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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 10:06

Jean-Michel Baylet, nouveau "patron" de la majorité ! Enfin presque...
 

Mercredi 17 Septembre 2014 à 05:00

Bruno Rieth propose son analyse de la situation de la majorité qui se transforme dans Marianne.

Comme nous l’avions annoncé, Manuel Valls a passé le barrage du vote de confiance. Mais, s'il a bien reçu le nombre de suffrages suffisants pour éviter de se retrouver en minorité, ce scrutin démontre clairement une base politique qui se réduit à vue d’œil. Les "frondeurs" progressent, les écolos sont unis dans le doute et le PRG de Baylet joue presque désormais les arbitres des élégances. C'est dire...

Jean-Michel Baylet (et ses 0,64 % à la primaire de 2011) au côté de François Hollande et Manuel Valls - CHESNOT/SIPA

 

Cinq mois. Cinq petits mois séparent les deux votes sur la déclaration de politique générale du gouvernement Valls 1 et Valls 2. C’est peu cinq mois, et pourtant, durant ce court laps de temps, la situation s’est clairement dégradée pour le Premier ministre. Le 8 avril dernier, ils étaient 306 députés à lui accorder leur confiance et 239 à lui refuser. Le seul groupe socialiste (SRC) comptabilisait 279 votes de soutien, ce qui suffisait à Manuel Valls pour gouverner avec une majorité absolue fixée alors à 273. À l’époque, seuls 11 députés socialistes s’étaient abstenus. On retrouvait déjà Pouria Amirshahi, Fanély Carrey-Conte, Pascal Cherki ou encore Henri Emmanuelli. Pour résumer, principalement l’aile gauche du PS du courant Un Monde d’avance. Les écologistes, tout juste sortis du gouvernement étaient encore divisés sur la stratégie à adopter. Dans un vote dispersé, ils étaient 10 à soutenir le gouvernement (dont les deux co-présidents du groupe, Barbara Pompili et François de Rugy) et 6 à s'abstenir comme Sergio Coronado, Eva Sas ou encore Noël Mamère. Côté députés du Front de gauche, ils étaient 12 à voter contre en toute logique. Les radicaux étaient 13 à soutenir le gouvernement. Là aussi logique, les députés PRG ne pouvaient pas désavouer un exécutif comptant des ministres radicaux.

Mais voilà, depuis avril dernier, Manuel Valls n’a pas chômé. Poussé peut-être par un François Hollande persuadé du bien-fondé de sa politique envers et contre tous, celui-ci a préféré faire la part belle aux revendications de Gattaz plutôt que de tendre l'oreille aux revendications des députés de sa propre majorité, qu'ils soient « frondeurs », écolos ou même chevènementistes.

Résultat, un vote de confiance obtenu ce mardi 16 septembre mais qui, au regard des suffrages exprimés, risque de donner quelques sueurs froides à l’équipe du Premier ministre et annonce des « emmerdes » en perspective pour les prochaines discussions sur le budget.

Les conseils généraux sauvés pour Baylet ?

Pour ce vote, la majorité absolue était de 257 voix. Problème : au sein du groupe PS, ils n’étaient que 253 députés socialistes à voter pour la confiance. Traduction : Valls ne possède plus qu’une majorité relative à l’Assemblée. Pis, il lui faut désormais compter beaucoup sur les radicaux… Chez les « frondeurs », ils sont 31 à avoir franchi le pas de l’abstention rejoint par les trois chevènementistes du groupe SRC. « Un avertissement sérieux qui doit être pris par l’exécutif », selon l’un des abstentionnistes. C’est que pour un mouvement qui n’a véritablement que 5 mois d’existence, ils ont triplé leur effectif. Si aucun n’a osé le vote contre, il reste encore deux ans et demi à tenir. Vu les cinq derniers mois, il n'est pas sûr que cette question ne vienne pas un jour titiller certains.

C’est côté écolo que la surprise est de taille. Comme nous l'avions écrit, Manuel Valls a réussi à unir les écologistes… contre lui. Ils sont 17 à s’être abstenus mise à part la député Isabelle Attard qui a voté contre (elle vient tout récemment de rejoindre les rangs de l'organisation Nouvelle donne). Un vote de groupe donc. Incroyable pourrait-on dire. Valls architecte... de la réunification des députés verts, c’en est presque émouvant...

Finalement, le vrai grand (et inattendu) gagnant de ce scrutin se prénomme Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche et heureux détenteur de 0,64 % des voix à la primaire de 2011 ! Durant l’été, celui-ci a mis un « coup de pression » à Manuel Valls au sujet de sa réforme territoriale, menaçant de lui retirer son appui et par la même occasion, ses ministres. En cause, le projet de suppression des conseils généraux. Il faut croire qu'en vieux briscard de la politique, le patron de La Dépêche du Midi avait anticipé qu'il serait bientôt en position de force. Bien vu puisque le Premier Ministre, dans son discours de politique générale, vient d’enterrer la disparition pure et simple des conseils généraux. Logiquement, les députés radicaux lui ont donc accordé leur confiance. Ce qui, au final, se traduit dans les suffrages par 269 voix pour Manuel Valls contre 244 contre (ces derniers n'étaient que 239 lors du dernier vote).

Un vote de confiance acquis donc, mais à quel prix ? Alors qu’en avril dernier la différence entre les pour et les contre était de 67 voix, aujourd’hui, il n'y a plus que 25 voix d'écart… Vingt-cinq petites voix, une peau de chagrin. Surtout, les frondeurs, s’ils restent encore dans une logique d’abstention, progressent par rapport à leur situation d'il y a cinq mois. Sur un vote de confiance, ce n’est pas anodin. Enfin, le torchon entre le gouvernement et les Verts ne brûlent plus seulement. Il est calciné, réduit en cendre.

Conclusion, il y a des chances que, pour Manuel Valls, ce vote de confiance ne lui inspire pas vraiment… la confiance justement.


Tags : austérité, Hollande, libéralisme, Manuel Valls, Vote de confiance

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Published by radicalisme-finisterien - dans Politique Actualités du PRG National
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