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  • : LRDG 29 - Archives
  • : Bienvenue sur les archives des Radicaux de Gauche en Finistère.
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30 mars 2020 1 30 /03 /mars /2020 10:06
Michel Crépeau, bien sur (à gauche)

Michel Crépeau, bien sur (à gauche)

 

Michel Crépeau, né le 30 octobre 1930 et mort le 30 mars 1999, est un avocat et homme politique français, maire de La Rochelle (Charente-Maritime) de 1971 à 1999 et plusieurs fois ministre de 1981 à 1986. Il a été président du Mouvement des Radicaux de Gauche en 1972.

 

 

Père de l'écologie urbaine

 

 

En 1971, il est élu maire de La Rochelle. Il prend alors de nombreuses initiatives dans les domaines de l'environnement, de l'urbanisme et de la culture:

- il bloque les constructions sur le littoral,

- il étend les espaces verts,

- il met en place un service de recyclage des déchets en 1973,

- il inaugure le premier secteur piétonnier de France en 1975,

- il inaugure un libre-service gratuit de 400 vélos jaunes en 1976 (soit près de trente ans avant le Vélib' de Paris),

- il lance en 1984 le festival des Francofolies,

- il met en place en 1995 un réseau de location de voitures électriques...

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11 mars 2020 3 11 /03 /mars /2020 15:37
1er indice: "Le droit de l'élite se définit par ce seul mot: instruire" & 2ème indice: 1868-1951

1er indice: "Le droit de l'élite se définit par ce seul mot: instruire" & 2ème indice: 1868-1951

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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 22:03

 

 

 

 

 

 

Lettre de Victor Hugo à Lamartine

 

Mon illustre ami,

 

Si le radical, c’est l’idéal, oui, je suis radical.


Oui, à tous les points de vue, je comprends, je veux et j’appelle le mieux ; le mieux, quoique dénoncé par le proverbe, n’est pas ennemi du bien, car cela reviendrait à dire : le mieux est l’ami du mal. Oui, une société qui admet la misère, oui, une religion qui admet l’enfer, oui, une humanité qui admet la guerre, me semblent une société, une religion et une humanité inférieures, et c’est vers la société d’en haut, vers l’humanité d’en haut et vers la religion d’en haut que je tends : société sans roi, humanité sans frontières, religion sans livre. Oui, je combats le prêtre qui vend le mensonge et le juge qui rend l’injustice. Universaliser la propriété (ce qui est le contraire de l’abolir) en supprimant le parasitisme, c’est-à-dire arriver à ce but : tout homme propriétaire et aucun homme maître, voilà pour moi la véritable économie sociale et politique. Le but est éloigné. Est-ce une raison pour n’y pas marcher ? J’abrège et je me résume. Oui, autant qu’il est permis à l’homme de vouloir, je veux détruire la fatalité humaine ; je condamne l’esclavage, je chasse la misère, j’enseigne l’ignorance, je traite la maladie, j’éclaire la nuit, je hais la haine.


Voilà ce que je suis, et voilà pourquoi j’ai fait Les Misérables.


Dans ma pensée, Les Misérables ne sont autre chose qu’un livre ayant la fraternité pour base et le progrès pour cime.


Maintenant jugez-moi.

 

Les contestations littéraires entre lettrés sont ridicules, mais le débat politique et social entre poëtes, c’est-à-dire entre philosophes, est grave et fécond. Vous voulez évidemment, en grande partie du moins, ce que je veux ; seulement peut-être souhaitez-vous la pente encore plus adoucie. Quant à moi, les violences et les représailles sévèrement écartées, j’avoue que, voyant tant de souffrances, j’opterais pour le plus court chemin.

 

Cher Lamartine, il y a longtemps, en 1820, mon premier bégaiement de poëte adolescent fut un cri d’enthousiasme devant votre aube éblouissant se levant sur le monde. Cette page est dans mes œuvres, et je l’aime ; elle est là avec beaucoup d’autres qui glorifient votre splendeur et votre génie. Aujourd’hui vous pensez que votre tour est venu de parler de moi ; j’en suis fier. Nous nous aimons depuis quarante ans, et nous ne sommes pas morts ; vous ne voudrez gâter ni ce passé ni cet avenir, j’en suis sûr. Faites de mon livre et de moi ce que vous voudrez. Il ne peut sortir de vos mains que de la lumière.

 

Votre Vieil ami Victor Hugo

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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 14:08
Science - Histoire - Brest - Christiane Migot

Discours d'entrée pour le colloque "Sciences et Histoire"

à Brest le 2 février 2017

 

Je suis particulièrement heureuse et fière de vous accueillir dans cet auditorium situé au cœur de ce nouvel et merveilleux outil qu’est la médiathèque située sur le Plateau des Capucins. Ces réalisations symbolisent pleinement l’harmonie entre le passé et l’avenir. Permettez-moi de féliciter les organisateurs de ce colloque « Sciences et Histoire » à savoir le Service Historique de la marine Nationale et le service patrimoine de la Ville de Brest.

 

Cette rencontre est placée sous le signe des échanges entre disciplines : sciences et histoire, entre des sources et des ressources brestoises sur la mer, entre deux institutions : la défense à savoir le Service Historique de la Défense et le Service patrimoine de la Ville, entre chercheurs et citoyens.

 

Brest est une ville dont l’Histoire ancienne est faîte de conquêtes, de découvertes et de rencontres entre les peuples. Depuis la création de l’Académie de la Marine en 1752 à Brest par Louis XV et à la suite des grandes explorations scientifiques dont les archives sont conservées au Service Historique de la Défense, la ville continue à s’inscrire au XXIème siècle dans un pôle d’excellence marqué par une recherche scientifique et historique toujours aussi pertinente et riche (Ifremer, l’Institut Polaire, l’Institut Européen de la Mer par exemple) ainsi que la recherche historique actuelle par la modélisation de bâtiments, de bateaux comme le Kléber à l’Ecole Navale et les objets industriels comme le marteau-pilon ou le pont-tournant. Sans oublier la Marine Nationale présente.

 

La place de Brest dans le paysage international est du autant à la très forte capacité des acteurs locaux à s’unir qu’à l’Histoire de la cité.

 

Au cours des siècles, le visage de notre ville a changé parfois douloureusement par sa destruction à 80% lors de la Seconde Guerre Mondiale. Avec force et détermination cette ville s’est reconstruite et Brest est plus que jamais ouverte au monde, à l’accueil des idées nouvelles et à ceux qui les portent.

 

La ville s’est engagée dans la démarche de la demande du label « ville d’art et d’histoire » autour de quatre axes : la défense, la ville palimpseste, la dynamique sociale et la mer et l’international. Ce dossier sera présenté à la Commission Nationale en novembre prochain.

 

L’objectif de ce colloque est de développer des passerelles entre le monde de la recherche historique et celui de la recherche scientifique inscrites depuis plusieurs siècles dans les fibres de la Ville de Brest.

 

Dans cette perspective de mutualisation des savoirs, un travail commun avec l’Université de Bretagne Occidentale, le Technopole Brest-Iroise, Océanopolis paraît pertinent et source d’enrichissement intellectuel.

 

Valoriser la dimension scientifique de Brest par le croisement de disciplines rarement invitées à se confronter pourrait susciter de nouvelles possibilités de recherches et tracer les voies du futur pour notre agglomération.

 

Vos travaux seront les bienvenus

 

Bon colloque

 

Christiane Migot

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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 14:53

Monument contre l'esclavage à Brest

Le 10 mai  est la Journée nationale des mémoires de la traite de l’esclavage et de leur abolition. Mais ce dernier mot n’est-il pas bafoué ? Chaque jour demande une vigilance accrue pour alerter et lutter contre cette pratique indigne de notre société, présente aussi bien à l’autre bout du globe qu’à nos portes. La dignité de l’homme est indestructible quelque soit les cultures. Il n’est pas acceptable qu’encore de nos jours des hommes soient soumis au joug d’autres hommes. Et pourtant n’est-ce pas cela qui se passe pour un grand nombre ? Jusque la le progrès a porté notre société mais que demain ne soit plus aussi beau qu’aujourd’hui a affaibli les plus démunis, renforcé les plus audacieux et accru la dépendance des premiers vis-à-vis des seconds. En conséquence le Parti Radical de Gauche se doit de stigmatiser cette Journée du 10 mai et de pointer du doigt le non-respect de la dignité humaine, geste symbolisé par la statue de dix mètres de haut inaugurée au Port de Plaisance du Moulin-Blanc à Brest le 10 mai.

Christiane Migot

PRG29

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20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 12:48
LE TRAVAIL PARLEMENTAIRE DU RDSE<<< Revenir à la liste

Discussions générales

Proposition de loi

visant à instaurer un jour de mémoire

pour perpétuer notre histoire,

sensibiliser les jeunes aux sacrifices de leurs anciens et aux valeurs républicaines de la nation française  

 

Intervention de Jean-Claude Requier

M. le président. La parole est à M. Jean-Claude Requier.

M. Jean-Claude Requier. Monsieur le président, monsieur le secrétaire d'État, mes chers collègues, nous sommes régulièrement amenés à examiner des propositions de loi à caractère mémoriel. Le plus souvent, le groupe du RDSE adhère à l'esprit qui anime ces démarches visant à rassembler la communauté nationale.

En effet, la transmission de la mémoire est consubstantielle à la conception française de la Nation. Les sacrifices consentis hier par nos anciens se prolongent aujourd'hui au travers de la liberté transmise aux générations suivantes. Il est donc primordial de rappeler aux plus jeunes le prix de ces engagements passés fondés sur la solidarité et le sacrifice.

La commémoration des événements qui ont bouleversé l'histoire de la France est le vecteur privilégié de la transmission de la mémoire collective.

En tant qu'élus, nous sommes bien entendu tous très attachés à ces moments de recueillement, qui nous rassemblent autour du monde combattant. Pour qu'ils conservent une visibilité, ils ne doivent cependant pas se multiplier au-delà du raisonnable.

Aussi, mon groupe n'est pas favorable à l'accumulation des jours de mémoire et à l'intervention permanente du législateur dans le champ mémoriel. Nous avons déjà eu l'occasion de le dire au cours d'autres débats et partageons en cela la crainte de « boulimie commémorative » exprimée par l'historien Pierre Nora.

Mes chers collègues, comme vous le savez, ce ne sont pas moins de treize commémorations nationales qui figurent déjà dans notre calendrier, auxquelles il faut ajouter les manifestations liées aux grands anniversaires. Trop de rendez-vous risquent d'affaiblir la mémoire collective en la dispersant ou en la segmentant, ce qui serait évidemment contre-productif.

Si trop d'impôt tue l'impôt, si trop de réglementations affaiblissent la réglementation, trop de commémorations gomment la commémoration et favorisent l'indifférence !

M. Jacques-Bernard Magner. Très bien !

M. Jean-Claude Requier. Certes, j'en conviens, le texte qui nous est soumis aujourd'hui aborde le sujet sous un angle particulier, celui de la sensibilisation des jeunes aux enjeux de la mémoire combattante.

Comme le rappelle notre collègue Vincent Delahaye, auteur de la proposition de loi, il est vrai que les cérémonies nationales actuelles ne rassemblent souvent plus que des élus et des anciens combattants autour du monument aux morts.

M. Yvon Collin. C'est vrai !

M. Jean-Claude Requier. Nous pouvons tous le constater localement, même si de nombreuses initiatives émanant des élus et des enseignants existent partout sur le territoire pour associer les jeunes aux jours de mémoire. On peut donc partager l'objectif visé par l'auteur du texte.

Toutefois, la présente proposition de loi appelle plusieurs réserves sur la forme.

Tout d'abord, sur le plan juridique, comme le rapporteur l'a souligné, le texte empiète sur le domaine réglementaire. De plus, le manque de clarté du dispositif risquerait de le rendre inopérant.

Ensuite, la proposition de loi crée une injonction contraignante à l'égard des professeurs, alors que leur rôle réside en premier lieu dans la transmission du savoir et non directement dans l'entretien de la mémoire nationale. (M. Vincent Delahaye s'exclame.)

Enfin, le choix de fixer la date de cette journée au mois de mai alourdit davantage une période déjà occupée le 8 mai par la commémoration de la victoire de 1945 et, depuis 2013, par la journée nationale de la Résistance fixée le 27 mai.

Dans ces conditions, ce texte ne paraît pas opportun. Cependant, il nous invite à réfléchir aux moyens d'impliquer davantage les jeunes à l'histoire de notre pays et aux valeurs de la République.

L'éducation nationale est déjà engagée dans la politique de mémoire nationale au travers de différentes initiatives. Je citerai la mission pour le centenaire de la Première Guerre mondiale qui a engendré différents projets partout en France à l'intention des jeunes. Les professeurs sont le plus souvent très réceptifs à l'égard de tout ce qui permet de concilier pédagogie et travail de mémoire.

C'est pourquoi il faudrait encourager et développer l'existant autrement que par les seules notes de service du ministère.

Mes chers collègues, il faut aussi rechercher ailleurs qu'au sein de l'éducation nationale la voie d'une sensibilisation plus générale des jeunes aux valeurs républicaines.

Je pense en particulier à deux dispositifs que le Président de la République souhaite renforcer. D'une part, il a annoncé lundi dernier son souhait d'allonger la journée défense et citoyenneté. Dès lors, pourquoi ne pas prévoir une journée dédiée à la mémoire collective dans ce nouveau cadre ?

D'autre part, le chef de l'État a indiqué vouloir étendre le service civique à la moitié d'une classe d'âge d'ici à 2018 et à tous les jeunes à compter de 2020.

M. Yvon Collin. Très bien !

M. Jean-Claude Requier. Le RDSE, et plus particulièrement notre collègue Yvon Collin, est à l'origine de la loi sur le service civique. Il se félicite de cette annonce, puisqu'il demande la généralisation de cet engagement depuis longtemps !

Rendu obligatoire, le service civique serait l'occasion de sensibiliser les jeunes Français à l'histoire et aux valeurs de la République.

En attendant, mes chers collègues, le RDSE n'est pas favorable à la proposition de loi dans la rédaction qui nous est proposée, car elle ne fait pas consensus. En revanche, il approuve à l'unanimité la motion tendant au renvoi en commission ! (Applaudissements sur les travées du RDSE et sur quelques travées du groupe socialiste et républicain.)

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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 13:06
1914-1918 - Fusillés - Roger-Gérard Schwartzenberg
1914-1918

 

RÉHABILITER LES FUSILLÉS POUR L’EXEMPLE

 

Roger-Gérard SCHWARTZENBERG, président du groupe RRDP

(Radical, Républicain, Démocrate et Progressiste) :

 

 

« À la veille de la commémoration de l’armistice et de l’hommage de la Nation à ceux qui sont morts pour la France, il importe de rendre enfin justice aux oubliés de la Grande Guerre.

Entre 1914 et 1918, près de 650 soldats français ont été fusillés pour l’exemple après avoir été condamnés à mort par des conseils de guerre, statuant de manière expéditive et sommaire, sur des chefs d’accusation le plus souvent infondés : refus d’obéissance, outrages et voies de fait sur supérieur, abandons de poste, etc.

 

Depuis, en un siècle, quelques rares réhabilitations isolées sont intervenues, dont celle, décidée en 2012 par le ministre délégué aux Anciens Combattants, du sous-lieutenant Chapelant, 23 ans, fusillé sur son brancard, comme le rappelle le film de Stanley Kubrick, « Les sentiers de la gloire » (1957), interdit de projection en France à sa sortie.

 

En novembre 1998, à Craonne, Lionel Jospin, évoquant le sort de ces soldats, a souhaité leur « réintégration dans la mémoire collective ». En novembre 2008, Nicolas Sarkozy a tenu des propos analogues à Douaumont.

 

Il est indispensable de réexaminer l’ensemble des dossiers des fusillés pour l’exemple, dont la très grande majorité sont innocents des faits qui leur ont été reprochés, et de procéder enfin à leur réhabilitation. »

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Fusillés pour l'exemple pas trouvé l'auteur du dessin dommage.

Fusillés pour l'exemple pas trouvé l'auteur du dessin dommage.

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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 14:42

Cérémonie de l'entrée au Panthéon

voir ici :le discours du Président de la République : http://www.elysee.fr/declarations/article/ceremonie-d-hommage-solennel-de-la-nation-a-pierre-brossolette-genevieve-de-gaulle-anthonioz-germaine-tillion-et-jean-zay-pantheon-3/

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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 10:12

JEAN ZAY

LE COMMUNIQUÉ DU COMITÉ NATIONAL D’ENTENTE :

UNE RARE INCONVENANCE

 

Roger-Gérard Schwartzenberg, président du groupe Radical (RRDP) de l’Assemblée nationale :

« La ‟condamnation totale” du transfert des cendre de Jean Zay au Panthéon par un communiqué du ‟Comité national d’entente”, regroupant des associations patriotiques et du monde combattant, est d’une rare inconvenance.

Comme l’avait fait Philippe Henriot et ‟Gringoire”, ce communiqué se réfère à un texte, ‟Le Drapeau”, que Jean Zay avait écrit à 19 ans dans un échange entre étudiants et qui était en fait un pastiche littéraire, ce dont il s’était souvent expliqué, notamment à la Chambre le 31 janvier 1936 lors de sa première nomination au gouvernement.

En revanche, le Comité passe totalement sous silence l’action patriotique de Jean Zay. En septembre 1939, alors que les ministres ne sont pas mobilisables, il refuse de bénéficier de cette disposition et rejoint l’armée. Ses supérieurs militaires l’attestent : ‟Le sous-lieutenant Jean Zay était volontaire pour remplir les missions les plus périlleuses.”

Sous Vichy, Jean Zay est indûment condamné sous une fausse accusation en octobre 1940 et détenu à la maison d’arrêt de Riom. Le 20 juin 1944, trois miliciens l’en extraient et l’abattent d’une rafale de mitraillette. Ses derniers mots : ‟Vive la France !”.

Le 5 juillet 1945, la Cour d’appel de Riom annule la décision prononcée contre Jean Zay en octobre 1940 par la justice de Vichy et le réhabilite totalement. En 1946, il est cité à l’ordre de la Nation par le président du Gouvernement provisoire de la République. En 1947, à la Sorbonne, l’Université lui rend un hommage solennel, en présence de Léon Blum qui déclare : ‟Tout en lui respirait la noblesse de la pensée, le désintéressement, la loyauté, le courage, l’amour du bien public.”

Cela suffira-t-il au Comité national d’entente, auto-érigé en arbitre suprême du patriotisme ? »

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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 14:12
Jean Zay au Panthéon :
relisons ce qu’il disait de la finance et de la presse

    Michel Wieviorka, Sociologue, EHESS

    Publié le 25/05/2015 à 09h00

    Le 27 mai, la nation rendra un hommage solennel à Jean Zay, dont les cendres reposeront désormais au Panthéon.
    
    Homme politique de convictions, ministre de l’Education nationale en 1936, et jusqu’à la guerre, arrêté et emprisonné en 1940 sous Pétain, liquidé en 1944 dans un bois par des miliciens venus de Paris le cueillir dans sa prison de Riom, Jean Zay sera on peut le prévoir l’objet de discours admiratif et élogieux, qu’il mérite, assurément, même si quelques voix d’extrême droite ou d’associations se disant « patriotiques » ont pu contester l’an dernier son entrée au Panthéon.

    Des pages écrites il y a plus de 70 ans

    Ainsi, la « plume » présidentielle n’aura à cette occasion aucune difficulté pour rédiger un texte fort, émouvant, bien senti. Elle trouvera notamment de quoi s’alimenter dans le livre exceptionnel « Souvenirs et solitude » (réédité par Belin en 2010), rédigé lors de sa détention par Jean Zay.

    Mais en tirera-t-elle toutes les leçons qui s’imposent à la lecture de cet ouvrage dont Antoine Prost, dans sa belle introduction, nous dit qu’il est celui d’un « homme attachant, éblouissant de talent, de finesse et d’intelligence, mais attentif et sensible, profond parfois » ? Saura-t-elle trouver les mots qui conviennent pour permettre de lier politiquement le passé et le présent, et autoriser le chef de l’Etat à mettre en avant une certaine continuité ?

    Quant aux journaux qui encenseront Jean Zay, feront-ils l’économie de pages décapantes écrites sur la presse il y a plus de 70 ans, et qui n’ont pas perdu de leur fraîcheur ?

    Illustrons ces interrogations par deux exemples, l’un à l’intention de la « plume » présidentielle (qui pourrait trouver bien d’autres sujets à méditer dans ces « Souvenirs et solitude »), l’autre à celle des médias, eux aussi à plusieurs reprises fortement critiqués.

    « Orthodoxie financière »

    Le premier exemple, p. 53, concerne ce que Jean Zay appelle le libéralisme monétaire et financier. Extrait :

    « Vous pouviez (de 1932 à 1940) librement couvrir de boue le chef de l’Etat et ses ministres, nier effrontément nos engagements internationaux les plus évidents, désavouer le gouvernement de votre pays en pleine négociation diplomatique, donner tort à la France devant l’étranger. Bravo ! C’était de bonne guerre… Mais il vous était défendu de critiquer la mystique de l’équilibre budgétaire, sous peine d’être considéré comme un traître et accusé de provoquer des catastrophes… »

    Le propos de Jean Zay est ici d’autant plus intéressant qu’il est le fait d’un ministre qui, dit-il, parle de ce qu’il a vu, et qui a vécu la terrible descente aux enfers de son pays, expliquant (p. 52) « quand on étudiera les causes de notre impréparation militaire et de la décrépitude du gouvernement parlementaire, tel qu’il fonctionnait depuis quelques années, il faudra inscrire en bonne place l’orthodoxie financière ».

    Quand on étudiera la crise actuelle, économique, sociale, mais aussi politique et morale, ne faudra-t-il pas adopter une démarche comparable ?

    « Titres raccrocheurs et lapidaires »

    La deuxième critique que Jean Zay nous invite à partager concerne la presse – on ne disait pas encore les médias. Il évoque (p. 92) « l’usage de ces titres raccrocheurs et lapidaires, où il s’agit de ne présenter une information que par le côté soi-disant “pittoresque” ».

    Et il précise après avoir illustré son propos (p.93) :

    « De délicats problèmes n’arrivaient plus au public que sous la forme de résumés affriolants, de raccourcis et d’antithèses, sortes de pilules agréables à avaler […]. On a souvent dénoncé les responsabilités de notre grande presse dans l’abaissement de l’esprit public. A vrai dire, certains journaux ont commis des crimes plus graves que le goût excessif des titres de foire. Mais ce dernier est symptomatique. Il atteste un souverain mépris du lecteur, une préoccupation exclusive du truquage commercial. »

    Là aussi, le rappel de l’histoire devrait porter : rien de bien nouveau sous notre soleil médiatique.

    Jean Zay fut un homme remarquable, et le transfert de ses cendres au Panthéon est une juste initiative. On espère que l’accueil politique et journalistique qui lui sera réservé sera à la hauteur du personnage, et qu’elle ne gommera pas ce que ses analyses pourraient avoir de dérangeant, mutatis mutandis, pour les pouvoirs en place.

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