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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 21:33
Faudra pas trop chatouiller les bretons.

Faudra pas trop chatouiller les bretons.

Texte de l'allocution de la Ligue des droits de l'homme

au rassemblement du 15/11/2015,

place de la Liberté, Brest.


 

L’assassinat de plus de 120 personnes à Paris dans la nuit du 13 au 14 novembre 2015 restera comme un des pires outrages infligé aux habitants de ce pays. Ces actes provoquent l'horreur et la révolte. Des dizaines de blessés luttent encore contre la mort et beaucoup porteront des séquelles qui ne sont pas prêtes de s'effacer.

C’est d’abord aux victimes et à leurs familles que nous pensons aujourd'hui en toute solidarité et avec émotion.

C'était un début de week-end comme les autres. Le temps de la détente, des retrouvailles entre amis,un soir de match, un soir de concert, un soir à rester discuter à la terrasse des bistrots à refaire le monde, à rire et à boire, à s'embrasser et à s'aimer.

En janvier les assassins avaient visé des lieux symboliques de leur haine de la liberté d'expression comme à Charlie Hebdo ou de leur haine des Juifs comme à l'hypercasher

Ce vendredi 13 novembre ils ont visé notre société toute entière dans sa diversité, dans sa pluralité.Ce vendredi ils ont tué, animés par la haine de notre société de libertés.

Au delà de Paris, au delà de la France et de sa politique étrangère, ils ont voulu atteindre notre société construite sur le principe de l'égalité des droits sans distinction de naissance, d'origine, de croyance, de couleur de la peau, d'apparence ou de sexe. Ils ont choisi des lieux symboliques de la pluralité et des rencontres.Ils ont visé un collectif composé d'une multitude d'individualités qui se lient les unes aux autres pour former une société. Une société de libertés individuelles et de droits collectifs.

En semant la mort, ils veulent que la peur s'installe. Nous ne céderons pas à cette peur.

Nous la surmonterons en restant une société de droit, ouverte et démocratique, respectueuse des libertés individuelles.

Notre pays a le devoir de poursuivre les assassins et leurs commanditaires pour les traduire en justice. Il est légitime qu'il s'en donne les moyens mais sans jamais s'abaisser à mettre la démocratie entre parenthèses. Il nous faut, citoyens comme élus, dépasser notre colère, rester lucides pour ne pas tomber dans le piège béant qui nous est tendu, celui de la renonciation à nos valeurs fondatrices, le droit et la justice.

Ces événements horribles se sont produits dans un contexte déjà lourd de crises, économiques, sociales, écologiques, dans un temps où des milliers de femmes d'hommes et d'enfants sont morts en mer aux portes de l'Europe qu'is tentaient de rejoindre.

Non le danger ne vient pas de mon voisin parce qu'il est étranger ou musulman. Le danger vient de tous ceux qui nous voudraient semblables à eux dans le refus de la diversité et des différences.

Faire face au terrorisme, défendre nos valeurs de fraternité c'est pour nous, ici à Brest, continuer à accueillir les migrants dans la dignité. C'est affirmer que notre république restera une société fraternelle et ouverte. Faire face au terrorisme c'est faire bloc, pour défendre une France diverse, plurielle, qui refuse les amalgames et les boucs émissaires.

Cette société que les tueurs, mais aussi les racistes et les xénophobes voudraient fermer, cette société qu'ils voudraient voir se recroqueviller sur elle même, nous en défendons plus que jamais l'ouverture.

Non nous n'aurons pas peur, sauf de nous mêmes, si nous perdions notre boussole républicaine.

Non nous ne céderons pas à ces peurs.

 

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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 12:03

Nous reprenons un article de Daniel Schneiderman diffusé sur @rrêt sur images et Rue89. Il pointe du doigt le risque majeur pour la France de se laisser aller à des actions guerrières qui nous entraîneraient loin de nos valeurs républicaines. Nous vivons quelques choses de difficiles, douloureux, nous avons plus besoin d'édifier des structures de renseignements, de recherches et d'interventions c'est vrai. N'oublions pas que c'est la droite qui a désorganisé l'organisation précédente, réduit les effectifs. Depuis la gauche s'est efforcée de remonter la pente. Mais les moyens manquent.

En revanche , il faut souligner le rapide et remarquable déploiement des services d'interventions et de secours. Ils ont sauvés des vies. 

Mais doit-on, comme dit Schneiderman, construire un Guantanamo français ? Là nous risquons de perdre la " guerre " et aussi ce que représente la France dans le Monde, l'enjeu est probablement là. Méfions nous des "Va-t-en guerre". Nous devons cependant identifier les terroristes, les candidats terroristes, mais gardons nous des tapis de bombes.  

Jean-Pierre Bernard PRG 29.

Attentats de Paris : nous et eux

Par Daniel Schneiderman

 

Nous. Nos terrasses. Nos rires. Nos mains sans armes dans les rues de la soif. Et puis nos fleurs. Nos bougies. Nos yeux humides. Nos fières statues. Nos petites mains en cœur devant les bougies et les statues, comme hier nos petits crayons. Nos retweets solidaires. Nos petits dessins Joann Sfar. Nos petites foules-répliques du 11 Janvier. Nos petites bravades. Nos petites bravoures.

On ne va pas s’arrêter de vivre. Dès ce soir, on y retourne, en terrasse. Et nos petites paniques. Nos nerfs qui lâchent quand on entend des pétards, puisqu’on n’arrête pas d’entendre qu’ils avaient pris ça pour des pétards, au début. Nos peurs d’artichaut.

Nos politiques. Nos Sarkozy. Nos Valls. Nos Cazeneuve. Leurs mâchoires serrées. Leurs rafales de chiffres. Leurs milliers de militaires, de policiers, de contrôles aux frontières, d’expulsions, de déchéances de nationalité, leurs centaines de perquisitions toute la nuit. Leurs inventaires, leurs bilans, leurs catalogues imperturbables de mesures, de suggestions. Leurs logiciels bloqués. Leur incapacité à reconnaître que ça n’a pas marché.

Nos hipsters. Nos enfants. Nos frères

Nos journaux. Nos éditorialistes. Leurs manchettes de guerre. Leurs numéros spéciaux mémorial. Leurs journalistes-témoins qui habitent les quartiers, fréquentent les bars martyrs. Les jolis mots qu’ils trouvent, ici ou ici. Leur Panthéon surgi des sables, quand soudain ce sont les hipsters qui tombent. Les tendres hipsters. Nos hipsters. Nos enfants. Nos frères. Nous. Cet innocent entre-soi du chagrin, qui appelle, comme au 11 Janvier, les dessillements, les désenchantements de demain.

Tracer ce nous, c’est tracer un eux. C’est tracer, entre les deux, une ligne radicale, infranchissable. C’est prendre acte que cette ligne existe. La découvrir qui borne leur enclos, à moins que ce soit le nôtre.

Eux, donc. Qui ne sont pas nous, et ne le seront jamais. Que nous bombardons là-bas, ne l’oublions pas. Et qui tiennent ici les armes automatiques. Qui tuent tranquillement. Qui donnent les consignes. Qui les reçoivent. Qui font le job. Qui doivent bien rire, quand ils nous voient, avec nos bougies, et toute la panoplie.

Dans un autre monde, déjà

Cette ligne continue, oser l’appeler par son nom. Marc Trévidic est sur TF1. Une des seules voix qui sonne juste dans le tumulte. Qui parle technique. Qui parle métier. Qui parle boutique. Mains dans le cambouis. Qui n’a rien à vendre, rien à défendre, ni mandat politique, ni institut de recherche subventionné.

TF1 lui a donné trois minutes, deux ou trois fois moins qu’à Sarkozy. Trois minutes pour traduire « état d’urgence », ce mot qui court depuis la veille, mi-menaçant mi-protecteur, d’abord douze jours, puis trois mois, sans que personne ne veuille nommer exactement ce qu’il signifie. Etat d’urgence, monsieur le juge, ça veut dire quoi  ?

« Grosso modo, on fait Guantanamo. Peut-être que les Français seront pour, et que les politiques seront pour. Mais soit on reste dans un système judiciaire, où il faut des preuves pour arrêter quelqu’un et l’incarcérer, soit on en sort. Moi, je suis juge, je suis très attaché à... j’aurais voulu qu’on continue à être efficaces en gardant nos principes. Si on ne peut plus, on va sortir de là, et on fera Guantanamo, ce qu’on a critiqué chez les Américains. »

C’est exactement de cela qu’il s’agit. Faire Guantanamo, ou rouvrir Cayenne, qu’importe comme on l’appellera. On y est presque. Que dis-je, on y est en plein. Dans un autre monde, déjà, dont personne ne connaît la sortie de secours.

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5 novembre 2015 4 05 /11 /novembre /2015 08:49

Pour information :

Le candidat socialiste Jean-Yves Le Drian

tête de liste de la gauche gouvernementale

sera en région Bretagne

 

 

Le dimanche 8 novembre à 9h30 à Saint-Brieuc aura lieu la réunion de présentation du projet. 

 

Il y aura ensuite 4 meetings départementaux auxquels tous les candidats sont tenus de participer. 

 

A priori les meetings seront à 19h :

 

      - dimanche 22 novembre, Pontivy

      - vendredi 27 novembre, Liffré

      - lundi 30 novembre, Saint Brieuc

      - jeudi 3 décembre, Brest

 

Seraient prévus entre les deux tours Guingamp le 7, Quimper le 9, Rennes le 10 et Lanester le 11.

 

Les détails des rendez-vous seront précisés ultérieurement.

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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 09:48

Paru dans le Journal Radical N°628 du PRG

Rejoignez-nous.

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21 octobre 2015 3 21 /10 /octobre /2015 08:01

Le front de la lutte frémit à peine, mais cela bouge un tout petit peu la prise de conscience est là depuis longtemps pourtant. Le problème c'est la mise en action et l'évolution des mentalités.

PRG29.

ÉVITEMENT FISCAL

Pas d’inquiétudes pour les multinationales

21 octobre 2015 | Jean-Frédéric Légaré-Tremblay - Collaborateur | Actualités internationales Le Devoir

L’évasion et l’évitement fiscaux font perdre chaque année aux États de 100 milliards à 240 milliards, selon l’OCDE. Pour contrer ces phénomènes, l’Union européenne (UE) et l’OCDE ont récemment adopté des plans de lutte. Et le G20 emboîte le pas. Ces plans sont-ils efficaces ? Ils ont peu de chances de l’être, estime Peter Dietsch, professeur de philosophie associé au CERIUM et auteur de Catching Capital : The Ethics of Tax Competition (Oxford University Press, 2015).

Les plans de l’OCDE et de l’UE ont-ils de bonnes chances de succès ?

Il faut d’abord distinguer l’évasion fiscale par des particuliers, qui est illégale, et l’évitement fiscal des multinationales,?qui?est?souvent conforme à la lettre de la loi, mais viole son esprit. D’un point de vue moral, les deux sont équivalents : l’individu qui ne paie pas ses impôts et l’entreprise qui déplace ses profits dans un paradis fiscal sont des resquilleurs sur les biens publics et la justice sociale.

Pour ce qui est de l’évasion fiscale, l’OCDE, appuyée par le G20, a adopté en 2014 un nouveau?mécanisme d’échange automatique d’information fiscale. Comme la plupart des États, à l’exception de quelques paradis fiscaux, ont des intérêts convergents à ce sujet — soit d’encaisser plus d’impôts venant des particuliers —, nous avons vu un progrès réel.

Quant à l’évitement fiscal, par contre, les intérêts des États sont moins consensuels. Ce qui m’amène à être pessimiste sur l’efficacité des mesures que propose l’OCDE.

Pourquoi êtes-vous pessimiste quant à la lutte contre l’évitement fiscal ?

Exposons d’abord le problème. Aujourd’hui, les profits d’une multinationale sont calculés séparément pour ses différentes succursales. Pour éviter des abus, les transactions entre ces succursales doivent respecter le principe du prix de pleine concurrence : on doit faire comme si on faisait affaire avec une autre entreprise. Or ce système est brisé, comme l’affirme à juste titre l’OCDE. Il y a toute une gamme d’opérations utilisées par les multinationales pour contourner ce principe.

Il y a deux stratégies pour contrer ce problème. La première, qui est celle de l’OCDE, est de recenser les types d’abus pour ensuite les réglementer. L’ambition ici est de réparer le système existant. Or je suis sceptique sur ses chances de succès, car cette approche perpétue malgré tout le jeu du chat et de la souris entre les autorités fiscales et les multinationales, que ces dernières gagneront toujours. Pour chaque brèche du système que l’OCDE colmate de cette manière, l’armée de comptables et de juristes au service de multinationales en aura créé deux nouvelles.

La deuxième stratégie, discutée depuis plus de 10 ans, mais qui n’est pas encore adoptée par l’UE, consiste en une réforme plus radicale du système. En passant à ce qu’on appelle une assiette fiscale consolidée, les profits des multinationales seraient désormais calculés à l’échelle globale. Ensuite, selon les activités réelles d’une entreprise dans un pays — les salaires qu’elle paie, les actifs qu’elle détient et les ventes qu’elle effectue —, on calculerait la part des profits que ce pays aurait le droit d’imposer au taux qu’il choisit.

Or les lobbys entrepreneuriaux luttent avec vigueur contre cette deuxième stratégie. Ils savent, tout comme l’OCDE, qu’elle est un moyen beaucoup plus efficace pour contrer l’évitement fiscal.

Quels sont les obstacles qui entravent cette lutte contre l’évitement fiscal ?

Mettez-vous dans les chaussures d’un ministre des Finances d’un pays comme le Canada. Avant de prendre des mesures efficaces contre la fuite d’une partie importante de votre assiette fiscale à l’étranger par des déplacements de profits, vous pensez aux conséquences d’une telle mesure. Si l’on colmatait les brèches du système qui permettent aux multinationales de déplacer leurs profits, l’incitatif à déménager l’activité économique réelle augmenterait de façon considérable. Bref, si l’entreprise ne peut plus produire au Canada sans payer le taux d’imposition nominal élevé que l’on demande ici, elle ira produire là où les taux sont moindres. C’est facile de voir pourquoi les politiciens sont réticents à aller dans cette direction.

Par contre, un impôt bas n’est pas autre chose qu’une subvention. Et l’OMC interdit les subventions, car elles minent les règles d’un jeu équitable. Pour être cohérent, il faudrait donc agir de même vis-à-vis des régimes d’imposition trop bas. Le but ne devrait pas être une harmonisation des taux, mais des contraintes sur la capacité des pays à attirer de l’investissement étranger. Tant que le lien ne sera pas établi entre politique fiscale et politique commerciale, l’évitement fiscal des multinationales perdurera.

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2 octobre 2015 5 02 /10 /octobre /2015 07:48

"Il faut protéger la religion d'elle-même"

Il n'est pas certain que l'on doive se soucier de protéger la ou les religions d'elles mêmes, après tout, cela relève de leurs responsabilités internes propres. Mais constatons que les extrémismes développent les tensions qui conduisent aux meurtres et aux assassinats de masse et participent à la destruction des sociétés humaines.

Le concept de laïcité doit s'imposer. En séparant le rôle de l'Etat de celui de la religion et reléguant la religion à un rôle centré sur la sphère privé la laïcité restitue de fait les fondamentaux d'égalité, de liberté.

Note de JP Bernard pour le PRG29

La première menace contre la liberté religieuse est l'extrémisme religieux. Le monde doit l'admettre et agir en conséquence.

Dans le monde entier, la liberté religieuse ne cesse d'être menacée. À une autre époque, la foi subissait principalement l'hostilité des autocraties laïques ou des régimes totalitaires. Les choses ont changé. Aujourd'hui, les persécuteurs les plus actifs des religions minoritaires ou des dissidents religieux sont les extrémistes. Au cours de ce siècle encore jeune, le monde aura assisté à une augmentation spectaculaire du nombre de groupes extrémistes pour qui les «autres» religions se doivent d'être combattues en raison de leurs soi-disant transgressions.

Les États reconnus ne sont plus les seuls à commettre des abus, comme au temps de la Guerre froide. Au Moyen-Orient, l’État islamique est devenu le parangon d'une organisation terroriste épousant une odieuse idéologie, d'inspiration religieuse, et honnissant la diversité de pensée et de croyance. Ses attaques génocidaires sur les Yézidis, remontant déjà à l'année dernière, et le choix entre la «conversion ou la mort» offert aux chrétiens (documenté dans un article récent et très commenté du New York Times) en sont quelques preuves parmi les plus atroces. Mais les musulmans ne sont pas pour autant épargnés. Les chiites ou les sunnites dissidents peuvent aussi être condamnés à mort.

Le Moyen-Orient n'est pas la seule région du monde affectée par cette nouvelle tendance. En Asie du Sud, les talibans (que ce soit dans leur version pakistanaise ou afghane) s'en sont pris aux chrétiens et à d'autres non-musulmans, tout en attaquant de manière abjecte des sectes islamiques censées incarner les «mauvais» musulmans. En Birmanie, le Mouvement 969, formé par des moines bouddhistes radicaux, incite au lynchages de musulmans de la minorité Rohingya. Et ces moines extrémistes suivent le même programme que leurs homologues du Sri Lanka, qui prennent aussi pour cible les minorités chrétiennes et musulmanes de ce petit pays insulaire.

En Afrique, la violence de l'extrémisme religieux touche aussi un nombre croissant de pays. L'organisation terroriste Boko Haram s'en prend autant à des églises qu'à des mosquées qui s'opposent publiquement à son idéologie et à sa brutalité. En Centrafrique, des milices d'obédience religieuse auront commis des massacres dans les communautés chrétiennes et musulmanes. À divers endroits du continent, plusieurs extrémistes ont annoncé leur ralliement à l’État islamique, nouvelle franchise de la violence religieuse.

Une nouvelle réalité qui constitue un épineux défi pour la communauté internationale, et pour ses engagements en faveur des droits de l'homme et de la liberté religieuse. Ces groupes sont souvent hors de portée des canaux diplomatiques normaux. Ce que peut penser le monde leur importe peu, vu qu'ils cherchent activement à bousculer l'ordre international.

Consolider la lutte contre le terrorisme

Pour y réagir, il faut que les gouvernements réfléchissent à de nouvelles stratégies. Il n'existe pas de recette unique permettant de vaincre le sectarisme religieux. L'extrémisme religieux violent se nourrit de nombreux facteurs, souvent spécifiques à des contextes locaux. La réaction se doit donc d'être flexible, globale et coordonnée, elle ne doit pas se fragmenter entre divers bureaux et agences. La Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (USCIRF), dont je suis le directeur chargé de la politique et de la recherche, a proposé l'an dernier une série de changements à appliquer au droit et à la politique afin de permettre aux États-Unis d'être en meilleure posture pour s'engager sur ces questions. Parmi ses recommandations, l'USCIRF conseille aux États-Unis de modifier sa liste des «pays particulièrement préoccupants» afin d'y intégrer les pires transgresseurs de la liberté religieuse même s'il s'agit d’États faillis ou d'acteurs non étatiques, d'augmenter les financements alloués aux recherches de terrain et d'accentuer l'importance de la tolérance et de la liberté religieuse dans ses campagnes de communication les plus stratégiques.

Le problème de la liberté religieuse est enchevêtrée avec bon nombre des défis auxquels les États-Unis doivent faire face en matière de politique étrangère. C'est ce qu'aura reconnu le président Barack Obama en février dernier, lors du sommet contre «l'extrémisme violent», lorsqu'il a souligné combien la véritable démocratie et la stabilité politique requéraient la «liberté de religion» –parce que, lorsque les individus sont libres de pratiquer la foi qu'ils ont choisie, «une société composée d'éléments divers peut rester unie».

Par ailleurs, une meilleure assimilation de la liberté religieuse dans les initiatives américaines visant à combattre Daech, et d'autres extrémistes, peut améliorer la lutte contre le terrorisme. En fin de compte, la liberté religieuse est une question de liberté de penser –le droit pour les individus de croire ce qu'ils veulent et d'appliquer ces croyances dans leur vie, tant que ces applications sont pacifiques et non coercitives. Les environnements qui soutiennent la liberté religieuse sont ainsi mieux positionnés pour rejeter les idéologies violentes. La liberté religieuse n'est évidemment pas une panacée. Mais elle peut consolider la lutte contre le terrorisme en protégeant l'espace civique alloué à la diversité de pensée et de croyance.

Reste que les États-Unis ne peuvent être les seuls à mener ce combat. Les défis sont transnationaux, tant les groupes extrémistes se moquent des frontières et mélangent idéologie et criminalité. Pour permettre une réaction efficace, les pays valorisant la diversité de pensée et de croyance doivent, eux aussi, œuvrer de concert. Il existe déjà des initiatives multinationales de lutte contre le terrorisme et l'extrémisme, à l'instar du Forum mondial de lutte contre le terrorisme. D'autres initiatives sont en cours de réalisation et visent à construire des coalitions de gouvernements partageant un même état d'esprit favorable à la liberté de religion. Un réseau de législateurs internationaux a su tirer profit du capital politique de ses membres pour protéger la liberté religieuse au Pakistan, en Birmanie ou encore en Indonésie. Quant à l'Union européenne, son nouveau plan d'action en faveur des droits de l'homme accentue la promotion de la liberté religieuse et la protection des minorités, en se focalisant sur les vingt-huit nations qui la composent.

Législation religieuse oppressive

Et si les États-Unis, comme d'autres gouvernements, ont besoin de nouvelles stratégies proactives, ils doivent aussi décourager les mauvaises politiques mises en œuvre par des gouvernements partenaires et susceptibles d'alimenter l'extrémisme. Des études menées par le Pew Forum on Religion and Public Life ont montré que, si le monde est très largement religieux, les restrictions politiques sur la libre pratique religieuse sont en augmentation. C'est une recette d'instabilité et de violences accrues.

Dans bon nombre de régions, la brutalité des gouvernements aura transformé des extrémistes en martyrs et suscité des frustrations alimentant les logiques insurrectionnelles. Un récent rapport du département d’État américain sur le terrorisme consigne cette dynamique, notamment dans plusieurs pays d'Asie centrale. Pour ne donner qu'un exemple, ses données relatives au Tadjikistan soulignent «l'impact négatif sur les libertés religieuses» des actions gouvernementales cherchant à juguler l'extrémisme religieux, en interdisant par exemple aux femmes et aux mineurs de se rendre dans les mosquées. Des abus susceptibles de provoquer de violentes réactions. En 2010, le Mouvement islamique d’Ouzbékistan tuait ainsi vingt-cinq soldats tadjiks en représailles à la législation religieuse oppressive en vigueur dans ce pays et limitant la libre pratique de l'islam.

Des groupes extrémistes peuvent aussi trouver l'inspiration dans les lois régressives des pays où ils opèrent. Prenez par exemple les lois contre le blasphème. Quand de telles lois sont officielles, des extrémistes se sentent souvent obligés de les faire respecter eux-mêmes. Au Pakistan, premier pays du monde en matière d'individus emprisonnés pour ce soi-disant «crime», la pénalisation du blasphème aura alimenté la violence extrémiste contre des défenseurs des droits de l'homme, voire suscité des lynchages contre des chrétiens ou des musulmans ahmadis. Sombre ironie de l'histoire, la pénalisation du blasphème renforce précisément les groupes extrémistes qu'une telle législation est censée combattre.

Des extrémistes religieux tuent des représentants de minorités religieuses ou des dissidents de leur propre foi, et représentent un danger aussi manifeste qu'actuel contre la diversité de pensée et de croyance. Ces groupes violents constituent, dans un avenir proche, un défi majeur pour les États-Unis et leurs alliés en termes de sécurité nationale, de préoccupations humanitaires et de droits de l'homme. À l'évidence, des régimes laïcs comme la Corée du Nord ou l’Érythrée poursuivront leurs abus, et les États-Unis comme la communauté internationale devront redoubler d'efforts pour exhorter ces régimes autoritaires à la réforme. Mais l'essor d'un extrémisme religieux violent nécessite une nouvelle perspective –un changement de cap qui verra les gouvernements reconnaître le problème, s'y adapter rapidement et œuvrer de concert afin de le résoudre.

Knox Thames in www.slate.fr

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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 12:30

Graf de HOZ à Quimper

Fresque graffiti « Brevetage du vivant »

Les graffeurs Hoz et Phoaick réalisaient une fresque graffiti éphémère, sur les Quais du Steir à Quimper, ce mercredi 30 septembre 2015. Le thème retenu pour cette action était le brevetage du vivant.

« Nous ne sommes que locataires de cette planète ».

Pour revenir sur les faits et pour en savoir plus, voici un peu de lecture : - https://fr.wikipedia.org/wiki/Brevetabilit%C3%A9_du_vivant - http://blogs.mediapart.fr/blog/catherine-morand/100415/breveter-le-vivant-jusquou-jusqua-quand - http://information.tv5monde.com/info/europe-le-vivant-est-desormais-brevetable-29257 - http://www.infogm.org/faq-les-brevets-sur-le-vivant-et-les-OGM

photos

Amitiés radicale HOZ

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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 14:41

Le monde agricole est en ébullition. La crise des éleveurs, la crise de la filière agro-alimentaire, la crise des céréaliers activée par la spéculation, ces réalités  révèlent peurs, angoisses,  de natures différentes.

 

La FNSEA ne réfléchit plus pour l’ensemble des agriculteurs, elle n’a plus qu’un mode de  raisonnement : « concentrations et subventions ». A qui profiteront les trois milliards annoncés ? Quelles conséquences ? Des milliers d’exploitations disparaîtront, des milliers de paysans disparaîtront, des chômeurs en plus pour la nation et la désertification de nos territoires ruraux s’intensifiera. Inéluctable ? Peut-être pas.

 

Car d’autres paysans ont choisis des voies différentes, en phase avec les consommateurs, avec la nature. Leurs choix de vie se révèlent favorables pour l’emploi, la qualité des produits, la protection de la biodiversité. Désormais cela se sait, cela se voit.

 

D’ailleurs une fracture s’est installée au sein même de la FNSEA, la direction actuelle tenue par les « gros » est très contestée, car contestable.

 

Dans ce « maelstrom », la commission européenne joue le jeu de l’agro-industrie, de l’agriculture concentrationnaire, s’affranchit de tout et favorise les empoisonneurs des sols, de la nature et des européens. La commission européenne pratique une politique de terre brûlée. Qui a encore des illusions sur l’action de l’institution ? Bien peu de citoyens en vérité.

Ainsi, l’opacité des négociations « secrètes » du traité transatlantique, couramment appelé TAFTA, qui ne servira que les USA et les très gros ensembles libéraux, vient renforcer la défiance de millions d’européens sur l’utilité de ce traité et le côté obscur de la commission.

 

A qui profite le crime ? Au libéralisme effréné, qui s’agite pour empêcher le bateau Europe de sombrer. Car l’Europe de la commission de Bruxelles coule, déjà le Royaume-Uni a mis les chaloupes à la mer avec son prochain référendum, l’Islande est restée prudemment  quai et si… les extrêmes droites eurosceptiques…

 

Aujourd’hui, la commission est incapable de changer de cap, les concepts d’austérité, le domaine agricole concentré, sont les seuls viatiques de la « compromission bruxelloise ». Oubliés les agriculteurs, les paysans, oubliés ceux qui veulent sauvegarder la nature, préserver la biodiversité. La FNSEA des gros pôles concentrationnaires espère bien tirer les marrons du feu.

 

Dur de poser ce diagnostic pour des Europhiles comme nous les radicaux de gauche. L’union des forces citoyennes pourrait infléchir une politique menant à la servitude.es.

La FNSEA ne réfléchit plus pour l’ensemble des agriculteurs, elle n’a plus qu’un mode de  raisonnement : « concentrations et subventions ». A qui profiteront les trois milliards annoncés ? Quelles conséquences ? Des milliers d’exploitations disparaîtront, des milliers de paysans disparaîtront, des chômeurs en plus pour la nation et la désertification de nos territoires ruraux s’intensifiera. Inéluctable ? Peut-être pas.

 

Car d’autres paysans ont choisis des voies différentes, en phase avec les consommateurs, avec la nature. Leurs choix de vie se révèlent favorables pour l’emploi, la qualité des produits, la protection de la biodiversité. Désormais cela se sait, cela se voit.

 

D’ailleurs une fracture s’est installée au sein même de la FNSEA, la direction actuelle tenue par les « gros » est très contestée, car contestable.

 

Dans ce « maelstrom », la commission européenne joue le jeu de l’agro-industrie, de l’agriculture concentrationnaire, s’affranchit de tout et favorise les empoisonneurs des sols, de la Nature et des européens. La commission européenne pratique une politique de terre brûlée. Qui a encore des illusions sur l’action de l’institution ? Bien peu de citoyens en vérité.

Ainsi, l’opacité des négociations « secrètes » du traité transatlantique TTIP, couramment appelé TAFTA, qui ne servira que les USA et les très gros ensembles libéraux, vient renforcer la défiance de millions d’européens sur l’utilité de ce traité et le côté obscur de la commission.

 

A qui profite le crime ? Au libéralisme effréné, qui s’agite pour empêcher le bateau Europe de sombrer. Car l’Europe de la commission de Bruxelles coule, déjà le Royaume-Uni a mis les chaloupes à la mer avec son prochain référendum, l’Islande est restée prudemment  quai et quant aux  extrêmes droites eurosceptiques… si elles arrivent au pouvoir, elles referont naître les funestes nationalismes.

 

Aujourd’hui, la commission est incapable de changer de cap, les concepts d’austérité, le domaine agricole concentré, sont les seuls viatiques de la « compromission bruxelloise ». Oubliés les agriculteurs, les paysans, oubliés ceux qui veulent sauvegarder la nature, préserver la biodiversité. La FNSEA des gros pôles concentrationnaires espère bien tirer les marrons du feu.

 

Dur de poser ce diagnostic pour des Europhiles comme nous les radicaux de gauche. L’union des forces citoyennes pourrait infléchir une politique menant à la servitude.

 

Jean-Pierre Bernard

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20 août 2015 4 20 /08 /août /2015 10:26

Marché du porc : la loi de la jungle gagne encore !

Hier, la table ronde du ministre de l’agriculture au sujet de la crise de la filière porcine, s’est tenue sans les deux premiers groupes de la fillière, qui jugent la hausse du prix du porc demandée trop élevée. Malgré tout, la cotation du Marché du porc breton devrait reprendre aujourd’hui.

Une réouverture totalement illusoire

Cela fait plus de deux mois que les éleveurs manifestent contre la baisse des cours sous le prix de revient, que certains estiment autour de 1,50 euro le kilo, alors que les prix étaient tombés à 1,23 euro. D’abord, le gouvernement a pris les manifestants à la légère, Stéphane Le Foll ayant le culot de répondre à un éleveur « c’est moi le ministre, mais moi je ne peux pas tout régler hein, un ministre n’est pas là pour décider tout ce qui se fait dans le monde », le gouvernement se contentant d’aides totalement dérisoires. Avec le maintien de la pression, le montant des aides a été revu à la hausse, le gouvernement a fixé un prix objectif de 1,40 euro, sans coercition, ce que les deux premiers acheteurs ont refusé.

Pour donner le change et entretenir l’illusion que la majorité agit, Stéphane Le Foll est venu à l’Elysée avant de tenir une table ronde avec les principaux acteurs de la filière pour essayer de rouvrir le marché breton du porc qui avait fermé du fait du refus des deux principaux acteurs, Bigard et Cooperl, de se plier au prix non contraignant fixé par le gouvernement. Toutefois, le président du marché a annoncé sa réouverture demain malgré l’absence des deux principaux acheteurs, rise-des-eleveurs/cooperl-et-bigard-qui-sont-les-deux-mastodontes-de-l-industrie-porcine_1040479.html">qui pèsent environ 40% de l’abattage de porc en France, et demandent « un retour à un prix de marché libre ». Ainsi, il n’est pas assuré que les prix se situent à 1,40 euro aujourd’hui, puisqu’il n’y a aucune mesure contraignante. ..

S’agiter pour faire semblant d’agir

En demandant aux acteurs de la filière en France de consentir librement à acheter le porc plus cher que sur les autres marchés européens, le gouvernement montre qu’il a renoncé à vraiment agir et qu’il ne propose pas de solution durable pour les éleveurs. Avec la pression des immenses exploitations de nos voisins, qui ont aussi l’avantage de salaires bien plus faibles, la concurrence est totalement déloyale pour nos éleveurs. Devant des politiques qui refusent d’agir, les éleveurs sont poussés à des actions choc pour trouver de l’aide et essayer de sensibiliser l’opinion, ce qui a poussé certains distributeurs à répliquer à la décision de Bigard et Cooperl par un boycott de leurs produits pour soutenir les éleveurs.

La crise des éleveurs est profondément symptomatique des excès des marchés non régulés. Ces derniers peuvent ruiner d’honnêtes travailleurs. Chaque acteur défend ses propres intérêts, à sa manière, dans un cadre collectif qui a renoncé à agir et ne fait plus que tristement laisser faire.

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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 08:09

Nous devrons défendre la démocratie.

 

 

Le peuple grec a voté. C'est non au chantage des créanciers !

 

La réaction de la commission européenne est de dire qu'elle respecte le vote des grecs, peut-elle faire autrement ? Non en parole, en acte c'est possible, elle l'a malheureusement fait dans le passé ; les français, les irlandais et les néerlandais l'ont appris à leur dépend qui ont vu les résultats de leurs référendums dévoyés.

 

Qui plus est le président de la Commission, du Parlement Européen, de l'Eurogroupe et les caciques européens, ne sont pas prêts à regarder en face les erreurs qu'ils ont commises. Ne parlons même pas du FMI, encore que celui-ci ait partiellement reconnu ses égarements, sous la pression venue de l' intérieure. Mais ils ne veulent pas bouger car c'est la remise en cause obligée d'un système malsain et qui ne fonctionne plus. Un exemple ? La Grande-Bretagne annonce qu'elle défendra ses intérêts d'abord ! Les Allemands se veulent inflexibles. La France joue à la danseuse. On peut mal augurer  du souci de solidarité…

 

De son côté, le gouvernement grecque a-t-il lui aussi commis des erreurs ? Probablement, mais seul contre les 27 autres pays, la pression était forte. Il a, cependant, su s'accrocher à l'essentiel, le Peuple. Tsipras n'a pas changé de discours  : "la Grèce veut rester dans l'Europe et conserver l'euro". 

 

La presse bien tenue en main en Europe, continuera de manipuler les citoyens - cela a déjà commencé dans les commentaires et les chiffres fantaisistes sur le coût de la dette par citoyen. Justement nous, les citoyens, devrons réfléchir par nous-mêmes, mesurer les informations, les peser car au bout du compte si nous voulons défendre le bien commun, la démocratie en Europe, il nous faut être lucide et exigeant vis à vis de nos politiques.

 

 

Erwann MARIE 

PRG29

Grèce - Démocratie - Erwan Marie
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