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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 13:06
1914-1918 - Fusillés - Roger-Gérard Schwartzenberg

1914-1918

 

RÉHABILITER LES FUSILLÉS POUR L’EXEMPLE

 

Roger-Gérard SCHWARTZENBERG, président du groupe RRDP

(Radical, Républicain, Démocrate et Progressiste) :

 

 

« À la veille de la commémoration de l’armistice et de l’hommage de la Nation à ceux qui sont morts pour la France, il importe de rendre enfin justice aux oubliés de la Grande Guerre.

Entre 1914 et 1918, près de 650 soldats français ont été fusillés pour l’exemple après avoir été condamnés à mort par des conseils de guerre, statuant de manière expéditive et sommaire, sur des chefs d’accusation le plus souvent infondés : refus d’obéissance, outrages et voies de fait sur supérieur, abandons de poste, etc.

 

Depuis, en un siècle, quelques rares réhabilitations isolées sont intervenues, dont celle, décidée en 2012 par le ministre délégué aux Anciens Combattants, du sous-lieutenant Chapelant, 23 ans, fusillé sur son brancard, comme le rappelle le film de Stanley Kubrick, « Les sentiers de la gloire » (1957), interdit de projection en France à sa sortie.

 

En novembre 1998, à Craonne, Lionel Jospin, évoquant le sort de ces soldats, a souhaité leur « réintégration dans la mémoire collective ». En novembre 2008, Nicolas Sarkozy a tenu des propos analogues à Douaumont.

 

Il est indispensable de réexaminer l’ensemble des dossiers des fusillés pour l’exemple, dont la très grande majorité sont innocents des faits qui leur ont été reprochés, et de procéder enfin à leur réhabilitation. »

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Fusillés pour l'exemple pas trouvé l'auteur du dessin dommage.

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Published by radicalisme-finisterien - dans Politique Actualités du PRG National Histoire
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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 17:41
Les débris de l’A321, le lendemain de son crash en Egypte - AFP PHOTO/KHALED DESOUKI

Les débris de l’A321, le lendemain de son crash en Egypte - AFP PHOTO/KHALED DESOUKI

Crash du Sinaï : généalogie d’une illusion collective

Rarement une revendication d’attentat aura été traitée avec autant de circonspection. Voici ce que ce déni dit de nous.

 

Rarement une revendication d’attentat aura été traitée avec autant de circonspection que celle de l’organisation État Islamique concernant le crash de l’Airbus A321 Metrojet dans le Sinaï [...].

Making of

Laura-Maï Gaveriaux est philosophe et « plume internationale indépendante ». Ce billet a été publié, en deux parties, sur le site Intégrales productions. Nous le reproduisons ici, en quasi-totalité, avec l'accord de l'auteur.

 

Photo :Les débris de l’A321, le lendemain de son crash en Egypte - AFP PHOTO/KHALED DESOUKI.

Source : http://rue89.nouvelobs.com/

Retour sur une illusion collective.

Silence gêné des Etats-Unis.

Pour rappel de la chronologie, l’avion de la compagnie russe, qui transportait 224 occupants à son bord, s’est écrasé dans le Sinaï égyptien le 31 octobre, dans le centre de la péninsule.

La sécurité y est beaucoup moins problématique que dans le nord, où le groupe Wilayat Sinaï (affilié à l’Etat Islamique), a pris ses quartiers depuis 2011. C’est le soir même que l’organisation Etat Islamique (EI), par son canal officiel sur Twitter, a revendiqué l’attentat.

S’est alors ouverte une période de débats sur l’authenticité et la crédibilité de la revendication, entre les dénégations des officiels russes et égyptiens et l’analyse des journalistes, plus ou moins spécialistes du sujet.

Les silences gênés des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France devront plus tard se révéler comme diversement motivés.

La folle semaine d’une revendication terroriste.

Le lendemain du crash, en France, comme le rapporte le site Arrêt sur images, le journaliste de RFI David Thomson juge à chaud que la revendication devait être prise au sérieux.

tweets-crash-sinai-davidthomson_0_1.pngTweets de David Thomson - compte Twitter du journaliste

 

 

Étant parmi les spécialistes des mouvements djihadistes les plus pointus du moment, Thomson s’appuie sur deux arguments.

  • De fait, un canal officiel de l’EI n’a jamais revendiqué d’attentat sans en avoir été à l’origine ;
  • Par ailleurs, un mensonge découvert serait une erreur de communication majeure pour un mouvement cherchant à s’établir comme autorité territoriale, politique et guerrière.

Le mouvement risquerait de se décrédibiliser auprès de ses aspirants, et face à ses principaux concurrents (Al Qaeda en tête).

Le 4 novembre fut un jour de bascule.

Très vite, deux camps se constituent, avec d’un côté les sceptiques (par exemple Christophe Ayad, rédacteur en chef au Monde) ; de l’autre, un groupe d’analystes confirmés, remarqués sur Twitter pour leur activité de relais et de décryptage des questions djihadistes.

Les premiers s’appuient sur l’absence de missiles sol-air d’une telle portée dans cette zone, tandis que les seconds font valoir les lacunes sécuritaires dans les aéroports égyptiens.

31 Oct

n543423314_1464892_5953_normal.jpg David Thomson @_DavidThomson

@Alkanz de rien, non effet, il n'y a jamais eu de revendication opportuniste de leur part jusqu'à maintenant.

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Christophe Ayad @ChristopheAyad

@_DavidThomson @Alkanz jamais de revendication opportuniste mais jamais d'avion abattu non plus. Ça m'a l'air assez foireux

6:41 PM - 31 Oct 2015

  •  

Dès le 2 novembre, les choses commencent à évoluer : la compagnie Metrojet reconnait, à demi-mot, que la piste terroriste est envisageable [les médias aussi, ndlr]. Quant aux autorités russes, elles annoncent rouvrir les hypothèses.

Le 4 novembre est un jour de bascule. Les autorités britanniques reconnaissent, les premières, la possibilité de la thèse terroriste.

Quelques heures plus tard, l’EI publie une nouvelle vidéo de revendications. Cette dernière apporte peu d’éléments nouveaux, et pas de précisions quant au mode opératoire. Il s’agit donc uniquement d’un acte de communication caractérisé : ils défient les autorités russes, par un étonnant retournement rhétorique, de prouver qu’ils ne l’ont pas fait  !

Dans le même fichier audio, il est précisé que cet attentat a été commis pour célébrer l’anniversaire de l’allégeance du groupe à l’EI.

Le même jour, on apprend que les satellites américains ont détecté un flash de chaleur au moment du crash, soit le phénomène observé lors d’une explosion en vol, étayant la thèse de l’attentat.

Crash en Egypte, l’Etat islamique dans le viseur.

C’est également le 4 novembre qu’est publié un des tous premiers articles d’analyse proprement dite, s’éloignant de la simple question de savoir si la revendication de l’EI était juste ou non. Il est signé de Jean-Pierre Perrin dans Libération.

Il est l’un des seuls journalistes français à regarder ce qu’il se passe du côté de la Syrie, dans la province d’Idlib  : des zones où un cessez le feu a été conclu entre la coalition pro-Bachar et les insurgés.

Perrin rapporte que la trêve a été rompue par l’aviation russe qui, depuis, ne cesse d’intensifier ses bombardement dans les zones tenues par l’EI [pour se venger de l’Etat islamique, ndlr]. Pendant ce temps, le quotidien prépare sa une du lendemain, dont le timing est juste.

unelibe.jpgUne de Libération du 5 novembre

 

C’est en effet le 5 novembre que cette partie de l’histoire semble trouver sa résolution, alors que Libé titre «  Crash en Egypte, l’Etat islamique dans le viseur  ».

Quelques heures plus tard, le Royaume-Uni, par la voix de David Cameron, rapatrie ses ressortissants et suspend les liaisons aériennes avec Charm el-Cheikh. Les grandes chancelleries suivent quelques heures plus tard. Certaines à demi-mot, comme la France, dont l’état des relations diplomatiques avec l’Egypte lui impose la prudence dans ses propos publics. D’autres explicitement, comme les Etats-Unis, qui réactivent à cette occasion un axe Atlantique qui tendait à passer au second plan des priorités américaines ces derniers temps.

L’Egypte se cramponne.

Le vendredi 6, en fin d’après-midi, l’information sur les résultats de l’analyse des boîtes noires est diffusée. Il ne reste guère que l’Egypte pour se cramponner à l’hypothèse accidentelle, s’isolant peu à peu du concert des nations «  sérieuses  ».

Cet après-midi là, encore, le responsable égyptien de la commission d’enquête annonce qu’il n’y a pas «  de conclusion  » sur la cause de la dislocation de l’appareil. Cela n’empêche pas la Russie de dépêcher 22 avions vides à Charm el-Cheikh pour rapatrier ses ressortissants. Encore une fois, Poutine se montre plus réaliste que fidèle dans son jeu d’alliances, soutenant son allié égyptien jusqu’à un certain point.

D’autant qu’il n’a rien à craindre de son opinion concernant le soutien à la guerre en Syrie, dans une Russie plus nationaliste que jamais.

[...] Samedi 7 novembre, une conférence de presse surréaliste a lieu, pendant laquelle le responsable égyptien de la commission d’enquête dit, devant une assistance de journalistes médusés, qu’il n’y a pas encore de «  conclusion  » sur les causes de la dislocation de l’appareil.

Ce dimanche 8 novembre, la même commission reconnait être «  sûre à 90%  » que le bruit enregistré par les boîtes noires correspond bien à l’explosion d’une bombe.

Alors que la position officielle du Caire reste invariablement hermétique à l’évidence des faits, la commission d’enquête choisit de s’écarter officiellement, publiquement, de son propre gouvernement [...].

Pas de journalisme explicatif.

Alors que n’importe quel attentat de cette envergure en Europe aurait entraîné pléthore de papiers analytiques sur ses conséquences prévisibles dans le cours de la guerre, c’est la valse-hésitation sur la nature du crash qui a occupé les colonnes des journaux.

Des éléments sont arrivés chaque jour, parfois toutes les heures, infirmant ou confirmant la thèse de la bombe embarquée à bord. Mais aucune analyse géopolitique, et très peu de développements contextuels, ont été donnés au lecteur pour qu’il puisse prendre la mesure de ce que représenterait un tel succès de l’EI à l’échelle de l’histoire immédiate.

Un débat technique d’experts, pointu, et précis. Peu de journalisme explicatif. Et pour ainsi dire aucun récit.

[...] S’il faut des journalistes pour scruter Twitter, le nouvel espace communicationnel des djihadistes, on aimerait qu’il y ait aussi de grandes plumes pour proposer des réflexions d’ensemble dans le sillage des informations collectées. Ces deux formes de journalisme ne sont d’ailleurs pas antinomiques, contrairement à ce que certains disent parfois. Elles se complètent. Cette fois ci, l’une n’a pas su prendre le relais de l’autre.

L’EI gagne la guerre de communication.

La plus belle réussite de l’EI dans cette opération réside peut-être dans sa victoire au plan de la communication.

En effet, contrairement à ce qu’affirmait le journaliste Robert Namias sur Europe 1, passer la sécurité d’un aéroport égyptien avec un engin explosif n’a rien d’un exploit, pas plus que ça ne le serait à Tunis, à Istanbul, à Zagreb et peut-être bien ailleurs encore  : il n’est pas si rare de pouvoir « accéder à l’avion en un quart d’heure ».

Une victoire de communication des djihadistes de l’EI donc, puisque l’Égypte se retrouve isolée dans son déni, créant de la colère au sein de sa propre population. Pendant ce temps, le reste des opinions mondiales assistent à la supériorité opérationnelle et «  marketing  » de ceux que l’on se contente pourtant de désigner, souvent, comme de simples barbares.

Force est de constater qu’un certain sens de la tactique a pourtant présidé à cet attentat  : frapper un avion russe, depuis l’Egypte, six mois après Sousse, atteint une nouvelle fois son objectif  : terroriser les opinions occidentales.

L’aveuglement collectif.

Dans les premières heures, nous avons assisté à un pur phénomène d’aveuglement volontaire collectif. Pour qui suivait l’évolution des conversations en gardant un certain recul, il était possible de voir se dessiner un mécanisme reposant sur les mêmes ressorts que ceux décrits par Hannah Arendt dans sa réflexion sur les attitudes de l’Etat-major américain lors de la guerre du Vietnam [...] :

« C’est cette fragilité qui fait que, jusqu’à un certain point, il est si facile et si tentant de tromper. La tromperie n’entre jamais en conflit avec la raison, car les choses auraient pu se passer effectivement de la façon dont le menteur le prétend. Le mensonge est souvent plus plausible, plus tentant pour la raison que la réalité, car le mensonge possède le grand avantage de savoir d’avance ce que le public souhaite entendre ou s’attend à entendre. Sa version a été préparée à l’intention du public, en s’attachant tout particulièrement à la crédibilité, tandis que la réalité a cette habitude déconcertante de nous mettre en présence de l’inattendu, auquel nous n’étions nullement préparés. »

S’il est clair que l’Egypte et la Russie se sont livrées à du mensonge pur et simple à certains moments de l’enquête sur le crash de l’A321 de la Metrojet, ce que l’analyse de Arendt nous permet d’interroger de façon plus aiguë encore, c’est l’attitude de certains journalistes et experts de plateau dans le premier tiers de la semaine.

Tout fut problématique dans le traitement de cette information, et pour une fois, les politiques et les médias semblaient sur la même longueur d’ondes, à quelques exceptions près. Etant donné la lenteur avec laquelle les premières mesures de sécurité ont été prises, on reste sidéré face au danger potentiel qu’a représenté cette apathie généralisée.

Certaines sociétés mettent plus de temps à sortir du déni que d’autres.

On pense à la Tunisie, qui a dû subir deux attentats d’ampleur pour que la menace terroriste ne soit pas systématiquement ramenée à un «  complot des fausses barbes  » orchestré pour permettre le retour de Ben Ali [...].

En France, les théories du complot ont fleuri suite aux attentats de Paris de janvier dernier, et pas seulement dans les salles de classe de banlieues, comme on a pu le lire sous la plume d’Emmanuel Todd. L’idée que le terrorisme est une menace bien moindre que ce qu’en donnent les journaux est un lieu commun des dîners bourgeois comme des comptoirs ruraux, dans un pays où la défiance envers les journalistes en fait une des professions les plus décriées. De manière générale, tout ce qui touche au terrorisme djihadiste, celui d’Al Qaeda comme de l’EI, est mal appréhendé. Jusqu’à ce qu’un attentat frappe les esprits, puis relance sa propre petite musique de la théorie du complot une fois le soufflet de l’émotion retombé.

Le cas du cygne noir (1).

Dans le même temps, pourtant, une représentation parfaitement fantasmagorique des migrants infiltrés par les terroristes se sédimente dans les imaginaires. L’image d’une horde d’envahisseurs débarquant sur les plages du sud de la France peut même faire l’objet de unes dans la presse.

On pense à ce reportage délirant (et truffé d’erreurs factuelles), sur Lunel «  aux mains de l’Etat Islamique  » dans le numéro de la semaine de Valeurs Actuelles. Et pourtant, lorsque l’EI revendique un attentat dont il peut vraisemblablement être l’auteur, il faut cinq jours à la sphère médiatique pour s’engager à proposer une interprétation des faits qu’ils relayent en boucle.

Parmi l’un des arguments évoqués par le camp des sceptiques dans les premières heures qui ont suivi l’attentat, celui d’après lequel l’EI ne s’en était jamais pris à un avion. Puisque ça n’est jamais arrivé, ça n’arrivera pas. C’est un biais cognitif (un schéma de pensée qui précède et biaise le raisonnement), bien connu de la philosophie des probabilités, et que l’on désigne sous le nom du «  cas du cygne noir  ».

Jusqu’à ce que l’Australie soit découverte, les naturalistes pensaient que le cygne noir n’existait pas, puisqu’ils n’en avaient jamais vus [...].

Ce djihadiste qui nous fait peur.

Par ailleurs, le crash de l’Airbus A321 Metrojet, n’est pas un phénomène naturel attendant d’être découvert, comme l’était l’existence du cygne noir, mais un ensemble d’actions humaines résultant d’un processus de décision, ce qui le rend d’autant plus difficile à saisir.

Les djihadistes se situent dans un univers de référents culturels qu’une certaine société française, et notamment celle des élites, n’est pas habituée à appréhender  : celui de la culture islamique.

Du fait de leurs exactions, les combattants de l’EI sont d’abord désignés comme des sauvages, des barbares. Il faudrait presque entendre le barbare au sens grec du terme, comme celui qui n’appartient pas à la même civilisation et donc, à cette époque, hors de la civilisation même.

Dès lors, Il est difficile de concevoir l’univers mental d’un djihadiste comme un espace culturel. Les images de décapitation, de crucifixion, et de tortures diffusées par leur branche média, atteignent leur but  : celui d’horrifier celui qui les voit (ou qui en entend parler, car c’est cela, bien souvent).

Sont ainsi désamorcés tous les processus de réflexion et de connaissance, qui pourraient pourtant conduire à prendre conscience de ceux à qui nous avons à faire. Le djihadiste, figure paradigmatique du sauvage, ne fait plus l’objet d’un raisonnement, il est le symbole d’une peur, une force qui nous veut du mal, assortie d’oripeaux folkloriques, mais à qui l’on ne prête pas l’intelligence de concevoir un but et les moyens pour l’atteindre.

A ce titre, il s’agit donc bien aussi d’un « biais ethnocentrique ». Dans « Race et histoire », Lévi-Strauss définit l’ethnocentrisme comme ce qui implique un regard enfermant la société observée dans une logique stationnaire.

Notre regard, incapable de sortir de ses logiques culturelles, assigne les djihadistes à un fonctionnement tribal, sans changement possible de mode opératoire. Jusqu’au moment où cette incompréhension se heurte à l’évidence d’une possibilité d’invention, même chez celui qui diffère de nous au point de nous dégoûter. Ainsi Lévi-Strauss écrit-il  :

« Les adversaires d’un régime politique ne reconnaissent pas volontiers que celui-ci évolue ; ils le condamnent en bloc, le rejettent hors de l’histoire, comme une sorte de monstrueux entracte à la fin duquel seulement la vie reprendra. Tout autre est la conception des partisans, et d’autant plus, remarquons-le, qu’ils participent étroitement, et à un rang élevé, au fonctionnement de l’appareil. L’historicité, ou, pour parler exactement, l’événementialité d’une culture ou d’un processus culturels sont ainsi fonction, non de leurs propriétés intrinsèques, mais de la situation où nous nous trouvons par rapport à eux, du nombre et de la diversité de nos intérêts qui sont gagés sur eux. L’opposition entre cultures progressives et cultures inertes semblent ainsi résulter, d’abord, d’une différence de localisation. Pour l’observateur au microscope, qui s’est “ mis au point ” sur une certaine distance mesurée à partir de l’objectif, les corps placés en deçà ou au delà, l’écart serait il de quelques centièmes de millimètres seulement, apparaissent confus et brouillés, ou même n’apparaissent pas du tout : on voit au travers. » (« Race et histoire », 1952)

Note 1 :  La théorie du cygne noir, développée par le philosophe Nassim Nicholas Taleb, est une théorie dans laquelle on appelle cygne noir un certain événement imprévisible qui a une faible probabilité de se dérouler (appelé « événement rare » en théorie des probabilités), et qui, s'il se réalise, a des conséquences d'une portée considérable et exceptionnelle. Taleb a, dans un premier temps, appliqué cette théorie à la finance. En effet, les événements rares sont souvent sous-évalués en termes de prix. In Wikipédia.

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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 14:05
débris de l'avion Russe de la Cie Metrojet

débris de l'avion Russe de la Cie Metrojet

Le crash du Sinaï

pourrait nous obliger

à repenser la menace de l'Etat islamique.

 

Daniel Byman Traduit par Bérengère Viennot Monde 06.11.2015 - 3 h 21 mis à jour le 06.11.2015 à 3 h  pour http://www.slate.fr/story/109495/sinai-guerre-islamique

 

 

Et si nous étions forcés de considérer un jour l’explosion du vol Metrojet 9268 comme le moment précis où l'organisation est passée d'un problème régional à un danger mondial?

 

Selon CNN et d’autres médias, les services de renseignement américains et européens soupçonnent l’Etat islamique ou une de ses branches d’avoir utilisé une bombe pour abattre l'avion russe qui s'est écrasé dans le Sinaï le 31 octobre, crash qui a coûté la vie aux 224 personnes qui se trouvaient à bord. Il s’agit de premiers éléments d’informations et il serait plus sage de se garder de juger avant d’en savoir davantage, mais cela pourrait bien être de la plus haute importance. Si elle était confirmée, cette attaque marquerait un changement de cap considérable de la part de l’Etat islamique et nous obligerait à repenser la menace que ce groupe représente pour le reste du monde.

Les membres de l’EI sont caricaturés sous les traits de fanatiques aux yeux exorbités, bien décidés à conquérir le monde en massacrant, en violant et en réduisant en esclavage ceux qui se trouvent sur leur chemin. Hélas, cette caricature est extrêmement proche de la réalité, à une importante exception près: si l’EI fait preuve d’une terrifiante brutalité, l’ampleur de ses opérations a jusqu’à présent été très limitée.

Le groupe semble nouveau parce que les Américains n’ont vraiment commencé à considérer qu’il s’agissait d’une menace sérieuse qu’en 2014, après la décapitation du journaliste James Foley et la soudaine et massive incursion du groupe en Irak. En réalité, il s’est créé dix ans auparavant sous une autre forme, celle d’al-Qaida en Irak, groupe dirigé par Abou Moussab al-Zarqaoui qui a émergé après l’invasion américaine de 2003. Son nom a beau avoir changé plusieurs fois et il a beau être dirigé aujourd’hui par Abou Bakr al-Baghdadi, nous disposons d’une longue liste d’antécédents pour le juger.

Zarqaoui et ses partisans violaient, décapitaient et tuaient eux aussi chiites et sunnites soupçonnés de se ranger aux côtés du gouvernement irakien soutenu par les Américains. Eux aussi avaient proclamé un gouvernement islamique en Irak et pratiquaient des méthodes douloureusement familières à ceux qui ont été témoins de l’émergence de l’EI au cours des deux dernières années. Mais pendant plus de dix ans, l’échelle des opérations du groupe a laissé penser qu’il se concentrait avant tout sur ses ennemis locaux: le gouvernement chiite d’Irak, le gouvernement alaouite de Syrie et, à un moindre degré, des voisins qui lui étaient opposés, comme la Jordanie, l’Arabie Saoudite, la Turquie et le Liban.

 

Le champ de bataille s'élargit

Dans ce combat, le groupe a commencé par avoir recours à un mélange de guerre conventionnelle et de guérilla, avec des attentats terroristes conçus pour démoraliser les forces de sécurité ennemies, semer le trouble parmi son peuple et fomenter des tensions sectaires. Assez étonnamment, malgré des prédictions inverses et des années de dévastation aux mains des forces américaines en Irak, les organisations qui ont précédé l’Etat islamique se sont concentrées sur l’élimination des soldats américains en Irak mais sans placer le terrorisme international comme priorité pour élargir le champ de bataille. L’Etat islamique a quant à lui massacré les Américains capturés en Syrie et a appelé à perpétrer des attentats en Occident, mais ces derniers ont été réalisés par ce qu’on appelle des «loups solitaires» dont la plupart ont très peu de connexions opérationnelles au cœur du groupe en Syrie et en Irak.

Pourtant, le groupe de Baghdadi a des filiales dans des endroits aussi divers que l’Afghanistan, la Libye, le Nigeria et surtout le Sinaï, qui lui ont juré fidélité et dont l’engagement a été reconnu. Cependant, ces branches ont pour l’instant largement suivi leur propre programme. Elles ont adopté certaines des méthodes violentes de l’Etat islamique –comme lorsque des adeptes libyens ont décapité des chrétiens et que la branche yéménite a attaqué des mosquées chiites– mais sans vraiment étendre leurs horizons au-delà de chez elles. Certes, vous n’auriez pas voulu être un Américain croisant leur chemin, mais elles n’allaient pas non plus porter la guerre jusqu’en Amérique. Ces groupes semblaient être davantage un problème local, et les vantardises de Baghdadi affirmant qu’ils appartenaient à un califat unifié passaient pour des discours grandiloquents sans vraie signification sur le terrain.

Par conséquent, si l’EI ou ses filiales du Sinaï ont vraiment descendu l’avion russe, cela signifie que l’organisation est peut-être en train de changer sur plusieurs fronts très importants. Tout d’abord, utiliser le terrorisme pour attaquer l’aviation civile serait un grand tournant stratégique. Détournements par le Front populaire de libération de la Palestine à la fin des années 1960 et au début des années 1970, régime de Kadhafi descendant le vol Pan Am 103 au-dessus de Lockerbie en 1988 ou attaques du 11 Septembre: cela fait bien longtemps que des groupes terroristes visent des avions. En 2009 et 2010, la branche d’al-Qaida au Yémen a tenté sans succès de viser des avions civils et des avions-cargos américains. Il se pourrait que l’Etat islamique adopte désormais cette abominable méthode. Heureusement, l’aviation civile est déjà une cible bien gardée. Le fait de savoir qu’une nouvelle bande de brutes sanguinaires pourrait l’attaquer ne va probablement pas aggraver davantage les horribles conditions de voyages des passagers aériens, même si cela peut signifier, en revanche, que vous allez peut-être décider d’annuler vos vacances de Pâques dans l’est de la Libye.

Plus important encore: une nouvelle attaque contre un avion civil signifierait que le champ de bataille s’élargit. Cela signifierait que plutôt que de frapper les bases et le personnel russes en Syrie, l’Etat Islamique les frappe là où on peut les trouver –dans le cas présent, au départ d’une ville touristique égyptienne. C’est là que les filiales de l’Etat islamique deviennent importantes, parce qu’elle augmentent nettement la portée des attaques possibles de l’EI.

 

Tournant majeur

Attaquer un avion russe peut sembler un geste instinctif compte tenu de la récente intervention de Poutine en Syrie, mais cela aussi montrerait que le vent tourne. Dans le passé, l’organisation se concentrait sur ses ennemis locaux et sur les musulmans qu’elle considérait comme déviants, pas sur les Occidentaux ou d’autres puissances étrangères.

Or, les djihadistes, et aujourd’hui beaucoup de sunnites ordinaires, haïssent tout particulièrement la Russie: il y a donc une possibilité que l’Etat islamique soit en train de faire une exception. Le monde musulman s’est indigné lorsque Moscou s’est mis à massacrer des sunnites en jouant le rôle d’aviation de guerre pour Bachar el-Assad (bien qu’assez ironiquement, les Russes aient concentré leur puissance de feu sur l'opposition syrienne modérée, pas sur l’EI). Et les violences que la Russie exerce depuis longtemps en Tchétchénie, ainsi que son ancienne intervention en Afghanistan, en font un ennemi de toujours. Par conséquent, frapper la Russie augmente la crédibilité de l’Etat islamique en tant qu’ange vengeur du sunnisme.

Mais les Etats-Unis sont eux aussi très haut placés sur la liste des ennemis les plus honnis. L’Amérique a dévasté les rangs d’al-Qaida en Irak au cours des dix dernières années, et aujourd’hui elle bombarde les positions de l’EI en Syrie. Par conséquent, si la Russie devient une cible internationale, il est logique de penser que les Etats-Unis ne devraient également pas tarder à se retrouver en ligne de mire. En fait, cela laisse penser que plus les Etats-Unis seront agressifs contre l’Etat islamique en Irak et en Syrie, plus le groupe sera susceptible de répondre par des actes de terrorisme internationaux.

L’Etat islamique a attiré plus de 100 Américains et plusieurs milliers d’Européens dans ses rangs, il est donc tout à fait prêt à attaquer l’Occident s’il en a envie. J’ai déjà exposé que cette menace était réelle mais souvent exagérée. Ma logique reposait en partie sur le fait que les services de sécurité occidentaux sont en alerte et que beaucoup des djihadistes volontaires n’ont pas l’intention de commettre des actes de terrorisme chez eux; mais les activités locales et régionales de l’EI étaient un important facteur de mon raisonnement. Et les événements m’ont donné raison pendant des années, malgré les nombreux prophètes de malheur. Mais les groupes terroristes sont dynamiques, et si l’Etat islamique place désormais sa priorité sur les ennemis étrangers, alors il s’agit d’un tournant majeur.

Il n’est pas encore tout à fait sûr qu’il se soit agi d’un attentat, et même si c’est avéré, il est encore trop tôt pour affirmer que le groupe est en train de mondialiser ses cibles; ce n’est pas parce qu’il a descendu un avion que cela va devenir une habitude. Mais il se pourrait que nous considérions un jour l’explosion du vol Metrojet 9268 comme le moment précis où la menace de l’EI est passée de problème régional à danger mondial.

Daniel Byman

 

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L’étude des boîtes noires de l’Airbus A321 russe qui s’est écrasé dans le Sinaï samedi dernier confirme la piste de l’attentat.
 

Il ne fait quasiment plus de doutes que c’est bien un attentat qui est à l’origine du crash de l’Airbus A321 russe qui s’est écrasé dans le Sinaï samedi dernier. En tous cas, c’est ce que révèlent les boîtes noires même si le terme "attentat" n’est toujours pas nommé ni officialisé par les autorités russes et égyptiennes ou encore à l’international. Les boîtes noires confirment en effet qu’une explosion a bien eu lieu en vol, et qu’elle n’est pas d’origine accidentelle. Elles confirment aussi le caractère « brutal et soudain » de l’accident meurtrier qui a fait 224 morts.

« Tout est normal, absolument normal pendant le vol, et brutalement plus rien », a déclaré ce vendredi cette source proche du dossier. « Cela va dans le sens de la soudaineté, du caractère immédiat, de l’événement », a ajouté cette source, alors que les deux boîtes noires, celle des paramètres de vol et celle contenant les conversations de l’équipage, ont été analysées. Même son de cloche pour cet enquêteur interrogé ce vendredi par la chaîne France 2, qui précise que les enregistrements permettraient également d’entendre distinctement une explosion en vol. Tout porte à croire qu’un acte terroriste pourrait bien être à l’origine du crash meurtrier.

A l’international, il devient aussi de plus en plus difficile de ne pas admettre qu’un acte terroriste serait bien à l’origine de l’accident aérien, d’autant que le groupe de l’Etat islamique en Egypte avait revendiqué le jour même en être à l’origine, assurant qu’il prouverait ses propos.

Guerre de communication

Alors que jusqu’à présent, Moscou excluait l’hypothèse d’un acte terroriste à l’origine du crash de l’avion, le chef de l’Etat russe Vladimir Poutine a accepté de suspendre les vols à destination de l’Egypte, ce vendredi. Sa décision est intervenue quelques minutes après la recommandation des services secrets russes de prendre cette mesure. « Je trouve nécessaire de suspendre les vols de l’aviation russe vers l’Egypte, jusqu’à ce que nous puissions établir les vraies raisons de ce qui s’est passé avec l’avion russe dont le crash a été revendiqué par le groupe armé Etat islamique (EI) », a déclaré Alexandre Bortnikov, le chef des services secrets, cité par la télévision russe, lors d’une réunion du Comité national antiterroriste.

De leur côté, Londres et Washington ont estimé qu’une bombe serait à l’origine de la dislocation de l’avion. Depuis le début de cette affaire, une véritable guerre des informations a éclaté entre l’Egypte, la Russie, la Grande-Bretagne, ou encore les Etats-Unis, chacun faisant valoir ses services de renseignements et ses satellites les plus sophistiqués pour tenter de déceler la vérité.

En attendant, c’est le tourisme égyptien qui prend un nouveau coup dur avec les mesures prises à l’international, tels que la suspension des vols vers l’Egypte ou encore les conseils prodigués par les Etats à leurs ressortissants de ne pas s’y rendre. Or le secteur touristique représente 11% du PIB et compte 20 millions d’employés. Un secteur qui ne sortira probablement pas indemne de cette nouvelle épreuve, surtout lorsque l’attentat sera officialisé...

DE http://www.afrik.com/crash-en-egypte-un-attentat-terroriste-non-officialise

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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 07:45

BUDGET « TRAVAIL ET EMPLOI »

INTERVENTION DE ROGER-GÉRARD SCHWARTZENBERG,

PRÉSIDENT DU GROUPE RADICAL RRDP

ASSEMBLÉE NATIONALE, 6 NOVEMBRE 2015

Chacun le voit bien : le chômage est « l’ennemi public n° 1 ». Il blesse gravement notre société dont la structuration se fonde principalement sur le travail. Il provoque une perte de confiance dans l’avenir, qui peut être lourde de risques pour la démocratie.

Nous sommes confrontés à un chômage de masse qui augmente depuis plusieurs années. Avec 1 million de chômeurs de plus sous le précédent quinquennat. Et 600 000 de plus depuis.

Le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A (c’est-à-dire sans aucune activité) se situe à un niveau très élevé : 3 547 800. Même s’il a diminué fortement, de 23 000, en septembre. C’est-à-dire le mois où vous avez pris votre nouvelle fonction. Car parmi vos qualités, semble figurer celle de porter chance.

 Combattre le chômage

Faire reculer le chômage est donc la priorité des priorités. D’où toute une série de mesures.

Ainsi, les emplois aidés (contrats uniques d’insertion et emplois d’avenir) disposeront de 2,4 milliards d’euros, soit 22 % des crédits de votre budget 2016, qui s’élève à 11,25 milliards.

Agir pour les jeunes

Il importe particulièrement d’agir, comme vous le faites, pour les jeunes demandeurs d’emploi. Car, faute de réussir à s’insérer dans le monde du travail, ils peuvent avoir le sentiment que les portes de la société se ferment devant eux. Toute une partie de la jeunesse ne peut rester en déshérence.

-         Les emplois d’avenir assurent une première expérience dans le monde du travail. Ils peuvent être conclus pour une période de 1 à 3 ans. 35 000 nouvelles entrées dans ce dispositif sont prévues en 2016.

-         Par ailleurs, la Garantie jeunes s’adresse aux 18-25 ans en situation de précarité. Pour prévenir leur risque d’exclusion, elle associe un accompagnement renforcé vers l’emploi et une allocation mensuelle. Elle concernera 60 000 nouveaux jeunes en 2016.

-         Enfin, 1,5 milliard d’euros – soit 13 % de vos crédits – sont dédiés au développement de l’apprentissage. Venant compléter les dispositifs existants, l’Aide TPE-Jeunes apprentis, créée par le décret du 29 juin 2015, est accordée aux TPE recrutant un apprenti mineur. 220 millions d’euros seront consacrés à cette action.

Au total, on note une amélioration réelle de la situation chez les chômeurs de moins de 25 ans, dont le nombre baisse depuis 4 mois de suite.

La réforme du Code du travail

Je souhaite aborder un second point : la réforme du droit du travail, dont vous avez présenté les orientations avant-hier.

Le Medef présente souvent de manière caricaturale ce Code, qui serait trop détaillé, trop complexe, trop contraignant. Selon lui, pour éviter la rigidité excessive du droit du travail élaboré par le législateur, il faudrait privilégier l’accord d’entreprise et lui permettre de primer sur la loi. Quitte à mettre en cause la hiérarchie des normes.

Certes, telle simplification, tel assouplissement particulier peuvent être utiles. Certes, il faut donner davantage de place à la négociation collective pour s’adapter à des réalités diverses selon les branches ou les entreprises.

Mais le Code du travail est aussi le socle de protection des droits fondamentaux des salariés. Comme l’a dit le Premier ministre le 9 septembre, lors de la remise du rapport Combrexelle : « Notre principe, c’est plus de souplesse, mais pas moins de protection. »

Il l’a répété avant-hier : « Réformer, ce n’est pas faire le choix de tout casser, de la régression. »

Il faut donc poser deux règles fondamentales.

D’une part, aucun accord ne devra revenir sur les protections fondamentales, sur les garanties essentielles : c’est-à-dire le SMIC, la durée légale du travail et le CDI. Même si M. Gattaz, avec son sens habituel des nuances, qualifie ce contrat de « très anxiogène ».

D’autre part, comme l’a déclaré le chef de l’État dans sa conférence de presse du 7 septembre : les accords collectifs doivent être « respectueux d’un principe qui est l’accord majoritaire, pour qu’il n’y ait pas de pression qui puisse être faite du côté des employeurs au détriment des salariés ».

En effet, dans nombre d’entreprises, le rapport de forces n’est pas favorable à ceux-ci.

Les acquis sociaux

Il importe de préserver les acquis sociaux. Surtout quand ils remontent parfois à un siècle. La mode politique est aujourd’hui de se référer à Clemenceau. Mais, alors, il faut se rappeler tous les aspects de son action.

Président du Conseil radical en 1906, c’est lui qui a mis en œuvre la loi sur le repos dominical et c’est lui aussi qui a créé le Ministère du Travail. Votre ministère, déjà centenaire, où je vous souhaite de réussir pleinement.

Madame la Ministre, nous vous faisons confiance, connaissant vos positions sur le droit du travail et appréciant votre volonté de combattre le chômage. Notre groupe votera donc votre budget.

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8 novembre 2015 7 08 /11 /novembre /2015 15:28

Le malheur arabe

 

Samedi 07 Novembre 2015 à 19:45

Jacques Julliard pour Maranne.net

 

 

Le malheur arabe s’est mis en marche en Syrie. Et il est prêt à tout faire pour échapper à ses bourreaux. Tout faire, c’est-à-dire prendre la fuite. Ce serait une lourde erreur que d’imaginer que les Syriens qui frappent en rangs serrés à toutes les frontières de l’Europe, ne font que tenter d’échapper provisoirement aux bombardements et à la guerre.

 

Et si l’on arrêtait de se raconter des histoires ? Si les « réacs », Front national en tête, arrêtaient de faire croire que l’on pourrait stopper le flot montant des migrations vers l’Europe, à coups de frontières fermées, de murs de barbelés et de troupes en armes ? Et si les bien-pensants de la gauche morale arrêtaient de nous faire croire qu’un tel afflux est en toutes circonstances une « chance pour la France » ? Si les uns reconnaissaient qu’un tel barrage est impossible, les autres, qu’un afflux massif coûterait très cher ? Je demeure stupéfait, et même épouvanté, devant l’incapacité des milieux dirigeants face à une situation nouvelle de faire autre chose que la répétition de leurs rengaines et d’anticiper sur la situation qui se profile à l’horizon.

Le fait nouveau, c’est le malheur arabe. Ou plutôt, car ce malheur date de plusieurs décennies, que ce malheur s’est mis en marche. Etre arabe aujourd’hui, à des degrés divers et sous des formes différentes, c’est être dominé, manipulé, abêti, méprisé, formaté, embrigadé, écrasé, et pour finir emprisonné, torturé, massacré par les deux dictatures qui règnent à tour de rôle dans la même aire géographique, la dictature militaire et la dictature islamiste. Elles se combattent à mort, mais elles sont complices pour entretenir le peuple dans un état d’infantilisme et de minorité perpétuel.

Excuser la dictature militaire parce qu’elle protégerait les populations du fanatisme religieux, c’est oublier que c’est justement cette dictature qui alimente les progrès de ce fanatisme. Traiter avec indulgence l’islamisme radical sous prétexte qu’il serait la « religion des pauvres », ce serait excuser le national-socialisme sous prétexte qu’il était, parmi d’autres, le parti des ouvriers allemands. Je ne sais, de ces deux dictatures, laquelle est la pire ; je ne sais où est le moindre mal. Ou plutôt si : dans mon for intérieur, je pense que la pire est la dictature religieuse ; d’abord parce qu’elle est la plus longue, la plus difficile à éradiquer ; mais surtout parce qu’elle ne se contente pas des horreurs de la contrainte étatique ; elle exige de ses victimes un consentement actif, une adhésion de l’âme.

Le malheur arabe, disais-je, s’est mis en marche en Syrie. Il est prêt à tout faire pour échapper à ses bourreaux. Tout faire, c’est-à-dire prendre la fuite. Ce serait une lourde erreur que d’imaginer que les Syriens qui frappent en rangs serrés à toutes les frontières de l’Europe, ne font que tenter d’échapper provisoirement aux bombardements et à la guerre. C’est la Syrie elle-même qu’ils fuient de façon définitive. Voyez ces enfants, ces bébés parfois à qui leurs mères ont mis leurs meilleurs habits avant d’affronter la mer, la tempête, la boue des chemins qui mènent à l’exil et à la délivrance. Le petit Aylan avait des baskets neuves. Ecoutez les pères : ils ne parlent guère de leur retour en Syrie, mais de leur volonté de refaire leur vie en Europe et de donner une bonne instruction à leurs enfants. Il n’y a pas de billet de retour sur les rafiots des boat people.

Si cette analyse est exacte, alors il faut considérer l’exode syrien comme la première étape d’un processus appelé à durer des années et à concerner toujours plus directement la France qu’il ne l’a fait jusqu’ici. Que se passera-t-il le jour où Bouteflika, cette momie qui prolonge en Algérie les incertitudes d’une veillée d’armes, passera de la mort virtuelle à la mort déclarée ? Il est à craindre que la lutte entre l’armée et les islamistes radicaux ne reprenne de plus belle, avec une férocité redoublée. Cette lutte, que le pays a déjà connue une première fois, faisant quelque 200 000 morts, se déroulerait à quelques centaines de kilomètres de notre côte méridionale. Nous nous sommes jusqu’ici assez bien accommodés du chaos libyen parce que les fugitifs avaient pour première destination l’Italie, qui pourtant n’a cessé de crier à l’aide dans le désert européen. Demain, c’est la France qui serait en première ligne.

Encore n’ai-je rien dit de ce qui se passerait en Egypte si les Etats-Unis et l’Arabie saoudite cessaient brusquement de soutenir à bout de bras un pays exsangue de plus de 80 millions d’habitants. Je n’ai pas de solution toute prête. Je voudrais seulement que l’on tire les conséquences de ce qui se déroule sous nos yeux.

D’abord en cessant de faire de la question des migrations un instrument de politique intérieure sans rapport avec la situation réelle et encore moins avec des solutions concrètes. Aux politiques, c’est demander l’impossible, mais la population française doit répondre par une sagesse indomptable à l’imprévoyance et à la démission permanente de ses dirigeants.

Et à la jobardise de ses intellectuels. Le communautarisme, c’est-à-dire la juxtaposition sur un même territoire de populations de plus en plus diverses par l’histoire, la langue, la culture, la religion, est lourd des guerres civiles de demain. Or, la politique poursuivie à l’école depuis des années ne va pas dans le sens d’une homogénéisation indispensable des diverses composantes de la population. Oui, plus que jamais, la mission de l’école est d’intégrer. A force d’insister sur l’identité de chacune de ses composantes, on a fini par perdre de vue l’identité de la nation elle-même. De grâce, ne nous racontons pas d’histoires : la seule garantie véritable de la paix entre les citoyens, c’est l’existence d’une culture commune, voulue par tous et défendue par tous. 

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7 novembre 2015 6 07 /11 /novembre /2015 15:45

Bon, sur ce coup là ; on va faire simple et efficace ; ça commence à être plus que gavant que de lire les commentaires des idiots de la république qui, à défaut d’avoir des convictions, se pavanent sur les réseaux sociaux avec des affirmations plus fausses les unes que les autres.

Florilège des attaques contre Christiane Taubira,

Garde des sceaux et ministre de la justice.

NON, LA LOI TAUBIRA NE S’OCCUPE PAS DES CRIMES, MAIS DES DÉLITS.

Donc raconter que des «criminels» sont dehors à cause de la Garde des sceaux est une connerie ridicule.

La loi relative à la prévention de la récidive et à l’individualisation des peines, définitivement adoptée par le Parlement le 17 juillet 2014, a été jugée conforme à la Constitution par le Conseil constitutionnel dans sa décision du 7 août 2014. La loi a été promulguée le 15 août, elle a été publiée au Journal officiel du 17 août 2014.

QUELLES SONT LES PRINCIPALES MESURES DE LA LOI ?

Contestée par les députés auteurs de la saisine du Conseil constitutionnel, la création de la contrainte pénale a été validée par le Conseil. La contrainte pénale est une nouvelle peine qui soumet le condamné à un ensemble d’obligations et d’interdictions (de se rendre dans certains lieux, de rencontrer certaines personnes, etc.) et à un accompagnement soutenu (programme de soins, d’insertion professionnelle, etc.) pendant une durée qui peut aller de 6 mois à 5 ans.

Elle concernera principalement des personnes majeures aujourd’hui condamnées à des peines de prison avec sursis et mise à l’épreuve, ou ayant commis un délit pour lequel une peine d’emprisonnement inférieure ou égale à 5 ans est encourue (vols, dégradations, outrages, délits routiers, violences, etc.). Au-delà de 2017, elle sera applicable à l’ensemble des délits.

La loi supprime les "peines planchers", introduites dans la législation en 2007. En vertu de la loi du 10 août 2007, les crimes ou délits commis en état de récidive ne pouvaient plus être punis d’une peine d’emprisonnement ou de réclusion inférieure à certains seuils, fixés par la loi et proportionnels au maximum encouru.

La loi du 14 août 2011 avait étendu ce dispositif de peine minimale à la répression des violences les plus graves, même lorsqu’elles ne sont pas commises en état de récidive.

En matière de droits des victimes, les bureaux d’aide aux victimes seront généralisés à tous les tribunaux de grande instance. Ouvert à l’intérieur des tribunaux, le bureau d’aide aux victimes est un guichet unique (service d’accueil, d’écoute et d’information) permettant aux victimes d’être renseignées, accompagnées et orientées, depuis le dépôt de la plainte jusqu’à la phase d’exécution de la décision de justice.

Non, ce n’est pas la loi Taubira qui permet à des personnes condamnées de ne pas être incarcérées en cas de condamnations à deux ans de prison, c’est la loi Dati de 2009 qui l’autorise.

La loi a été promulguée le 24 novembre 2009. Elle a été publiée au Journal officiel du 25 novembre 2009.

Saisi le 20 octobre 2009 d’un recours déposé par plus de 60 députés, le Conseil constitutionnel avait rendu le 19 novembre 2009 une décision validant l’essentiel du texte de la loi.

Le texte définitif du projet de loi avait été adopté le 13 octobre 2009, le Sénat et l’Assemblée nationale ayant adopté le texte mis au point par la Commission mixte paritaire.

Présenté en Conseil des ministres le 28 juillet 2008 par Mme Rachida Dati, ministre de la justice, le projet de loi avait été adopté en première lecture par le Sénat, après déclaration d’urgence, le 6 mars 2009 et par l’Assemblée nationale, avec modification, le 22 septembre 2009.

Par ailleurs plusieurs dispositions visent à développer les alternatives à la détention provisoire et les aménagements de peine, ce qui pourrait contribuer à diminuer le surpeuplement des prisons :

  1. Les prisonniers condamnés à une peine inférieure à 5 ans pourront sortir de prison quatre mois avant la fin de leur peine et devront porter un bracelet électronique durant ces quatre mois.
  2. Les personnes mises en examen pourront être assignées à résidence sous bracelet électronique au lieu d’être incarcérées en détention provisoire.
  3. Les aménagements de peine seront facilités pour les peines d’emprisonnement de moins de 2 ans (à l’exclusion des récidivistes et des délinquants sexuels).
  4. Les prisonniers âgés de plus de 75 ans pourront bénéficier d’une libération conditionnelle avant même d’avoir effectué la moitié de leur peine.
  5. Les suspensions de peines pour les grands malades seront plus faciles à obtenir.

Non, jamais aucun fils de la Garde des sceaux ne fut emprisonné ; c’est un hoax issu des débiles qui n’ont aucun argument contre elle.

Le site FranceTV Info a décidé il y a longtemps de décrypter cette rumeur après avoir été interpelé par le nombre d'internautes évoquant le sujet sur ses forums. Linternaute.com reçoit aussi de nombreuses contributions sur ce sujet et nombre de questions avaient été adressées à la ministre lors de son interview dans l'émission #DirectPolitique en juin 2013. Bien que très virale, la rumeur est pourtant totalement infondée. A l'origine, celle-ci est issue du courrier d'une mère diffusé sur Internet et intitulé "Lettre d'une mère à une autre mère" avec le surtitre "Histoire vraie". Celle-ci s'adresse directement à Christiane Taubira, et est signée de la "mère du jeune homme que [son] fils a assassiné". Un jeune homme qui "travaillait de nuit pour pouvoir payer ses études et aider sa famille", est-il encore précisé...

Sauf que l'histoire est parfaitement inventée. Edith Besançon, une habitante de Beaumur, dans la Vienne, dont le nom apparait en bas du faux courrier, a été interrogée par Le Dauphiné. Et celle-ci nie être à l'origine de la lettre. Elle affirme en outre qu'aucun de ses fils n'a été assassiné. Quant à Christiane Taubira, elle a effectivement quatre enfants dont deux garçons. Et aucun d’eux ne fut emprisonné.

Non Christiane Taubira n’a pas été muette lors des attentats et, d’ailleurs, non ce n’est pas le rôle de la Garde des sceaux de développer les actions gouvernementales dans le cas d’attentats mais celui du ministre de l’intérieur et, in fine, celui du premier ministre.

Émouvant hommage de Christiane Taubira à Bernard Verlhac, dit "Tignous, abattu par les terroristes le 7 janvier dernier à Charlie Hebdo. Au moins, elle, le connaissait personnellement ; cela évitera, du moins nous le souhaitons, les commentaires des "neuneus" sur la pseudo récupération politique.

cas.</div></div>

NON, CE N’EST PAS LA LOI TAUBIRA QUI A FAIT SORTIR DE PRISON LES AUTEURS DES ATTENTATS DE JANVIER

Sur les réseaux sociaux on a une bande de con qui s’acharne (encore) sur la Garde des Sceaux : « ZavezVu ? Oui ce terrosriste de Coulibaly, vous savez quoi? c’est la loi Taubira qui l’a sorti de prison! Mais bien sûr! Ah quel laxisme! yakafokon.. » toussa.. C’est complètement faux et pour une raison très simple...

La libération d’Amedy Coulibaly (Mai 2014) est antérieure à la Loi Taubira promulguée le 15 Août 2014, entrée en vigueur le 01 janvier 2015. Ah bon? Et ben oui.

Ce terroriste a fait 4 ans de prison (depuis 2010, en préventive d’abord avant sa condamnation de décembre 2013) et a bénéficié d’une remise de peine conformément aux lois sécuritaires de … la Droite! soit 6 mois au titre des«crédits de réduction de peine» prévus par l’article 721 du code pénal sous Sarkozy. Oui, tant qu’à dire la vérité aux français, si ça vous fait plaisir, ça ne coûte pas cher de lire ce qui suit.

Si la réforme pénale de Christiane Taubira a effectivement réformé à la marge le crédits de réduction de peine( il est absurde d'établir un lien entre le texte et la libération du futur terroriste... pour la bonne raison que la loi Taubira est postérieure (promulguée en août 2014) à la libération d’Amedy Coulibaly (mai 2014). Les réductions de peine du futur terroriste ou son placement sous surveillance électronique en fin de peine sont l'application de dispositions préexistant à la réforme pénale de la garde des Sceaux.

Au total, si on peut s'étonner que le futur terroriste soit sorti des radars des services de renseignements français, l'exécution de sa peine de détention ne traduit aucun laxisme particulier, comme le suggère Marine Le Pen, et encore moins les effets de la réforme Taubira, comme certains le véhiculent sur les réseaux sociaux.

 

Bref ; ces crétins feraient mieux de savoir de quoi ils causent avant de l’ouvrir. Et surtout, les connards qui partagent ces fausses infos sur le net feraient bien mieux d’apprendre comment fonctionne leur pays.

 

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5 novembre 2015 4 05 /11 /novembre /2015 08:49

Pour information :

Le candidat socialiste Jean-Yves Le Drian

tête de liste de la gauche gouvernementale

sera en région Bretagne

 

 

Le dimanche 8 novembre à 9h30 à Saint-Brieuc aura lieu la réunion de présentation du projet. 

 

Il y aura ensuite 4 meetings départementaux auxquels tous les candidats sont tenus de participer. 

 

A priori les meetings seront à 19h :

 

      - dimanche 22 novembre, Pontivy

      - vendredi 27 novembre, Liffré

      - lundi 30 novembre, Saint Brieuc

      - jeudi 3 décembre, Brest

 

Seraient prévus entre les deux tours Guingamp le 7, Quimper le 9, Rennes le 10 et Lanester le 11.

 

Les détails des rendez-vous seront précisés ultérieurement.

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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 18:16

Projet de loi relatif à la gratuité et aux modalités

de la réutilisation des informations

du secteur public 

 

Intervention de François Fortassin

M. le président. La parole est à M. François Fortassin.

M. François Fortassin. Monsieur le président, madame la secrétaire d'État, mes chers collègues, après avoir écouté les avis des spécialistes, permettez au béotien que je suis d'intervenir sur cette question, sur laquelle je suis totalement ignare. Pour autant, je n'en demeure pas moins un citoyen. Or la loi est avant tout faite pour les citoyens !

L'administration a cultivé pendant très longtemps le culte du secret. En tant que citoyen, je ne suis pas certain que ce culte du secret disparaîtra, fût-ce avec une loi. J'ai même le sentiment qu'il se renforcera dans un certain nombre de cas. Certes, on nous explique que l'administré est devenu majeur, après être sorti de l'adolescence. Mais est-il pour autant beaucoup plus informé que par le passé ? Cela reste à démontrer. Pour ma part, je n'en suis pas convaincu.

La création de l'Agence du patrimoine immatériel de l'État en 2007 ou encore celle, en 2011, de la mission Etalab chargée de concevoir un portail unique interministériel d'accès aux données publiques et de coordonner l'action des administrations de l'État en matière de réutilisation témoignent de cette évolution positive. Rappelons que nous avons voté, il y a quelques jours, la dématérialisation du Journal officiel de la République française !

Promesse du Président Hollande, la République numérique constitue un pas technologique important, qui permet de rapprocher les citoyens des centres de décision et d'accroître leur participation à la vie démocratique. La loi du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République, dite « loi NOTRe », a d'ailleurs étendu aux collectivités de plus de 3 500 habitants l'obligation de livrer leurs informations. Que se passera-t-il si elles ne le font pas ou le font de manière partielle ? Nous verrons bien…

La réutilisation de données publiques en production croissante doit permettre, dans la période à venir, de créer de nouvelles activités et de nouveaux services. L'ouverture des données du secteur public est porteuse d'externalités positives : le terme est beau ; on ne sait pas forcément ce qu'il signifie, mais il est employé opportunément. Les données telles que les données géographiques, météorologiques ou de santé ont un fort potentiel socio-économique. Il s'agit là de l'un des vecteurs essentiels de l'économie du futur, et nous ne devons pas prendre de retard en la matière !

Ainsi, nous saluons l'examen de ce projet de loi, qui transpose avec retard – mieux vaut tard que jamais ! – la directive du 17 novembre 2003 et a même pour ambition d'aller plus loin. Nous regrettons toutefois que le rapporteur ait choisi d'en restreindre la portée, concernant, notamment, les questions de gratuité et de numérisation des données par l'administration. Permettez-moi de m'arrêter un instant sur ce sujet.

Notre collègue Jean-Pierre Sueur nous a expliqué avec brio et avec son talent habituel l'intérêt de légiférer. Je dois dire que je peine à comprendre la portée de cette loi. Si l'on exclut la propriété intellectuelle et les données scientifiques, que va-t-il rester ? À l'évidence, on pourra mener des recherches sur la reproduction des ornithorynques, qui pourront être mises sur la place publique.

M. Ronan Dantec. C'est un véritable enjeu de la biodiversité : ils sont en voie de disparition !

M. François Fortassin. C'est bien pour cette raison que je le souligne ! (Sourires.)

Mais il est évident que vous n'empêcherez pas certains chercheurs, quels que soient les talents – et peut-être précisément parce qu'ils ont du talent ! –, de protéger le plus possible leurs recherches. Or la meilleure façon de le faire, c'est de ne pas les faire connaître, sauf à des fins de commercialisation. Pour le béotien que je suis, il m'est donc difficile de comprendre la décision qui a été prise ; je ne vois pas l'évolution positive.

Cela étant, le groupe du RDSE votera ce texte dans la mesure où il constitue une avancée intéressante, ne serait-ce que parce qu'il vise à conforter le rôle de la Commission d'accès aux documents administratifs, qui doit pouvoir émettre un avis sur les niveaux de redevance notamment.

Ne soyons pas non plus frileux pour ce qui concerne le développement des technologies de l'information, dont on récolte aujourd'hui les fruits. Ces technologies vont se développer encore dans les années à venir. Ayons la modestie – une qualité inutile dont il faut user avec parcimonie ! –, ou plutôt l'humilité de considérer que le secret a encore de beaux jours devant lui. Il faudra la vigilance de la Haute Assemblée pour l'écorner un peu... (Applaudissements sur les travées du groupe socialiste et républicain et du groupe écologiste.)

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26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 11:49

FIN DE VIE : LA LOTERIE JUDICIAIRE

 

Roger-Gérard Schwartzenberg, président du groupe RRDP :

 

« La manière dont l’appareil judiciaire traite le cas des médecins qui mettent fin aux souffrances et à la vie d’un patient se caractérise par un profond désordre. Ainsi, acquitté par la Cour d’assises de Pau, le Dr Bonnemaison a été condamné en appel par celle d’Angers pour l’un des décès.

 

Mieux cadrer le Parquet

L’on peut s’interroger sur l’attitude du Parquet, qui a fait appel du premier verdict et qui, à Angers, a de nouveau requis une condamnation.

 

Le ministère public représente la société et l’État. La mission de ses magistrats n’est pas d’agir à leur gré, en fonction de leurs croyances ou sentiments personnels. Elle est de mettre en œuvre la politique pénale définie par les autorités compétentes et légitimes, procédant du suffrage universel et responsables devant la représentation nationale.

 

Comme le précise la loi du 25 juillet 2013 : « le ministre de la justice conduit la politique pénale déterminée par le gouvernement. Il veille à la cohérence de son application sur le territoire de la République. À cette fin, il adresse aux magistrats du ministère public des instructions générales. »

 

Pour éviter des réquisitoires variant selon telle ou telle Cour d’assises, il importe donc qu’une nouvelle instruction de politique pénale sur la fin de vie, plus précise, soit adressée par la Chancellerie aux Parquets pour qu’ils appliquent de la même manière la position définie par celle-ci.

 

Légiférer

Enfin et surtout, pour mettre fin aux ambiguïtés, et aux insuffisances tant de la loi Leonetti de 2005 que de la proposition de loi Claeys-Leonetti, il importe d’adopter une loi autorisant l’assistance médicalisée au décès, strictement encadrée, comme la proposition de loi déposée le 26 septembre 2012 par les députés RRDP. »

 

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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 09:48

Paru dans le Journal Radical N°628 du PRG

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