses posées que vous opposez à ce grand courageux d'Anonyme.

        • Anonyme16 juin 2015 21:52

          Bonjour et bravo pour cet article ! PS et UMP LES REPUB ont la trouille car les électeurs vont les cartonner ! C'est une honte que la dette grecque soit le fait de banques France et Allemagne....ça pue la magouille ! Qu'en pense le Front national ?

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        Published by radicalisme-finisterien - dans Politique Economie Europe