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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 14:48

Dialogue entre Socrate et l’ombre de Pellias, le navigateur

 

Le premier dit: « Pourquoi as-tu abandonné ce pourquoi le Cosmos t’a placé ? Pourquoi renier ton essence ? » Aucune réponse du second. Socrate renchérit: " Toi l’amuseur, plein d'élan libérateur et communicatif, dignes de ton accession au Cosmos, le pouvoir te traverse et t'efface. » Toujours rien. Socrate espère en une réaction: « Ton existence est en train de perdre son essence originelle muant en une permanence nocive artificielle pour les autres comme pour toi. Puisses-tu rétablir ton ascension avec tempérance et force d’âme dans la hiérarchie de notre société! » L'ombre de Pellias, le navigateur s'éclaircit mais resta muette. Socrate espère en un sursaut : « Toi le démocrate, riche d'idéaux et d'engagements dans des joutes à ta mesure et fort de ta morale de bâtisseur d'une nouvelle société, tu as cédé aux séductions de la République avec ses excès matériels, ses compromissions relationnelles, ses excitations illusoires, aux pouvoirs dérisoires. Réveille en toi sagesse et justice pour accéder à la transcendance de ton immanence originelle sans renier à ton combat dans l'élaboration d'un univers compatible avec ta quête d'une place dans le Cosmos des Dieux. » Aucun écho du navigateur. Socrate insiste : « La perfectibilité, tu l'avais en toi. Il te faut la retrouver, si tu veux la chercher, pour qu'enfin la lumière t'illumine et ne face plus de toi une ombre. Que mes réflexions servent à faire en toi le dialogue entre ton éthique et tes décisions futures. Ne compte que sur toi et ta positive volonté mais ne cherche pas à effacer ce qui est en ta faveur ou ta gloire ». Socrate conclue : « Tu as ton libre-arbitre mais celui-ci ne doit pas se manifester aux détriments des autres. Dans notre société aristocratique, il ne doit y avoir que des honnêtes citoyens, choisis par d’honnêtes citoyens, s'imposent de fait comme les plus aptes à diriger la cité pour la mener vers de bénéfiques horizons. Cela suppose de nouveau qu’un honnête citoyen, dans son état de simple particulier, soit assez avisé pour donner des conseils au monarque de quelque pays. Ne dirons-nous pas que le conseiller possède en propre le savoir que devrait avoir acquis celui qui exerce le pouvoir ? Rien n’est acquis et personne n’est irremplaçable. Celui qui navigue seul finalement s’échouera sur une île déserte avant d’atteindre ces bénéfiques horizons. » Nul ne sait, ni Socrate, ni Platon, ce que décida Pellias, le navigateur.

 

L’ombre de Pellias, le navigateur rejoignit Pellias, le navigateur, se fit aider de Pharos et sa barque à voile unique pour traverser l’Elyx, fleuve de l’oubli afin d’accoster en Amnésos, vaste contrée où le culte du passé n’est que négation du temps présent. Elle lui relata le contenu du monologue avec Socrate. Mais Pellias, ivre de gloire, drapé de son illusoire prestige et entouré de laudateurs dévoués, ne lui prêtât qu’une oreille sourde et peu sensible à la réflexion. Ces multiples plongeons en des sources variées et contradictoires le rendaient, pensait-il, invulnérable. Il retint de ce dialogue qu’il usait, à sa manière, du libre-arbitre, plus libre pour lui et plus arbitre envers les autres. Il souriait en estimant que le ciment de son existence reposait sur des serments qui, telles les têtes de l’hydre de Lerne, s’élaboraient en s’opposant sans hésitation ou sans regard en arrière. Une boucle infernale avec des serments maintes fois clamés le glaive hissé vers l’Olympe s’enchaînant avec réciprocité avec des serments maintes fois reniés le venin déversé dans le calice de l’honneur. Pellias, le navigateur, éleva les bras en signe de victoire vers le ponant en haut à gauche. Il se dit que puisque l’impunité lui était assuré, et les événements lui donnent raison, autant faire en sorte que cela persiste, quitte à briser, à renier et à nouer de nouveaux horizons.

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Published by radicalisme-finisterien - dans Billet d'humeur Politique
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