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5 août 2020 3 05 /08 /août /2020 06:09
RechercheConfinement : pour les scientifiques, le silence fut d’or
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4 août 2020 2 04 /08 /août /2020 05:49
PlaidoyerIl faut supprimer d’urgence les maisons de retraite

 

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2 août 2020 7 02 /08 /août /2020 07:45

Une souveraineté en faux-nez

La reconquête d’une « souveraineté économique » figure depuis parmi les objectifs de la « reconstruction » annoncée par le chef de l’État, un discours qui n’est pourtant qu’un effet de manche.

 

Emmanuel Macron assure avoir tiré les leçons des pénuries de masques, de réactifs, de respirateurs et de médicaments qui ont cruellement affecté la capacité de réaction du pays à la pandémie de Covid-19. S’adressant aux Français, le 12 mars, il reconnaissait dans une sorte de mea culpa que c’était « une folie » de « déléguer à d’autres notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner, notre cadre de vie ». Le 31 mars, en visite dans l’usine de masques Kolmi-Hopen, près d’Angers, le président de la République enfonçait le clou et jugeait nécessaire « de monter en volume, d’embaucher et de créer de nouvelles capacités de production ». La « priorité », affirmait-il, était désormais de « retrouver la force morale (?) et la volonté de produire en France » afin de « retrouver [notre] indépendance ».

 

La reconquête d’une « souveraineté économique » figure depuis parmi les objectifs de la « reconstruction » annoncée par le chef de l’État, qui évoque dans son entretien du 14 juillet « un plan de relance industriel pour bâtir notre souveraineté industrielle et donc faire relocaliser certaines industries ». Ainsi que sa détermination à « bâtir une souveraineté agricole qui n’existe pas ». Une petite musique reprise dès le lendemain par Jean Castex, dans son discours de politique générale. Le Premier ministre y assure que son gouvernement conduira « une relance reconstructive nous permettant de retrouver les voies de la souveraineté économique ».

 

Bien accueilli, ce discours n’est pourtant qu’un effet de manche car, dans le même entretien, Macron refuse toute augmentation de la fiscalité des plus riches et notamment un retour de l’ISF. Cette politique, explique-t-il, a permis à la France de devenir « numéro 1 en termes d’attractivité en Europe ». Ce résultat obtenu en 2019, dont n’ont pas manqué de se féliciter également Jean Castex et Gilles Le Gendre, le président du groupe LREM à l’Assemblée, mesure la capacité d’un pays à attirer des investissements étrangers. Or ceux-ci ne conçoivent pas d’autre souveraineté que celle de la rentabilité de leurs capitaux, raison pour laquelle les attirer nécessite de simplifier le droit du travail au détriment des salariés et d’alléger toujours plus la fiscalité des entreprises et du capital. Ce qu’a fait avec constance Macron depuis juin 2017. On se souvient notamment de la danse du ventre de Bruno Le Maire devant le gotha de Wall Street. Mais que cette rentabilité vienne à être contrariée ou qu’ils trouvent de meilleures opportunités ailleurs, et ces investisseurs s’en vont. Délocalisent usines ou centres de recherche. Aucune souveraineté ne peut s’appuyer sur eux.

 

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PAR MICHEL SOUDAIS

PUBLIÉ LE 22 JUILLET 2020 dans Politis

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2 août 2020 7 02 /08 /août /2020 06:46

😷 L'astrophysicien Aurélien Barrau a un message pour les anti-masques, et il ne mâche pas ses mots :

"La désobéissance civile est un geste fort. Il y a peu, des milliers de scientifiques ont appelé à y recourir face à la catastrophe écologique en cours. C'est, à ma connaissance, sans précédent. D'autres causes immenses méritent sans doute que soit envisagée cette forme radicale de résistance. Il y a là matière à penser et à agir. Avec solennité.

Mais comment n'être pas triste de constater que le refus des gestes sanitaires de base - qui ne sont qu'un infime effort d'intelligence collective élémentaire - soit aujourd'hui revendiqué comme une telle résistance ? Il me semble que cette obstination à mettre en danger la vie d'autrui relève en réalité plutôt de la bouderie presque obscène d'un enfant gâté paranoïaque qui ne veut rien, jamais, sacrifier de son confort. Fût-ce au prix de la mise en danger délibérée de la vie d'autrui.

Et, une dernière fois, pour rappel :

1) "Masquer" la population ne fait pas les affaires de l'État : rien ne fait plus peur à une société de contrôle que des citoyens non identifiables !

2) Nous avons réclamé - à juste titre - ces masques quand ils manquaient. Refuser de les utiliser, en espace clos, quand ils sont disponibles est totalement incohérent.

3) Nombreux sont ceux qui dénoncent les enjeux de pouvoir et d'argent des laboratoires pharmaceutiques. Raison de plus pour endiguer l'épidémie à moindre frais et sans médicament ! Même les plus "conspirationnistes" ne peuvent nier que le port du masque n'enrichira aucune puissance occulte...

4) Que le virus soit plus petit que les mailles du masque ne dit évidemment pas que ces derniers ne servent à rien : les gouttelettes qui portent une bonne partie des agents pathogènes sont arrêtées.

5) Oui, il y a d'autres maladies graves actuellement à l'oeuvre dans le monde. Et alors ? Que la seconde guerre mondiale ait été plus meurtrière que la première signifie-t-il que cette dernière soit anodine ?

6) Oui, nous pouvons - et c'est mon cas ! - avoir de nombreux griefs contre ce gouvernement et sa politique. Et alors ? En quoi cela nous autorise-t-il à mettre en danger la vie des plus fragiles ? Nous "entretuer" fragiliserait-il le pouvoir en place ?

7) J'ai souvent lu ces derniers jours que "bien respirer est essentiel à la santé". Certes. Bien boire aussi. Pour autant, quand l'eau de la mare est empoisonnée mieux vaut se retenir quelques minutes et aller à une source pure, non ?

8 ) N’y a-t-il pas une forme d’arrogance assez stupéfiante à penser que les experts n’ont rien compris et que des analyses ne reposant sur aucune compétence spécifique sont évidemment celles auxquelles donner crédit ? Comme si tout n’était qu’affaire de sondage, d’opinion et de choix personnel.

9) Refuser d'obéir aveuglément est sans doute une posture intéressante. Il y a tant de lois et de schèmes d'oppression à contester... Pourquoi manifester ce "courage" face à ce qui relève, justement, du soucis élémentaire de la santé d'autrui ? C'est un contresens radical.

10) Il n'y a aucune légitimité à craindre une "nouvelle normalité". De même que le confinement chez soi a été levé dès que possible (ralentir l'économie ne fait jamais les affaires de l'État), le port du masque (toujours terrifiant pour les forces de police) ne durera évidemment pas. L'émergence d'une société de contrôle assez terrifiante est possible et doit, à mon sens, être combattue. Mais, justement, c'est l'inverse qui a lieu ici !

11) Certains se vantent de n'avoir pas peur. Soit. La disposition psychologique de chacun est parfaitement légitime. Mais n'avoir pas peur des armes à feu n'autorise pas à tirer dans le tas. Tout est là.

12) Il n'y a vraiment rien de révolutionnaire ou de transgressif à nier les vérités médicales dans un geste d'égoïsme assumé qui prend la forme exacerbée de l'individualisme dominant du monde contemporain.

13) Et même si, de façon extrêmement improbable, le masque s'avérait essentiellement inutile, l'infime effort ne méritait-il pas d'être tenté ? Mettre en regard ce dérisoire inconfort (l'occident oublie si souvent les véritables maux de ce temps) face à la possibilité d'une vie sauvée ne clôt-il pas immédiatement le dilemme ?

14) Franchement, face à la souffrance des malades intubés, face aux 600 000 morts - ici et ailleurs -, le refus de l'infime effort dont il est ici question n'a-t-il pas quelque chose d'indécent ? Comme symptôme de l'oublie définitif de tout soucis du bien commun."

 

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2 août 2020 7 02 /08 /août /2020 06:44
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23 juillet 2020 4 23 /07 /juillet /2020 12:58

RETOUR SUR L’ACCORD « HISTORIQUE » EUROPÉEN : UN ACCORD À DOUBLE SENS QUI ENCOURAGE AUTANT QU’IL TRAHIT NOTRE COMMUNAUTÉ DE DESTIN 

L’accord ce de cette semaine est effectivement historique : mutualisation des besoins, de la dette, relance en première approche. Mais ne nous réjouissons pas trop vite car il marque aussi le pouvoir des États « frugaux » jusque-là masqués par le Royaume-Uni et des régressions fortes pour des budgets cruciaux tant au niveau européen que pour les États qui bénéficieront de ces aides.
Quelle solidarité cet accord exprime-t-il donc finalement ? La réalité est assez éloignée de l’image dès lors que l’on y regarde de plus près. Le danger est imminent mais des solutions pourraient être plus proches que jamais.

 

UN ACCORD MAJEUR ET POSITIF QUI INSTAURE UNE MUTUALISATION DES DETTES ET DÉPASSE LA RÈGLE DE L’UNANIMITÉ

C’est fait, l’accord est scellé. Le soulagement s’étale à la une des journaux et sur les réseaux sociaux, l’Europe et nos États sont sauvés ! Effectivement, l’institution d’un mécanisme d’union fiscale constitue une immense avancée : on en termine avec des transferts budgétaires pour mutualiser une dette en considérant qu’il s’agit de notre difficulté commune, de notre avenir commun. En outre, les subventions et prêts dépendront des besoins des différents États et non du pouvoir de négociation de l’un ou de l’autre. Il s’agirait donc véritablement de solidarité. Parfait. Ou presque.

Autre avancée majeure, le droit de veto a sauté malgré tout l’activisme des pays « frugaux » mené par les Pays-Bas. Une poignée de gouvernements de petits pays riches a ferraillé contre l’idée même de cette solidarité européenne montrant toute la nocivité de la règle de la sacro-sainte règle de l’unanimité.

Pour bâtir l’Europe dont nous avons besoin, il faut poursuivre en dépassant la règle de l’unanimité en matière fiscale également pour créer des ressources propres pour l’Europe (taxe carbone, taxe climat, GAFA, transactions etc.) et lutter contre les paradis fiscaux qui y sont abrités. Les fameux « frugaux » qui exhibent des endettements publics bas mais des dettes privées très fortes. Or, 2009 nous a montré que les dettes privées trop fortes amènent à solliciter la puissance publique quand les turbulences sont trop fortes, donc au final, la dette privée devient alors soudainement et massivement publique.

 

UN ACCORD AU RABAIS CAR SACRIFIANT EN FAIT À DES CHOIX « NON SOLIDAIRES »

Il faut ensuite regarder plus précisément ce qui a été validé, quelles sont les contreparties qui ont été demandées en gage. On retrouve des réformes dénommées « structurelles », comme en 2009, comme d’habitude avec le cortège des libéralisations qui les traduisent ensuite (par exemple, la réduction de services publics, le sabrage d’aides sociales, l’allègement des qualifications artisanales, la suppression des autorisations des grandes surfaces pour illustrer très concrètement). Solidarité ?
Au-delà, le plan de relance ne s’est bouclé qu’en coupant dans les budgets européens permettant la solidarité et la préparation de notre avenir commun (nos jeunes avec Erasmus, l’écologie, la recherche, la santé). Car, les commentateurs l’oublient mais les 27 viennent également d’adopter le prochain cadre financier pluriannuel (CFP), c’est-à-dire le budget 2021-2027 de l’Union après des difficultés en février du fait de l’hostilité des Pays-Bas (on y revient). Or, ce budget est « petit pied » par rapport aux ambitions initiales, notamment pour financer les nouvelles priorités européennes qui étaient prévues. Il l’est d’autant plus que le plan de relance a été raboté sur son volet qui devait compléter le budget classique en subventionnant ces projets européens. Cette partie a été sacrifiée au profit des subventions directes aux États pour leurs plans de relance et de prêts puisque les « frugaux » ont, paradoxalement, insisté pour que les États les plus fragiles s’endettent un peu plus ( !). En termes de solidarité, on a donc préféré servir ces besoins de liquidité nationaux en supprimant l’investissement collectif d’avenir. L’industrie, la défense attendront et la santé (cf. programme « EU4Health ») aussi en pleine crise sanitaire, avec 100 000 morts déjà à déplorer. Quant à l’écologie, la Pologne restera au charbon avec un fonds pour la transition juste devenu peau de chagrin. Solidarité ?
Plus encore, Margaret Thatcher est de retour car les pays frugaux ont obtenu des rabais substantiels (et structurels) pour avoir leur « money back ». Dans le contexte actuel, cela signe un recul majeur en termes politique et de fonctionnement. Les pays frugaux n’ont pas perdu comme les éditoriaux l’affirment puisqu’ils ont en fait tenu la dragée haute au collectif européen. Pourtant, plus que d’autres peut-être, ils ont profité dans le passé de la solidité de l’euro. Leur refus de solidarité d’aujourd’hui pourrait leur revenir en boomerang s’il aboutit à affaiblir la monnaie unique dans quelques années par défaut de cohésion et parce que les pays du Sud pourraient être vacillants. Budget au petit pied, perspective à petite vue, petit bras. N’a-t-on vraiment rien appris de 2009 ?

 

UN ACCORD PRÉOCCUPANT FAUTE DE SOCLE DÉMOCRATIQUE SUFFISANT 

Où est l’Europe politique et démocratique ? Il est indispensable de renforcer les pouvoirs du Parlement, plus que jamais. Il est d’ailleurs à noter que le Parlement avait proposé un plan plus ambitieux, raboté par la Commission et à moins hier pour préserver les « frugaux ».
Au-delà de sujets de validation comme la conditionnalité des aides prévues par ce paquet européen et l’organisation d’un contrôle démocratique du processus, il faut savoir quelle Europe traduit réellement cet accord et ce n’est pas nécessairement celle de l’unité et de la solidarité.
Une épreuve de vérité sera la question du remboursement dans la mesure où les ressources propres n’étant pas (encore) au rendez-vous, ce sont les Etats qui rembourseront. Dans ce contexte, les intérêts européens ne convergent pas vers une coordination fiscale face aux quatre États « frugaux », par ailleurs champions du dumping fiscal. Il est donc à craindre que le remboursement donnera lieu à des marchandages et rapports de force, focalisés sur les capacités contributives de chacun dans ce contexte du retour de « my money back » dans une version plus aigüe que jamais (des prêts et pas des subventions, des rabais structurels),

L’Europe est à un tournant historique : cet accord contient des avancées majeures mais il accentue dangereusement des contradictions internes implosives. Seul le choix de la solidarité et de la cohérence est responsable et il n’est pas certain que ce soit, en réalité, la voie prise cette semaine malgré les tambours et trompettes. La gestion des prêts pourrait offrir à la communauté un levier lui permettant d’être à la hauteur des enjeux et au rendez-vous de la solidarité. Pour cela, il lui faut forcer son destin à la fois en termes redistributifs, de stratégie budgétaire et monétaire et dans un cadre démocratique renforcé.
C’est maintenant, à la rentrée lors du débat budgétaire au Parlement, que cela se joue.

 

Isabelle Amaglio-Térisse

 

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23 juin 2020 2 23 /06 /juin /2020 06:59
SécuritéCamden, la ville américaine qui a dissous sa police pour mieux la reconstruire

 

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16 juin 2020 2 16 /06 /juin /2020 17:45

 
 Le FN ne réécrira pas l’histoire


En mars 2017, le FN, en la personne de Marine Le Pen, avait tenté de réécrire l'histoire en disculpant la France de la rafle du Vel d'Hiv. Cette nuit du 16 au 17 juillet 1942 où à Paris, 4500 policiers et gendarmes français avaient arrêté plus de 13 000 juifs, qui dans leur grande majorité ont fini déportés dans les camps nazis où ils sont morts. Aujourd'hui le FN/ RN, compte célébrer l’appel du 18 Juin sur l’île de Sein. Ile où en juin 1940, la quasi-totalité des hommes en âge de combattre, avait choisi de partir rejoindre les Forces Françaises Libres en Angleterre. Décidément, de Le Pen père, et ses déclarations selon lesquelles les chambres à gaz étaient un « point de détail de l'histoire », à Le Pen fille, force est de constater que la provocation révisionniste colle aux basques du parti de la haine. Mais après tout, pour le FN/RN un mauvais coup d'éclat reste toujours un coup d'éclat, et cette fois-ci c’est en salissant la mémoire de la résistance que le FN/RN compte faire parler de lui.
L’entreprise de dédiabolisation entamée par Marine Le Pen est un leurre. Le parti a beau essayer de se donner les apparences d’une organisation sociale et républicaine, ses prises de position d’hier et d’aujourd’hui viennent nous prouver le contraire. Le FN est, et reste un parti raciste et fascisant, fondé par les pires ennemis de l'auteur de l'appel du 18 juin.
Nous ne laisserons pas le FN/RN réécrire l'histoire de cette France qui a combattu l'horreur nazie. C'est pourquoi Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes 29 appelle à se rassembler devant l'embarcadère d’Audierne le jeudi 18 juin dès 8 h.

_______________________________________
Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes (VISA) est une association intersyndicale composée d’une centaine de structures syndicale. Dans le Finistère, elle regroupe la CGT Éduc’Action, la CGT-Enseignement privé, la CNT, la FSU et l’union syndicale Solidaires.
Depuis 1996, VISA recense, analyse et dénonce les incursions de l’extrême droite et plus particulièrement du Front national sur le terrain social. VISA se veut un outil d’information et de réflexion pour toutes les forces syndicales qui le souhaitent afin de lutter collectivement contre l’implantation et l’audience de l’extrême droite dans le monde du travail.
 
Les Radicaux de Gauche du Finistère soutiennent

 

 

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6 juin 2020 6 06 /06 /juin /2020 09:51

Police et racisme : les risques d’une cécité

 

Le Monde

Editorial. Le gouvernement doit prendre au sérieux le malaise qui envenime, en France, les rapports entre minorités et forces de l’ordre et les dérives violentes de ces dernières.

 

Editorial du « Monde ». 6 juin 2020

 

La collusion (erreur de mots ou choix volontaire du rédacteur ?  LRDG29) fortuite entre deux événements d’actualité peut produire un lourd effet de sens. La concomitance entre la mort de George Floyd, un Noir américain de 46 ans étouffé lors de son interpellation par un policier blanc à Minneapolis (Minnesota), et la publication de nouveaux rapports d’expertise sur la mort d’Adama Traoré, un Français noir de 24 ans, mort en 2016 dans le Val-d’Oise après son interpellation par des gendarmes, ne pouvait pas passer inaperçue. Bravant l’interdiction de manifester, 20 000 personnes ont protesté, mardi 2 juin, aux abords du Palais de justice de Paris, et les rassemblements se succèdent depuis lors.

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Lire aussi La mort de George Floyd a donné un nouvel élan à la lutte contre les violences policières en France

 

Comparaison n’est pas raison : le statut des Noirs est une plaie toujours béante dans l’histoire politique et sociale américaine depuis l’époque de l’esclavage, prolongée par un apartheid de fait qui n’a cessé, dans les Etats du Sud, que dans les années 1960 ; en France, c’est à la fois une question historique liée à la traite négrière et à la colonisation de l’Afrique, et une réalité consécutive à une immigration relativement récente. La fracture raciale séculaire, la présence généralisée d’armes à feu, la violence récurrente de la police aux Etats-Unis, qui tue 1 000 personnes par an – contre une vingtaine en France –, interdisent tout simplisme dans l’analogie.

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Lire aussi La Rumeur : « L’affaire George Floyd est un miroir tendu par les Etats-Unis »

 

Constater ces différences ne doit cependant pas conduire à occulter la réalité du grave malaise qui envenime, en France, les rapports entre les minorités dites « visibles » et les forces de l’ordre. La crainte du dérapage, voire de la bavure, est un sentiment généralisé qui fait redouter tout contact avec des uniformes. « Je connais ce sentiment qui ronge de l’intérieur », a témoigné le comédien Omar Sy, se souvenant du temps où, anonyme, il courait dès qu’il croisait des policiers. Cette hantise, bien des Blancs la nient simplement, parce qu’ils ne l’ont, par définition, jamais ressentie.

 

Des tendances amplement documentées

 

Rester inactif devant cette réalité, comme le fait le gouvernement, est une attitude doublement dangereuse : non seulement elle tend à aggraver une « fracture raciale » déjà matérialisée par les ghettos urbains, mais elle risque de valider la thèse, venue des Etats-Unis, qui fait de la police en elle-même un instrument de domination structurellement dirigée par les Blancs pour perpétuer un pouvoir de type colonial sur des personnes « racisées ». D’où les inacceptables accusations de trahison lancées par certains manifestants contre un policier noir.

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Lire aussi Le Défenseur des droits dénonce un cas de discrimination « systémique »

 

La question n’est pas d’accuser globalement la police de racisme, mais de combattre en son sein des tendances amplement documentées : « discrimination systémique » à l’encontre de jeunes Noirs et de jeunes Maghrébins reconnue dans un cas par le Défenseur des droits, Jacques Toubon, condamnation de l’Etat par la Cour de cassation en 2016 pour des « contrôles au faciès ». Déjà mises en lumière lors de la crise des « gilets jaunes », les dérives violentes, elles, supposent une sérieuse réforme de la formation, du mode de commandement et de contrôle de la police. La pratique du dialogue avec la population de la police britannique mériterait d’être imitée. La « traçabilité » des contrôles d’identité, réalisée pendant le confinement, pourrait être généralisée, comme le propose M. Toubon, et l’enregistrement vidéo systématisé, et non pas interdit comme le souhaite le député Eric Ciotti. Sauf à prendre au sérieux l’écho français du drame de Minneapolis, le gouvernement s’expose à un retour brutal du « monde d’avant » le coronavirus, en pire.

 

Lire aussi Racisme dans la police : Christophe Castaner saisit la justice

 

Le Monde

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4 juin 2020 4 04 /06 /juin /2020 16:37
Big Pharma et le coronavirus

L’industrie pharmaceutique fonctionne sur la recherche de rentes.

 

CET ARTICLE EST EN ACCÈS LIBRE. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. 

 

La crise sanitaire jette une lumière crue sur les pratiques de l’oligopole mondial des industries pharmaceutiques, dominé par quelques grandes firmes multinationales, Big Pharma. Ces dernières sont engagées dans une course au profit qui s’exerce au détriment des populations. Au début de la crise, on a assisté à des pénuries de médicaments fondamentaux pour soigner les cas graves de Covid-19, en particulier des anesthésiques nécessaires en réanimation. Les raisons de ces pénuries sont de deux ordres. Les délocalisations industrielles ont abouti à concentrer la production de principes actifs en Chine et en Inde, mettant à mal la souveraineté sanitaire de nombreux pays. Par ailleurs, les médicaments qui ne sont plus sous brevet, qui peuvent donc être produits sous forme générique, n’intéressent pas les grandes firmes, car leurs prix de vente ne sont pas assez élevés.

De manière plus structurelle, l’industrie pharmaceutique fonctionne sur un business model fondé sur la recherche de rentes. Celles-ci proviennent essentiellement des actifs intangibles que sont les brevets, qui donnent aux firmes des droits de monopole sur les nouvelles molécules pendant vingt ans. Elles légitiment ces rentes par des coûts importants de recherche et développement (R&D), mais oublient de rappeler qu’une bonne partie des recherches sont financées par des fonds publics, c’est-à-dire in fine par le contribuable. C’est ainsi que Sanofi a récemment déclaré que les États-Unis seraient prioritaires pour la distribution d’un vaccin contre le Covid-19 parce que le gouvernement américain avait financé sa recherche à hauteur de 30 millions de dollars. Sanofi touche environ 150 millions d’euros par an depuis dix ans grâce au crédit impôt recherche, mais la population française ne sera pas prioritaire… Et, surtout, les contribuables paient deux fois : en finançant la recherche, et en achetant les médicaments. Merci à la Sécurité sociale.

L’industrie pharmaceutique est donc très rentable. Ces profits viendraient-ils financer la R&D qui légitime les fameux brevets ? En partie seulement. Une étude de William Lazonick et de ses collègues analyse ce qu’ont fait dix-huit grandes entreprises pharmaceutiques américaines de leurs revenus nets entre 2009 et 2018 (1). Ceux-ci s’établissent, pour l’ensemble de ces firmes, à 588 milliards de dollars cumulés. Elles se sont endettées pour allouer 544 milliards à la R&D et verser 287 milliards en dividendes aux actionnaires et 335 milliards au titre des rachats de leurs propres actions. Et ce, afin de faire monter artificiellement le cours des actions et satisfaire les actionnaires. De plus, les rémunérations des cadres dirigeants étant alignées sur les cours de Bourse des entreprises, ceux-ci ont tout intérêt à « maximiser la valeur actionnariale » de leurs firmes, mantra de la gestion des entreprises dans un régime de capitalisme financiarisé. On peut douter qu’un tel business model soit compatible avec la production d’un vaccin envisagé comme bien commun.

(1) « Financialization of the US pharmaceutical industry », William Lazonick et al., Institute for New Economic Thinking, décembre 2019.


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