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18 avril 2020 6 18 /04 /avril /2020 07:17
Vu d’Allemagne
Aux fraudeurs du fisc
de payer la dette liée au coronavirus !
 
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16 avril 2020 4 16 /04 /avril /2020 17:54

Communiqué des sections syndicales CGT, FO, SNES, SUD

du lycée de l’Elorn

 

 

LANDERNEAU Le 16 avril 2020
 

 

L’école n’est pas la garderie du MEDEF !

 

La situation de crise sanitaire et sociale fournit un alibi en or au Ministre de l’éducation nationale pour appliquer l’outil principal de sa réforme du baccalauréat : le contrôle continu qui fait du BAC,  diplôme maison, vidé de toute valeur nationale et dont on sait qu’il est porteur d’inégalités. La crise ne doit pas déboucher sur la généralisation du contrôle continu mais le ministère n’apporte aucune précision, ni garantie à ce sujet.

 De nombreuses irrégularités, au niveau national, ont été constatées lors des épreuves dites E3C ainsi que des inégalités d’évaluation des enseignements de spécialité que les élèves de 1ère abandonnent.


 Malgré cela, le Ministre décide de maintenir les réformes et en premier lieu la première session des E3C et la suppression de postes de professeurs. Si la deuxième session des E3C est annulée en raison du Covid-19, les notes de la première session, elles, sont maintenues et comptabilisées alors que 10 000 copies ne sont toujours pas corrigées. Le ministère a donc bel et bien décidé d’appliquer un zéro à tous les élèves qui ont refusé de passer les E3C.


Les sections syndicales CGT, FO, SNES, SUD du lycée de l’Elorn revendiquent l’annulation de ces épreuves passées sous la menace de forces de police dans nombre d’établissements à l’échelle nationale. Elles revendiquent l’annulation de toute mesure prise à l’encontre des élèves et des personnels qui ont exercé leur droit de grève et exprimé leur légitime opposition aux E3C.

Pour les sections syndicales du lycée de l’Elorn, il n’y a pas de confinement pour les revendications :
 - abrogation de la réforme du lycée, du baccalauréat, de la voie professionnelle et de Parcoursup
 - retour aux épreuves nationales, anonymes et ponctuelles
 - abrogation des ordonnances sur les retraites, de la loi de Transformation de la Fonction Publique.
 - restitution des postes supprimés et création de tous les postes statutaires nécessaires.


Gouverner c'est prévoir ! Le gouvernement a clairement défini ses priorités : début mars, tandis qu’il laissait mourir les personnes âgées dans les EPHAD, tandis qu’il qu’il envoyait les soignants au front sans aucune arme de défense et incitait les enseignants à accueillir les enfants de soignants sans protection, il commandait cyniquement pour 3 millions d’euros supplémentaires de grenades lacrymogènes et envoyait une partie des masques disponibles à AIRBUS.
 


Le 13 avril 2020, le Président de la République a annoncé la réouverture, à compter du 11 mai, des écoles et des établissements du second degré, pourtant vecteurs majeurs de la transmission du Covid 19. Cela sans garantie aucune de moyens de protection ni pour les personnels, ni pour les élèves (désinfection des locaux, tests, gel hydroalcoolique, masques FFP2 en nombre suffisants...).

 

Comment imaginer que l’Éducation nationale et les collectivités territoriales seront en capacité d’avoir d’ici un mois à disposition des stocks suffisants de matériel de protection et de tests pour équiper les établissements et garantir la santé de tous alors même que les besoins actuels ne sont ni garantis, ni couverts dans les centres hospitaliers, les EHPAD ou pour toute autre profession travaillant encore actuellement ?

 

Quel est le sens d’une telle décision? S'agit-il d'une préconisation médicale prônée par les "sachants", ceux qui cumulent postes de conseillers auprès du Président ou de son gouvernement et participations dans les conseils d’administration de l'industrie pharmaceutique ou d’une décision fondée sur les seuls intérêts économiques ?
 

De concert avec le MEDEF, l’objectif d’Emmanuel Macron est clair : remettre la population au travail pour que certains continuent d’engranger des profits. Et pour cela, il faut rouvrir les écoles pour que les parents retournent au travail, quel qu’en soit le prix ! Et pour Emmanuel Macron, il faudra aussi travailler plus, renoncer aux congés, au temps de travail réglementaire... Mais ce n’est pas aux Travailleurs de payer cette crise sanitaire et sociale !


Si les écoles, les collèges et les lycées doivent rouvrir le 11 mai, les sections syndicales du lycée de l’Elorn exigent un dépistage de tous les enseignants, agents et élèves avant cette date. L’école n’est-pas une garderie !
 

Il n’est pas question qu’au non de la primauté de l’économie, le gouvernement envoie les enseignants en première ligne se faire contaminer et contaminer à leur tour! Tant qu'il n’y a pas de masques réellement protecteurs en nombre suffisant, ni de tests systématiques des élèves et des personnels, tant que les mesures de distanciation ne pourront être garanties, que les locaux et le matériel ne sont pas désinfectés régulièrement, les sections syndicales appellent les personnels du lycée de l’Elorn et  ceux des autres établissements à s’opposer à toute reprise prématurée et à exercer leur droit de retrait. 

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12 avril 2020 7 12 /04 /avril /2020 15:17
La lettre politique 
de Laurent Joffrin 
 
Pandémie et modernité

 

Il y a décidément deux sortes d’écologie. L’une est rationnelle et l’autre beaucoup moins… La première met en lumière le lien entre les épidémies et la diminution de la biodiversité, la déforestation ou le trafic des animaux sauvages, toutes choses appuyées sur des études sérieuses menées par des spécialistes reconnus de chacune des disciplines concernées. Mais la seconde en tire argument pour alimenter, sans trop de précautions, son réquisitoire contre la modernité et la «civilisation thermo-industrielle», alors même que les liens, sur ce point, sont nettement moins établis.

 

Non que la civilisation en question soit innocente, bien au contraire : on lui doit, entre autres, le réchauffement climatique, la pollution, l’exploitation dangereuse de la nature et l’épuisement d’un certain nombre de ressources naturelles, ce qui est déjà quelque chose… Mais s’agissant du nouveau coronavirus, l’affaire se complique et l’annexion pure et simple de la pandémie au discours écologique souffre de quelques faiblesses.

 

On ignore encore, en fait, l’origine précise du virus. Difficile, dans ces conditions, de construire un discours péremptoire. On incrimine en général les chauves-souris, qui ont un système immunitaire particulier qui leur permet de transporter toutes sortes de virus sans en être atteintes. On pense souvent que l’un de ces virus est passé au pangolin, petit animal menacé, qui fait l’objet d’un trafic et de ventes sur des marchés en plein air aux conditions d’hygiène incertaines, comme celui de Wuhan. Si cette hypothèse courante est la bonne, le lien avec «la civilisation thermo-industrielle» devient douteux. La consommation d’animaux sauvages comme le pangolin renvoie bien plus à des pratiques culinaires anciennes, très antérieures à l’apparition de l’industrie. Aussi bien, ce sont les Etats modernes qui combattent le trafic d’animaux sauvages (dont le pangolin), avec le plus grand mal, puisque le braconnage persiste avec l’aide de mafias plus ou moins constituées.

 

De même, la déforestation, autre facteur recensé des épidémies, a commencé bien avant la naissance des sociétés modernes. Les forêts ont été attaquées dès l’apparition de l’agriculture (il y a environ 12 000 ans) et l’on considère qu’en France, par exemple, la déforestation a progressé sans cesse depuis les Gaulois jusqu’au XIXe siècle, pour s’inverser au XXe siècle, en Europe en tout cas (il y a plus de forêts en France aujourd’hui qu’il y a un siècle ou deux). En Chine, après les déprédations sans nom de l’ère maoïste (au moment du «Grand bond en avant», notamment), l’Etat s’efforce de reboiser lentement le pays (contrairement à l’Etat brésilien, fort coupable en l’espèce).

 

On remarque aussi que les pandémies sont de toutes les époques, et que les plus meurtrières ont eu lieu, soit avant l’ère industrielle (la Grande Peste, par exemple), ou bien à une époque de moindre développement et de moindre mondialisation qu’aujourd’hui (voir «la grippe espagnole» de 1918 et ses 30 millions de morts). Enfin, ce sont les vaccins, dont le principe est très ancien, mais qui se sont développés à partir du XVIIIesiècle, qui ont permis de faire reculer sérieusement le risque épidémique (contre la variole, le choléra, le typhus, etc.), alliés à la diffusion de l’hygiène, à l’usage des antibiotiques et au traitement de l’eau, toutes choses nées du progrès des sciences et des techniques. D’où l’allongement spectaculaire de l’espérance de vie dans les sociétés développées. 

 

Les politiques écologiques se justifient en elles-mêmes, pour sauvegarder une planète vivable. En matière épidémique, elles peuvent jouer un rôle préventif à long terme, fort utile. Mais à court terme, le système hospitalier, les appareils de réanimation, l’organisation des soins, la recherche d’un vaccin qui sera produit à l’échelle industrielle, sont les principaux remèdes au mal. On constate d’ailleurs qu’en Europe, c’est le pays le plus industrialisé, l’Allemagne, qui a le mieux contenu la pandémie, grâce à la production rapide et massive de masques et de tests. Au lieu de rappeler ces réalités, une partie du discours écologique affirme qu’on assiste à une vengeance de la Nature contre la civilisation moderne, un peu comme certaines religions incriminaient jadis les fautes des hommes qui attiraient sur eux la vengeance des dieux. Ce qui revient à plaider pour l’écologie, non en s’appuyant sur la raison et la science, mais avec des arguments de type religieux.

LAURENT JOFFRIN
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12 avril 2020 7 12 /04 /avril /2020 08:26

Professeur émérite au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), où il était il y a peu titulaire de la chaire Hygiène et sécurité, William Dab est médecin et épidémiologiste.

 De 2003 à 2005, il a été directeur général de la santé et avait démissionné en raison de désaccords sur la politique de santé publique avec le ministre de la santé d’alors, Philippe Douste-Blazy. Il livre une analyse critique de la réponse française au Covid-19. (In LeMonde.)
 

 

Quelle est votre appréciation de la situation sanitaire de l’épidémie de Covid-19 ?

Un premier élément à prendre en compte est qu’actuellement nous avons un décompte de la morbidité et de la mortalité directement liée au virus. En fait, nous aurons aussi à déplorer des répercussions sur la santé à moyen terme qu’on peut appeler indirectes parce que ce n’est pas le virus qui sera en cause, mais les complications chez les patients souffrant de maladies cardiaques, pulmonaires, rénales, etc. Ces complications ont deux origines. Le Covid-19, qui entraîne un alitement, qui est un facteur de risque important chez les personnes âgées. Et le fait que le suivi des malades chroniques est moins bon parce que le système de soins est saturé par l’épidémie. Il faut donc s’attendre au total à plusieurs dizaines de milliers de décès directement et indirectement liés à l’épidémie.

 

Et sur l’évolution de l’épidémie ?
Je suis frappé par le fait qu’après quatre semaines de confinement, la courbe épidémique n’est que ralentie. Nous restons avec un flux important de malades chaque jour. Trois raisons peuvent expliquer cela. D’abord le confinement n’est qu’imparfaitement respecté. En particulier, ceux qui continuent de travailler et qui prennent les transports en commun peuvent se contaminer, alors que le port du masque n’est pas généralisé. Ensuite, on peut se demander s’il n’y a pas une transmission aérienne du virus et pas seulement par les gouttelettes. Cette question est débattue, notamment cette semaine dans la revue Nature. Enfin, et cela me semble très grave, on laisse retourner chez elles des personnes contagieuses à la sortie de l’hôpital ou du cabinet du médecin parce qu’elles n’ont pas besoin de soins. Elles peuvent alors contaminer leurs proches. Comment l’éviter quand on vit dans un petit appartement ?

 

Que faudrait-il faire ?
Cela fait des jours que plusieurs instances, dont le conseil scientifique du gouvernement, recommandent de mettre ces personnes, de même que leurs contacts, en isolement dans des hôtels (qui sont vides) ou des lieux fermés analogues. La maire de Paris le demande aussi, mais il ne se passe rien.
De façon générale, dans les mesures adoptées, il y a un mélange d’excellence et de médiocrité. L’excellence, ce sont les soins. Des centaines de vie ont été sauvées par l’héroïsme des soignants et des aidants, ainsi que par un effort sans précédent qui a permis de doubler nos capacités de réanimation et de désengorger les hôpitaux saturés. C’est vraiment remarquable.
En revanche, en matière de prévention, nous ne sommes pas à la hauteur de l’épidémie.

 

Pourquoi ?
La seule mesure de prévention est en réalité le confinement généralisé assorti de recommandations d’hygiène. Autrement dit, on fait peser sur la population la totalité des efforts de prévention. Ça ne peut pas marcher et le coût humain est effrayant avec un cortège d’inégalités sociales qui s’aggravent. Réalise-t-on bien ce que cela représente pour une famille avec disons deux enfants qui vit dans 50 m² avec les deux parents en télétravail et les enfants qui doivent faire l’école à la maison ? Si l’effort de prévention est partagé, cela peut tenir encore quelque temps, mais, s’il ne se passe rien d’autre, il y aura des mouvements de révolte. Or l’adhésion du public est une condition pour casser l’épidémie. Le macromanagement ne suffit pas. Il faut une capacité de micromanagement.
Je considère que nous entrons dans une période où le confinement aura plus d’inconvénients (économiques, psychologiques, familiaux, médicaux) que de bénéfices.

 

Que peut-on faire d’autre ?
D’abord de l’épidémiologie de terrain. Comment se fait-il que ce soient des épidémiologistes britanniques qui ont estimé la proportion de Français infectés ? Comment lutter contre une épidémie sans connaître son étendue ? Des enquêtes par sondages hebdomadaires par téléphone ou Internet permettraient de suivre son évolution. C’est facile à réaliser. Ce n’est pas complètement fiable, mais c’est mieux d’être dans le brouillard que dans le noir absolu. En attendant que des tests sérologiques soient déployés à grande échelle, même avec des imperfections, ce type d’enquête par sondage répétés nous donnerait une tendance sur l’évolution de la prévalence de l’infection.
De même, il faut comprendre pourquoi on a encore tant de nouveaux malades. Où ont-ils été contaminés ? On ne peut pas enquêter sur tous les cas, mais, là encore, une procédure d’échantillonnage suffirait à fournir des indications sur les circonstances de l’infection. Dans les CHU, de nombreuses études cliniques sur d’autres thèmes que le Covid-19 sont actuellement suspendues. Les professionnels de santé qui les réalisent sur le terrain et ont un savoir-faire pourraient être mobilisés à cette fin.
Autre exemple, il y a des dizaines de milliers de patients qui prennent quotidiennement de l’hydroxychloroquine pour des maladies rhumatismales. Cela fait plus de deux mois qu’il y a un débat sur ce traitement. Pourquoi ne sait-on pas si ces patients sont moins atteints par le coronavirus que les autres ? Nous avons des bases de données accessibles pour faire ce travail et une agence du médicament pour le faire.

Ensuite, on ne dit pas clairement à la population quand les masques et les tests arriveront. Si on ne le sait pas, il faut le dire. Aucun déconfinement n’est envisageable sans ces outils. De même, quand les soignants seront-ils enfin correctement protégés ? On n’entend pas la réponse.
Enfin, il faut un commandement unifié et moins de bureaucratie.

 

Que voulez-vous dire ?
Je vais vous donner un exemple personnel. Dès le début de l’alerte, je me suis inscrit à la réserve sanitaire. Il y a une semaine, je reçois un message me demandant si je suis prêt à appuyer au plan épidémiologique une ARS [agence régionale de santé] dans un département d’outre-mer. Je réponds immédiatement que je suis volontaire et que je libère tout mon agenda jusqu’à fin juin. Au bout de six jours, pas de réponse. Je fais savoir que je trouve cela anormal en situation d’urgence. Je reçois alors comme réponse que mon dossier administratif n’est pas complet. Il manque la copie de mon diplôme de docteur en médecine (qui est à mon bureau, donc inaccessible) et un certificat d’aptitude médicale. Je n’aurai pas l’odieuse pensée de déranger un confrère surchargé pour qu’il atteste que je suis apte à faire de l’épidémiologie ! Le président de la République a déclaré la guerre, mais les services continuent de fonctionner comme en temps de paix.

En 1917, la première chose qu’a faite Georges Clemenceau en devenant président du Conseil et ministre de la guerre, c’est de se débarrasser des bureaucrates sans valeur ajoutée, voire à valeur négative. Ensuite, il a obtenu des Alliés un commandement unifié. On multiplie les instances, les conseils, les comités qui font de leur mieux, mais il n’y a pas le souci des détails, ils n’ont pas de rôle opérationnel. Quand Clemenceau visitait le front au péril de sa vie, ce n’était pas seulement pour soutenir le moral des troupes. C’était aussi pour vérifier que l’intendance suivait.
Pour gagner contre une épidémie, il faut trois conditions : la surveillance, la réactivité et un commandement resserré qui fait un lien opérationnel entre la doctrine et le terrain.

 

Etes-vous pessimiste ?
Oui, au moment où nous nous parlons. Non, si les principes de base de la lutte contre les épidémies sont enfin mis en œuvre de toute urgence en s’affranchissant des contraintes administratives que le gouvernement a désormais les outils juridiques de lever.
Cette situation illustre jusqu’à la caricature la faiblesse de la santé publique française. On mise tout sur les soins sans réaliser que la prévention est un investissement très rentable. Chaque fois que l’on dépense 100 euros dans le domaine de la santé, 96 % vont aux soins et 4 % à la prévention organisée. C’est cela que nous payons, comme nous payons l’incurie de la gestion de l’amiante – 100 000 décès cumulés.

 

Tous les soirs à 20 heures,

nous applaudissons nos soignants.

Je me demande si nous ne devrions pas siffler

tous les midis les carences

de la prévention de terrain

jusqu’à ce qu’elle devienne efficace.

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9 avril 2020 4 09 /04 /avril /2020 14:10

 

LE MONDE QUI MARCHAIT SUR LA TÊTE

EST EN TRAIN DE REMETTRE SES IDÉES

A L’ENDROIT

 

par Coline Serreau


>

Le gouvernement gère l'épidémie comme il peut… mais les postures guerrières sont souvent inefficaces en face des forces de la nature. Les virus sont des êtres puissants, capables de modifier notre génome, traitons-les sinon avec respect, du moins avec modestie.

Apprenons à survivre parmi eux, à s'en protéger en faisant vivre l'espèce humaine dans des conditions sanitaires optimales qui renforcent son immunité et lui donnent le pouvoir d'affronter sans dommage les microbes et virus dont nous sommes de toute façon entourés massivement, car nous vivons dans la grande soupe cosmique où tout le monde doit avoir sa place. La guerre contre les virus sera toujours perdue, mais l'équilibre entre nos vies et la leur peut être gagné si nous renforçons notre système immunitaire par un mode de vie non mortifère.

Dans cette crise, ce qui est stupéfiant c’est la rapidité avec laquelle l'intelligence collective et populaire se manifeste.

En quelques jours, les français ont établi des rites de remerciement massivement suivis, un des plus beaux gestes politiques que la France ait connus et qui prolonge les grèves contre la réforme des retraites et l'action des gilets jaunes en criant haut et fort qui et quoi sont importants dans nos vies.

Dans notre pays, ceux qui assurent les fonctions essentielles, celles qui font tenir debout une société sont sous-payés, méprisés. Les aides-soignantes, les infirmières et infirmiers, les médecins qui travaillent dans les hôpitaux publics, le personnel des écoles, les instituteurs, les professeurs, les chercheurs, touchent des salaires de misère tandis que des jeunes crétins arrogants sont payés des millions d'euros par mois pour mettre un ballon dans un filet.

Dans notre monde le mot paysan est une insulte, mais des gens qui se nomment "exploitants agricoles" reçoivent des centaines de milliers d'euros pour faire mourir notre terre, nos corps et notre environnement tandis que l'industrie chimique prospère.

Et voilà que le petit virus remet les pendules à l'heure, voilà qu'aux fenêtres, un peuple confiné hurle son respect, son amour, sa reconnaissance pour les vrais soldats de notre époque, ceux qui sont prêts à donner leur vie pour sauver la nôtre alors que depuis des décennies les gouvernements successifs se sont acharnés à démanteler nos systèmes de santé et d'éducation, alors que les lobbies règnent en maîtres et arrosent les politiques avec le fric de la corruption.

Nous manquons d'argent pour équiper nos hôpitaux, mais bon sang, prenons l'argent où il se trouve, que les GAFA payent leurs impôts, qu'ils reversent à la société au minimum la moitié de leurs revenus. Car après tout, comment l'ont-ils gagné cet argent ? Ils l'ont gagné parce qu'il y a des peuples qui forment des nations, équipées de rues, d'autoroutes, de trains, d'égouts, d'électricité, d'eau courante, d'écoles, d'hôpitaux, de stades, et j'en passe, parce que la collectivité a payé tout cela de ses deniers, et c’est grâce à toutes ces infrastructures que ces entreprises peuvent faire des profits. Donc ils doivent payer leurs impôts et rendre aux peuples ce qui leur est dû.

Il faudra probablement aussi revoir la question de la dette qui nous ruine en enrichissant les marchés financiers. Au cours des siècles passés les rois de France ont très régulièrement décidé d'annuler la dette publique, de remettre les compteurs à zéro.

Je ne vois pas comment à la sortie de cette crise, quand les comptes en banque des petites gens seront vides, quand les entreprises ne pourront plus payer leurs employés qui ne pourront plus payer les loyers, l'électricité, le gaz, la nourriture, comment le gouvernement pourra continuer à gaspiller 90% de son budget à rembourser une dette qui ne profite qu'aux banquiers.

J'espère que le peuple se lèvera et réclamera son dû, à savoir exigera que la richesse de la France, produite par le peuple soit redistribuée au peuple et non pas à la finance internationale. Et si les autres pays font aussi défaut de leur dette envers nous, il faudra relocaliser, produire de nouveau chez nous, se contenter de nos ressources, qui sont immenses, et détricoter une partie de la mondialisation qui n'a fait que nous appauvrir.

Et le peuple l'a si bien compris qu'il crie tous les soirs son respect pour ceux qui soignent, pour la fonction soignante, celle des mères, des femmes et des hommes qui font passer l'humain avant le fric.

Ne nous y trompons pas, il n'y aura pas de retour en arrière après cette crise.

Parce que malgré cette souffrance, malgré ces deuils terribles qui frappent tant de familles, malgré ce confinement dont les plus pauvres d'entre nous payent le plus lourd tribut, à savoir les jeunes, les personnes âgées isolées ou confinées dans les EHPAD, les familles nombreuses, coincés qu'ils sont en ville, souvent dans de toutes petites surfaces, malgré tout cela, le monde qui marchait sur la tête est en train de remettre ses idées à l'endroit.

Où sont les vraies valeurs ? Qu'est-ce qui est important dans nos vies ?

Vivre virtuellement ? Manger des produits issus d'une terre martyrisée et qui empoisonnent nos corps ?

Enrichir par notre travail ceux qui se prennent des bonus faramineux en gérant les licenciements ?

Encaisser la violence sociale de ceux qui n'ont eu de cesse d'appauvrir le système de soin et nous donnent maintenant des leçons de solidarité ?

Subir une médecine uniquement occupée à soigner les symptômes sans se soucier de prévention, qui bourre les gens de médicaments qui les tuent autant ou plus qu'ils ne les soignent ? Une médecine aux ordres des laboratoires pharmaceutiques ?

Alors que la seule médicine valable, c’est celle qui s'occupe de l'environnement sain des humains, qui proscrit tous les poisons, même s'ils rapportent gros. Pourquoi croyez-vous que ce virus qui atteint les poumons prospère si bien ? Parce que nos poumons sont malades de la pollution et que leur faiblesse offre un magnifique garde-manger aux virus.

En agriculture, plus on cultive intensivement sur des dizaines d'hectares des plantes transformées génétiquement ou hybrides dans des terres malades, plus les prédateurs, ou pestes, les attaquent et s'en régalent, et plus il faut les arroser de pesticides pour qu'elles survivent, c’est un cercle vicieux qui ne peut mener qu'à des catastrophes.

Mais ne vous faites pas d'illusions, on traite les humains les plus humbles de la même façon que les plantes et les animaux martyrisés.

Dans les grandes métropoles du monde entier, plus les gens sont entassés, mal nourris, respirent un air vicié qui affaiblit leurs poumons, plus les virus et autres "pestes" seront à l'aise et attaqueront leur point faible : leur système respiratoire.

Cette épidémie, si l'on a l'intelligence d'en analyser l'origine et la manière de la contrer par la prévention plutôt que par le seul vaccin, pourrait faire comprendre aux politiques et surtout aux populations que seuls une alimentation et un environnement sains permettront de se défendre efficacement et à long terme contre les virus.

Le confinement a aussi des conséquences mentales et sociétales importantes pour nous tous, soudain un certain nombre de choses que nous pensions vitales se révèlent futiles. Acheter toutes sortes d'objets, de vêtements, est impossible et cette impossibilité devient un bonus : d'abord en achetant moins on devient riches.

Et comme on ne perd plus de temps en transports harassants et polluants, soudain on comprend combien ces transports nous détruisaient, combien l'entassement nous rendait agressifs, combien la haine et la méfiance dont on se blindait pour se préserver un vague espace vital, nous faisait du mal.

On prend le temps de cuisiner au lieu de se gaver de junk-food, on se parle, on s'envoie des messages qui rivalisent de créativité et d'humour.

Le télétravail se développe à toute vitesse, il permettra plus tard à un nombre croissant de gens de vivre et de travailler à la campagne, les mégapoles pourront se désengorger.

Pour ce qui est de la culture, les peuples nous enseignent des leçons magnifiques : la culture n'est ni un vecteur de vente, ni une usine à profits, ni la propriété d'une élite qui affirme sa supériorité, la culture est ce qui nous rassemble, nous console, nous permet de vivre et de partager nos émotions avec les autres humains.

Quoi de pire qu'un confinement pour communiquer ? Et pourtant les italiens chantent aux balcons, on a vu des policiers offrir des sérénades à des villageois pour les réconforter, à Paris des rues entières organisent des concerts du soir, des lectures de poèmes, des manifestations de gratitude, c’est cela la vraie culture, la belle, la grande culture dont le monde a besoin, juste des voix qui chantent pour juguler la solitude.

C’est le contraire de la culture des officines gouvernementales qui ne se sont jamais préoccupées d'assouvir les besoins des populations, de leur offrir ce dont elles ont réellement besoin pour vivre, mais n'ont eu de cesse de conforter les élites, de mépriser toute manifestation culturelle qui plairait au bas peuple.

En ce sens, l'annulation du festival de Cannes est une super bonne nouvelle.

Après l'explosion en plein vol des Césars manipulés depuis des années par une maffia au fonctionnement opaque et antidémocratique, après les scandales des abus sexuels dans le cinéma, dont seulement une infime partie a été dévoilée, le festival de Cannes va lui aussi devoir faire des révisions déchirantes et se réinventer. Ce festival de Cannes qui déconne, ou festival des connes complices d'un système rongé par la phallocratie, par la corruption de l'industrie du luxe, où l'on expose complaisamment de la chair fraîche piquée sur des échasses, pauvres femmes porte-manteaux manipulées par les marques, humiliées, angoissées à l’idée de ne pas assez plaire aux vieillards aux bras desquels elles sont accrochées comme des trophées, ce festival, mais venez-y en jeans troués et en baskets les filles, car c’est votre talent, vos qualités d'artiste qu'il faut y célébrer et non pas faire la course à qui sera la plus à poil, la plus pute !

Si les manifestations si généreuses, si émouvantes des peuples confinés pouvaient avoir une influence sur le futur de la culture ce serait un beau rêve !

Pour terminer, je voudrais adresser une parole de compassion aux nombreux malades et à leurs proches, et leur dire que du fin fond de nos maisons ou appartements, enfermés que nous sommes, nous ne cessons de penser à eux et de leur souhaiter de se rétablir. Je ne suis pas croyante, les prières m'ont toujours fait rire, mais voilà que je me prends à prier pour que tous ces gens guérissent. Cette prière ne remplacera jamais les soins de l'hôpital, le dévouement héroïque des soignants et une politique sanitaire digne de ce nom, mais c’est tout ce que je peux faire, alors je le fais, en espérant que les ondes transporteront mon message, nos messages, d'amour et d'espoir à ceux qui en ont besoin.

Coline Serreau

 

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8 avril 2020 3 08 /04 /avril /2020 14:29


 

Communiqué LRDG

 

Meeting Quimper-Ensemble

 

Parce que c'est elle, Isabelle Assih, parce que c'est nous, Les Radicaux de Gauche nous nous sommes engagés sur la liste Quimper-Ensemble.

 

Parce que Le Maire souhaite amener la campagne sur un timbre sécuritaire, en partie pour masquer les nombreuses défaillances de l'équipe municipale actuelle dans les domaines qui concernent le quotidien des Quimpéroises et des Quimpérois. 

 

Une fois de plus il mélange tout, « il joue le chérif ». La droite rejoue « le sentiment d'insécurité ». Nous la liste de rassemblement Quimper-Ensemble, menée par Isabelle Assih, cherchons à créer le sentiment de sécurité ; en mettant en place une Police Municipale de proximité 

 

Le débat ne peut pas se réduire au champ sécuritaire d'autant queQuimper n'est pas une ville particulièrement en proie à la véritable délinquance. Du coup les effectifs de la police nationale ont fondu et se concentrent logiquement sur les crimes et délits laissant souvent les nuisances et incivilités sans réponse et donne ainsi un sentiment d'abandon à la population. 

 

Pour vivre ensemble, il faut être libre, et pouvoir être libre, c'est pouvoir garantir des Droits pour éviter la Loi du plus fort. Pour nous, Les Radicaux De Gauche, c'est dans cet esprit , que nous allons là où “Marianne“ et ses valeurs nous appellent. Aujourd'hui, nous pensons qu'il faut une police municipale à Quimper, une police citoyenne. Pas un ersatz et pas qu'en centre ville. 

Ses missions seront la lutte contre les incivilités, les dégradations, la petite et moyenne délinquance de voie publique, en occupant le terrain et en répondant aux requêtes des administrés, avec une volonté marquée de mettre en avant la dimension préventive. 

Cette Police Municipale sera créée, parce qu'une grande partie de la population a besoin d'interlocuteurs identifiables et de visibilité pour accéder au sentiment de sécurité, il faut une policedisponible pour la population, les commerçants mais aussi auprès des populations plus en difficulté. Il faut mettre de l'humain au coeur des préoccupations de lutte contre les nuisances et les incivilités. Elle sera créée dans un souci de justice sociale nous voulons remettre du lien social et préserver une quiétude et une douceur de vivre à Quimper. Tout en conservant nos valeurs et notre ancrage à gauche et justement une politique de sécurité de gauche, qui remet de l'humain sur le terrain au contact de la population, à leur écoute. Une police de proximité, une police sociale et écologiste avec des missions précisées.

Nous proposons une police municipale sans arme létale. Une police se déplaçant avec des moyens écologiques et adaptés à une ville à dimension humaine. 

Heureusement, notre plan de lutte contre la délinquance ne se réduit pas à la création d'une police municipale, nous créerons au sein des services municipaux une « direction de la sécurité et de la tranquillité publique » . 

Nous souhaitons le décloisonnement des services et le dialogue entre les services : des sports, de la jeunesse, du logement, de l’éducation et d’action sociale 
. C'est aussi en travaillant en étroite liaison avec les associations et les institutions des cités ou quartiers. 


Enfin, il est nécessaire de rappeler que les problèmes de sécurité ne peuvent être réglés sous l’unique aspect répressif et policier. C’est globalement, que la société doit mobiliser l’ensemble de ses composantes vivantes. 

La peur et l’indifférence font la force de la délinquance. L’ignorance et l’exclusion en sont les ferments les plus actifs. 


Pour conclure, nous proposons un service public et officiel de lien social, de veille, de sécurisation et préférons établir l'autorité de notre premier magistrat en "juge de paix" .

Parce que Nous sommes solidaires

Parce que nous sommes Radicaux 

Parce que nous sommes de Gauche. 

Vive Quimper-Ensemble

Kemper Asambles 

Quimper-Ensemble

Groupe LRDG

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6 avril 2020 1 06 /04 /avril /2020 19:04

Comment l’État a flingué l’usine

qui fabriquait ses masques.

 

Politis révèle que l'État a coulé l’usine bretonne de Plaintel, la première d’Europe, en n'honorant pas le contrat signé en 2005. Pour produire la réserve stratégique de masques en cas de pandémie, le ministre de la Santé avait promis une activité continue à l'entreprise, qui du coup s'était développée pour répondre à la commande. Faute d'activité, l'usine a été liquidée en 2018. Retour sur un scandale. (In Politis)

 

En 2005, l’usine de Plaintel appartient à Bacou-Dalloz – devenu par la suite Sperian –, un groupe français coté en Bourse, numéro un mondial de la protection individuelle de l’homme au travail. À Plaintel, on fabrique notamment des masques FFP2 pour les ouvriers. Dans la logique du « produire français » face au risque d’une pandémie mondiale, l’État lui demande d’augmenter sa capacité de production.

 

 

Roland Fangeat, président de l’usine à l’époque, interroge les députés à l’occasion d’une mission d’information : « Que se passera-t-il dans deux ou trois ans, quand nous aurons une capacité de production de 200 millions [de masques par an], alors que le marché n’absorbera plus que 60 millions ? » En décembre 2005, le gouvernement signe donc un contrat avec le groupe et quatre autres partenaires français comme Paul Boyé, aujourd’hui prié de refabriquer, en catastrophe, des masques FFP2.

 

Objectif : « installer sur le territoire national des ateliers de production de masques FFP2 »

 

Le protocole d’accord signé par le ministre de la Santé de l’époque, Xavier Bertrand (gouvernement Villepin), fait presque office de délégation de service public. « Devant le risque avéré de survenue d’une pandémie grippale, le gouvernement a décidé la constitution des stocks d’équipements nécessaires à la protection des personnes particulièrement exposées de par leur profession, au premier rang desquels les professionnels de santé », est-il indiqué en préambule du contrat, que Politis s’est procuré, et qui spécifie précisément :

Cela exclut de dépendre exclusivement d’importations qui se trouveraient interrompues dans un contexte de pandémie.

 

>> Lire à la fin de cet article l'intégralité du protocole d'accord de 2005 entre la société Bacou-Dalloz et le ministre de la Santé Xavier Bertrand.

 

C’est pourquoi il est demandé aux industriels « d’installer sur le territoire national des ateliers de production de masques FFP2 ». Dans ce contrat, l’entreprise est aussi tenue d’organiser la filière et de maintenir un stock « tampon » de masques. Sa production est exclusivement dévolue, en cas de nécessité, aux besoins de l’État français. En échange de quoi, l’État s’engage à maintenir des commandes.

 

À l’usine de Plaintel, cinq commandes, pour un total de 200 millions de masques FFP2, sont passées entre 2006 et 2008. « Nous sommes passés de deux lignes de production à cinq au total. Nous avons construit une extension de l’usine qui nous a demandé entre 7 et 10 millions d’euros d’investissement », se souvient Roland Fangeat, président de l’usine. De nouvelles machines sont achetées. « Des machines toutes neuves, très modernes, mais qui ne peuvent fabriquer qu’un seul produit : des masques dits “pandémiques” pliables, explique un ancien salarié de l’usine. Avant on faisait des lingettes, des surchaussures, etc. Avec le contrat d’État, on est progressivement devenu mono-produit. » Une stratégie qui causera sa perte.

 

L’État piétine son engagement : assurer « le renouvellement de son stock arrivé à péremption »

 

Jusqu’en 2010, l’entreprise tourne bien, malgré les premiers questionnements autour de la date de péremption des masques. Dès 2008, Roland Fangeat est appelé à faire des propositions au ministère. L’industriel propose de tester les stocks pour repousser les dates, ou encore de dévaluer leur protection afin d’en faire des masques FFP1. Le Sénat recommande « de ne pas fixer de date de validité, mais uniquement la date de fabrication des produits, en contrepartie d’évaluations périodiques de leur qualité ». L’idée d’un stock tournant fait aussi son apparition : les stocks vieillissants seraient diffusés au sein du monde médical pour une utilisation du quotidien en guise de masques chirurgicaux, et l’État reformerait ses stocks « pandémiques » régulièrement. « C’est ce que font les militaires depuis toujours avec leurs munitions, souffle Didier Houssin, le directeur général de la santé en 2005. Mais cette culture n’a pas imprimé dans le milieu de la santé. »

 

Lorsqu’en 2010 la multinationale américaine Honeywell rachète Sperian, l’usine est quasiment totalement dévolue au contrat d’État. « La dernière livraison faite au gouvernement a eu lieu en septembre 2010, soit quelques semaines avant l’arrivée d’Honeywell, se souvient un ouvrier. On pensait tous que ce contrat allait perdurer. » Le protocole signé était certes d’une durée limitée de cinq ans, mais il mentionnait à l’article 11 que « l’État assurera le renouvellement de son stock arrivé à péremption ». Ce qui n’a pas été fait. L’État n’a pas respecté son engagement. Un manquement qui n’a pourtant pas conduit l’usine à engager des poursuites. « Ce contrat n’a pas été rédigé par des juristes : nous avions une forme de confiance dans la parole étatique », se désole Roland Fangeat.

plaintel-2.jpg

Les polémiques de l’époque autour des grosses commandes de vaccins du gouvernement entraînent avec elles la question des masques. « On a été accusés d’en avoir trop fait. Et ceux qui n’avaient que la question du budget en tête ont repris la main… Marisol Touraine [qui deviendra la ministre de la Santé sous François Hollande] a été particulièrement véhémente à notre égard, se souvient Didier Houssin. On nous a accusés, au mieux, d’avoir été bernés par l’industrie pharmaceutique, au pire d’être corrompus… Ça ne m’étonne pas que des usines aient fermé à cause de ça. »

 

« Nous aurions pu subvenir aux besoins de la demande française »

En juin 2009, avant la déclaration de la pandémie de grippe A (H1N1), le stock de masques de l’État se monte à environ 1 milliard de chirurgicaux et 700 millions de FFP2. En 2013, après le changement de gouvernement, la logique des stocks décentralisés prend le dessus. « Mais personne n’est allé vérifier ces stocks, regrette Roland Fangeat. À partir de cette année-là, il n’y a plus eu de commandes et l’entreprise a progressivement chuté. » Honeywell met en place son premier plan social : 43 des 130 salariés sont licenciés. Telle une allégorie de la nouvelle stratégie étatique, le géant américain impose à son usine bretonne une « politique du zéro stock » : « Avant leur arrivée, on avait une marge de stocks de matière première, explique un ancien ouvrier. Honeywell nous a imposé de rendre proportionnels nos stocks à notre production. On est passé d’une visibilité de deux mois à quatre semaines… On n’a plus été en capacité de répondre aux grosses commandes soudaines qu’on devait honorer rapidement. » La stratégie du « flux tendu » à l’américaine fait perdre des clients à l’usine. Les plans sociaux s’enchaînent alors que le groupe fait des bénéfices de plusieurs dizaines de millions d’euros et profite des aides de l’État français, comme le CICE.

 

Puis, viennent les ordonnances Macron. Les salariés se souviennent :

Avec le plafonnement des indemnités prud’homales et la réduction de l’analyse de la santé économique d’une entreprise à un site national et non plus au groupe, les ordonnances Macron nous ont achevés.

 

Certains écrivent pourtant au président de la République, mais rien n’y fait : en 2018, l’usine ferme ses portes. Les machines, même quasi neuves, dévolues au stock étatique, sont vendues au prix de la ferraille puis détruites. L’industrie française du masque FFP2 perd l’un de ses plus gros producteurs. À l’heure de la pandémie du Covid-19, le groupe Honeywell vient de rouvrir une usine de fabrication de masques FFP2 dans le Rhode Island (États-Unis) pour subvenir aux besoins américains. Pour Roland Fangeat, « avec les autres entreprises impliquées, et le maintien de la stratégie de stocks de sécurité gérés par l’État, nous aurions pu subvenir aux besoins de la demande française aujourd’hui ».

 

 

 

 

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2 avril 2020 4 02 /04 /avril /2020 10:57
Vu d’Allemagne
 
Les banlieues françaises,
grandes oubliées du confinement
 
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31 mars 2020 2 31 /03 /mars /2020 08:20
Article paru dans Ouest-France du 30 mars 2020

Article paru dans Ouest-France du 30 mars 2020

 

Communiqué de presse

liste Brest Ecologie Solidarité

fumées noires cargo port de commerce Brest

 

 

La pollution atmosphérique est la 3ème cause de mortalité en France, après le tabac et l'alcool. Le transport maritime participe grandement à cette pollution, en raison de l'importance du trafic maritime (marchandises, croisières...) ainsi que de l'utilisation, par les armateurs, de carburants de mauvaise qualité, notamment soufrés. On estime qu'un tiers des 80 000 navires de plus de 120 mètres qui sillonnent les mers, seraient à déconstruire au vue de leurs performances écologiques. 

 

Il s'agit là d'un enjeu de santé publique qui touche en particulier les populations vivant à proximité des ports et des grandes voies de navigation. Les Brestoises et les Brestois sont concerné.e.s par ce problème et les fumées noires qui se sont échappées d'un cargo ces derniers jours de manière continue, au port de commerce, démontre que le risque ici est bien réel.

 

Certes, Brest fait partie de la zone d'émission contrôlée de la Manche, ce qui n'est pas le cas de tout le territoire européen ni même français. Mais qui contrôle réellement ces émissions ? En effet, même dans ces zones, en moyenne, seul 1 navire en transit sur 1 000 est contrôlé. Pire, s'il enfreint la loi, les amendes auxquelles il s'expose, ne sont que peu dissuasives.

 

Face aux risques que font peser ces cargos sur les habitant.e.s de Brest, différents acteurs (Région, CCI, ville de Brest) peuvent avoir un rôle à jouer. Les acteurs politiques doivent également se positionner. Ainsi, dans cette optique, nous (demandons) à ce que : 

- des bornes électriques soient développées afin que tous les bateaux puissent s'y raccorder et ainsi limiter la consommation en énergie fossile

- des analyses en continue soient réalisées sur l'impact de ces navires (marchandise et croisière) sur la qualité de l’air et de l'eau (C02, NOx, gaz soufrés, particules fines) à Brest

- une information régulière quant à la toxicité des émanations du port soit apportée aux habitant.e.s

- toute la transparence soit faite sur les mesures antipollution mise en œuvre par ces bateaux

 

Ces éléments font partie des missions que devra mener la future société portuaire actuellement en phase de préfiguration. Afin d'améliorer la qualité de notre air et de notre rade, un système de bonus/malus dans les tarifs des droits portuaires pourraient être institués.

 

Brest est une grande ville maritime et les activités portuaires revêtent un caractère d'enjeu économique indéniable, à travers la réparation navale, le transport des marchandises et l'accueil touristique. Cependant, il est urgent de mettre en place un système efficace de contrôle des pollutions émises (air et rade) si on veut que ces fonctions apportent une réelle plus-value à la population brestoise et à tout le territoire desservi par ces activités. 

 

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31 mars 2020 2 31 /03 /mars /2020 07:19

Témoignage

 

“La fin du confinement est comme un lent réveil”

 

2 MIN

COURRIER EXPAT (PARIS) in Courrier International

 

Virginie Duret vit en Chine depuis trois ans. Installée avec sa famille à Canton, elle nous fait le récit, semaine après semaine, du retour à la vie après deux mois de confinement. Elle raconte la reprise, très encadrée, de l’activité dans la ville.

 

Les rues, désertes en février, voient leurs trottoirs de nouveau foulés et leur chaussée embouteillée. Le carrefour de l’avenue Jinshazhou, éternellement coincé aux heures de pointe, bien calme fin janvier, est de nouveau animé de son flux journalier, comme si de rien n’était. Le calme des précédentes semaines a fait place au brouhaha habituel : voitures, klaxon des cycles sur les trottoirs annonçant leur arrivée, grondement plus fréquent du métro…

 

Le célèbre pont de Jinshazhou, qui permet d’accéder à notre île, recommence à subir le flot quotidien des véhicules en tout genre : vélos, tricycles, motos, voitures, bus, camionnettes s’entassent pour entrer dans le centre de Canton.

 

 

Au grand dam des travailleurs qui y passent de longues minutes, coincés. Les 10 kilomètres habituels représentent de nouveau des heures d’attente.

 

La reprise : une fête sous contrôle

 

 

Les commerces relèvent leurs rideaux, on note quelques changements de propriétaire, mais ceux-ci sont tellement fréquents en temps normal qu’on les remarque à peine. La Chine, en constante évolution. Ce qui était une boulangerie en janvier devient un magasin de vêtements en mars. Ils ouvrent en fête, mais sous certaines conditions sanitaires. Les contrôles sont organisés par la police : vérification de l’autorisation d’ouverture et des conditions. Port du masque, registres, thermomètre et gel désinfectant pour les clients.

 

 

L’excellente nouvelle de la semaine est la réouverture de notre petite “cantine” préférée ! Un restaurant aux saveurs du Shaanxi, Les Célèbres Petites Bouchées de Xi’an, tenu par une Cantonaise aux yeux pétillants ! On y savoure avec entrain les rou jia mo, petits pains fourrés à la viande, et les “pâtes froides” ! Tous ceux qui sont venus nous voir à Canton ont testé et approuvé !

 

Du sport en groupe, oui, mais en petit groupe

 

Les parcs s’emplissent de promeneurs, de sportifs et de joueurs portant des masques. Du matin au soir, les femmes reviennent faire de la gym, de la danse ou pratiquer d’autres sports en groupe. Groupes encore restreints, car jusqu’à peu il était interdit de se rassembler à plus de cinq.

 

La peur de l’invisible détermine encore les comportements. Le moindre éternuement suscite un sentiment de crainte et une envie de fuite. Les ascenseurs ne sont plus à leur capacité maximale. On ne doit plus jouer des coudes pour avoir une place. La crainte de la contamination est encore présente.

 

Certains xiaqu, littéralement “petits quartiers”, sont encore clos et uniquement accessible à leurs habitants grâce à un système de contrôle des entrées. Notre quartier a été entièrement bouclé : barrières, laisser-passer, vérification vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

 

 

Chaque district, chaque quartier a sa politique propre pour gérer la crise du Covid-19. Et à ce jour, la ville de Canton ne totalise qu’un seul décès déclaré sur 420 cas recensés ! Une politique menée de main de maître.

 

 

 

 

Source

Courrier Expat

PARIS http://www.courrierinternational.com/expat

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