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13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 15:58
Wauquiez fait de la France le numéro 1 européen du CDD

La droite et l'extrême Le Pen et Sarkozy ne cessent de faire dans la surenchère aux bobards, contre-vérités ; aujourd'hui c'est le tour du jeune premier Wauquiez qui clame que la France est championne d'Europe du CDD et qu'il faut absolument un contrat unique (permettant un maximum de souplesse aux patrons pour licencier).

 

voir ici le désintox de ARTE repris dans libération.fr  ici : link

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13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 11:37

« Le non recours aux prestations sociales est bien supérieur à la fraude »

 – Philippe Warin (politologue)

Publié le 08/11/2012 • Par Agnès Thouvenot • dans : France

 

Philippe Warin, politologue, directeur de recherche au laboratoire « politiques publiques, action politique et territoires » du CNRS, co-dirige l’Observatoire des non recours aux droits et services (Odenore), qui publie jeudi 8 novembre 2012 "L’envers de la fraude sociale". Il ne précise pas cependant qu'une bonne partie de la fraude est à mettre au crédit du patronnat...PRG29

  

L’ouvrage(1) que publie l’Observatoire des non recours aux droits et services (Odenore) part d’un constat que la fraude aux prestations sociales est bien inférieure aux allocations non demandées.
Pourquoi de tels travaux ?

Les travaux sur le non recours sont apparus dans les années 1990, mais ces dernières années, un discours sur la fraude aux prestations sociales s’est développé, permettant de justifier la réduction de certains de leurs budgets, les allocations sociales étant « fraudogènes ».

Or le non recours est bien supérieur à la fraude. Dans un rapport, l’Assemblée nationale a estimé la « fraude sociale » à environ 20 milliards d’euros, dont 15 à 16 dus au travail dissimulé et 3 à 4 milliards d’euros liés à des escroqueries aux prestations sociales, soit environ 1 % du montant total des sommes versés.

Ces 4 milliards de fraudes aux prestations sociales sont à mettre en regard des 5,3 milliards d’euros de non dépenses produits par le non recours au seul RSA.

Pour la CMU complémentaire, 24 % des ménages éligibles n’en bénéficient pas alors que les fraudes à la CMU ont représenté, en 2010, 800 000 euros. Pour nous, le scandale du non recours aux droits sociaux, c’est l’envers de la fraude sociale.

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Source : Philippe Warin, la fraude aux prestations sociales : réalités et enjeux, p31.

 

 Quelles sont les causes de ce non recours ?

Il y a tout d’abord la stigmatisation des publics qui ont recours aux prestations sociales. Un discours ambiant a véhiculé une norme sociale culpabilisatrice. Toute demande d’aide est perçue comme une preuve de faiblesse.
Le discours sur la fraude et l’assistanat a ainsi tendance à dissuader davantage les personnes que l’aide cible en premier.

Il y a aussi la complexité des systèmes administratifs pour y avoir accès. L’exemple de la tarification sociale de l’énergie est particulièrement révélatrice : pour obtenir une tarification sociale, il faut être bénéficiaire de la CMU C.

Il revient à la caisse primaire d’assurance maladie d’en informer l’entreprise qui fournit l’énergie, de faire les calculs et le cas échéant d’accorder le tarif social.
Si bien que seul 47 % des ménages éligibles ont effectivement eu accès à cette aide.

Il faudra voir dans le temps si le décret du 6 mars 2012 relatif à l’automatisation des procédures d’attribution des tarifs sociaux de l’électricité et du gaz naturel permet d’améliorer la donne.

 

La crise économique peut-elle aggraver ce non recours ?

Les difficultés budgétaires, notamment des collectivités locales, conduisent les instances à resserrer les conditions d’accès à ces aides. Le risque est que les personnes qui sont éligibles à ces prestations s’en détournent alors même qu’elles en constituent les publics cibles.
Comme une forme d’autocensure.

 

Vous préconisez une lecture qui ne soit pas purement comptable de ces prestations sociales, en insistant sur leurs effets multiplicateurs sur les territoires.
Etes-vous entendu ?

Les choses bougent et la prise de conscience est réelle quelle que soit l’orientation politique de la collectivité. Le non recours, s’il représente une économie comptable pour la collectivité, constitue une perte économique pour un territoire.
Il faut donc davantage développer l’étude de l’impact des dépenses sociales.

Le cas de l’aide personnalisée d’autonomie est très intéressant. Si cette prestation permet de faciliter la vie d’une personne âgée, elle finance un service à domicile qui, par l’emploi et le salaire qu’elle représente, engendre des cotisations, des impôts et des dépenses sur un territoire. Aujourd’hui, sur les 4 milliards d’euros que représente l’APA, près d’un quart ne sont pas dépensés.

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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 18:29

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UMP : M. SARKOZY ET LE TRIUMVIRAT : 

UN MATCH DE CATCH À QUATRE

 

Roger- Gérard Schwartzenberg, président du groupe RRDP (Radical, Républicain, Démocrate et Progressiste) de l’Assemblée nationale :

 

« Un parti se caractérise généralement par l’esprit d’équipe liant ses dirigeants, qui unissent leurs efforts pour atteindre un but commun. Or, si les faits évoqués par ‟Le Monde” s’avéraient exacts, l’UMP ressemblerait plutôt à une famille d’Atrides où chacun serait le rival, plus ou moins artificieux, de chacun.

 

M. Sarkozy, candidat à la présidence de l’UMP, et le triumvirat Fillon-Juppé-Raffarin, lui-même divisé, qui en assure la direction provisoire, auraient-ils choisi de privilégier les affrontements subalternes, comme s’ils disputaient un match de catch à quatre, plutôt qu’une compétition loyale pour 2017 ?

 

Cette succession de feintes et d’astuces, cet étalage de rivalités internes risquent de contribuer à discréditer auprès de nos concitoyens la vie publique, qui implique dignité et rigueur. Faut-il rappeler aux protagonistes de l’UMP la phrase de Mendès France : ‟La démocratie, c’est d’abord un code moral” ? »

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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 18:14

 

La vraie facture du big bang des régions

 

Par Michel Feltin-Palas,

publié le 07/11/2014

à 17:47

 

Pour ses défenseurs, la réforme territoriale doit permettre une forte baisse des dépenses publiques. Oui, mais pas dans les proportions espérées. "L'Expansion" met à plat un projet ultracontroversé. Comme quoi les "gros cons radicaux de gauche " ne sont pas aussi cons que le Premier Ministre le pense.....

 

L'estimation avait fait sensation, d'autant qu'elle émanait du secrétaire d'Etat chargé du dossier. La réforme territoriale permet d'espérer des "gains de 5 à 10% sur un budget global [...] de 250 milliards d'euros", jugeait ainsi au mois d'août André Vallini. Soit 12 à 25 milliards d'euros chaque année ! Le problème est qu'il est depuis revenu à une position plus prudente. "Leur ampleur dépendra de la volonté des élus", dit-il aujourd'hui à L'Expansion. 

A vrai dire, bien malin qui peut avancer un chiffre sérieux. La seule certitude, c'est que cette réforme, si elle est bien menée, peut bel et bien déboucher sur de réelles économies. Mais pas forcément pour les raisons que l'on croit. Et à condition d'effectuer les bons choix.  

Commençons par tordre le cou à une idée fausse. Les fusions de régions -la partie la plus spectaculaire de la réforme- n'ont à peu près aucun intérêt de ce point de vue. Bien sûr, cela aboutira à une réduction du nombre d'élus, mais cela ne pèse rien : environ 40 millions, soit moins de 1 euro par Français. On est dans le symbole. Et cela d'autant plus que, dans le même temps, il faudra toujours faire circuler les trains régionaux, construire des lycées et organiser la formation professionnelle -trois compétences qui absorbent à elles seules 90% des dépenses. "75% des 85 000 personnes employées par l'ensemble des régions sont les techniciens et employés qui travaillent dans les lycées. Il va bien falloir les conserver", indique ainsi le député UDI François Sauvadet.  

 

L'harmonisation des statuts se fera par le haut

Il y a pire. Dans un premier temps, la réduction du nombre de régions va mécaniquement entraîner... des dépenses supplémentaires. En effet, non seulement toute réorganisation a un coût, mais il va falloir harmoniser les statuts et les rémunérations des personnels. Or, bien sûr, l'harmonisation se fera par le haut. Un exemple ? Sachant que le régime indemnitaire des agents de Bourgogne est plus généreux que celui de leurs collègues de Franche-Comté, il ne faut pas être grand clerc pour deviner que l'on va augmenter les indemnités des seconds.  

Il en ira de même pour les politiques publiques où, là encore, le souci de l'égalité conduira à s'aligner sur le mieux-disant. La région Languedoc-Roussillon, par exemple, propose des transports en TER à 1 euro. Une fois qu'elle aura fusionné avec Midi-Pyrénées, il faudra sans doute faire de même entre Toulouse et Albi...  

Ajoutons à cela le coût de la non-proximité : Alain Rousset, président PS de l'Aquitaine, s'alarme du gigantisme de son nouveau territoire, appelé à se marier avec le Limousin et Poitou-Charentes : "Je risque de passer mon temps dans la voiture", prévient-il. Et il pressent qu'il lui sera impossible de connaître correctement une région de quelque 84 000 kilomètres carrés, quasiment la surface du Portugal ! D'où un risque de "perte en ligne" dans la qualité des décisions.  

En divisant à peu près par deux le nombre de régions, le gouvernement peut en revanche espérer des économies d'échelle, notamment sur les achats. La grande Normandie, par exemple, devrait payer moins cher ses TER, puisque les prix baissent quand les volumes augmentent. Economies que la Direction générale des collectivités locales (DGCL) évalue entre "480 et 720 millions d'euros chaque année, à condition, insiste une source gouvernementale, que les élus jouent vraiment le jeu".  

Les édiles protestent contre plusieurs aspects de la réforme, au nombre desquels le relèvement du seuil minimal de population pour bâtir une intercommunalité.

 

La même direction table également sur une "diminution du coût de l'administration régionale". Elle a en effet constaté, sans l'expliquer, que celui-ci était plus élevé dans les régions les moins peuplées. Gain espéré : 500 millions par an. La DGCL mise enfin sur une meilleure maîtrise des effectifs, notamment dans les fonctions supports (finances, technique, ressources humaines...). Dans la région Ile-de-France, il n'y aura plus une direction des lycées (à la région) et huit directions des collèges (dans chacun des départements qui la composent), mais une seule direction de l'éducation. Du moins faut-il l'espérer ! Objectif global : environ "5000 non-recrutements" en moins, soit 180 millions d'euros de dépenses évitées chaque année.  

 

Une idée qui repose sur un diagnostic erroné

Conclusion : entre surcoûts et économies, il ne faut pas attendre de miracle de la fusion des régions -une réforme qui, il est vrai, procède d'un constat de départ erroné. Car, il n'est pas inutile de le rappeler : avant la réforme, les régions françaises étaient les plus grandes en superficie de l'Union européenne (après leurs homologues espagnoles). La Bourgogne à elle seule est plus vaste que la Belgique ! Ce qui leur manque, pour l'essentiel, ce sont des compétences.  

"Le budget par habitant est de 3 125 euros en Suède, de 3 561 en Allemagne et de 4 940 en Autriche, alors qu'il n'est que de 395 euros en France", rappelle le député écologiste Paul Molac. Il n'y a par ailleurs aucun lien entre la richesse par habitant et la taille des collectivités : il suffit de comparer la situation des cantons suisses et celle des voïévodies polonaises pour s'en convaincre ! "J'ai effectué le calcul pour les Länder allemands, indique le démographe Hervé Le Bras : il n'y a aucune corrélation entre la prospérité et la superficie, pas plus qu'avec la population !"  

Faut-il en conclure que cette réforme se sera d'aucune utilité, d'un point de vue budgétaire ? Non. Mais si économies il y a, elles viendront d'ailleurs. A ce stade, cinq gisements peuvent être identifiés.  

 

Première source d'économie: transférer des compétences

Le sujet est bien moins médiatique que la carte des régions, mais ses effets devraient être autrement décisifs. Aujourd'hui, en effet, tous les élus peuvent intervenir dans tous les domaines. Un partage des compétences qui, globalement, a deux conséquences négatives. D'abord, la multiplicité des intervenants ralentit le processus de décision : non seulement chaque service instruit le même dossier, mais il faut compter avec d'innombrables réunions de coordination avant de trancher -des milliers d'heures de travail qui finissent par coûter très cher.  

"La compétence économique au jourd'hui partagée entre toutes les collectivités représente 33 milliards d'euros de dépenses et 14 500 emplois, estime Olivier Falorni, député (divers gauche). Demain, le transfert du développement économique aux seules régions permettra des économies de l'ordre de 10%, soit 3,3 milliards d'euros." Un raisonnement pertinent sur le fond, mais sans doute aventureux dans son chiffrage...  

 

Nombre de conseils régionaux (ici, celui de Midi-Pyrénées) contestent la pertinence du redécoupage des territoires décidé par le gouvernement Valls.

Ensuite, et c'est plus grave, les élus se font parfois concurrence entre eux. Ainsi, dans l'Hérault, le patron du département, André Vézinhet (PS), est à couteaux tirés avec le maire de la préfecture (Montpellier), Philippe Saurel (divers gauche). Ce n'est évidemment pas idéal pour mener de concert des projets de développement...  

Heureusement, un autre projet de loi prévoit de clarifier la situation. La "clause générale de compétences", qui permet aux élus d'intervenir dans tous les domaines, sera réservée aux maires et aux présidents d'intercommunalité. Si la culture, le sport et le tourisme resteront des compétences "partagées", les conseils généraux devraient abandonner aux régions les collèges, les routes (ex-départe-mentales) et les transports interurbains. Selon la DGCL, la suppression des doublons et l'interdiction des compétences facultatives pourraient déboucher sur des économies assez considérables, de l'ordre de 1,4 milliard d'euros chaque année.  

 

Deuxième source d'économie: rénover l'intercommunalité.

Il ne s'agit pas de remettre en cause l'intercommunalité, inéluctable compte tenu de la taille de nos communes (32 000 d'entre elles, sur 36 000, comptent moins de 2 000 habitants). Mais la Cour des comptes pointe régulièrement les dérives financières auxquelles ce mouvement donne lieu : censées faire "à la place" des communes, les communautés de communes et les communautés d'agglomération font souvent "en plus".  

D'où l'idée du gouvernement de contraindre les élus à mettre en place un plan de mutualisation (gain envisagé : 150 millions), mais aussi de supprimer les divers syndicats (eau, assainissement, énergie, transports...) et, surtout, de relever le seuil minimal de population à 20 000 habitants (avec des dérogations). Un cyclone ! "Les trois quarts des intercommunalités sont concernées", précise-t-on à l'Assemblée des communautés de France. Peut-on en attendre des économies ? Oui, en permettant de gérer les territoires à la bonne échelle et en limitant les phénomènes de concurrence que l'on évoquait plus haut. A la clé : la bagatelle de... 2 milliards d'euros chaque année, du moins selon la DGCL !  

Cette estimation pèche toutefois sans doute par optimisme. Car l'intercommunalité ne sert pas simplement à accomplir autrement les mêmes tâches : elle conduit souvent à faire davantage. "Avant la mise en place de l'intercommunalité, on comptait 160 agents à la mairie de Paimpol, indique ainsi le maire du port breton, Jean-Yves de Chaisemartin (UDI). Aujourd'hui, malgré l'embauche de 100 personnes à la communauté de communes, il y en a toujours 160, car nous en avons profité pour créer une école de musique et renforcer notre police municipale." Pas de gabegie, en l'occurrence, mais une amélioration des services à la population. Il n'est pas dit que le relèvement du seuil minimal de population n'ait pas les mêmes effets...  

Troisième source d'économie: dynamiser les territoires

 

Et si le principal intérêt de cette réforme n'était pas de faire des économies mais d'augmenter la richesse du pays ? Car la prospérité d'une nation n'est que la somme du dynamisme de ses territoires. Le gouvernement était donc bien inspiré de moderniser une organisation administrative archaïque, datant pour l'essentiel de la Révolution. Hélas, s'il est parti d'une bonne intuition -le passage du couple commune-département au duo intercommunalités-régions-, il s'est très vite pris les pieds dans le tapis. Obnubilé par la carte des régions, pressé par le temps, il a livré une copie bâclée.  

"En Alsace, région tournée vers l'Allemagne et la Suisse, des questions comme le bilinguisme dans l'éducation sont jugées prioritaires. Si nous devions être fusionnés avec la Lorraine et la Champagne-Ardenne, toutes ces politiques seraient diluées parmi d'autres priorités", s'inquiète le député UMP Claude Sturni. Alors qu'on pouvait espérer déboucher sur des territoires politiques pertinents, c'est-à-dire conformes aux territoires de vie des Français, on aboutit à une construction bringuebalante.  

 

Quatrième source d'économie: supprimer un échelon

A l'origine, le conseil départemental devait disparaître à l'horizon 2020 avec, à la clé, de sérieuses économies. Le problème est que, sur ce point, le gouvernement est en train de faire partiellement machine arrière. Manuel Valls s'est en effet résolu à les maintenir en milieu rural, ce qui réduira la portée de sa réforme.  

Pis, pour faire plaisir aux radicaux de gauche de Jean-Michel Baylet (président du conseil général du Tarn-et-Garonne), il a considéré que la moitié des départements était dans ce cas ! Le Premier ministre, en l'occurrence, s'est piégé tout seul : la création (inutile) de "grandes" régions a donné des arguments à ceux qui plaident pour le maintien du département comme échelon de proximité...  

 

Cinquième source d'économie: diminuer les dotations

C'est confirmé : les subventions que l'Etat accorde aux collectivités locales en échange des compétences qu'il leur a transférées vont être réduites de 11 milliards sur trois ans. Une mesure drastique qui va obliger les élus à couper dans leurs dépenses.  

"Sachant qu'on ne peut pas licencier les fonctionnaires ni couper le chauffage dans les écoles, il ne nous reste qu'à réduire les aides aux associations et, surtout, à sabrer nos investissements, ce qui aura un effet récessif sur l'activité économique", résume André Homé, maire PS de Wittenheim et secrétaire général de l'association des petites villes de France. Cette mesure-là, à coup sûr, va entraîner des économies. Mais elle n'a rien à voir avec la réforme territoriale...  

 

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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 17:32
Sivens: la faute des gendarmes,
le mensonge de l'Etat
06 novembre 2014 | Par Michel Deléan - Mediapart.fr

 

Rémi FraisseRémi Fraisse © DR

L'État l'a su immédiatement et l'a caché: c'est bien une grenade offensive qui a tué sur le coup dans la nuit du 25 au 26 octobre Rémi Fraisse. D'après les premiers éléments de l'enquête et des témoignages de gendarmes mobiles, une longue chaîne de responsabilités a abouti à la mort de l’étudiant écologiste. Le gouvernement a tenté durant quarante-huit heures de brouiller les pistes.

 

«Grenade ! », crie le chef J. à l’attention de ses hommes, en joignant le geste à la parole. Des grenades offensives (OF) de ce type, la plupart des gendarmes mobiles avouent ne jamais en avoir lancé. Ce sont des armes de guerre, que seul un gradé peut projeter, et encore : dans certains cas bien précis, et seulement en les jetant à terre, prévoit le règlement. Mais cette nuit du 25 au 26 octobre, dans la forêt de Sivens, environ 40 grenades de type OF sont lancées par les militaires, sur un total de plusieurs centaines d’engins divers utilisés.

Or, selon plusieurs témoignages de gendarmes présents sur place, qui ont été recueillis dès le lendemain pour les besoins de l’enquête judiciaire et dont Mediapart a pris connaissance, le chef J. lance cette grenade-là en l’air, et directement sur un petit groupe de quatre à cinq jeunes dont fait partie Rémi Fraisse et qui leur lançait des pierres et des mottes de terre. Équipés de jumelles à vision nocturne, plusieurs gendarmes reconnaîtront avoir vu tomber le jeune homme tout de suite après l’explosion, et avoir compris immédiatement ce qui venait de se passer, selon des sources proches du dossier.

La grenade offensive OFLa grenade offensive OF

Les gendarmes n’étaient pourtant pas en danger. Protégés, suréquipés, ils étaient en outre séparés des jeunes manifestants par un grillage et un fossé (lire nos articles ici et ). Autant dire qu’avec leurs casques, boucliers, armure et protections diverses, ils auraient pu tenir leur position sans dommage pendant des heures. Selon plusieurs témoignages, les manifestants étaient d’ailleurs à court de fusées éclairantes et de cocktails Molotov.

Pourquoi le chef J. a-t-il décidé de lancer une grenade offensive sur ces jeunes, avec les risques évidents que cela comportait ? A-t-il perdu ses nerfs ? Sur procès-verbal, le gradé a tenté d’expliquer son geste, un choix personnel selon lui, par l’intensité des incidents de cette nuit-là. Son supérieur au sein de l’escadron de gendarmes mobiles (EGM) 28/2 (venu de la Gironde) a donné une version légèrement différente, en assumant avoir donné cet ordre lui-même.

Très vite, en tout cas, vers 2 heures du matin, la zone a été éclairée au projecteur, et le corps de Rémi Fraisse récupéré. Et en langage militaire, il a été « rendu compte » immédiatement au commandant d’escadron, et donc au préfet, au procureur, puis aux ministres de tutelle (intérieur et justice).

Discrètement, un premier examen médico-légal de Rémi Fraisse est pratiqué deux heures à peine après sa mort dans une morgue d’Albi. Le médecin qui examine le corps conclut immédiatement à un décès provoqué par une explosion, mais on n'en savait rien jusqu'ici. Des photos sont alors faites du cadavre. Il ne reste rien ou presque du sac à dos de Rémi Fraisse. Ce dimanche 26 octobre, l'État sait déjà tout ou presque du drame, mais va choisir de feindre l'ignorance et de minimiser pendant 48 heures.

La zone déboisée de SivensLa zone déboisée de Sivens

 

La mort de l’étudiant écologiste est d’autant plus absurde et révoltante qu’il n’y avait strictement rien à protéger sur la zone où étaient positionnés les gendarmes mobiles ce soir-là. Le préfet du Tarn avait donné des « consignes de fermeté » aux gendarmes, lesquels sont par ailleurs accusés par plusieurs plaignants ou témoins d’avoir provoqué des incidents sur le site, et de s’être livrés à des violences injustifiées (lire ici et là). En conséquence, le matin précédant le drame, à 9 h 30, une réunion entre officiers est organisée à Gaillac, dirigée par le lieutenant-colonel Andreani, qui commande le groupement du Tarn. Il est alors décidé ceci : créer une « zone de vie » sur le chantier de la forêt de Sivens, et « tenir le site ». Or les engins de chantier avaient déjà été retirés, et il ne restait plus qu’un préfabriqué sur place, où des incidents avaient eu lieu la veille au soir.

La journée de samedi avait été plutôt calme, malgré quelques incidents dans l'après-midi, et il est permis de se demander si elle ne le serait pas restée sans la présence massive de ces « Robocops ». Vers 18 h 30, les CRS présents sur place s’étaient retirés. La situation était encore calme à 21 heures. Elle s’est échauffée vers 1 heure du matin, avec des caillassages vers les gendarmes mobiles, quelques jets de cocktails Molotov et tirs de fusées éclairantes, aussi. Rémi Fraisse est allé voir. On ignore s’il a lancé une pierre, une motte de terre, ou rien du tout.

 

Les conclusions de l'autopsie

 

 

En termes prudents, mais de façon très claire, les deux médecins légistes qui ont procédé à l’autopsie du manifestant de 21 ans, tué à Sivens dans la nuit du 25 au 26 octobre, font la conclusion suivante : « Le décès de Monsieur Fraisse Rémi est compatible avec une lésion par blast secondaire (NDLR: consécutif) à une explosion en regard de la région thoracique postérieure haute. »

Dans un rapport de 7 pages, daté du 27 octobre, le professeur Telmon et le docteur Savall, du CHU de Toulouse, détaillent les blessures fatales provoquées par l’explosion d’une grenade offensive tirée par les gendarmes mobiles au cours des incidents.

Dans la « région dorsale haute du dos » de Rémi Fraisse, ils constatent « une large perte de substance de 16 cm sur 8 cm, à disposition quasi horizontale, atteignant la cavité thoracique, présentant à son extrémité inférieure de multiples dilacérations sur 3,5 cm de haut ». Les légistes font également état d’une« dilacération du lobe supérieur du poumon gauche et un fracas de la partie postérieure de la région thoracique haute, intéressant les omoplates, les arcs postérieurs des côtes et le rachis avec disjonction rachidienne du niveau T5/T6 avec rupture du cordon médullaire en regard ».

En clair, le jeune homme a eu une partie de la colonne vertébrale et de la moelle épinière arrachées par l’explosion, et il est très certainement mort sur le coup. Par ailleurs, les médecins ont relevé une longue liste de « lésions traumatiques externes », des « plaques parcheminées » et des « ecchymoses », sur le haut du corps, qu’ils expliquent par la projection et la chute du corps après l’explosion.

L'autel en hommage à Rémi FraisseL'autel en hommage à Rémi Fraisse

« D’après les données de l’enquête le dimanche 26 octobre 2014, vers 2 heures du matin, au cours d’un affrontement entre des gendarmes mobiles et des opposants, il aurait été tiré une grenade offensive », écrivent les deux experts. « A la suite de ce tir, les gendarmes auraient constaté, en éclairant la zone que Monsieur Fraisse était étendu au sol face contre terre. Ils seraient alors allés le chercher et l’auraient tiré pour le ramener et prodiguer les premiers soins. Il est fait état que le sac à dos qu’il portait apparaissait dilacéré. L’examen externe et l’autopsie ont permis de mettre en évidence un ensemble lésionnel complexe compatible avec un blast secondaire à une explosion au contact ou à très courte distance dans la région thoracique haute entraînant un traumatisme pulmonaire, costal rachidien et médullaire ayant entraîné le décès. »

Quant aux « plaques parcheminées », elles sont « compatibles avec un phénomène abrasif ou avec des effets thermiques sans qu’il ne soit noté d’élément évoquant une brûlure par flamme et sans particule retrouvée en regard du complexe lésionnel. Les autres lésions traumatiques retrouvées, notamment de la partie antérieure, en particulier en regard de la face, sont compatibles avec une chute et/ou une projection vers l'avant, ayant suivi immédiatement l’explosion en regard de la partie postérieure du corps », écrivent les légistes.

Après les premières conclusions de l’enquête, le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve avait suspendu, jeudi dernier, l’usage des grenades offensives OF F1, ainsi que, pour faire bonne mesure, les grenades lacrymogènes instantanées (GLI) utilisées par les policiers et les grenades instantanées (GI), leur équivalent gendarmesque. Lancées à la main, les grenades offensives dites OF F1 sont des armes militaires datant de la guerre de 1914-18 en dotation uniquement chez les gendarmes. À la lumière du décès de Rémi Fraisse, ces grenades offensives ne peuvent apparaître que pour ce qu’elles sont : des armes de guerre pouvant provoquer des blessures fatales. L’information judiciaire qui démarre au tribunal de Toulouse n’en est que plus sensible pour le pouvoir qui est comptable de ce drame.

 

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31 octobre 2014 5 31 /10 /octobre /2014 12:57

 

Communiqué de presse 

Le bout du tunnel, pour la crèche Baby Loup, enfin !

 

François Laborde, Sénatrice PRG de la haute-Garonne, salue les récentes décisions prises conjointement par la CAF, le conseil Général des Yvelines et la Mairie de Conflans Sainte-Honorine, sous l'impulsion du Secrétariat d'Etat à la Famille., pour pérenniser les activités de la crèche Baby Loup, mettant ainsi un terme à un feuilleton judiciaire ayant porté un lourd préjudice à cet établissement pourtant exemplaire à plus d'un titre.

L’autorisation d’accueillir 38 berceaux finalement délivrée cette semaine par le département ainsi que l’augmentation de la subvention de fonctionnement décidée par la commune mettent fin à une période troublée pour Baby Loup qui n’aspire qu’à continuer son chemin dans l’anonymat.

Accueillant 24h/24h et 365 jours par an les enfants des familles qui travaillent à horaires décalés ou des parents isolés, cette structure unique en son genre mérite d’être prise en exemple et de faire des émules dans toute la France.

Alors que son règlement intérieur affirme la nécessaire neutralité tant philosophique, politique que religieuse, pour l’accueil des plus petits, l’établissement avait été mis en cause dans un conflit du travail avec l’une de ses salariées.

Après 6 ans de procédures et un déménagement, un avenir serein s’ouvre enfin pour la crèche et toute son équipe.

C’est aussi l’aboutissement d’une constante mobilisation de l’association des parents des enfants accueillis par la crèche, des associations laïques, de nombreuses personnalités et du combat personnel de Mme Natalia Baléato, la directrice de l’établissement et de toute son équipe.

Françoise Laborde rend hommage à leur combativité et regrette : « Que de temps perdu dans cette affaire édifiante qui a failli provoquer la fermeture de l’établissement ! Que de temps perdu depuis l’arrêt de la Cour de cassation rendu le 25 juin 2014 et donnant raison à l’employeur. »

Pour éviter que ce sombre scénario ne se répète à l’avenir, la Sénatrice de la Haute-Garonne rappelle l’urgence de faire examiner par l’Assemblée Nationale la proposition de loi dont elle est l’auteur et qui avait été votée par le Sénat le 17 janvier 2012.

C’est pourquoi, elle invite les députés du groupe des radicaux de gauche RRDP, à demander l'inscription de la proposition de loi visant à instaurer la neutralité de l’accueil dans le secteur de la petite enfance à l'ordre du jour de l'Assemblée Nationale afin d’entériner cette loi par un vote.

30 octobre 2014
-- 

 

www.francoiselaborde.fr 
Tweeter : @Laborde_Senat

 

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31 octobre 2014 5 31 /10 /octobre /2014 11:55

Question d'actualité

sur le plan de relance

-investissement de 300 milliards d'euros au niveau européen-

 

Question de Jacques Mézard à M. le 1er Ministre, Manuel Valls
 
 
le lien pour voir la vidéo  ici : link
 
    M. le président. La parole est à M. Jacques Mézard, pour le RDSE.(Exclamations laudatives sur les travées de l'UMP et de l'UDI-UC.)

M. Jacques Mézard. Ma question s'adressait à M. le Premier ministre, mais auparavant, au nom du groupe RDSE, je tiens à exprimer à M. le ministre de l'intérieur notre soutien face aux attaques détestables dont il fait l'objet à la suite du drame survenu à Sivens. (Vifs applaudissements sur les travées du RDSE, ainsi que sur les travées du groupe socialiste, de l'UDI-UC et de l'UMP.)

 

Monsieur le Premier ministre, la nouvelle commission européenne entrera en fonction dans deux jours, le 1er novembre. Son président a déclaré devant le Parlement européen, avant d'obtenir son investiture : « Cette Commission sera celle de la dernière chance. Soit nous réussissons à rapprocher les citoyens de l'Europe, à réduire le chômage de manière draconienne et à redonner une perspective aux jeunes, soit nous échouons. » C'est en effet l'avenir du projet européen qui se joue et, avec lui, celui de notre pays.

 

Le dossier prioritaire, l'urgence de la nouvelle Commission est attendu avant Noël, a annoncé M. Juncker. Il s'agit d'un plan d'investissement de 300 milliards d'euros pour l'Union européenne – Si ce plan, soutenu par la France et l'Allemagne, reste à construire, nous savons qu'il se concrétisera par de grands chantiers d'infrastructures dans les domaines de l'énergie, des transports, des réseaux numériques, et qu'il comportera un volet social. Au moment où nos collectivités vont connaître des difficultés financières, il est urgent d'avancer dans ces secteurs.

 

On sait aussi qu'il s'agira de stimuler l'investissement privé, sans creuser les déficits. Une liste de projets, accompagnés de leurs plans de financement, doit être présentée au sommet européen des 18 et 19 décembre. D'ici là, la Commission, la Banque européenne d'investissement et les États membres vont devoir œuvrer à la mise en œuvre de ce plan très attendu pour retrouver le chemin de la croissance et de l'emploi.

 

Quelles sont les propositions que la France s'apprête à adresser au président Juncker en vue de l'élaboration de ce plan d'investissement ? Quels projets concrets la France souhaite-t-elle voir figurer dans ce plan ?

 

Pour notre part, défenseurs convaincus de la construction européenne, nous sommes également convaincus que la relance économique n'est possible que grâce à une politique ambitieuse d'investissements en Europe. C'est la raison pour laquelle nous sommes favorables à ce plan de 300 milliards d'euros. Pouvez-vous donc nous dire comment la France entend œuvrer activement à sa construction et, plus encore, à sa réussite ?

 

M. le président. La parole est à M. le ministre des finances et des comptes publics.

 

M. Michel Sapin, ministre des finances et des comptes publics. Monsieur Mézard, vous avez souligné l'importance du plan européen d'investissement de 300 milliards d'euros actuellement en préparation. Après vous, je veux rappeler pourquoi il me paraît être la bonne réponse, adaptée à la fois à la situation de l'Europe et à celle de la France.

 

Notre croissance en Europe, en zone euro tout particulièrement, est trop faible : elle était trop faible l'année dernière, elle est trop faible cette année et, si rien n'est fait, elle risque de l'être également l'année prochaine. Or la croissance n'est pas qu'un mot : derrière elle, il y a l'activité des entreprises et donc l'emploi. Si nous n'avons pas une croissance supérieure, nous n'arriverons donc pas à faire reculer le chômage de manière durable.

 

Que manque-t-il aujourd'hui à l'Europe et à la France ? Des investissements. Je ne veux pas abuser de chiffres, mais, aujourd'hui, le niveau des investissements publics et privés est inférieur d'environ 20 % au niveau d'avant la crise, en 2008. Mesdames, messieurs les sénateurs, 20 % d'investissements en moins, ce sont des emplois en moins et, pour notre pays, des capacités d'agir en moins, y compris des capacités budgétaires.

 

C'est donc par l'investissement que nous pouvons trouver une porte de sortie aux difficultés que nous connaissons. L'investissement, en effet, c'est à la fois de l'activité immédiate, puisque ce sont des travaux, des marchés, des emplois sur nos territoires, mais aussi, dès lors qu'il s'agit de bons investissements, dans les infrastructures de transport, vous en avez parlé, dans les infrastructures énergétiques et numériques ou dans la recherche et l'innovation, c'est un moteur de la croissance pour les années à venir.

 

Au fond, ce plan d'investissement, qui comprend tout ensemble des investissements publics et privés, permet de réconcilier les tenants de la politique de la demande et les tenants de la politique de l'offre autour d'une seule et même initiative.

 

Est-ce que chaque pays européen peut porter seul cet effort d'investissement ? Peut-être est-ce le cas de certains, qui bénéficient de marges budgétaires suffisantes, parce qu'ils ont accompli des efforts plus tôt que nous. Mais d'autres pays ont des moyens d'action bien plus réduits, et, pour notre part, nous devons bien sûr poursuivre nos efforts en matière budgétaire.

 

Le niveau européen est donc le bon niveau, le niveau approprié pour venir appuyer les investissements à l'échelle de nos territoires dans les domaines que je viens d'énumérer. Nous avons formulé des propositions franco-allemandes et je fais des propositions avec mon collègue ministre de l'économie, Emmanuel Macron, visant à privilégier des investissements qui fassent démarrer l'activité dans les mois qui viennent, mais aussi des investissements en profondeur, car il ne s'agit pas de saupoudrer. De tels financements existent en France, monsieur Mézard, vous en connaissez dans votre région, dans votre département et dans vos agglomérations. Ce sont ces investissements qu'il faut lancer !

 

(Applaudissements sur les travées du groupe socialiste.)

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30 octobre 2014 4 30 /10 /octobre /2014 18:22
L’affrontement de deux mondes

 

jeudi 30 octobre 2014, par Denis Sieffert Politis.fr

 

Il n’est hélas plus étonnant de trouver du mauvais côté la plupart des dirigeants socialistes, locaux et nationaux.

Oui, au fait, être de gauche, c’est quoi ? Si nous avons posé cette semaine la question à des intellectuels et à des artistes engagés, c’est sans doute que la réponse est plus incertaine que jamais. Peut-être l’a-t-elle toujours été. Dans son histoire des Gauches françaises  [1], Jacques Julliard rappelle opportunément la formule de saint Augustin à propos du temps : « Quand on ne me demande pas ce qu’est le temps, je sais parfaitement ce que c’est. Mais si on me le demande, je ne le sais plus. » Il en va de même pour la gauche, à la fois trop évidente et indéfinissable. Peut-être parce que c’est d’abord une sensibilité, une attention à l’autre, comme le suggère joliment Annie Ernaux dans sa contribution. Mais une sensibilité qui n’est pas seulement compassionnelle et qui s’inscrit dans le champ politique. C’est-à-dire dans le combat.

Être de gauche, c’est en premier lieu garder en éveil un esprit critique, déconstruire un discours dominant qui utilise toujours le même procédé, maquillant des intérêts particuliers en intérêt général. Que ce soit le discours sur la dette ou tous ces grands projets inutiles qui se multiplient, c’est la même histoire. On pense évidemment en ces jours sombres à l’affaire du barrage de Sivens, qui a coûté la vie à un jeune homme épris de justice et de vérité. Un jeune homme de gauche, sans aucun doute, au sens où nous entendons ce mot, et sans préjuger la définition qu’il donnait de lui-même. Il était là, comme tous les autres, parce que Sivens c’est d’abord un mensonge, une magouille et une tentative de transformation de l’intérêt très particulier d’une poignée de gros céréaliers en intérêt général. Pour le profit d’une quarantaine d’exploitations, et sans doute pour le plus grand bien des politiques et des industriels qui les soutiennent, il faudrait dévaster un paysage, détourner une rivière, agresser un environnement et une population qui n’aurait qu’à se soumettre.

On peut voir ce conflit par le petit bout de la lorgnette, comme un différend local dont l’enjeu serait un territoire. C’est évidemment bien plus que cela. C’est l’affrontement de deux mondes. L’un, mercantile, productiviste, irrespectueux du bien commun, ayant définitivement pris le parti des gros contre les petits et s’affranchissant de toutes les règles de la démocratie ; l’autre, défendant des valeurs exactement opposées. Il n’est hélas plus étonnant de trouver du mauvais côté la plupart des dirigeants socialistes, locaux et nationaux, même si ceux-ci s’en tiennent à un silence hypocrite, ou à un aveu d’impuissance suspect, comme si l’État ne pouvait rien contre le conseil général du Tarn… La même confrontation, avec les mêmes enjeux, a lieu ces jours-ci contre ces autres inventions foldingues que sont la ferme des mille vaches et, bien sûr, l’emblématique projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Énumération non exhaustive. Ce sont toujours deux projets de société qui se font face. Et, au fond, autant que bien des livres, ces mobilisations de terrain sont porteuses d’avenir pour une vraie gauche.

On est frappé par le fait que ces luttes ne commencent jamais comme des irruptions désordonnées de colère. Elles supposent toujours, comme un préalable, une contre-expertise citoyenne. Ce discours qu’il faut déconstruire. C’est aussi le cas dans l’une des autres grosses affaires qui nous occupent ces jours-ci : la dette. Le subterfuge est le même. Il s’agit de convaincre le chômeur et le smicard qu’ils sont solidairement responsables de nos déficits. Autant, sinon plus, que M. Mestrallet, PDG d’EDF-Suez, qui s’apprête à empocher une retraite-chapeau de 21 millions d’euros. C’est la grande imposture nationale : la dette de la France est la dette de « tous les Français ». Il faut aller voir du côté du Collectif citoyen pour un audit de la dette publique  [2] pour apprendre que 59 % de cette dette proviennent de niches fiscales et de taux d’intérêt excessifs, alors que le discours officiel nous dit autre chose : tous, nous vivons au-dessus de nos moyens. En un tournemain, la dette devient ainsi un instrument de pression, et l’arme fatale contre les acquis sociaux. L’alibi d’une redistribution à l’envers, du pauvre vers le riche.

Pour sortir de ce piège grossier, mais efficace, il faut réintroduire cette grille de lecture qui s’appelle toujours « lutte de classes ». Ce que Manuel Valls, commettant un probable contresens qui aurait fait sursauter le docteur Freud, nomme le « surmoi marxiste ». Ce qu’on pourrait appeler plus simplement la conscience sociale. D’ailleurs, à lire l’entretien que le Premier ministre a donné à l’Obs, cette faible considération pour l’histoire, cet abandon du socialisme pour le pragmatisme – la « démerde », en quelque sorte –, on en vient à se demander si le plus grand désastre que produit ce discours n’est pas culturel. Bref, on n’est pas toujours sûr de savoir où est la gauche, mais on sait au moins où elle n’est pas.

 

"Belle analyse de la situation. Nous filons d'impostures en impostures. Les radicaux de gauche ne sont-ils par en train de perdre le respect de leurs valeurs, dont ils sont si fiers à juste titre, en faisant les yeux doux à Monsieur Walls. Il est urgent de s'interroger."

Pour le PRG29 Erwann MARIE

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29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 17:32

Berthegille, mardi 28 octobre 2014.

 

Lettre ouverte

 

         Monsieur Thierry CARCENAC,

vous êtes à la fois pathétique et consternant !

Consternant, en tant que maitre d’œuvre pour la réalisation du barrage de Sivens, sur le fond de ce dossier.

Comment peut-on porter un projet public, mobilisant 100% de crédits publics sur un projet sans se poser les bonnes questions, dès le départ ?

Le projet de barrage vient du fait que le Tescou subit, depuis 30 ans, des étiages sévères. Monsieur CARCENAC, vous êtes-vous interrogé sur les causes de ces étiages sévères et quelles évolutions de pratiques pourraient en être à l’origine ? Visiblement non, car vous auriez rapidement pu faire le lien entre ces étiages sévères et le développement important des surfaces en maïs hybride sur le bassin versant du Tescou.

Le Conseil Général du Tarn devait-il donc, face à cette situation, avec 100 % d’argent publique, accepter de réaliser, dans une fuite en avant, un équipement qui ne vient qu’en soutien de ces pratiques agricoles peu respectueuses de la ressource en eau, tant sur le plan quantitatif que qualitatif d’ailleurs, ou explorer, avec cette même enveloppe, de 8,5 millions d’euros, des alternatives à ce modèle agricole qui touche le fond ?

La réponse ne peut que trouver ses fondements dans le bon sens paysan !

Monsieur CARCENAC, vous invoquez le nécessaire soutien à ce projet au motif que cette agriculture est plus « rentable » grâce à l’irrigation.

 Mais comment expliquer alors, que ces maïsiculteurs, grands bénéficiaires des aides publiques de la PAC (Politique Agricole Commune), expliquant d’ailleurs la majeure partie de la rentabilité de cette culture, ne puissent pas, au nom de cette rentabilité, financer eux-mêmes, un tel projet ?

Faisons, maintenant un peu de mathématiques.

Monsieur CARCENAC, vous expliquez que les exploitations moyennes concernées, pourraient irriguer environ 40 hectares chacune grâce au 1,5 millions de mètres cubes stockés dans le barrage de Sivens. Contrairement à ce que vous dites, la grande majorité des surfaces qui seraient irriguées grâce ce projet (cf : enquête publique) sont des surfaces en maïs ! Pour irriguer 1 hectare de maïs hydride, il est nécessaire de mobiliser, en moyenne 2 000 m3 d’eau. Ce barrage permettrait donc l’irrigation d’environ 800 hectares de ce maïs. Pour une moyenne de 40 hectares par exploitation, le projet ne peut donc que concerner environ 20 exploitations ! Ce qui signifie qu’un projet de 8,5 millions d’euros, d’argent publique, pour stocker de l’eau, ne va bénéficier qu’à 20 exploitations agricoles, parmi celles d’ailleurs les mieux dotées en aides publiques de la PAC ! Belle logique vertueuse ! En gros, sans trop caricaturer, 20 exploitations agricoles, parmi les mieux dotées d’aides publiques de la PAC, vont se voir attribuer une nouvelle aide publique indirecte d’un peu plus de 400 000 euros chacune ! 400 000 euros qu’elles ne peuvent pas financer seules et qui pourtant va servir à irriguer une plante, parait-il très rentable, à laquelle elles ne peuvent donc renoncer, et qui justifie donc la réalisation de ce barrage.

Qui parlait de bon sens paysan ?

Sur le fond toujours, Monsieur CARCENAC, vous convoquez le changement climatique, et vous avez raison, et les travaux de Garonne 2050 sur le sujet.

Ce que vous ne dites pas, Monsieur CARCENAC, c’est que ce scénario Garonne 2050, occulte, dans son analyse du changement climatique, le poids de l’agriculture dans ce changement climatique, et le rôle qu’elle peut jouer pour le limiter !

En effet l’agriculture est émettrice, en moyenne, de 20 % des gaz à effet de serre. Et ce n’est pas les moteurs des tracteurs les responsables, pas davantage d’ailleurs que les vaches qui pètent dans les prairies ! La contribution majeure de l’agriculture à la fourniture de gaz à effet de serre est liée à sa dépendance aux substances chimiques de synthèse, dérivées du pétrole, que sont pesticides et engrais azotés, dont on connait par ailleurs, les dégâts considérables dont ils sont responsables, sur cette même ressource en eau, mais aussi sur les équilibres, la biodiversité, et la santé.

Pour produire 1 kilo d’azote, il faut mobiliser 1,5 litres de pétrole. Sur un hectare de maïs, de blé ou de colza, le modèle agricole dominant apporte environ 200 à 250 kilos de cette azote de synthèse, induisant une dépendance au pétrole (et donc alimentant la fourniture de gaz à effet de serre) de 300 à presque 400 litres de pétrole par hectare, avant même d’avoir tourné la clef du tracteur !

L’agriculture occupe environ 70 % des surfaces de nos territoires et c’est une activité économique qui mobilise énormément d’argent publique via la PAC.

Ne devriez-vous pas, Monsieur CARCENAC, puisque ce changement climatique vous tracasse visiblement, accompagner, avec autant d’argent publique,  un modèle agricole qui, d’une part, renonce aux substances de synthèse et qui, d’autre part, redécouvre les vertus d’une agronomie qui sait s’en affranchir en mobilisant les ressources parfaitement gratuites et inépuisables que sont, l’azote atmosphérique, le carbone, la lumière, la vie des sols, etc. etc. ?

Ne devriez-vous pas intégrer, qu’avec autant d’argent publique fléché vers cette activité économique, il est urgent de restaurer un contrat moral décent avec la société civile, avec les contribuables, et faire en sorte que ces 70 % d’espaces occupés par l’agriculture soient des espaces de séquestration du carbone, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui, tant l’usage massif de ces substances de synthèse (la France reste le premier utilisateur mondial de pesticides, en dose par hectare ! source ONU) ont dévasté la vie et donc, la fertilité, et par conséquent, la faculté des sols à séquestrer le carbone ? Les prairies humides semblables à celles que vous dévastez sur le Testet sont d’ailleurs unanimement reconnues comme de remarquables puits de carbone, contrairement à la pratique du maïs, qui elle, émet du carbone ! Ces deux paramètres fondamentaux, sont parfaitement occultés dans les différents scénarii de Garonne 2050 ! Et c’est pourtant là que sont les plus grandes marges de manœuvre pour lutter contre le changement climatique, plutôt que dans une posture fataliste, passive, qui ne prend pas le sujet à bras le corps, et qui préfère les fuites en avant en tentant de résoudre des équations, impossibles à résoudre justement ! Comment pensez-vous pouvoir, au motif de ce changement climatique, pouvoir répondre à des augmentations de températures, associés à des régimes hydrographiques sévères, nécessitant l’irrigation toujours plus exigeantes des cultures vidées de toute rusticité par la sélection génétique de plantes homogénéisées et standardisées, à partir d’une ressource de plus en plus rare et pour laquelle les priorités de gestion en bon père de famille, restent, d’abord l’eau potable, ensuite le bon état des milieux et enfin l’irrigation (article 2 de la loi sur l’eau) ?

Le stockage de l’eau n’est donc pas la bonne réponse ! Même Garonne 2050 le dit !

Savez-vous, Monsieur CARCENAC, qu’avec autant d’argent public, vous pourriez soutenir un modèle agricole, basé sur l’agronomie, apte à limiter et s’adapter au changement climatique, sachant s’affranchir des substances de synthèse (engrais & pesticides), sachant produire, oui, PRODUIRE, en s’appuyant sur des ressources parfaitement gratuites et inépuisables, préparant l’après pétrole, préservant les équilibres, les ressources et l’eau en particulier, la biodiversité (sauvage et domestique, animale et végétales), le climat et la santé ?

Que ce modèle, en respectant les capacités de la terre (avec un petit t) et la Terre (avec un grand T) à produire demain, garantit un avenir décent pour les générations futures ?

Savez-vous qu’il existe des variétés de maïs, mais aussi de tournesol, de blé, d’orge, d’avoine, et dans toutes les espèces, qu’on appelle « variétés populations » obtenues par une sélection convergente des hommes et du milieu, comme le faisaient déjà avant nous les mayas et les aztèques, il y a des millénaires, qui ont des caractéristiques techniques redoutables (fort taux de protéines par exemple) et qui permettent d’obtenir des rendements surprenants en cultures sèches, justement parce qu’elle sont parfaitement adaptées à leur zone de production, qui n’ont rien à voir avec les variétés standardisées proposées par les firmes semencières, et qui, de surcroit, redonnent aux paysans leur autonomie alimentaire, semencière et génétique ?

Savez-vous encore que l’arbre, que le modèle agricole de ces dernières décennies s’est acharné à faire disparaitre, que vous vous acharnez à faire disparaître sur la zone humide du Testet, est l’acteur central de ce modèle vertueux (agroforesterie, associant arbres et productions agricoles), qui fonctionne partout dans le monde en général, et en particulier, dans le Tarn  et qui « nous garantira demain la possibilité d’atteindre la souveraineté alimentaire sur toutes les zones de la planète » (Olivier de SCHUTTER, rapporteur spécial pour l’agriculture et l’alimentation à l’ONU) ?

Que ce modèle agricole vertueux est aussi la meilleure réponse économique pour les agriculteurs eux-mêmes qui voient leurs coûts de production diminuer de façon spectaculaire tout en faisant progresser leur rendement de 40 %, en moyenne, en France (source : INRA) ?

Réalisez-vous que dans un contexte où l’argent public se fait rare, que d’autres activités sont impactées négativement par ce modèle agricole chimique, comme la pêche ou la conchyliculture sur notre littoral. Que les contribuables sont mis à contribution à hauteur de 54 milliards d’euros par an (source : Cour des comptes - 2011), pour financer le retrait dans l’eau des seules pollutions agricoles pour obtenir de l’eau potable. Qu’engager des politiques, des logiques préventives, coûtent, en moyenne, 26 à 27 fois moins que s’acharner sur les logiques curatives, comme par exemple, le stockage de l’eau qui vient en soutien de ce modèle agricole qui refuse de se remettre en cause et qui transfert le coût des dégâts de ses pratiques sur le plus grand nombre? A savoir les contribuables, comme vous le faites vous-même en finançant ce projet de barrage et qui sont déjà ceux qui alimentent l’enveloppe PAC (11,5 milliards d’euros en France), distribuées à ces mêmes agriculteurs.

Ne pensez vous pas qu’il est désormais urgent de changer, d’avoir un peu de créativité, d’audace et de courage politique pour porter avec l’argent public, les vraies bonnes solutions, celles qui allument des cercles vertueux, qui préparent l’avenir des générations futures, loin des logiques corporatistes qui aveuglent à grands coup de propagandes et nous éloignent des véritables approches globales ?

 

Sur la forme maintenant, Monsieur CARCENAC, vous êtes cette fois pathétique. J’ai pris le temps de rédiger ce long courrier pour que la mort de Rémi ne soit pas vaine, ne soit pas inutile. Pour vous expliquez ce que vous n’avez visiblement toujours pas compris, et que vous sachiez que ce jeune étudiant de 21 ans, lui l’avait compris et que c’est pour ça qu’il était là-bas sur place, au Testet, pour préserver l’intérêt supérieur des générations futures !

Oui, il est mort, pour des idées, parce qu’il avait compris ce qu’en humble et modeste ambassadeur, j’essaye de vous expliquer dans ce courrier. J’aurais pu être Rémi, car je me suis également rendu sur place, où j’y ai d’ailleurs pu constater l’extrême violence des forces de l’ordre face à des militants pacifiques. Rémi aurait également pu être l’une de mes deux filles ou l’un de mes trois fils, tant ils sont également convaincus que de telles politiques publiques sont suicidaires pour les générations futures !

Rémi, jeune toulousain étudiant en biologie de 21 ans, a donc donné sa vie pour tenter de préserver l’intérêt supérieur qu’est l’avenir des générations futures !

Et cette mort, ne sera ni stupide, ni bête, comme vous le dites, si vous prenez maintenant conscience du message qu’il était venu porter sur la zone humide du Testet, lui et tous les nombreux autres citoyens opposants, si vous cessez immédiatement de tels travaux, si vous replantez des arbres au Testet, et si vous utilisez l’argent public du projet pour accompagner et pour soutenir une alternative agricole vertueuse, animée par une véritable approche globale, pour en faire un projet remarquable et exemplaire ! Et je suis prêt, si vous avez (enfin !) cette étincelle de lucidité, de conscience et d’humanisme, à mettre à votre service, gracieusement, en la mémoire de Rémi, de sa clairvoyance et de son engagement, mes connaissances, mes compétences, mes expériences et les réseaux capables d’accompagner un tel projet pour en garantir la réussite ! Faisons le ensemble Monsieur CARCENAC, pour qu’effectivement la mort de Rémi ne soit ni vaine, ni stupide, ni bête !

 

Benoît BITEAU

Parti Radical de Gauche (Secrétaire National (Agriculture) & Délégué Régional)

Vice Président de la Région Poitou-Charentes,
Président de la commission "Ruralité, Agriculture, Pêche & Cultures marines".

Membre du Conseil Maritime de Façade "Sud Atlantique" & Président de la Commission Mixte "Lien Terre - Mer"
Administrateur de l'Agence de l'Eau Adour - Garonne & Président de la Commission Territoriale « Charente »
Membre de l'Agence de l'Eau Loire - Bretagne
Administrateur du Conservatoire Régional des Espaces Naturels & du Conservatoire du Littoral
Élu référent du Conseil Régional pour le pays Marennes - Oléron.
Président de CA du Lycée de la mer.


Ingénieur des Techniques Agricoles.
Conservateur du Patrimoine Technique, Scientifique & Naturel.
Paysan Bio.

Lauréat 2009 du Trophée National de l'Agriculture Durable.

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26 octobre 2014 7 26 /10 /octobre /2014 17:53

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Jean Ziegler choisit son camp :

« Retournez les fusils ! »

 

À mesure que se précise la débâcle dévastatrice du vieux système capitaliste, le citoyen responsable se devrait de prendre position. Le sociologue suisse Jean Ziegler, lui, n’y va pas par quatre chemins : « Retournez les fusils ! »

L’ouvrage initial date de 1980, mais Jean Ziegler s’est senti contraint de l’adapter aux temps présents en le réécrivant entièrement. À l’origine, explique l’auteur dans une interview au Point, le titre était repris d’un manifeste de Trotski appelant le prolétariat engagé dans la première boucherie mondialisée à retourner leurs armes contre les capitalismes plutôt que contre leurs camarades du camp d’en face.

Trente-quatre ans après, rien n’a changé, sinon en pire. Jean Ziegler :

« Les capitalistes font aujourd’hui un maximum de profits en spéculant sur les aliments de base comme le riz, le maïs, le blé. Les prix explosent, et toutes les cinq secondes, un enfant de moins de dix ans meurt de faim. Aujourd’hui plus que jamais, il faut retourner les fusils. »

Devant son interlocuteur abasourdi, Ziegler tempère à peine son séditieux propos. Non, non, il n’est pas question d’aller illico « flinguer son banquier », mais au moins d’empêcher par tous les moyens les capitalistes de semer la désolation sur toute la planète.

Et de donner l’exemple des cinq cents sociétés tentaculaires multinationales échappant à tout contrôle, notamment à celui des États, s’appropriant 52,8 % du produit mondial brut, coupables de maltraitances contre leurs ouvriers, comme ces quelques 1 300 victimes mortes dans les ruines de l’immeuble insalubre Rana Plaza à Dacca.

Chasser les grands prêtres des religions malfaisantes

Or, la forteresse financière néolibérale n’est désormais guère plus salubre que le bâtiment délabré de Dacca. De sinistres craquements en ont de nouveau ébranlé les fondations tout au long de la semaine passée. Les métastases du cancer systémique ont repris leurs lugubres ravages, frappant jusqu’aux derniers refuges du sanctuaire : les places boursières et financières.

Et tout retour en arrière est désormais impossible. Les lettres ouvertes indignées aux dirigeants du monde malade pour qu’ils changent de cap sont vaines et dérisoires. Comme le dit le banquier défroqué Charles Sannat dans un de ses éditos du Contrarien, il n’y a plus rien à espérer du système agonisant, ni de ses gouvernants :

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"Il faudrait tellement tout changer, tellement tout bouleverser que jamais, jamais un consensus ne pourra se faire sur des mesures d’une telle ampleur tant que nous ne serons pas tombés au fond du gouffre. Nous sommes au pied du mur mais cela ne change rien. Nous pouvons gloser des heures et des heures sur quoi faire, comment le faire, pourquoi le faire, nous ne ferons rien. Rien. »

Tout changer, oui, dans les institutions comme dans les mentalités. Tout changer pour passer au monde d’après en surmontant le chaos laissé par le monde d’avant. Mais qui pense sérieusement que l’on peut se débarrasser d’un système sans écarter ceux qui s’en portent garants jusqu’à l’intolérable ? Qui croit qu’on puisse mettre hors d’état de nuire une religion malfaisante en restant soumis à ses grands prêtres et respectueux de ses temples ?

"Retournez les fusils ! Choisir son camp". En vente dans toutes les bonnes librairies. L’idée — et l’urgence — méritent qu’on y réfléchisse, non ? D’ailleurs qui parmi vous, chers lecteurs, n’y a pas déjà au moins secrètement pensé ?

 Source Politis.fr

Le PRG29 vous invite a lire, également, les commentaires à cet article ici : link

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