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2 novembre 2020 1 02 /11 /novembre /2020 18:44

"Vous tenez en vos mains l'intelligence et l'âme des enfants , vous êtes responsables de la patrie"

 

 

En hommage à Samuel Paty, une lettre consacrée à la mission de l'école publique et signée de Jean Jaurès, figure des débuts du socialisme, sera lue lundi 2 novembre dans les établissements scolaires. Mais que dit-elle exactement ?

 

"Pour renforcer les valeurs de la République", la lecture de la lettre de Jaurès "aux instituteurs et institutrices" de 1888, un texte fondateur mais difficile d'accès sur la mission de l'école publique, sera l'un des temps forts de l'hommage rendu lundi dans les établissements scolaires à Samuel Paty.

 

Cette lettre pose trois grands principes: l'engagement sans faille de l'enseignant "pénétré de ce qu'il enseigne", la mission émancipatrice de l'école publique "dans une démocratie libre" et la confiance dans le potentiel naturel de l'enfant "à la curiosité illimité". "Vous tenez en vos mains l'intelligence et l'âme des enfants , vous êtes responsables de la patrie", débute le texte publié dans le journal toulousain la Dépêche en 1888 par le jeune Jean Jaurès, alors âgé de 29 ans.

Plus jeune député de France (1859-1914), figure des débuts du socialisme et fondateur du journal l'Humanité, Jean Jaurès est passé à la postérité, aux côtés de Jules Ferry, comme l'un des premiers "hussards de la République". Son combat en faveur de la séparation de l'Eglise et de l'Etat aboutira en 1905 à la "loi de séparation".

 

 

Un hommage positif à l'enseignement

"La lecture de la lettre de Jean Jaurès aux instituteurs et aux institutrices, elle répond à cette demande de redonner le sens du métier tel que l'a voulu l'école publique à une autre époque, quand on était souvent dans des affrontements. À l'époque, c'était avec l'Église catholique", a estimé dans un entretien à France Info le sociologue Jean Viard.

Hommage positif à l'enseignement aux élancées lyriques, le texte ne désigne jamais frontalement aucun adversaire, ni dans l'Eglise, ni dans la croyance et peut être considéré à ce titre comme un texte d'apaisement. Reste-t-il encore audible, 140 ans après sa publication, pour les élèves qui entendront lundi sa récitation avant une minute de silence solennelle en hommage au professeur assassiné ?

François Mitterrand répondait déjà en 1988 à cette méfiance: "Il ne faut pas considérer Jaurès comme une sorte d'ancêtre statufié, peut-être momifié, car le combat qu'il a mené garde tout son sens. Il reste bien des libertés à conquérir, bien des droits de l'homme à étendre, bien des solidarités à vivre et c'est un combat qui ne finira pas avec nous", commentait le président de la République à l'inauguration du musée Jean Jaurès de Castres.

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