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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 07:21
Le journal Les Echos  publie un article, de son correspondant à New-York, qui met en évidence que les USA renforcent la création d'emplois industriels auparavant délocalisés. L'existence du Ministère d'Arnaud Montebourg n'est donc ni une lubie, ni une utopie.
L'actionnariat français saura-t-il se montrer à la hauteur des enjeux associés à l'avenir de notre pays ? Le patronnat français saura-t-il se montrer à la hauteur de notre avenir ? Le monde politique saura-t-il prendre les décisions vitales pour la reconstruction de notre potentiel  industriel ? 
Pour autant il ne s'agit pas forcément de "faire n'importe quoi" et de sacrifier  une certaine forme de protection de la nature pour complaire à de complexes lobbies industriels.
De quoi méditer en ces temps de vacances.
JP Bernard 
PRG29
Ci après l'article paru des Echos
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Les Etats-Unis sont entrés dans une phase de réindustrialisation
Par Karl de Meyer | 06/08 | 07:00

L'économie a créé 163.000 emplois en juillet, une performance décente mais insuffisante pour faire refluer le chômage. Les emplois industriels progressent, portés par l'énergie pas chère et le rapatriement d'emplois auparavant délocalisés.

Les Etats-Unis sont entrés dans une phase de réindustrialisation

Les chiffres du chômage publiés vendredi par le département du Travail offrent deux possibilités de lecture. On peut d'un côté saluer la création de quelque 163.000 emplois en juillet, la plus forte en cinq mois, largement au-dessus des attentes des analystes. De l'autre côté, on peut souligner que cela ne suffit pas pour faire refluer le chômage, qui progresse à près de 8,3 % (8,254 %, soulignent les conseillers du président Obama). Pour que le chômage baisse véritablement, il faudrait une création d'emplois mensuelle supérieure à 200.000. On peut toutefois dégager des derniers chiffres une tendance intéressante : la progression de l'emploi industriel. Le secteur manufacturier a créé le mois dernier plus de 25.000 jobs, dont presque la moitié dans le secteur automobile. Cette performance témoigne d'un mouvement profond : la réindustrialisation du pays.

Dans une étude intitulée en clin d'oeil « La révolution réindustrielle » publiée fin juillet, les analystes d'ING montrent que, depuis la dernière récession, « l'essentiel de la croissance américaine a été portée par les biens de production, et le marché du travail a vu une progression inédite des emplois industriels, exactement le contraire de ce que l'on a pu observer lors de précédents cycles économiques ». Dans le cycle présent, « le secteur des services n'a que peu ajouté à la croissance, et la construction a en fait été un léger frein ». Le regain de l'industrie américaine s'explique de plusieurs manières. D'abord par les efforts de l'administration Obama pour doper les exportations. Les ventes à l'étranger représentent actuellement 13,5 % du PIB contre seulement 9 % en 1995. Ensuite, insistent les équipes d'ING, par l'avantage compétitif que les industriels américains tirent d'une énergie bon marché, notamment grâce aux gaz de schiste. Le BDI, qui défend les intérêts de l'industrie allemande, concurrente de l'industrie américaine, a régulièrement attiré l'attention de Berlin sur cet important facteur de compétitivité. Au moment où les PME allemandes championnes de l'exportation voient leur facture d'électricité grimper, pour cause de sortie de l'atome. Enfin, il y a un mouvement de relocalisation vers les Etats-Unis d'emplois auparavant transférés vers des pays à bas coûts de main-d'oeuvre. La presse américaine regorge d'histoires d'entreprises, de toutes tailles, qui rapatrient des unités de production, frustrées par la lenteur de l'acheminement, l'augmentation du prix du transport maritime ou le taux de défauts des produits livrés.

Des travailleurs qualifiés

Les industries intensives en facteur travail, comme le textile ou l'électronique, où il y a beaucoup d'assemblage sont moins concernées que les fabricants d'engins massifs, pour lesquels le travail consiste plus à assurer le bon fonctionnement de lignes de montage automatisées qu'à assembler des pièces. Ces derniers investissent de plus en plus aux Etats-Unis, à l'instar de GE ou de Caterpillar. Ils y trouvent des travailleurs qualifiés et sont plus proches de leurs clients, toujours plus impatients.

Qui plus est, comme l'expliquait récemment Jeff Immelt, le patron de GE, « avec toute la technologie que nous avons maintenant dans nos usines, le facteur coût du travail est devenu une composante relativement mineure, c'était différent il y a dix ans ». Cela dit, ce mouvement de réindustrialisation ne suffira pas à faire descendre le chômage nettement en dessous de son niveau actuel. D'autant que plusieurs menaces pèsent sur l'emploi américain. La Maison-Blanche surveille de très près la crise de la zone euro, qui déprime la demande européenne.

La Federal Reserve met en garde contre les effets des réductions automatiques des dépenses fédérales qui doivent survenir en janvier, si le Congrès ne change pas les textes actuels. Il s'ensuivrait des pertes de contrats importantes pour l'industrie de l'armement et probablement un grand nombre de licenciements.

BUREAU DE NEW YORK
Karl de Meyer
BUREAU DE NEW YORK
Karl de Meyer
Écrit par Karl de MEYER
Correspondant à New York
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