Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 10:38

Le Premier Ministre a chargé le Commissariat général à la stratégie et à la prospective de proposer une réflexion sur le thème :

 

Quelle France dans dix ans ?

 

On peut retrouver les travaux du Commissariat ici :

http://www.strategie.gouv.fr/blog/wp-content/uploads/2013/08/Quelle-France-dans-dix-ans_CGSP_20130819_final_WEB_3.pdf

.Pour l'heure en voici la synthèse:

 

La valeur d’une méthode

 

Notre pays s’est à plusieurs reprises donné des objectifs à horizon de dix ans, par exemple lorsqu’a été fixée l’ambition d’amener 80 % d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat. D’autres autour de nous, comme l’Allemagne en 2003, se sont donné un cap décennal. Ces entreprises ont généralement été transformatrices.

Un horizon de dix ans est à la fois assez rapproché pour mobiliser les énergies d’une collectivité autour de l’avenir qu’elle veut se construire, et assez éloigné pour que les investissements institutionnels ou matériels destinés à y conduire portent leurs fruits. Il est aussi propice à la délibération et à la concertation : cinq ans, c’est l’horizon du politique ; dix ans, c’est celui de la société.

 

Certitudes et questions

 

 

Réfléchir à dix ans, c’est d’abord prendre la mesure des évolutions de fond, sur lesquelles on peut raisonnablement miser, et celle des facteurs d’incertitude, des risques qui peuvent se matérialiser et changer les perspectives. L’exercice peut être conduit pour le monde, l’Europe et la France.

Au niveau mondial, les tendances économiques lourdes l’emportent sur les incertitudes, qui sont principalement de nature géopolitique. Dans dix ans la classe moyenne mondiale, définie conventionnellement par une dépense quotidienne par tête comprise entre 10 et 100 dollars, comptera probablement entre trois et quatre milliards de personnes, contre 2,1 aujourd’hui et 1,2 il y a dix ans. Plus de la moitié de ses membres résideront en Asie. Pendant deux décennies, les consommateurs ont été au Nord, surtout aux États-Unis, et les producteurs au Sud, surtout en Chine. Ces producteurs ont commencé à devenir consommateurs, et le mouvement ira en s’amplifiant dans la décennie à venir.

En 2000 aucun pays émergent ne figurait parmi les cinq premiers pour la dépense en recherche- développement, en 2010 la Chine et la Corée du Sud avaient supplanté la France et le Royaume-Uni. La croissance rapide de la population étudiante dans les pays émergents suggère que ce basculement va s’accélérer. Il y a vingt ans, la dette était au Sud et le savoir au Nord. Aujourd’hui, les problèmes d’endettement sont au Nord et le savoir, de plus en plus au Sud.

Malgré la montée en puissance d’une nouvelle vague de pays en développement, le ralentissement de la croissance des économies émergentes est appelé à se poursuivre. Il se peut même qu’il ait un caractère heurté. Mais cette mise en garde quantitative n’invalide pas la perspective d’une économie mondiale de plus en plus tirée par la consommation de la classe moyenne des pays émergents.

Les incertitudes globales sont surtout de nature géopolitique : rivalité Chine-Etats-Unis ; tensions au Moyen-Orient ; soubresauts induits par la montée, dans les régimes autoritaires, des aspirations démocratiques ; déficiences, enfin, de la gouvernance mondiale.

L’Europe dans dix ans apparaît avec moins de netteté. Pour la première fois depuis cinquante ans, elle est facteur d’incertitude plutôt que de stabilité. Se conjuguent en effet une question économique, celle du devenir du rééquilibrage en cours au sein de la zone euro, une question institutionnelle, celle de la capacité des Européens à s’entendre sur le degré et les modalités d’intégration entre les pays participant à la monnaie commune, et une question politique, celle de la finalité de l’Union européenne. Aussi difficile que soit un tel dilemme, il faut se préparer à un possible durcissement des choix entre intégration plus poussée et désagrégation. Une responsabilité particulièrement lourde pèse ainsi sur notre pays.

La France dans dix ans sera à coup sûr plus vieille, plus petite et moins riche – en termes absolus dans le premier cas, et relatifs dans les deux autres. Démographiquement, mais surtout économiquement, elle pèsera sensiblement moins dans le monde : en termes de PIB, à peu près autant que le Canada ou l’Espagne en 1980. Il n’y a cependant là matière à aucun déclinisme : d’abord parce que la France, qui n’a pas complètement absorbé la dernière vague des technologies de la communication, peut y trouver l’aliment d’une reprise des gains de productivité ; ensuite parce que le niveau de son sous-emploi signifie aussi qu’elle dispose de réserves de croissance ; enfin parce que la taille n’est pas un déterminant premier de la prospérité. La France de 2023 ne manquera pas d’atouts : elle sera mieux formée, encore excellemment équipée et potentiellement attractive.

La France dans dix ans sera aussi plus urbaine : ses grandes villes ont à la fois un potentiel de développement économique et de limitation des dommages environnementaux. Elle offrira davantage d’emplois qualifiés, mais elle court aussi, si on n’y prend garde, le risque d’un dualisme du marché du travail. Elle sera composée d’individus plus autonomes, ce qui ne veut pas dire qu’ils seront désocialisés.

 

Trois choix collectifs :

Quelle insertion dans la mondialisation?

Quel modèle pour l’égalité ?

Quelle vision du progrès ?

 

Il nous faut fixer notre mode d’insertion dans un processus de mondialisation que nous ne pilotons pas. L’insertion internationale d’un pays, ses avantages comparatifs, sont le produit de la géographie et de l’histoire, mais aussi de choix délibérés. L’État ne décide certes pas à la place des entreprises, mais les choix publics en matière d’immigration, d’enseignement et de recherche, d’équipement, de prix de l’énergie, de fiscalité ou de réglementation des marchés exercent une influence décisive sur les décisions privées. En ce sens, la neutralité de l’État est une fiction, celui-ci mène toujours une politique industrielle implicite.

Deux images de l’avenir s’offrent à nous : celle de la puissance manufacturière et celle de l’économie de création et de services. La première orientation réclamerait un effort substantiel de modification du partage du revenu en faveur de l’industrie. La seconde imposerait des transformations plus structurelles, notamment pour ouvrir la France aux talents du monde entier et moderniser nos services publics pour prendre place dans la compétition internationale émergente en matière, par exemple, d’éducation et de santé. Elle pourrait s’accompagner d’un creusement des inégalités au bénéfice des individus les mieux formés et les plus talentueux. Le redressement passera sans doute par une combinaison originale des deux, mais esquisser ces orientations force à réfléchir sur notre rôle dans la nouvelle économie mondialisée, et à la cohérence des choix publics.

En matière d’égalité, la France a su mieux contenir que ses partenaires la croissance des inégalités de revenus, sans éviter l’envol des plus fortes rémunérations. Mais les inégalités que l’opinion juge les moins tolérables tiennent à l’accès au logement, aux soins, au savoir, à l’emploi ou au numérique. Or la France ne progresse plus en matière d’égalité des possibles – ou, selon la formule d’Amartya Sen, des capabilités. Faute de traiter les inégalités à la racine, nous nous efforçons d’en limiter les conséquences par des transferts monétaires. En résulte un modèle de réduction des inégalités plus coûteux et moins efficace que ceux qui mettent l’accent sur l’investissement social. Ce modèle n’est probablement pas soutenable, du fait du niveau atteint par la dépense publique, mais aussi parce qu’il suscite des antagonismes entre ceux qui se sentent rejetés par une société fermée et ceux qui apparaissent comme relativement privilégiés par elle.

Enfin, la France a longtemps cru au progrès. Elle n’en est plus si sûre. Les Français se méfient de l’usage qu’entreprises et pouvoirs publics font des avancées de la science et de la technique. La société française n’a plus confiance en l’avenir parce qu’elle n’a plus confiance en elle-même, en ses institutions économiques, politiques et sociales et au total en sa capacité à mettre les avancées scientifiques et techniques au service de tous. Or une société qui ne croit plus en son propre progrès est inévitablement conduite à regarder tout débat social comme un jeu dans lequel les gains des uns sont nécessairement les pertes des autres. Les conflits de répartition dominent les esprits et bloquent l’investissement dans des projets d’avenir. Au lieu de veiller au bien-être des générations futures, les différentes catégories sociales se confrontent les unes les autres pour le partage de ressources qu’elles croient vouées à diminuer.

 

 

Éléments pour construire une stratégie

 

Les coordonnées au long desquelles une stratégie peut être construite sont au nombre de quatre.

La première a trait à notre dynamisme productif. Il convient de ne pas se limiter aux instruments traditionnels de la politique industrielle. Capital et travail conservent toute leur importance, mais les facteurs de production de l’économie du XXIe siècle vont bien au-delà. Réinventer notre modèle productif, c’est aussi penser système financier, éducation et recherche, immigration, marché du travail, services publics et territoires, etc. C’est aussi, bien évidemment, définir de quelle manière nous voulons nous insérer dans les systèmes de production mondiaux. C’est déterminer quel équilibre et quel partage du revenu il faut viser entre secteurs exposés et abrités. C’est enfin fixer comment nous entendons gérer le risque afin de dynamiser au mieux notre système productif.

La deuxième concerne notre modèle social. Il faut sortir d’une approche qui laisse se développer les inégalités d’accès pour tenter ensuite d’en limiter les conséquences par des transferts ; sortir d’une démarche risque par risque ou dispositif par dispositif pour envisager simultanément l’accès au savoir, à l’emploi, au logement ou à la santé. Il faut explorer les différentes dimensions de ce qui détermine les parcours individuels et identifier comment prévenir que certains subissent déterminisme social et accumulation des revers. Il faut comprendre ce qui, de l’école au travail, du logement à la santé, et jusqu’à la retraite, pourra permettre d’assurer l’égalité d’autonomie aux différents âges et dans les différentes situations de la vie.

La troisième porte sur la soutenabilité des évolutions engagées, et sur l’équilibre du bien-être entre générations. Se posent les questions de l’endettement public et du financement de la protection sociale. Se pose aussi celle de notre empreinte énergétique et environnementale. Se donner un impératif de soutenabilité conduit ainsi à envisager l’ensemble de nos objectifs – croissance économique, consommation, développement urbain, etc., dans une perspective de développement durable.

La dernière coordonnée d’une stratégie à dix ans relève de la gouvernance. L’élaboration d’une stratégie nationale devrait être l’occasion pour notre pays de préciser ses priorités européennes, c’est- à-dire ce qu’il est prêt à donner et ce qu’il demande à ses partenaires pour remédier au déficit de gouvernance de l’Union. Ce devrait être, aussi, le support d’une coopération entre acteurs publics nationaux qui permette à chaque niveau d’administration de concourir à la réalisation des objectifs communs. Cette coopération sera d’autant plus facile que chaque niveau de décision saura clairement quels sont ses pouvoirs et ses responsabilités.

Repost 0
Published by radicalisme-finisterien - dans Politique Economie Social
commenter cet article
19 août 2013 1 19 /08 /août /2013 18:00

Intervention du président de la République 

lors du séminaire gouvernemental de rentrée

 

Palais de l’Elysée, Lundi 19 août

 

Monsieur le Premier ministre,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Cher(e)s ami(e)s,

Je vous retrouve pour ce séminaire. Il marque la rentrée du gouvernement.

Celle-ci est placée autour de trois grandes questions :

  • La préparation du budget. Celui de l’Etat comme de la Sécurité Sociale, avec les économies à conduire et les prélèvements à limiter ;
  • La réalité de la reprise économique avec ses conséquences sur l’inversion de la courbe du chômage ;
  • La sauvegarde de notre système de retraites par répartition. C’est le patrimoine de chaque Français.

Les réponses seront apportées par le Gouvernement d’ici la fin de ce mois.

Mais nous sommes réunis ce matin non seulement pour traiter l’immédiat et l’urgence, mais aussi pour dire ce que nous voulons faire de la France pour les dix ans qui viennent. C’est la vocation du pouvoir politique que de définir une stratégie nationale, dans le même temps où il prend en charge les problèmes du quotidien.

C’est le moment de le faire.

Il y a un an, nous arrivions aux responsabilités dans le contexte de la crise de la zone euro. Ces incertitudes majeures ont depuis été largement surmontées. Il en reste bien d’autres et nous ne sommes pas encore entrés dans une phase de croissance durable. D’où la nécessité de nous projeter, à condition de bien saisir la singularité de notre pays. Ses atouts comme ses faiblesses. La France est une Nation à vocation universelle. Elle pèse dans le destin de l’Europe. Elle a vocation à agir à l’échelle mondiale. Elle a donc besoin d’un projet collectif. Nous avons commencé d’y travailler : la loi de refondation de l’école, celle sur l’enseignement supérieur, la transition énergétique, le plan des investissements d’avenir, le redressement productif, le plan pour la compétitivité, la modernisation du marché du travail, la Banque publique d’investissement.

Nous devons donner un cadre, une cohérence à ces décisions.

C’est le sens de cette stratégie à 10 ans.

Pourquoi 10 ans ?

Parce qu’une décennie c’est le temps du possible, c’est une durée suffisante pour traduire des choix, pour rendre visible les investissements engagés, pour modifier les comportements. 

10 ans, c’est une échelle où bon nombre de tendances et de paramètres sont d’ores et déjà connus. C’est vrai pour la démographie, pour le climat, pour les ressources naturelles et même pour les rapports de force internationaux.

10 ans, c’est le temps à la fois de la conception et de l’action. En deçà, nous sommes dans la gestion. Au-delà, dans la prospective. Certes, tout ne peut pas être anticipé : les conflits, les catastrophes, les crises. Encore est-ce la responsabilité de la France de contribuer à les prévenir.

10 ans, c’est aussi le temps qui permet de mesurer les effets tangibles d’une politique. En dix ans, un pays peut perdre ou gagner des places dans les classements internationaux dans de nombreux domaines (recherche, universités, compétitivité…). Peut même changer de statut ! Ainsi, depuis 2002, la France a vécu une « décennie perdue » : dégradation de sa compétitivité, repli de sa production industrielle, atonie de la croissance, aggravation des inégalités, affaiblissement du modèle républicain.

Quels sont les grands défis que notre pays doit relever d’ici dix ans ?

J’en vois trois.

1- Le premier est celui de notre souveraineté. D’abord notre souveraineté politique, diplomatique, militaire. Non pour des arguments de puissance, de domination ou de contrôle. Mais pour promouvoir le message, les valeurs et les intérêts de la France. C’est le choix que nous avons fait avec la loi de programmation militaire. C’est le sens de notre présence partout dans le monde. C’est l’enjeu de la francophonie. Mais la souveraineté, elle est surtout budgétaire, économique, industrielle, agricole, énergétique. Nous ne pèserons sur les orientations de l’Europe et la régulation mondiale que si nous retrouvons une compétitivité élevée, un niveau de dette publique soutenable et une moindre dépendance énergétique. Cette souveraineté n’est pas un repli, un enfermement. Elle s’inscrit dans nos choix européens et dans notre ouverture au monde. L’Europe a besoin d’une France forte. Et le monde, d’une France influente.

2- Le second est celui de notre excellence. L’excellence c’est de pouvoir élever le niveau de la France dans la mondialisation par l’innovation, la spécialisation et l’adaptation aux besoins de l’économie de demain et notamment des classes moyennes des pays émergents. C’est d’être un pays de premier rang. Mais nous avons deux choix à faire : élever la part de l’industrie dans la production nationale et amplifier les gisements de l’économie de services. Ils ne sont pas contradictoires. Sans industrie forte, l’équilibre de nos échanges ne peut être retrouvé. Sans le développement des services, il ne peut y avoir de création d’emplois. L’excellence, c’est de rendre plus efficace et plus juste notre système de protection sociale et d’organisation territoriale. L’excellence, c’est aussi une France capable d’être en avance dans les domaines de la recherche, de la connaissance et de la culture. L’excellence, c’est d’être un pays où l’exigence environnementale assure sobriété énergétique, performance économique et solidarité territoriale.

3- Enfin, le troisième défi est celui de notre unité. Unité des générations face à l’avenir des retraites et la priorité à l’emploi. Unité des catégories sociales face à la lutte contre les inégalités et aux exigences de la solidarité. Unité des modes de vie et des cultures face à la communautarisation, à la fragmentation, à l’individualisme. Si nous voulons prévenir les risques du déclassement et de la désintégration, nous devons porter des politiques de cohésion et des projets qui rassemblent le pays tout entier.

Une stratégie à dix ans pourrait s’articuler autour de cinq objectifs.

1. Utiliser pleinement notre avantage démographique.

La France est le pays européen qui dispose du taux de natalité le plus élevé, de la population la plus jeune et qui assure le renouvellement des générations. Prendre conscience de cet atout, c’est organiser un système de formation initiale et continue lié aux métiers du futur, c’est fixer l’objectif de « diplômer » la moitié d’une classe d’âge dans l’enseignement supérieur, c’est mettre les nouvelles technologies à la portée de tous. C’est introduire des dispositifs pour prévenir les échecs, pour réduire les inégalités scolaires, c’est faire de l’apprentissage et de l’alternance une filière d’excellence.

Cette insertion des jeunes est d’autant plus impérieuse que la France fera face parallèlement au grand vieillissement qui génèrera des coûts supplémentaires mais aussi des opportunités, en termes de technologies, comme de services (la « silver » économie). Le capital de la France c’est sa population, son niveau de qualification, sa mobilité, son savoir-faire, ses capacités.

2. Gagner la bataille de la mondialisation.

C’est la condition aussi pour l’amélioration de notre niveau de vie, c’est-à-dire du pouvoir d’achat de la Nation. Nos faiblesses sont connues : des entreprises trop petites, trop peu tournées vers l’exportation et une insuffisante spécialisation sectorielle. S’y ajoutent un taux d’investissement trop faible, une base industrielle trop étroite et une compétitivité dégradée. Mais nous avons aussi des atouts : de grandes entreprises à taille mondiale, une capacité d’innovation reconnue, une « marque France » appréciée dans les secteurs prisés par les consommateurs des pays émergents. Et l’attractivité de notre territoire.

Notre stratégie à 10 ans doit donc créer le meilleur environnement pour les entreprises exportatrices (formation, financements, fiscalité), simplifier l’Etat pour le rendre plus fort et plus rapide, stimuler l’innovation et la création, organiser les nouvelles filières industrielles (numérique, bio-technologies, le stockage de l’énergie…) et cultiver l’exception française (l’agro-alimentaire, le luxe, la culture, le tourisme). Mais, l’élévation de la performance nationale exige une politique d’infrastructures permettant de diminuer les coûts et de faciliter la mobilité : qualité des services publics, efficacité des transports, prix des logements, coût de l’énergie…

3. Réussir la transition énergétique et écologique.

La lutte contre le réchauffement est un objectif planétaire. C’est un engagement européen. Ce doit être une « ardente obligation » nationaleLà aussi les considérations liées à l’environnement, à la santé, aux générations futures se conjuguent avec les arguments économiques, les préoccupations sociales et le mode de développement. Une politique énergétique est, par définition, celle du temps long. C’est maintenant que nous devons amplifier la diversification de nos sources d’énergie, et engager la sobriété énergétique. Notre objectif peut être en ces domaines aisément quantifié et les instruments, réglementaires, financiers, fiscaux, être déployés tout au long de la décennie.

C’est un enjeu industriel. C’est un gisement d’emplois. C’est une perspective de pouvoir d’achat par la réduction des dépenses contraintes.

4. Faire de notre territoire un levier de développement.

L’organisation de notre espace, son équilibre, voire son administration, constituent des objectifs à 10 ans. De notre capacité à occuper harmonieusement le territoire dépendent aussi nos résultats économiques et notre cohésion nationale. Car la fracture territoriale est là : d’un côté des métropoles dynamiques de l’autre des quartiers délaissés, des zones péri-urbaines de plus en plus éloignées des centres, des espaces ruraux abandonnés.

Il y a un « scénario de l’inacceptable » qui s’écrit chaque jour faute d’une maîtrise du foncier, de la désindustrialisation, de la dilution des solidarités de proximité, de temps de transport insupportables, d’une insécurité qui s’étend. Le cap stratégique doit être de rendre accessible les villes, d’installer des activités sur l’ensemble du pays, de mettre le numérique à la disposition de tous, de créer une économie circulaire, de rénover les réseaux de transport et de maintenir une agriculture de qualité. Bref, de réinventer l’aménagement du territoire. Dans cette perspective, la valorisation de notre façade maritime est un atout majeur dans la mondialisation. C’est la « croissance bleue ».

5. Inclure tous les citoyens dans la République.

La dernière période a été marquée par une montée des inégalités. Cela vaut pour les revenus et les patrimoines. Cela vaut surtout pour l’accès à l’éducation, à l’emploi, à la santé, au logement. Bref, la vie est plus dure pour un nombre de plus en plus grand de nos concitoyens et l’idée même du progrès s’est affaiblie, pour ne pas dire effacée. Dans le même temps, de nouveaux clivages ont fait ressurgir de nouvelles peurs. Les valeurs de la République sont devenues elles-mêmes plus discutées comme si elles étaient discutables à force de ne pas être effectives. Face à ces dérives, nous devons réaffirmer les missions de l’école, accompagner les parcours vers l’emploi, travailler à une plus grande mixité sociale, affirmer la laïcité comme règle de vie en commun, élargir le service civique, encourager la vie associative et la démocratie de participation.

***

Notre avenir à 10 ans dépend de nous. Du Gouvernement sûrement, de l’Etat nécessairement. Mais surtout de l’ensemble du pays. C’est cette liberté de faire, de créer, d’entreprendre que nous devons stimuler.

La définition d’une stratégie nationale présente donc plusieurs intérêts majeurs :

  • Montrer un chemin qui permet à notre pays d’avancer avec des repères et des indicateurs clairement identifiés ;
  • Engager des choix collectifs qui organisent les transitions majeures ;
  • Adapter nos politiques et nos instruments en fonction des objectifs fixés ;
  • Ouvrir une large concertation avec l’ensemble des forces vives.

La stratégie a 10 ans, est en ligne avec la priorité accordée à la jeunesse. Car c’est le temps long et la volonté de faire prévaloir l’avenir sur le seul présent qui donne du crédit à cette orientation générationnelle. Pour être menée à bien, cette stratégie exigera des financements importants. Le niveau de l’endettement public, comme celui des prélèvements obligatoires, sont des contraintes durables. Nous avons même le devoir de diminuer l’un et l’autre.

L’épargne des ménages, comme l’investissement des entreprises devront donc être largement sollicités. D’où l’importance de produits de placement de longue durée et de partenariats publics-privés équilibrés pour le financement de grands chantiers en matière d’urbanisme, de transports, de couverture du territoire en nouvelles technologies. De même, je souhaite que la France se porte candidate pour l’organisation de grands événements culturels et sportifs.

Notre réunion d’aujourd’hui est la première étape d’un processus qui se poursuivra, sous la responsabilité du Commissariat général, jusqu’à la fin de l’année et fera une large place à la consultation. Il commence avec le travail introductif de Jean PISANI-FERRY et le rapport de Anne LAUVERGEON. Il se conclura avec l’adoption par le Gouvernement de « la stratégie pour la France ».

« L’avenir n’est pas ce qui va arriver mais ce que nous allons faire », nous a enseigné BERGSON.

Bref, l’enjeu c’est de ne pas subir mais de choisir. C’est le sens de la démarche engagée aujourd’hui.

 

Repost 0
Published by radicalisme-finisterien - dans Politique Economie Social Gouvernement
commenter cet article
2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 08:44

Le PDG de l’Ifremer débarqué par le gouvernement

Nommé en mars 2005, renouvelé en mai 2010 pour un nouveau mandat de cinq ans, Jean-Yves Perrot a toujours eu des relations délicates avec les syndicats de l’institut. Il devrait être démis vendredi de ses fonctions en Conseil des ministres.

 

 

Jean-Yves Perrot, PDG de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), devrait être démis vendredi de ses fonctions en Conseil des ministres. L’information, révélée par l’agence d’informations spécialisées AEF, était confirmée vendredi soir au sein de l’Ifremer. Le nom du successeur de Jean-Yves Perrot – actuellement en congés – pourrait n’être connu qu’à la rentrée.

 

592166_0202931376979_web_tete.jpg
 

Nommé en mars 2005, renouvelé en mai 2010 pour un nouveau mandat de cinq ans, Jean-Yves Perrot a toujours eu des relations délicates avec les syndicats de l’institut. Ils reprochaient d’abord à cet énarque et conseiller maître à la Cour des comptes de ne pas être un scientifique, contrairement à son prédécesseur, Jean-François Minster (actuel directeur scientifique de Total). Un handicap selon eux, quand il s’agit d’arbitrer entre des projets de recherche scientifique en période budgétaire.

Les syndicats s’interrogeaient ensuite sur la compatibilité entre la fonction de Jean-Yves Perrot à la tête de l’Ifremer et son affichage politique. Directeur adjoint (1995-1997) du cabinet de Bernard Pons quand ce dernier était ministre de l’Equipement, directeur de cabinet (2002-2004) d’Hervé Gaymard, alors ministre de l’Agriculture et de la Pêche, Jean-Yves Perrot est, depuis 2001, maire UMP de Marly-le-Roi, dans les Yvelines.

Enfin, les syndicats dénonçaient depuis plusieurs années, selon AEF, son «caractère difficile» en termes de gestion des ressources humaines.

 

Partenaire des différents pôles de compétitivité.

 

Créé en 1984, doté d’un budget annuel de 214 millions d’euros et fort de 1.500 salariés (plus 334 chez l’armateur Genavir, qui gère sa flotte) répartis en 26 sites sur l’ensemble de la façade littorale de la France métropolitaine et en outre-mer, l’Ifremer est un établissement public à caractère industriel et commercial. Il est placé sous la double tutelle des ministères de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et de l’Ecologie.

Ses missions sont de trois ordres: connaître, évaluer et mettre en valeur les ressources des océans; améliorer les méthodes de surveillance, protection et mise en valeur du milieu marin et côtier; favoriser, enfin, le développement économique du monde maritime.

Pour assurer ces missions, l’Ifremer dispose notamment de 8 navires, d’un submersible habité et d’un robot télé-opéré capable de descendre à 6.000 mètres de profondeur.

Grâce à la vente de licences de certains de ses brevets à des industriels, l’Ifremer a donné naissance à plusieurs entreprises. L’institut est également partenaire des différents pôles de compétitivité liés aux problématiques de la mer et du littoral.

 

Par Claude Barjonet  | 01/08 | 20:30

Source les Echos.fr  

 

Veille  de la Commission Maritime, Agriculture, Ruralité, Evolution du PRG29 

Repost 0
Published by radicalisme-finisterien - dans Politique Ecologie
commenter cet article
1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 10:32

 interview de Manuel Valls dans le Nouvel Observateur: 

 

 

"L'islamophobie est le cheval de Troie des salafistes"

 


Créé le 31-07-2013 à 11h37 - Mis à jour à 16h31


http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20130731.OBS1612/manuel-valls-l-islamophobie-est-le-cheval-de-troie-des-salafistes.html

 

Le ministre de l'Intérieur préfère parler d'actes "anti-musulmans", le mot étant selon lui utilisé à mauvais escient par les fondamentalistes. Interview.

 

Comme le président de la République – et certaines associations vous en font le reproche –, vous parlez d'agressions "anti-musulmanes" et refusez d'utiliser le mot "islamophobes". Est-il tabou ?

- Je suis ministre de l'Intérieur, il ne m'appartient pas de réglementer l'usage d'un mot. Les mots ont un sens, et le terme suscite la polémique. Moi, je choisis ceux que j'emploie. L'important est de souligner une réalité : les actes racistes et xénophobes exercés à l'encontre de nos compatriotes musulmans ont augmenté de 28% depuis 2012 ! [de 31% selon cet observatoire, NDLR] Mais, derrière le mot "islamophobie", il faut voir ce qui se cache. Sa genèse montre qu'il a été forgé par les intégristes iraniens à la fin des années 1970 pour jeter l'opprobre sur les femmes qui se refusaient à porter le voile.
C'est au mot près l'argumentaire de l'essayiste Caroline Fourest, combattu par nombre de collectifs ou d'associations. Pour eux, pendant de l'antisémitisme, "[l']islamophobie" devrait être inscrite dans le discours public et dans la loi.

Je crois que Caroline Fourest et avec elle d'autres intellectuels ont raison. Evidemment, le terme étant entré dans le langage courant, certains parlent "[d']islamophobie" de bonne foi pour évoquer le racisme contre les arabo-musulmans. En revanche, d'autres, défenseurs d'un islam fondamentaliste –en particulier les salafistes – l'utilisent avec un objectif bien clair : empêcher toute critique de la religion et s'opposer aux principes de la République.
Un fondamentaliste vous dira que brûler une mosquée, caricaturer le prophète Mahomet ou contrôler dans le respect de la loi une femme portant le voile intégral, c'est la même chose. Pour eux, il s'agit d'actes "islamophobes". Je ne peux, moi, accepter cette tautologie.
Les sites djihadistes font exactement la même analyse. Ils veulent donner le sentiment que les musulmans, notamment dans nos banlieues, sont les victimes des lois de la République. On l'a bien vu récemment à Argenteuil et à Trappes, pour ne parler que de ces deux villes. Pour eux, une femme voilée intégralement est une victime non de l'obscurantisme intégriste, mais de l'institution républicaine qu'est la police ! Moi j'estime qu'il faut agir dans deux directions : combattre férocement ceux qui commettent des actes racistes à l'encontre des musulmans, et en même temps ceux qui s'en prennent aux institutions de la République. Pour les salafistes, "[l']islamophobie" est un cheval de Troie qui vise à déstabiliser le pacte républicain.

Observez-vous une montée du communautarisme ?

- Nous sommes devant un défi bien plus grave. Certaines villes sont des mosaïques où le mélange des cultures et des religions peut être un enrichissement. Mais malgré de gros efforts de rénovation urbaine, le ghetto est là. C'est le cas à Trappes comme à Argenteuil. Sur fond de crise économique, de misère, il existe une crise d'identité très profonde d'une partie de notre jeunesse. Preuve manifeste : le nombre significatif de convertis, dont une minorité se radicalise, et qui montre qu'une autre loi s'impose à des gens qui ne sont pas de culture musulmane.
A quoi s'ajoute une crise des institutions de l'islam de France, qui subit une pression très forte des salafistes.
A Argenteuil, les auteurs des agressions dénoncées par deux jeunes femmes voilées n'ont toujours pas été retrouvés. Leur comité de soutien et leurs proches estiment que la police est bien plus efficace lorsqu'il s'agit d'agressions contre des juifs…
La police et la justice font leur travail. Je ne peux pas accepter cette rhétorique malsaine. C'est une instrumentalisation par des intégristes. La victimisation par rapport aux juifs est une vieille techniqueantisémite. On dit alors que les juifs sont davantage protégés par les autorités que les musulmans. Un classique ! Cela dessert d'abord l'immense majorité de nos compatriotes de culture arabo-musulmane.
On revient là au débat sur "[l']islamophobie"… Les agresseurs de musulmans sont toujours recherchés et condamnés avec une grande détermination. A Orléans, un homme vient d'être condamné à deux ans de prison, dont six mois ferme, pour avoir roué de coups et insulté trois femmes au motif qu'elles étaient arabes et musulmanes. L'Etat est là et bien là pour protéger tous les citoyens.

Les mouvements islamistes radicaux exploitent-ils les agressions récentes contre des musulmans ?

- A l'évidence. C'est le cas de gens souvent connus de nos services et qui n'hésitent pas, comme à Argenteuil ou à Trappes, à se déplacer dans une ville dont ils ne sont pas originaires pour créer l'agitation. Il s'agit pour eux de conquérir des espaces et des esprits. On observe aussi des intérêts communs entre groupes radicaux, à l'extrême droite et dans une partie de l'extrême gauche que j'appellerai différencialiste, pour créer la confrontation.
A nous de tenir bon.

Etes-vous inquiet ?

- Oui. D'autant qu'il ne faut surtout pas confondre l'immense majorité de nos concitoyens musulmans avec des groupes radicaux qui sont à l'œuvre.
Ils en sont les premières victimes. C'est donc aussi aux musulmans de France de trouver la force de les combattre aux côtés des pouvoirs publics.

 


Propos recueillis par Agathe Logeart

Le Nouvel Observateur

Repost 0
Published by radicalisme-finisterien - dans Politique Gouvernement
commenter cet article
31 juillet 2013 3 31 /07 /juillet /2013 11:48

Cette hausse du moral des patrons

que le patron du Medef ne voit pas

 

Dans le blog des décodeurs du Monde.fr les auteurs cherchent à vérifier les vérités et contre-vérités des ténors de l'actualité. Ainsi en va-t-il pour  "Pierre Gattaz, élu le 3 juillet à la présidence du Medef, qui était l'invité vendredi 26 juillet de la matinale d'Europe 1. Répondant aux questions d'Alexandre Kara, il a réclamé le transfert des charges patronales sur "des taxes de type TVA ou CSG" et l’allègement du droit du travail. Nous avons vérifié quelques-unes de ses déclarations".

voir ici l'article :linkou ici : http://decodeurs.blog.lemonde.fr/2013/07/26/pierre-gattaz-ne-voit-pas-la-hausse-du-moral-des-patrons/

Repost 0
Published by radicalisme-finisterien - dans Politique Economie
commenter cet article
30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 15:30

Après les cadeaux du bouclier fiscal, les frais de remboursement des dons à l'UMP pour payer les dépenses de la campagne présidentielle du mari voici que la cour des comptes met en évidence que Carla Sarkozy s'est payée un site web, médiocre et dépassé, au frais de l'Etat, donc du contribuable. Une pétition circule pour réclamer à la dame le remboursement de 430.000 €, excusez du peu.

 

Le site "@rrêt sur images" revient sur ce sujet dans cet article en ligne.

 

Voir ci-après :

 

http://www.arretsurimages.net/  enquête 

Le 29/07/2013 

Par Laure Daussy

 

 

LE SITE DE LA FONDATION CARLA BRUNI,

FINANCÉ SUR FONDS PUBLICS ?

 

Des internautes demandent le remboursement de 410 000 euros.

 
C'est la polémique de l'été : la Cour des comptes a révélé que le site de la fondation Carla Bruni a coûté 410 000 euros, payés par l'Etat. Une pétition en ligne rassemble déjà plus de 78 000 signatures pour lui demander de rembourser. La Fondation explique que cet argent a servi en réalité à une autre version du site consacré aux activités de la première dame. Son avocat menace de porter plainte et assure que le site n'existe plus. Faux, explique le site Reflets.info, très en pointe sur la polémique.

 

La suite sur ce lien : link

ou ici : http://www.arretsurimages.net/articles/2013-07-29/Le-site-de-la-fondation-Carla-Bruni-finance-sur-fonds-publics-id6038

Repost 0
Published by radicalisme-finisterien - dans Politique Scandales-Affaires
commenter cet article
29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 13:12

Qui s'en souvient ?

 

Dès 1981, Michel Crépeau, auquel l'Assemblée Nationale a rendu récemment un émouvant hommage, défendait dans le cadre de la campagne présidentielle des choix novateurs.

Trente deux ans plus tard, faisons le constat que bien de ses visions et réalisations rochelaises sont établies.

Vibrant témoignage de l'intelligence de la réflexion, du bien fondé de la discussion et de la nécessité de valider les pincipes in situ.

Saurons-nous retrouver ces vertus cardinales.

 

 

Petit retour en arrière ici : link 

ou ici http://www.ina.fr/video/DVC81081862

 

Repost 0
Published by radicalisme-finisterien - dans Politique Actualités du PRG National Histoire
commenter cet article
29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 07:34

La transition par l'ESS.

Dans cette période d'incertitudes multiples l'action de réfléchir, imaginer, créer, proposer de nouvelles voies relèvent de l'utopie pour nombre de nos concitoyens. Et pourtant, "réduire l'utopie et lui imposer le joug du réel" pour reprendre les mots de Victor Hugo, et justement nécessaire. Dans le précédent post  de notre ami Benoît Biteau qui abordait les possibilités bien réelles de l'agriculture bio plus généralisée.

Aujourd'hui, nous reprenons, ci-après, un article de  Jérôme Gleizes sur  ce qu'il appelle la transition vers une Economie sociale et Solidaire, l'ESS. Si lui même considère que le gouvernement est en échec, constatons toutefois que ce même gouvernement prépare une démarche législative devant épauler cette ESS.  

C'est le sens du communiqué du Parti Radical de Gauche  suivant :

 

UNE LOI PIVOT 

POUR L'ENSEMBLE DE

L'ECONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE.

Il faut se réjouir de voir, conformément aux engagements du Président Hollande lors de la campagne électorale, le Projet de Loi sur l'Economie Sociale et Solidaire présenté par le Ministre Délégué Benoit Hamon inscrit à l'ordre du jour du Conseil des Ministres ce mercredi. Ce texte doit devenir une Loi pivot pour l'ensemble de l'Economie sociale et solidaire. L'inscription du Projet lors de la session parlementaire de rentrée au Sénat sera l'occasion d'un débat constructif autour du nécessaire développement de cette forme moderne et durable d'économie ; elle répond aux défis sociaux et environnementaux actuels comme aux besoins d'une gouvernance participative, démocratique des entreprises. 

 

Jérôme Gleizes     

La transition par l’ESS

Une société alternative peut se substituer à un État défaillant

La politique gouvernementale est un échec. (1) Pour autant, nous ne pouvons pas nous contenter d’attendre un changement de cap économique. Il est possible d’agir aujourd’hui à travers l’économie sociale et solidaire (ESS). Tout comme le mouvement ouvrier s’est substitué à un État absent au XIXe siècle, en créant des coopératives de production et de consommation et des mutuelles, et en développant un mouvement d’éducation populaire, il est possible aujourd’hui de basculer vers une société alternative se substituant à un État défaillant. Tout comme au XXe siècle, l’État a généralisé ces initiatives, il pourra en faire de même au XXIe. Tour d’horizon de ces possibilités.

Re-territorialiser la production, rapprocher consommateurs et producteurs

Seuls la proximité, les circuits courts et l’économie circulaire permettent de répondre à la crise d’accumulation, d’anticiper la pénurie de ressources naturelles et de réduire les gaz à effets de serre induits par le transport. FabLabs (2), Amap, recycleries, ressourceries : les structures productives se multiplient dans de nombreux secteurs agricoles et industriels. Nécessitant beaucoup du travail qualifié, elles sont à terme une alternative à la déqualification provoquée par la concurrence internationale. L’ESS est seule capable de mettre en œuvre une économie de la fonctionnalité où l’usage du bien prime sur sa propriété, nécessitant de créer du lien social et une économie de la réparation.

Modifier les rapports sociaux de production et de consommation

L’ESS, ce n’est pas uniquement produire autrement, c’est aussi organiser le travail différemment. Le principe d’une personne/une voix permet de démocratiser les relations productives, d’éviter la supériorité des actionnaires sur les salariés et son cortège de licenciement boursiers, de délocalisations, de ventes à la découpe. Les structures juridiques sont nombreuses comme les Scop, Scic, associations loi 1901, entreprises d’insertion par l’activité économique ou les anciennes mutuelles ou coopératives. Elles ne suffisent pas à une production soutenable comme le montrent certaines coopératives agricoles ou banques mutuelles, mais permettent des relations de travail moins inégales. En estompant les frontières entre production et consommation, elles créent une nouvelle citoyenneté.

S’émanciper des marchés financiers

Face à la crise, aux comportements prédateurs des milieux financiers, l’ESS constitue une alternative. Les monnaies locales complémentaires permettent de solvabiliser et de socialiser des activités qui ne sont pas actuellement financées. Elles permettent aussi de vitaliser des territoires et de faciliter le fonctionnement des Systèmes d’Échange Locaux (SEL). Elles sont complémentaires aux banques alternatives comme la NEF ou des systèmes d’épargne alternatifs (les Cigales). En rapprochant la monnaie de son usage, on interdit la spéculation et l’accumulation mortifère. (3)

De multiples structures existent. Elles ne sont pas de simples entités déconnectées. Elles peuvent être les prémices d’une véritable société de transition (4) car elles construisent la résilience au plus près des gens.

(1) Voir ma chronique précédente : Une politique économique irrationnelle

(2) « Le potentiel subversif des FabLabs comme mode de production » Ecorev’ n°37

(3) Bernard Maris et Gilles Dostaler, « Capitalisme et pulsion de mort : Freud et Keynes », Albin Michel (2009)

(4) http://villesentransition.net/

 

dossier suivi par la Commission Agriculture Maritime Ruralité Evolution du PRG 29

Repost 0
25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 09:22

Prix, sécurité alimentaire, qualité nutritive :

pour en finir avec les clichés sur le bio

Publié le 22-07-2013 à 14h33 - Modifié le 22-07-2013 à 17h47

17 réactions | 2514 lu

Avatar de Benoît Biteau

Par 
Paysan

LE PLUS. Le bio, une fausse bonne idée ? C'est la thèse exposée dans un article de novembre 2011 du Nouvel Obs. Après sa mise en ligne le 17 juillet 2013, Benoît Biteau, agriculteur bio, a souhaité y répondre. Il explique pourquoi le bio est à ses yeux le seul mode d'exploitation viable à long terme.
 

Édité par Johanna Jacquot Albrecht 

étiquetage "bio" rayon de supermarché, Paris, France, 05/12/2009 (MEIGNEUX/SIPA)

De plus en plus présent dans les rayons en supermarché, le bio est-il l'avenir de l'agriculture ? (MEIGNEUX/SIPA)

 

L'enjeu de la bio n'est pas seulement de produire sans pesticides pour préserver la santé et la biodiversité dans une approche extrêmement réductrice.

 

La bio est d'abord un modèle agronomique abouti qui permet de préserver biodiversité, équilibres, ressources (l'eau en particulier), la santé et le climat.

 

Ces pratiques agronomiques font de l'écologie, l'environnement, non plus une contrainte mais un atout. Elles permettent d'associer sur la même parcelle plusieurs productions, des cultures pérennes (des arbres et des arbustes) qu'on appelle agroforesterie, et des cultures qui se complètent (légumineuses et céréales) pour réussir à valoriser des ressources parfaitement gratuites et inépuisables comme l'azote atmosphérique, le carbone, la lumière, la vie du sol, l'eau, les auxiliaire de l'agriculture, etc...

 

C'est donc par ces pratiques que nous saurons préserver les capacités de la Terre (avec un grand T) et de la terre (avec un petit t) à produire demain et pour les générations futures de la nourriture, saine de surcroît !

 

Ce n'est pas 20% en 2020 (Grenelle de l'environnement) qu'il nous faut atteindre, mais 100% avant 2100, et pour ceux qui veulent continuer en agriculture chimique créer un label "AC" dans un triangle rouge pour que les consommateurs sachent qu'ils exposent leur santé et l'avenir de l'humanité sur cette planète !

 

Seul le bio peut (vraiment) lutter contre la faim dans le monde

 

Concernant la sécurité alimentaire, le modèle chimique, spécialisé, standardisé et homogénéisé, touche ses limites. Parce qu'il créé des déserts dans le sud où ces pratiques, sur des écosystèmes fragiles, tuent très rapidement la vie, alors qu'avec l'agroécologie on préserve la capacité de ces écosystèmes à produire. On reconquiert même des déserts provoqués par l'agriculture chimique avec une productivité multipliée par 4 et la possibilité de fixer les populations rurales avec le ventre plein, plutôt que des pousser vers les bidonvilles en périphérie des grandes villes où ils vont mourir de faim.

 

C'est juste un cercle vertueux !

 

C'est ce que moi j'appelle la souveraineté alimentaire. Comment, de toutes façons, le modèle chimique intensif dominant, extrêmement dépendant du pétrole, saura savoir produire quand cette ressource aura disparue.

 

L'échéance de 2050 est intéressante car elle concorde avec la fin annoncée de la ressource pétrolière.

 

Et ils veulent garantir la sécurité alimentaire, à cette échéance là, avec un modèle aussi dépendant d'une ressource qui sera épuisée : le pétrole !

 

Il faut 2,4 litres de pétrole pour fournir une unité d'azote, c'est à dire qu'en moyenne la dépendance par hectare au pétrole, juste pour la fertilisation azoté est de 500 litres ! C'est colossal ! Les gaz à effets de serre qui résultent de cette production détraquent le climat. Et l'agriculture, qui est elle-même responsable de 20% de ces gaz n'est plus en mesure de séquestrer sur ses terres le carbone qui en résulte, tant cette chimie a tué la vie qui le permettait.

 

C'est donc une agriculture qui accélère le changement climatique et qui, malgré les surfaces qu'elle occupe, ne s’attelle pas à le limiter. C'est juste incohérent, du sabordage de première, d'autant plus que l'alternative, vertueuse de surcroît, existe ! Mais elle s'affranchit des firmes semencières, agroalimentaires et phytosanitaires, et c'est là que la bas blesse, mais aurons-nous le choix ?

 

Fonctionner en autonomie quasi-complète, c'est possible

 

Concernant les recours aux phosphates en bio, les arguments avancés sont juste démagogiques.

 

L'épuisement de ces ressources minérales est provoqué par le modèle conventionnel et dominant trop éloigné de l'agronomie pour s'en affranchir et qui en a fait et en fait un usage irresponsable. L'usage de ces phosphates en bio est une hérésie !

 

Quand on pratique la bio, on pratique d'abord l'agronomie et donc la complémentarité des productions. Sur le sujet des phosphates, un agriculteur bio qui a construit son modèle sur la complémentarité entre élevage et productions végétales est globalement autonome. En particulier sur le phosphate, il n'a pas besoin d'avoir recours à une ressource extérieure.

 

Sur ma ferme, excepté pour le carburant et l'achat de matériel, je suis en complète autonomie, je n'achète rien d'autre à l'extérieur que des prestations (épandage de compost, fenaison, mécanique) et s'il y a bien une ressource qui ne me fait pas défaut, c'est bien le phosphate !

 

Si, mon blé bio est meilleur

 

Concernant l'intérêt du bio pour le blé, le pain, les œufs, au-delà de l'approche globale développée ci-dessus, je ne suis pas d'accord non plus avec l'analyse qui présente les produits bio comme étant de moins bonne facture.

 

L'exemple des protéines est mensonger. Si on construit son modèle bio très en amont, on se penche sur le matériel génétique adapté, et donc on bâtit le modèle dans l'anticipation. Avec les variétés de blé panifiable que j'utilise, les taux de protéine de mes blés dépassent les 16 % ! Ce que les conventionnels ne savent pas faire !

 

C'est possible parce que j'utilise un écotype local que j'ai sélectionné dans cet objectif et que j'installe des blés derrière des luzernes qui me fournissent l'azote nécessaire pour booster le taux de protéines. Approche global et agronomie !

 

La culture intensive coûte une fortune

 

Sur le prix des produits bio, là on est en plein dans le sujet politique.

 

D'abord, combien intègrent le prix des "coûts externalisés" dans la comparaison économique ? Il faut, par exemple, 54 milliards d'euros pour dépolluer les ressources en eau souillées par les pollutions agricoles (et seulement agricoles) engendrées par un modèle agricole soutenu en amont, par 10 milliards d'euros d'aides via la PAC en France.

 

Les volumes d'argent public pour "réparer" la santé, la biodiversité, le climat, sont difficiles à évaluer mais sont toutes nettement supérieures à ces 54 milliards d'euros.

 

Quel politique, quel décideur, aura le courage, l'audace d'utiliser les 10 milliards d'euros de la PAC pour soutenir le modèle qui nous permettra de faire l'économie de ces coûts externalisés, les 54 milliards d'euros et les autres, supportés par les citoyens contribuables, dans une période où l'argent public se fait rare ?

 

Alors quand on parle de produits bios "chers", parlons de tout, parce qu'aujourd'hui l'argent de la PAC va vers le modèle "chimique" qui coûte très cher en aval, et sur ma ferme, faire le choix du bio, toutes aides confondues, ça a été d'abord accepter renoncer à 10% des aides par rapport à ce que percevait mon père dans son modèle très intensifié !

 

Enfin lorsqu'on parle de nourrir le monde en 2050, il faut arrêter de jouer avec les peurs. À la lumière de ce que je viens de développer, se rendre compte que le modèle dominant qui affame déjà 1 milliard de personnes sur les 7 milliards (alors que la production mondiale agricole pourrait nourrir 12 milliards d'humains si elle était bien répartie) ne saura pas nourrir 9 milliards d'humains en 2050, et que seul un modèle agronomique abouti, à savoir l'agrobiologie, saura le faire.

 

Olivier de Schutter, rapporteur spécial pour l'alimentation et l'agriculture, s'appuyant sur une étude de 7 ans, conduite conjointement par 144 équipes de recherche réparties dans le monde entier, l'affirme et l'étaye avec des arguments, des données chiffrées et des propositions vérifiées et vérifiables. Et pour continuer de s'en convaincre, il suffit de lire "Destruction massive" de Jean Ziegler ou "Famine au Sud, malbouffe au Nord, comment le bio peut nous sauver !" de Marc Dufumier.

Repost 0
16 juillet 2013 2 16 /07 /juillet /2013 12:02

Le blog du PRG se met en vacances pour quelques semaines.

 

2013

 

"soleil, farniente, gâteries culinaires et gastronomiques pour tous"

 

 

Repost 0