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4 juillet 2015 6 04 /07 /juillet /2015 13:53

Le manque de discernement de la commission, des dirigeants européens face à la situation grecque appelle notre attention sur la nécessaire vigilance que nous devons avoir vis à vis des élus et l'exigence d'un véritable fonctionnement démocratique de l'Union Européenne.

 

Soutien au peuple Grec

"Le Parti Radical de Gauche du Finistère s'appuyant sur ses valeurs républicaines et démocratiques, tient à exprimer son soutien au peuple grec.

Rappelons que la Grèce a hérité d'une situation créée, à l'origine, par des actions de tromperies frauduleuses de responsables grecs avec la complicité de la finance mondiale et spéculative, le FMI ainsi que la commission européenne tandis que le nouveau gouvernement grec s'efforce de gérer solidairement tout en assurant le respect des échanges démocratiques.

C'est une leçon pour l'Europe entière, qui rend caduque les schémas technocratiques et les médiocres compromis. Nous devons faire des choix en faveur de nouveaux progrès sociaux, environnementaux, civiques et non plus seulement économiques et financiers.

L’Europe des technocrates, des lobbies financiers et de responsables politiques aux ordres ont failli et mettent en danger l'existence de l'Europe en faisant preuve d'aveuglement et de mauvaise foi impossible à camoufler aux millions d'électeurs européens.

Désormais l'Europe doit être celle des citoyens.

Aucun projet ne pourra plus s’abstraire de cette donnée et doit en faire un espace permanent de dialogues et un terreau pour de nouvelles évolutions démocratiques et, sans nul doute, républicaine.

Exigeons une union solidaire et fraternelle. "

PRG29

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13 juin 2015 6 13 /06 /juin /2015 12:39

Barack Obama vient d'essuyer un revers sur l'extension de ses capacités à poursuivre, étendre et accélérer les négociations sur le libre échange entre l'Asie et l'Amérique? Par ailieurs, le blocage est venu de son propre camp. Les Démocrates sont inquiets des dérives qui sourdent de ces négociations et qui remettent en cause la capacité de l'Etat US à se protéger.

On trouvera dans le Monde Diplomatique français (le magazine le plus lu dans le monde au passage) un dossier utile sur le sujet des négociations secrètes des néo-libéraux-conservateurs menées aussi bien en Europe qu'aux USA.

De même le blog de Virginie Rozières - eurodéputée radicale de gauche, propose un suivi régulier sur sa page Twitter (https://twitter.com/VRoziere) des actions entreprises au Parlement Européen pour contrer les errements de la Commission dans ce domaine.

Jean-Pierre Bernard

PRG29

voir le lien ici : http://http://www.monde-diplomatique.fr/dossier/GMT

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11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 14:44

President du PRG

Le président du Parti Radical de Gauche Jean-Michel Baylet s'est rendu à Rennes le 10 juin 2015, il venait rencontrer les fédérations radicales de gauche des départements bretons. Il en a profité pour annoncer qu'il se représenterait à la présidence du parti radical de gauche à l'occasion du prochain congrès qui se tiendra à Montpellier à la mi-septembre. Il a pris sa décision compte tenu dit-il " de la situation politique".

En ce qui concerne les régionales, les radicaux de gauche ne seront pas nombreux sur la liste PS, toutefois une Vice-présidence et un élu conseiller éligible sont prévus. Les radicaux de gauche du Finistère sont "invités" à présenter une "personnalité qualifiée" et non pas un radical pur beurre.

On s'interroge sur les dérives de la politique d'aujourd'hui. En effet pour être élu, il faut être une personnalité, on doit être qualifié, mais on ne doit pas être affilié à un parti. A quoi servent les partis politiques ? A quoi sert l'engagement politique?

Drôle de monde chez les socialistes.

Erwann MARIE

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3 mai 2015 7 03 /05 /mai /2015 08:23

Un article éclairant, édifiant, sur ce que devient l'Europe. De plus en plus de citoyens s'en rendent compte, inconsciemment ou non, cela explique pour une grand part: le rejet de l'Europe, l'écho favorable renvoyé aux thèses frontistes, la "décrédibilisation" du gouvernement, la mise en retrait progressive des citoyens. Le jour ou des violences se feront jour contre les "missi dominici" européens, ce processus s'accélèrera et sera difficilement contenu même dans la contre violence. L'Europe, l'idée d'Europe est en danger. L'Europe de Bruxelles - aujourd'hui - n'a plus de crédibilité, seul le parlement présente encore quelque espoir, mais si ténu...

Erwann MARIE

PRG29

La raison délirante de l’Europe, un nouveau fascisme mou ?

LAURENT DE SUTTER PROFESSEUR DE THÉORIE DU DROIT, À LA VRIJE UNIVERSITEIT DE BRUXELLES ET DIRECTEUR DE LA COLLECTION «PERSPECTIVES CRITIQUES» AUX PRESSES UNIVERSITAIRES DE FRANCE 10 FÉVRIER 2015 À 18:26

TRIBUNE.

Il est temps d’ouvrir les yeux : les autorités qui se trouvent à la tête de l’Europe incarnent un fascisme nouveau. Ce fascisme, ce n’est plus celui, manifeste et assumé, qui a fait du XXe siècle l’un des grands siècles de la laideur politique ; il s’agit plutôt d’un fascisme mou et retors, dissimulant ses intentions mauvaises derrière un langage qui se voudrait de raison. Mais la raison que manifestent tous ceux qui, aujourd’hui, se trouvent forcés de discuter avec le Premier ministre grec, Aléxis Tsípras, est en réalité une raison délirante. Elle l’est sur plusieurs plans.

Premièrement, la raison européenne est délirante sur le plan politique : chaque nouveau geste posé par les autorités de l’Europe (ainsi, en dernier lieu, celui du directeur de la Banque centrale, Mario Draghi) affiche davantage le mépris des principes sur lesquels elle se prétend fondée par ailleurs. En proclamant que les traités européens sont soustraits à tout vote démocratique, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, ne l’avait pas caché : la démocratie, en Europe, n’est qu’un mot vide. Qu’il ait pointé une réalité juridique (il est vrai que les traités sont négociés entre Etats et non entre populations) n’empêchait pas moins qu’il s’agissait là d’une déclaration de renégat. Non, l’Europe ne vous appartient pas, peuples d’Europe - pas plus qu’elle n’appartient aux gouvernements que vous avez élus, si ceux-ci ne marchent pas au rythme que nous souhaitons lui voir adopter. Tel était le message que Juncker souhaitait faire passer - et qui a été entendu.

Deuxièmement, la raison européenne est délirante du point de vue économique : ce que les autorités européennes sont en train de réaliser, c’est tout simplement la ruine d’un continent entier. Ou, plutôt : la ruine de la population d’un continent entier - à l’heure où la richesse globale de l’Europe, en tant qu’entité économique, ne cesse de croître. Les autorités économiques européennes, en tentant de tuer dans l’œuf le programme grec, pourtant d’une impeccable rationalité économique, de Yánis Varoufákis, le disent là aussi sans ambages. Ce qui les intéresse, c’est la perpétuation d’un statu quo financier permettant au capitalisme, dans son caractère le plus désincarné et le plus maniaque, de continuer à produire une richesse abstraite. Il n’est pas important que la richesse en Europe profite aux personnes ; en revanche, il est d’une importance croissante qu’elle puisse continuer à circuler - et toujours davantage. Pourtant, qu’en déséquilibrant de manière aussi radicale le système économique européen, les autorités en question risquent d’aboutir à la destruction du système capitaliste lui-même, comme ne cessent de le souligner les analystes financiers, ne leur traverse même pas l’esprit. Car, au bout du compte, il ne s’agit pas vraiment de capitalisme, ni même d’économie ; il s’agit de pouvoir, et de sa pure imposition.

Troisièmement, la raison européenne est délirante du point de vue de la raison elle-même. Derrière les différents appels au «raisonnable», que le nouveau gouvernement grec devrait adopter, se dissimule en réalité la soumission à la folie la plus complète. Car la raison à laquelle se réfèrent les politiciens européens (par exemple, pour justifier les mesures d’austérité débiles qu’ils imposent à leur population) repose sur un ensemble d’axiomes pouvant tout aussi bien définir la folie. Ces axiomes sont, tout d’abord, le refus du principe de réalité - le fait que la raison des autorités européennes tourne dans le vide, sans contact aucun avec ce qui peut se produire dans le monde concret. C’est, ensuite, le refus du principe de consistance - le fait que les arguments utilisés pour fonder leurs décisions sont toujours des arguments qui ne tiennent pas debout, et sont précisément avancées pour cela (voir, à nouveau, l’exemple de l’austérité, présentée comme rationnelle du point de vue économique alors que tout le monde sait que ce n’est pas le cas). C’est, enfin, le refus du principe de contradiction - le fait que l’on puisse remonter aux fondements mêmes des décisions qui sont prises, et les discuter, possibilité suscitant aussitôt des réactions hystériques de la part des autorités.

Ce délire généralisé, que manifestent les autorités européennes, doit être interrogé. Pourquoi se déploie-t-il de manière si impudique sous nos yeux ? Pourquoi continue-t-il à faire semblant de se trouver des raisons, lorsque ces raisons n’ont plus aucun sens - ne sont que des mots vides, des slogans creux et des logiques inconsistantes ? La réponse est simple : il s’agit bien de fascisme. Il s’agit de se donner une couverture idéologique de pure convention, un discours auquel on fait semblant d’adhérer, pour, en vérité, réaliser une autre opération. Comme je l’ai suggéré plus haut, cette autre opération est une opération d’ordre : il s’agit de s’assurer de la domestication toujours plus dure des populations européennes - de ce qu’elles ne réagiront pas aux mesures de plus en plus violentes prises à leur encontre. Des gouvernements qui se prétendent démocratiques ont été élus par les différentes populations européennes - mais ce sont des gouvernements dont le programme caché est tout le contraire : ce sont des gouvernements qui souhaitent la fin de la démocratie, car la démocratie ne les arrange pas. Tout le reste n’est que prétexte. Or, ce que le nouveau gouvernement grec tente de réaliser, c’est réintroduire un peu de réalisme au milieu de l’invraisemblable délire politique, économique et rationnel dans lequel baigne l’Europe - donc un peu de démocratie. Mais, ce faisant, il rend apparent l’ampleur de la crapulerie régnant dans les autres pays du continent - et, cela, on ne le lui pardonnera pas.

Laurent de SUTTER Professeur de théorie du droit, à la Vrije Universiteit de Bruxelles et directeur de la collection «Perspectives critiques» aux Presses universitaires de France

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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 12:23

Primaire à l'UMP :

« Nicolas Sarkozy a beaucoup à perdre »

 

Au dela de l'interrogation du bien fondé de la primaire de 2011 à laquelle le PRG a participé en la personne de Jean-Michel Baylet et pour laquelle on peut répondre que, à l'époque, cela s'est révélée être une bonne option pour la notoriété du Parti, on peut aujourd'hui s'interroger sur la période à venir.

La gauche n'est pas dans le même état, les fractures sont plus fortes et plus profondes. Les sondages d'appréciation de l'action gouvernementale illustrent tout de même un important  désamour des citoyens vis à vis  du gouvernement et de la Gauche, les élections successives venant confirmer  ces études sondagières.

Il n'y aura probablement qu'une primaire Socialiste, car quel intérêt le PRG aurait-il à s'y impliquer cette fois-ci.

Le phénomène d'abstention s'est encore amplifié. Les citoyens ont vecu une expérience de primaire, ils n'auront rien à découvrir. De plus ils sont en capacité d'en mesurer les effets. Reste que tout est possible comme manipuler le déroulement comme certains le craignent à l'UMP par exemple.  Après tout et à titre d'anecdote, Sarkozy si l'on en croit certains sites (par exemple Voltairenet.org du réseau Voltaire) avait, avec l'aide de la CIA, fait rentrer des milliers de jeunes lambertistes  ou proches au PS pour torpiller la désignation de Fabius face à Ségolène Royal. On sait ce qu'il advint.

Le prochain congrès du PRG qui se tiendra à Montpellier choisira-t-il de reconduire l'expérience, si oui dans quel but ? Si non, il faudra décider ou non de partir sous nos propres couleurs et pourquoi pas.

Pour l'UMP, le choix de la primaire est fait mais des incertitudes demeurent. Ellen Salvi de Médiapart fait le point avec le chercheur Rémi Lefbvre.

JP Bernard PRG29

 

MEDIAPART.fr - 13 AVRIL 2015 |  PAR ELLEN SALVI

Depuis le succès de la primaire PS de 2011, ce mode de désignation fait consensus. À tel point que l’UMP, où la culture du chef s’est toujours imposée, s’y est convertie. Que dit la généralisation de ce scrutin de notre système politique ? Entretien avec le chercheur Rémi Lefebvre.

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Rémi Lefebvre.

A droite, c’est une petite révolution. En réglant son pas sur le pas des socialistes qui avaient organisé avec succès une primaire ouverte pour désigner leur candidat à l’élection présidentielle de 2012, l’UMP rompt avec son histoire et ses traditions. Dans un parti où la culture du chef s’est toujours imposée au détriment du débat et de la démocratie interne, l’adoption de ce nouveau mode de désignation est une bizarrerie. Pourtant, à quelques exceptions près, il fait désormais consensus.

Dans le concert de louanges qui suivit la primaire PS de 2011, Rémi Lefebvre, professeur de sciences politiques à l’université de Lille, fit entendre une voix plus critique. Son livre Primaires socialistes – La Fin du parti militant (Raisons d’Agir Éditions) était une analyse aiguë du système de la primaire et de ses conséquences à long terme : dévitalisation des partis, abaissement du débat politique, suprématie des sondages et de la personnalisation, reconnaissance béate du présidentialisme induit par la Ve République.

Quatre ans plus tard, le chercheur s’est de nouveau penché sur le sujet pour tâcher de comprendre les « effets de mimétisme » et les « logiques endogènes » qui ont poussé l’UMP à se convertir à ce mode de désignation. Mais aussi pour savoir ce que la généralisation de ce type de scrutin dit de notre système politique. S’il reconnaît que la droite « comble son retard démocratique », Lefebvre reste très critique quant aux effets de la primaire qui « civilise, selon lui, le système d’ultra-personnalisation et d’ultra-présidentialisation, tout en le légitimant et en le renforçant ».

Des effets qui pourraient également avoir de graves conséquences en interne, notamment en raison de la présence d’un ancien président dans la course. Car contrairement au PS, la droite n’a pas « l’habitude de débattre en se ménageant ». « Rien ne dit que la primaire UMP ne tournera pas à la catastrophe, poursuit le chercheur. Nicolas Sarkozy a beaucoup à perdre.Si ça ne se passe pas comme il le souhaite, s’il dévisse, s’il est rattrapé par les affaires judiciaires, n’aura-t-il pas intérêt à torpiller le scrutin ? »

En 2011, vous livriez une analyse très critique du système de la primaire PS. Or, vous reconnaissez aujourd’hui que l’UMP « comble son retard démocratique » en adoptant à son tour ce mode de désignation. En quoi est-ce différent ?

La problématique des effets de la primaire à droite et à gauche n’est pas la même. La gauche a toujours eu besoin des partis politiques pour politiser la société, pour encadrer les milieux populaires. Aujourd’hui, les partis politiques de gauche ne sont plus des lieux de réflexion ou de mobilisation. Ce sont des ectoplasmes. La primaire participe de cette tendance-là, puisque désormais les débats ne se font plus dans les arènes politiques, mais se déplacent vers les médias. À l’UMP, le parti est une enveloppe, il offre un cadre pour exercer le pouvoir. Les dominants sociaux dont fait partie la droite ont moins besoin des partis politiques, ils ont d’autres ressources : le financement des forces économiques, les groupes d’intérêts, des personnalités influentes, etc.

La culture partisane de l’UMP est très différente de celle du PS. C’est davantage un parti d’adhérents que de militants. Il n’y a pas vraiment de tradition de souveraineté militante, de démocratie interne. C’est d’ailleurs ce que reconnaissait Jean-François Copé durant la primaire pour les municipales de Paris lorsqu’il disait : « Nous apprenons la démocratie. » La règle selon laquelle les adhérents désignent le candidat à l’élection présidentielle est récente à l’UMP, elle date de 2005. On ne peut donc pas vraiment dire que la primaire leur retire un pouvoir. Le parti a un train de retard sur cette question. Il tente en ce moment de le rattraper en changeant ses statuts et en faisant par exemple en sorte que les présidents de fédérations départementales soient désormais élus au suffrage direct des militants.

Enfin, le problème de l’acceptation de la personnalisation ne se pose pas non plus dans les mêmes termes à droite et à gauche. Contrairement à l’UMP, le PS avait jusqu’à aujourd’hui une culture parlementaire qui refusait la personnalisation de la vie politique et donc, la présidentialisation. Ça n’a jamais été le cas à droite, où la culture du chef est beaucoup plus prégnante. Si je parle de “retard démocratique comblé”, c’est parce que médiatiquement, la primaire est apparue comme une procédure démocratique (que ce soit discutable est une autre histoire). Cette réalité s’est imposée à la droite.

Pour quelle raison la primaire s’est-elle généralisée ? 

C’est une tendance qui traverse plein de partis et pas seulement en France, mais aussi aux États-Unis, en Italie, en Australie, au Québec… Il y a une lame de fond. Les partis sont tellement discrédités, leur base militante s’est tellement rétrécie, qu’il est désormais impossible de mettre en cause une procédure qui ouvre la désignation au-delà des militants. La primaire est un moyen de relégitimer les partis et, en ce sens, elle s’est imposée dans les esprits comme un gain démocratique.

Après la primaire PS de 2011, célébrée par tous comme « une fête démocratique », l’UMP a en quelque sorte reçu l’injonction de se soumettre à ce modèle. Personne ne conteste le principe et pourtant, c’est avant tout un aveu d’impuissance. Si les partis politiques étaient représentatifs, s’ils fonctionnaient, ils n’auraient pas recours à ce mode de désignation. L’origine de la primaire au PS, c’est le congrès de Reims. À l’UMP, c’est la catastrophe du duel Fillon-Copé. Dans les deux cas, c’est l’incapacité à organiser de manière honnête et fiable les votes internes, qui explique d’un certain point de vue l’externalisation.

Que dit le recours à la primaire de notre système politique ?

Que nous sommes incapables de penser la politique hors de la personnalisation. Après le quinquennat et l’inversion du calendrier électoral, la primaire est un verrou de plus dans la présidentialisation. La victoire de François Hollande a lancé une dynamique. C’est parce qu’il a gagné, en partie grâce à ce mode de désignation, qu’il y a eu un tel engouement. Les dirigeants de l’UMP réfléchissent en termes d’efficacité et pour eux, il est clair que la primaire socialiste a été efficace. Elle a tranché le débat, créé une règle et offert une large médiatisation. Cela les a beaucoup frappés et ils ont voulu s’en inspirer.

Le principe s’inscrit dans une logique d’émulation démocratique. Il y a un phénomène de mimétisme qui est lié à une symétrie de position entre l’UMP et le PS dans le système politique. En tant que partis dominants à gauche et à droite, capables de produire un président de la République, ils s’observent, ils s’imitent. On l’a vu ces dernières années. Quand Nicolas Sarkozy fait énormément d’adhésions avant 2007, le PS riposte en instaurant le système des adhérents à 20 euros.

L’UMP et le PS sont soumis aux mêmes règles et ils vivent au même rythme pouvoir/opposition. Ce rythme produit des effets extrêmement puissants. Avant l’inversion du calendrier électoral, il y avait un rythme parlementaire et un rythme présidentiel. Désormais, c’est le tempo présidentiel qui est dominant. Quand il est au pouvoir, le parti n’existe plus ou entre en léthargie. Et quand il est dans l’opposition, il ne pense qu’à une seule chose : le leadership et donc, la production de ce leadership.

À cela s’ajoutent la médiatisation et le poids des sondages qui exacerbent la concurrence. La primaire apparaît alors comme un outil de régulation de cette compétition effrénée. Elle civilise le système d’ultra-personnalisation et d’ultra-présidentialisation, tout en le légitimant et en le renforçant. Les médias et les instituts de sondages adorent ce mode de désignation. C’est un feuilleton et un marché de plus pour eux.

 

En s’imitant de la sorte, le PS et l’UMP ne risquent-ils pas de donner au FN de quoi nourrir le fantasme de l’“UMPS” ?

L’“UMPS”, c’est plutôt l’homogénéisation des contenus idéologiques. Mais la convergence des règles du jeu de la compétition politique peut aussi accréditer l’idée que les pratiques politiques sont les mêmes partout, que les partis fonctionnent de manière identique. Ceci étant, l’émergence du tripartisme rend d’autant plus impérieuse la question de la primaire, puisque désormais, il faut absolument rassembler son camp pour éviter d’être éliminé au premier tour. D’où la volonté des dirigeants de l’UMP d’inclure les centristes dans le processus.

La problématique n’est pas la même au PS puisqu’il est inenvisageable de faire une primaire de coalition de l’ensemble des forces de gauche. Le Front de gauche n’acceptera jamais. Le calcul de Mélenchon, c’est justement de passer devant le PS au premier tour de la présidentielle pour reconfigurer le jeu politique. C’est aussi la stratégie qu’adopte François Bayrou depuis plusieurs années. On voit que toutes les forces politiques se sont calées sur le tempo présidentiel. C’est une cage de fer et la primaire la renforce.

Nicolas Sarkozy avait-il raison quand il déclarait en 2011 que la primaire était contraire au gaullisme et à l’“esprit” de la Ve République ?

Le débat qui a traversé la droite est un peu spéculatif. Certains disent que De Gaulle était contre les partis et que la primaire, c’est partisan. On pourrait tout au contraire arguer que ce mode de désignation, parce qu’il élargi au-delà des militants, est moins partisan qu’une sélection classique par l’appareil. L’invocation de l’orthodoxie gaulliste est plastique. On peut lui faire dire un peu n’importe quoi.

La Ve République a été construite par De Gaulle contre les partis, mais dans l’histoire institutionnelle française, c’est le régime où les partis ont le plus de pouvoir, notamment grâce à l’élection présidentielle qui est devenue une affaire de partis. Mitterrand, Chirac, Sarkozy… Tous les présidents de Ve se sont appuyés sur un parti pour être élus. Il est impossible d’être candidat à l’élection présidentielle si l'on n’a pas un grand parti derrière soi. 

La primaire remet-elle en cause ce régime des partis ?

Non, car les primaires arbitrent entre des candidats issus du parti et les ressources liées à l’occupation des positions dans le parti n’ont pas disparu, loin s’en faut. Comme disait Olivier Ferrand (fondateur du think tank Terra-Nova et artisan de la primaire PS – ndlr), l’organisation logistique de la primaire est un problème politique. Nicolas Sarkozy pensait reprendre l’UMP pour supprimer ce scrutin. Il n’a pas réussi, mais il lui reste encore un pouvoir : celui d’être président du parti qui l’organisera. C’est une ressource considérable.

Pour lui qui a tout intérêt à ce que le corps électoral de la primaire soit resserré et que seul le noyau qui lui est acquis se déplace, la question des bureaux de vote est essentielle. Si c’est compliqué d’aller voter, si les gens ne savent pas où il faut aller, il y aura moins de votants. L’UMP veut mettre en place 10 000 bureaux de vote, mais en sera-t-elle capable ? Elle n’a pas la même force organisationnelle que le PS qui est structuré en sections.

Ceci étant, la primaire reste un obstacle dont Nicolas Sarkozy pensait pouvoir se passer. À droite, les règles du jeu ont toujours été très labiles. Pendant longtemps, les statuts n’étaient pas respectés, mais depuis quelques mois, le parti veut durcir sa culture statutaire. Ils ont fait appel à une juriste (Anne Levade – ndlr), alors qu’avant, il n’y en avait pas. En s’arc-boutant sur les statuts, les promoteurs de la primaire ont cassé la logique de l’autorité naturelle du chef.

C’est donc bel et bien la fin de l’“homme providentiel” à droite ?

Contrairement à ce que voudraient faire croire certains, le leadership n’a jamais été naturel à droite. Sarkozy n’a pas imposé naturellement son leadership entre 2002 et 2007, il l’a construit. La primaire est simplement un nouveau mode de production de leadership pour résoudre le problème d’une droite qui a toujours été divisée. Le sujet a d’ailleurs émergé dès le début des années 90, quand la droite avait deux partis : le RPR et l’UDF.

La première grande tentative d’expérience de la primaire, c’est la droite qui l’a portée. Après les deux défaites de 1981 et 1988, Charles Pasqua avait réfléchi à une loi constitutionnelle pour éviter deux candidatures au premier tour. Le problème, c’était la définition du corps électoral. Comme le RPR était structurellement plus puissant que l’UDF, l’UDF était très méfiant. Le projet a été abandonné. On retrouve un petit peu ça aujourd’hui avec l’UDI. Les partis centristes sont des partis de cadres, de notables, où il y a moins d’adhérents. Ils risquent d’être complètement dilués dans la primaire.

Quel peut être, dans ce cas, l’intérêt des centristes et plus largement des “petits candidats” à participer à ce scrutin ?

Les centristes vont évidemment négocier leur participation. Quant aux autres, c’est un moyen d’exister. Aujourd’hui, pour faire carrière en politique, il faut sortir du lot. Or, la primaire est un formidable outil d’accumulation de capital médiatique et de visibilité pour les outsiders, elle témoigne de ce qu’on appelle en sciences politiques “l’individualisation du capital politique”. On l’a vu avec Valls et Montebourg en 2011. Et cela joue beaucoup à l’UMP. Xavier Bertrand, Nathalie Kosciusko-Morizet, Laurent Wauquiez… Leur poids dans la vie politique est lié à leur notoriété et ils savent que la primaire est un moyen d’accroître celle-ci. Les primaires témoignent d’une forme de décollectivisation de la vie politique.

Mais ce mode de désignation ne risque-t-il pas d’accroître également les divisions qui gangrènent déjà la droite ?

Rien ne dit que la primaire UMP ne tournera pas à la catastrophe. Le PS a l’habitude de débattre en se ménageant. Ce qui a beaucoup joué dans le succès démocratique de la primaire de 2011, c’est qu’ils étaient obligés de gagner. Après trois défaites, ils ne pouvaient pas se permettre de trop se taper dessus. Les débats ont donc été civilisés et il y a eu une vraie polyphonie idéologique, de Valls à Montebourg.

À droite, il y a Nicolas Sarkozy, ancien président de la République. Se soumettre à la primaire est extrêmement déclassant pour lui. Il a beaucoup à perdre. Si ça ne se passe pas comme il le souhaite, s’il dévisse, s’il est rattrapé par les affaires judiciaires, n’aura-t-il pas intérêt à torpiller le scrutin ? À l’UMP, certains ont peur qu’il tape comme un fou sur les autres, en suivant la logique du “si ce n’est pas moi, ce ne sera pas vous non plus”.

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 09:24

Les déclarations de Manuel Valls au soir  du premier tour laissent plus que dubitatif. Dans l'article, ci-après, du rédacteur en chef du magazine Politis Denis Sieffert, on perçoit bien l'aspect artificiel des déclarations du Premier Ministre qui semble chercher des raisons pour conforter ses positions et protéger l'executif du jugement des citoyens. A n'en pas douter il n'y arrive pas car la ficelle est grosse et ce n'est pas en adoptant une démarche de fuite en avant que l'on arrêtera la descente aux enfers de la gauche et la montée du FN qui joue à fond la carte de la démagogie et des mensonges avec succès, malheureusement.

Erwan Marie

PRG29.

 

À quoi sert le Front national ?

 

jeudi 26 mars 2015, par Denis Sieffert  -  article paru dans Politis.fr ici :     link   

 

 

On a suffisamment glosé sur la porosité de la droite aux idées du FN pour éviter de prendre pour une grande victoire les quelques points d’avance de l’UMP.

Il paraît qu’en apprenant les résultats des départementales, dimanche soir, Manuel Valls a allumé un cigare. Sans doute parce que le champagne n’était pas au frais. Mais, diantre, quelle victoire allait-il fêter en cette soirée électorale ? Il venait d’apprendre que son parti était éliminé dans plus de 500 cantons, qu’il avait perdu quatre points par rapport aux cantonales de 2011, qu’il était désormais devancé par la droite et l’extrême droite, et que, selon toute vraisemblance, une trentaine de départements allaient lui échapper dans une semaine. Pas vraiment de quoi griller un Cohiba ! Il n’a pas fallu attendre longtemps pour comprendre la raison d’un contentement non dissimulé. Quelques minutes après 20 heures, quand le Premier ministre s’est avancé devant micros et caméras, ce n’était pas en effet pour avouer un échec, en chercher les causes ou proposer des remèdes, mais bel et bien pour se flatter d’un succès : « Ce soir, a-t-il commenté, l’extrême droite, même si elle est trop haute, n’est pas la première formation politique de France. Je m’en félicite, parce que je me suis personnellement engagé. »

Elle était donc là la victoire de Manuel Valls ! Grâce à son implication dans la campagne, le tandem UMP-UDI devance le FN. Ce n’est peut-être pas un triomphe pour le Parti socialiste, mais tout de même ! Le « camp républicain » a résisté. Les considérations sur « le total des voix de la gauche » ne sont venues qu’après. À entendre ce discours, on s’est dit que le Front national – du moins, l’usage qui en est fait – n’est décidément pas inutile. Ne sert-il pas à gommer peu à peu l’opposition droite-gauche ? Comme si UMP et PS n’avaient plus besoin de se distinguer pourvu qu’ils parviennent à repousser les assauts de cet ennemi commun. À quoi bon se quereller entre « républicains » sur des vétilles économiques et sociales quand le péril est ailleurs. « Républicain », c’est évidemment le qualificatif du front que Manuel Valls appelle de ses vœux pour le second tour de ces départementales. Mais c’est aussi, dit-on, le nom que Nicolas Sarkozy va prochainement donner à l’UMP, à l’imitation de la droite américaine. Ainsi la confusion sera bientôt totale. Tant pis si l’UMP et le PS ne font plus qu’un, pourvu que le Front national soit terrassé. C’est en tout cas le message que le Premier ministre a voulu délivrer dimanche soir, dans la continuité de la campagne qu’il a menée depuis deux semaines. Bien entendu, ce n’est pas ici que l’on minimisera l’importance de la lutte contre le parti des Le Pen père et fille. Mais est-on bien sûr que le combat du Premier ministre, et avec lui de la direction du Parti socialiste, soit tellement efficace ?

Les résultats de dimanche devraient au moins semer le doute. Le FN gagne onze points par rapport aux cantonales de 2011. Il n’y aura bientôt plus en France un lopin de terre qui échappe à son influence. Et politiquement, il continue de diffuser son venin dans une bonne partie de la classe politique. Le « républicain » Sarkozy vient par exemple de relancer le débat sur l’interdiction du voile à l’université. Comme il vient d’approuver bruyamment son ami le maire UMP de Chalon-sur-Saône qui a supprimé le menu de substitution en cantine scolaire. Deux mesures directement inspirées du discours du Front national, et que condamne d’ailleurs Manuel Valls. On se souvient aussi, en 2012, des diatribes de Sarkozy contre les immigrés. Sans parler des débats sur l’identité nationale. Tout le monde a suffisamment glosé sur la porosité de la droite aux idées du FN pour éviter de prendre aujourd’hui pour une grande victoire « républicaine » les quelques points d’avance de l’UMP. Sans même parler du fameux « ni-ni ». Car si Manuel Valls montre une certaine complaisance à l’égard de la « droite républicaine », la réciproque n’est pas vraie. Au contraire, c’est bien à la gauche, fût-elle socialiste, que les dirigeants de l’UMP réservent leurs coups.

Conclusion : s’il s’agit vraiment de faire refluer la vague « bleu marine », la stratégie anti-FN de Manuel Valls est donc désastreuse. En revanche, elle n’est pas mauvaise s’il s’agit d’esquiver un débat de fond sur la politique économique et sociale du gouvernement. Mais, si nos concitoyens ont l’impression que la « stigmatisation » du Front national par le Premier ministre relève de la manœuvre politicienne, l’effet ne peut être que paradoxal. Crier « le fascisme ne passera pas ! » est une bonne chose. À condition qu’on ne l’alimente pas en même temps en verrouillant tous les débats sur une alternative économique, et qu’on ne justifie pas le slogan lepéniste « UMPS », fût-ce en le labellisant « républicain ». Autrement dit, le plus efficace serait sans aucun doute de parler un peu moins du Front national et de remobiliser les abstentionnistes sur une vraie politique de gauche. Mais il y a belle lurette que cette idée n’effleure plus l’esprit du Premier ministre ! Marine Le Pen n’a donc pas grand-chose à craindre de ce côté-là. Elle a plus à redouter d’un Nicolas Sarkozy, qui n’est pour elle ni un ennemi ni un adversaire, mais un concurrent. Ce qui n’est pas la même chose.

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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 09:15

Migration : quand la bande dessinée est visionnaire .

 

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Il n'est pas rare que les dessinateurs de presse ou autres ainsi que les scénaristes de bande dessinée abordent des sujets largement en avance sur le temps.

 

Je ne parle pas forcément de sciences fictions, encore que, encore que, "Star Wars", par exemple,  a été largement inspiré  de la BD "Valerian et Laureline, Agents spatio- temporels" de Christin et Mézières comme d'ailleurs le film "Le cinquième élément" de Luc Besson.

 

Non je voudrais  évoquer  les situations politiques. Ainsi et pour ne pas se disperser dans la liste des auteurs, Pierre Christin  avec le dessinateur Enki Bilal ont ils su annoncer la fin de l'ère du communisme. Les BD associées associées à "Partie de Chasse" étaient d'une rare prémonition et cela plusieurs années avant la chute du "Mur".

De même, plus proche de nous, le problème de l'immigration Sud-Nord est l'objet d'une BD terriblement réaliste, qui mérite que l'on s'y attarde, avec toujours Pierre Christin au scénario et Daniel Ceppi au dessin. Le titre,  "la nuit des clandestins" relate un vaste mouvement migratoire organisé par les peuples du sud, qui va conduire les Etats du Nord à accepter de négocier de nouvelles relations Nord-Sud.

"Charlie Hebdo" a, lui aussi, ce rôle de veilleur du siècle. Ces veilleurs des turpitudes et des mouvements de la planète nous alertent souvent bien avance . Hélas, nous ignorons trop souvent les messages délivrés car … bien sur : "les petits Mickeys pour moi vous savez… Monsieur, ce n'est pas sérieux"…

Sauf que la bande dessinée raconte notre vie d'aujourd'hui et de demain. Elle sait aussi retracer notre passé.

 

Cela conduit à réfléchir sur l'inconséquence, l'irresponsabilité des thèses du rejet de l'autre, de leurs auteurs ; les facteurs responsables du phénomène de radicalisation ce sont bien ceux la. 

 

Alors, je ne peux qu'inviter les citoyens-électeurs à visiter ou revisiter ces auteurs d'anticipation politique et citoyenne.

 

Jean-Pierre Bernard

PRG29

 

Pour aller plus loin Wikipédia pour Pierre Christin ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/

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2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 12:32

Elections Départementales de 2015

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Interview .

Erwann Marie : Jean-Pierre Bernard , vous êtes membre du bureau fédéral du PRG29 Les départementales approchent, qu'elle est la position du PRG finistérien ? quelle est sa stratégie ?

Jean-Pierre Bernard : Le Parti Radical de Gauche s'est mis en ordre  pour s'engager dans la vie du département, donc on présente des candidats . Le rôle d'un parti s'est, certes, d'avoir des idées mais son rôle doit être de se présenter devant les électeurs avec ses convictions. La stratégie ? Elle est claire : Il s'agit de promouvoir la place des femmes  et celle des jeunes dans le monde politique. Le temps est venu de renouveler le personnel politique. Nous le disons et nous le faisons, les temps changent, nous en sommes conscients et puis il faut rajouter de l'éthique. C'est la démarche du Parti radical de Gauche"

EM : De l'éthique dites vous ? 

JPB : Nous croyons que les citoyens attendent de l'honêteté, de la démocratie réelle, du bon sens de la part de leurs élus. A l'écoute des citoyens nous entendons ce qui se dit, parmi nous, autour de nous. Nous sommes trés conscient que nous sommes encore peu nombreux en Finistère mais cela change, progressivement. Nous ne cherchons pas à être partout car nous n'en n'avons pas encore les moyens humains et puis il s'agit de gagner la confiance des électeurs par un travail de terrain et cela ne se réalise ni par opérations de marketing, ni par coups de bluffs. Nous prendrons le temps de convaince et plutot par l'exemple que par des déclarations fracassantes ou bien troussées. C'est un peu plus long mais nous ne sommes pas dans l'obsolescence programmée, après tout nous sommes issus du plus vieux parti politique en France.

EM : Mais pourquoi ne pas partir avec vos alliés , le Parti socialiste ?

JPB : Nous avons été à l'initiative d'une recherche de l'union de la Gauche pour ces élections, cela n'a pas été la volonté de tous. Ainsi, nous avons rencontré le Parti Socialiste finsitérien à plusieurs reprises. La première réunion semblait prometteuse, la seconde a clarifié les choses, le PS partait seul, c'était "la volonté des militants" selon le Premier Fédéral. Puis nous avons rencontré le reste de la Gauche et y compris les verts. Rencontres sans animosité particulière mais ce fut non de ce côté aussi.

Il nous restait à nous rendre à l'évidence l'Union ce n'était pas pour cette fois-ci. Ce qui est étonnant car aux Municipales cela à fonctionné. Donc à l'évidence si nous voulons promouvoir nos idées et nos valeurs républicaines, il nous fallait présenter des candidats.

Leurs noms seront dévoilés à la Presse cette semaine, bien que nous soyons trop souvent ignorés par la presse locale nous leur réservons la primeur de l'information, après tout restons courtois et élégants.  

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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 18:35

 

Traité avec les Etats-Unis : 

Paris accusé de double discours

 

27 FÉVRIER 2015

PAR LUDOVIC LAMANT 

Mediapart

Une note des services français a « fuité », qui défend l'une des clauses les plus controversées du traité de libre-échange avec les États-Unis. Joint par Mediapart, Matthias Fekl, le secrétaire d'État au commerce, assure que cette note n'a été « ni vue ni validée », et met en cause des fonctionnaires « dans la technostructure ». L'affaire pose la question des vraies marges de manœuvre politiques dans ce dossier très sensible.

Il n'est pas si fréquent qu'un membre d'un gouvernement en exercice désavoue publiquement des hauts fonctionnaires français. Le secrétaire d'État au commerce extérieur, Matthias Fekl, chargé de l'épineux dossier du traité de libre-échange avec les États-Unis (surnommé le « TAFTA » par ses adversaires), a décidé de dire tout haut son agacement, face à certains « technos » qui prennent un peu trop de liberté par rapport aux consignes officielles : « Même si cela déplaît à certains, c'est le gouvernement, responsable devant le parlement, qui détermine ses positions, et les techniciens qui les appliquent », déclare-t-il à Mediapart.  

Pourquoi Fekl a-t-il choisi de faire cette mise au point ? Une « note » fixant « la position des autorités françaises » sur le traité de libre-échange en chantier, envoyée par les services de Matignon (le SGAE) à l'ensemble des eurodéputés français,
a « fuité » jeudi. Sur le principe, la méthode n'est pas nouvelle : Paris a l'habitude de conseiller aux élus français de prendre telle ou telle position sur les votes à l'agenda à Strasbourg. Libre à chaque député, ensuite, d'écouter ou non ces arguments.

Mais dans le cas présent, le contenu des quatre pages est plutôt surprenant. Il détonne même par endroits avec les discours officiels. Un point, en particulier, n'a pas manqué d'attirer l'attention : le mécanisme d'arbitrage entre État et investisseur (ISDS, dans le jargon), l'une des dispositions les plus contestées du traité en négociation, parce qu'elle autorise des entreprises à attaquer des États en justice (
lire notre enquête). Cette clause est si controversée qu'elle menace même d'engloutir l'ensemble des négociations

Le texte en débat à Strasbourg, rédigé par un élu social-démocrate allemand, doit permettre de faire émerger une position du parlement européen sur les négociations menées par la commission de Bruxelles. Ce brouillon prend ses distances, sans détour, avec l'ISDS. La note des services français, elle, estime que « le projet de résolution (en débat au parlement européen, ndlr) tranche de manière un peu trop catégorique cette question (du mécanisme d'arbitrage, ndlr). Une approche plus prudente sur ce sujet délicat pourrait être préférable en raison des risques de précédent, avec des États dont les standards juridictionnels ne correspondent pas à ceux qui prévalent aux États-Unis ».

En clair : Paris incite en douce les eurodéputés français à ré-intégrer le mécanisme d'arbitrage dans le futur traité. La position du gouvernement français sur l'ISDS a longtemps été floue. Les secrétaires d'État qui se sont succédé (pas moins de cinq depuis mai 2012)
n'ont pas toujours eu la même approche du dossier. Mais Fekl – en tout cas dans ses prises de position publiques – a plutôt cherché à durcir le ton contre l'ISDS, et construire des alliances ailleurs en Europe, pour aller dans ce sens.

« Cette note n'a été ni vue, ni validée, réagit Matthias Fekl. Elle ne reflète pas la position du gouvernement, que je construis depuis mon arrivée. J'ai d’ailleurs convoqué dès aujourd'hui dans mon bureau les responsables de ce dysfonctionnement, pour faire en sorte que cela ne se reproduise pas. Une note rectificative sera diffusée, en temps utile. »

Après la « fuite » de la note du SGAE, plusieurs collectifs étaient montés au créneau jeudi. Attac
s'est inquiété d'un gouvernement « prêt à tout pour sauver l'ISDS » : « critiques de façade du mécanisme face au rejet largement exprimé dans l'opinion publique, mais travail en souterrain pour s'assurer de son maintien dans les négociations », résume l'association, qui dénonce « la duplicité et la fausseté » de Matthias Fekl. L'eurodéputé écolo Yannick Jadot n'a pas manqué d'ironiser sur la « marche arrière » de l'exécutif français.  

« Je comprends tout à fait que des organisations comme Attac demandent des explications, répond Fekl. Mais la position de la France n’a pas changé. Cette confusion est regrettable mais il ne faut pas lui donner plus d’importance qu’elle n’en a. » Cette « confusion » risque tout de même de relancer de vieux débats sur les divisions du camp français sur le libre-échange. Le grand écart a souvent été manifeste, entre un Quai d'Orsay (où travaille Matthias Fekl) plutôt sur la défensive, et des services, à Bercy, au Trésor, à Matignon ou encore à la représentation permanente (RP) de la France à Bruxelles, bien plus allants sur ces questions.

Ce flagrant délit de « double discours » est donc loin d'être anecdotique pour le secrétaire d'État au commerce : il pose la question de sa véritable autorité sur ce dossier considéré comme une priorité par l'exécutif – et en particulier de l'autorité d'un politique, sur l'administration. D'où le choix, pour Matthias Fekl, de hausser le ton. « Il n'y a pas du tout plusieurs discours, rétorque Matthias Fekl. Mais ce qui est certain, c'est qu'à tel ou tel endroit dans la technostructure qui suit l'Europe, que ce soit en France ou ailleurs dans l'Union, des gens ont pris de mauvaises habitudes. Ils négocient à partir de schémas routiniers. »

Adversaire déclaré de l'ISDS, Emmanuel Maurel, un eurodéputé socialiste qui suit les questions commerciales au parlement, reconnaît que « le gouvernement français est ambigu sur cette question ». Avant de préciser, en défense de son collègue : « Mais je ne veux pas accabler Matthias Fekl, qui est moins ambigu que beaucoup d'autres, et qui nous a plutôt aidés jusqu'à présent, dans une affaire où on n'est quand même pas forcément majoritaires. »

Pour sortir l'épine ISDS du traité en chantier, le gouvernement français s'est rapproché, depuis janvier, de ses partenaires sociaux-démocrates. Fekl s'est rendu à Berlin en janvier pour sceller une position commune avec Sigmar Gabriel (ministre de l'économie) et Matthias Machnig (secrétaire d'État aux affaires économiques), deux figures du SPD. Des réunions au format élargi – avec des ministres suédois, néerlandais, luxembourgeois et danois – se sont déroulées dans la foulée, à Paris puis Bruxelles. Dernière étape en date : samedi dernier à Madrid, lors d'un sommet du Parti socialiste européen, les sociaux-démocrates se sont entendus sur une approche commune opposée à l'actuel ISDS, si l'on en croit les déclarations officielles. Cette dynamique, inédite depuis le début des négociations sur le TTIP à l'été 2013, pourrait obliger la commission européenne à intégrer certaines de leurs propositions dans le nouveau texte sur ISDS, qu'elle prépare.

Paris et d'autres capitales disent travailler à une réforme « en profondeur » du mécanisme d'arbitrage, assure Fekl. Voici les pistes de réflexion, pour protéger les droits des États à réguler, face aux pressions des entreprises : préciser les définitions juridiques des concepts qui permettent à certains groupes privés de remettre en cause des politiques sanitaires ou encore environnementales, instaurer des pénalités massives pour les entreprises qui introduiraient des recours abusifs, ou encore mettre en place une cour permanente d'arbitrage (plutôt que la myriade de tribunaux actuels, opaques).

Mais s'agit-il de mettre au point un « ISDS light », plus « propre », comme le redoutent certains, afin de mieux débloquer l'avancée du traité tout entier ? Ou de rompre, pour de bon, avec la logique de l'ISDS ? « La vraie question, c'est de savoir si l'on peut porter au niveau européen, au niveau international, quelque chose de totalement neuf, qui n'ait plus rien à voir avec le mécanisme d'arbitrage d’aujourd'hui. On ne sait pas encore ce que cela donnera au final, mais nous avons lancé un processus décisif et nos positions sont fermes », répond Fekl. Il est encore loin d'avoir convaincu tout le monde sur ce point.

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Le Parti Radical de Gauche du Finistère avait interrogé il y a quelques temps les Ministres Fabius, Désir et Montebour (encore au gouvernement) sur les intentions du gouvernement sur ce projet connu sus le nom de TAFTA. Nous avions reçu une réponse un peu lénifiante  du genre : grande prudence, sollicitations des avis de la représentation nationale etc, etc. Bref aujourd'hui on sait que l'on nous enfume et que l'air de rien l'on est reparti dans l'esprit de la trahison du référendum de 2005. Voici un article de Madiapart qui fait le point.

PRG29

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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 15:15

Nous allons migrer notre site Web dans les prochains jours sur :

 

http://prg29.org/

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