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18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 12:37

L'Equateur sur le chemin d'un salaire maximum ! 

Il a osé le dire !
 

Mercredi 17 Septembre 2014 à 19:00

Patricia Neves

Il a osé le dire !


Rafael Correa, le président équatorien, l'a annoncé ce week-end : il envisage d'instaurer un salaire maximum dans les entreprises privées. Le rapport entre le plus bas et le plus haut salaire pourrait être fixé de 1 à 20. Des manifestations en réponse à cette mesure sont prévues cette nuit dans le pays.

«Si le directeur d'une banque veut gagner 60 000 dollars (près de 46 000 euros), parfait, mais ça n’excédera pas vingt fois le salaire de son travailleur le plus pauvre » a annoncé ce week-end le président équatorien, Rafael Correa, sans toutefois préciser s'il évoquait un revenu mensuel ou annuel... Sans doute, notre homme a-t-il avancé ce montant par pure provocation. Car l'important est ailleurs, dans le rapport de 1 à 20 retenu par le chef de l'Etat. Car c'est contre les « inégalités » que s'est érigé Rafael Correa, en faisant cette sortie dans son habituel espace de parole hebdomadaire, « Enlace Ciudadano », diffusé à la radio, sur les écrans de la télévision via les dizaines de chaînes pro-gouvernementales. Ainsi, si cette réforme voyait le jour, les salaires les plus élevés pourraient donc, selon nos calculs, ne pas dépasser 6 800 dollars (5 300 euros) par mois, soit vingt fois 340 dollars, le montant du Smic équatorien (262 euros), qui a plus que doublé sous la présidence Correa.

Calquée sur « Aló presidente », l’émission à succès de son ancien homologue vénézuelien et grand orateur Hugo Chavez, « Enlace Ciudadano » est diffusée depuis 2007, date de l’élection du président Correa, et ne vise pas seulement à tenir informés les électeurs des projets en cours ou en devenir mais à maintenir un lien direct avec la population. Qui d’ailleurs le lui rend bien. Avec 75 % de taux de popularité, Rafael Correa est en effet le dirigeant sud-américain le plus populaire.

Ce week-end cependant, l’annonce de l’instauration d’un salaire maximum tant dans le public qu’au sein des entreprises privées, a surpris. Elle intervenait de fait à quelques jours seulement d’une grande manifestation organisée à l’appel de plusieurs organisations syndicales, tous secteurs confondus, allant de la fonction publique aux peuples indigènes. Tous se réunissent aujourd'hui (cette nuit en France, ndlr) pour une « grande marche » contre la réforme du Code du travail, actuellement en préparation, qui inclura donc désormais le plafonnement des plus hauts salaires.

Un mécontentement auquel n’a pas tardé de réagir le chef de l’Etat. Sur Twitter, Correa a en effet anticipé cette semaine « difficile » et appelé ses sympathisants à se mobiliser eux-aussi, à Quito, la capitale. « S’ils sont 3 000 nous serons 30 000 » prévient-il. En face, les opposants déclarent ne pas vouloir « mesurer » leurs « forces » respectives. Ce sera pourtant l’occasion de le faire...

Car plusieurs autres mesures phares s’annoncent dans les prochains mois, comme l’augmentation possible du prix des transports publics dont les conséquences au Brésil, l'année dernière, ont été dévastatrices pour le parti des travailleurs (PT) de la présidente Dilma Rousseff. Jamais les Brésiliens n'avaient autant manifesté, par millions, dans les rues, sur les réseaux sociaux, poussant même le gouvernement à reculer. Mais un autre sujet inquiète : un amendement de la Constitution équatorienne est à l'étude. Celui-ci permettrait aux autorités en place, en particulier au président, de se représenter sans limite de mandats successifs. L'exemple du voisin vénézuelien, cette fois, est aussi éloquent. La mesure, soumise par référendum une première fois en 2007 puis en 2009 par Caracas est aujourd'hui encore et toujours contestée.

Demain, la mobilisation à Quito sera donc un test. Alors que la tension sociale est palpable depuis plusieurs mois. En témoignent les dernières municipales, tenues en février dernier et à l’issue desquelles les trois plus grandes villes du pays, Quito, Guayaquil et Cuenca ont toutes échappé à Alianza País, le parti au pouvoir.

En France, la question du salaire maximum n'est pas passée inaperçue. Sur le site internet du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon rappelle en effet qu'il en avait fait l'une de ses principales propositions de campagne, lors de la présidentielle de 2012. François Hollande, lui, promettait alors d'imposer un « écart maximal de rémunérations de 1 à 20 » aux « dirigeants des entreprises publiques ». Un décret de juillet 2012 fixe bien un « plafond brut annuel », mais à 450 000 euros, soit en fait un écart de 1 à 26 si l'on se réfère au Smic comme salaire le plus bas.

Mais quid d'un tel dispositif dans les entreprises privées ? En mars 2013, le Figaro rapporte un sondage selon lequel 83 % des Français se déclarent favorables à une « loi instaurant un "salaire maximum " pour les dirigeants d'entreprises privées. » Proposition rejetée en Suisse huit mois plus tard à 65 % quand bien même le pays possède l'un des plus grands écarts de revenus, derrière les Etats-Unis et le Canada. « En moyenne, écrit à l'époque France 24, un dirigeant helvète gagnait en 2012, 148 fois plus que son employé lambda. » C'est 108 fois pour la France...

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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 18:13

DÉCLARATION DE POLITIQUE GÉNÉRALE DU PREMIER MINISTRE

INTERVENTION DE ROGER-GÉRARD SCHWARTZENBERG

PRÉSIDENT DU GROUPE RRDP

 

ASSEMBLÉE NATIONALE, 16 SEPTEMBRE 2014



Monsieur le Premier ministre,


Voici donc votre nouveau gouvernement. Nous lui souhaitons évidemment de réussir. Dans l’intérêt de la France. Et dans la fidélité aux valeurs républicaines de justice et de progrès. Bref aux valeurs de la gauche.

Chacun connaît et apprécie vos qualités personnelles. Votre énergie, votre volonté, votre détermination à agir. Des qualités très nécessaires en ces temps de crise.

Mais, pour se prononcer dans ce vote, l’essentiel, c’est évidemment la ligne qui sera suivie, la politique qui sera mise en œuvre.

Le message du suffrage universel

En démocratie, l’arbitre véritable, c’est le suffrage universel. Et il faut être très attentif à ce qu’il exprime à travers les scrutins successifs.

C’est ce que vous avez fait dans votre précédente déclaration de politique générale, le 8 avril, en notant :

« Par leur vote ou leur abstention lors des dernières élections municipales, les Français ont dit leur déception, leur doute, leur mécontentement et parfois leur colère… Ils ont exprimé leur soif de justice. Ce message est très clair. »

Depuis, le scrutin européen a confirmé ces résultats.

Nous ne pouvons pas, nous ne devons pas oublier ce message des électeurs.

Sinon, s’ils avaient le sentiment d’une indifférence à leur vote, voire d’un certain déni du suffrage universel, ils se tourneraient de plus en plus vers les partis extrémistes et leurs fausses solutions.

À côté du redressement des finances publiques, qui est évidemment nécessaire, il faut répondre aux préoccupations principales des Français et notamment de ceux qui nous ont fait confiance en 2012 : l’emploi, le pouvoir d’achat, les difficultés de la vie quotidienne.

 


SOCIAL-LIBÉRALISME ?

Face à ces enjeux, vous menez une politique que certains qualifient de « social‑libérale ».

Mais, comme la plupart des mots composés, le « social-libéralisme » peut apparaître ambigu. S’agit-il d’un socialisme, teinté d’un peu de libéralisme ? Ou bien s’agit-il d’un libéralisme, ayant conservé certains traits socialistes ?

Qu’est-ce qui domine dans cette formule mixte, dans cet oxymore, qui associe deux expressions habituellement contraires : socialisme et libéralisme ?

Reste-t-on principalement dans la tradition de 1981 ou de 1997 ? Ou bien s’inspire‑t‑on davantage de Blair et Schröder, qui seraient devenus les nouvelles figures de référence, les nouveaux totems à honorer ? Même si Lionel Jospin, chef de gouvernement au même moment, jugeait leur politique peu conforme aux attentes sociales.

Le soutien aux entreprises

Certes, en période de crise, il est normal de soutenir les entreprises. À l’Université d’été du Medef, vous avez rappelé les mesures prises dans ce but. C’est-à-dire le CICE, créé dès décembre 2012, et le Pacte de responsabilité, voté en juillet dernier. Soit au total, sur 3 ans, 41 milliards d’euros d’allégements des charges des entreprises.

Le Medef avance d’autres demandes. Sur la simplification du code du travail et sur les seuils sociaux.

Selon lui, ces seuils seraient un frein à l’embauche par les obligations légales qu’ils déclenchent. En particulier l’élection de délégués du personnel ou d’un comité d’entreprise, selon le nombre de salariés.

Pourtant, selon une étude de l’INSEE de 2010, la suppression des seuils sociaux n’aurait qu’un impact très limité sur les créations d’emplois.

Pourtant, renoncer à ces seuils, ce serait restreindre le droit des salariés à une véritable expression collective au sein de l’entreprise.

À cela s’ajoutent les dernières propositions du Medef : dérogations au Smic, à la durée légale du travail, suppression de jours fériés, etc.

Tout cela fait beaucoup. Et, à coup sûr, trop pour une majorité comme la nôtre, attachée à la situation des salariés.


DEUX MESURES

Par ailleurs, il serait très utile de préciser le dispositif du CICE.

Préciser le dispositif du CICE

La première concerne le CICE. Il doit certes continuer de s’appliquer, mais avec les « contreparties » prévues, alors que le Medef semble maintenant récuser ce terme.

M. Gattaz – qui continue de porter son pin’s « 1 million d’emplois » – doit jouer le jeu et respecter ses engagements. En partenaire de bonne foi.

Le CICE a été conçu avec un objectif précis : aider les entreprises à développer l’emploi et l’investissement. Et non pas pour d’autres fins éventuelles, choisies à leur guise. Comme augmenter les rémunérations et les dividendes.

Ce crédit d’impôt n’est évidemment pas un chèque en blanc attribué aux entreprises, qui l’utiliseraient à leur gré, à leur convenance, sans guère embaucher ou investir davantage.

Le chef de l’État a insisté sur ce point dans sa conférence de presse du 14 janvier 2014, en déclarant :

« Ces contreparties doivent être définies au plan national et déclinées par branches professionnelles. Elles porteront sur des objectifs chiffrés d’embauches, d’insertion des jeunes, de travail des seniors… Un ‟Observatoire des contreparties” sera mis en place. »

Notre groupe a donc déposé un amendement au projet de loi de finances rectificative pour 2014, amendement devenu l’article 29 de cette loi, qui dispose :

« Le gouvernement remet au Parlement avant le 1er mars 2015 un rapport sur la création d’un ‟Observatoire des contreparties”, dont le rôle sera de suivre l’utilisation par les entreprises des allégements de charges et d’impôts consentis à celles-ci aux moyens du CICE et du Pacte de responsabilité. »

Cette transparence s’impose. Car, comme l’a constaté le ministre du Travail le 10 septembre, trop peu des 50 principales branches ont commencé les négociations entre partenaires sociaux, pourtant décidées dès le 5 mars, et une seule les a conclues : la chimie.

Pour le reste, 33 branches ont ou vont entamer des négociations. Et 17 autres n’en ont encore engagé aucune.

Cette lenteur extrême ou cet immobilisme ne sont pas acceptables.

Quand il s’agit de combattre le chômage, la démarche ne peut rester celle-là : tarder, traîner, temporiser.

Le CICE présente une seconde lacune, majeure : l’absence de sélectivité.

Ce soutien s’adresse indistinctement à toutes les entreprises, quelles qu’elles soient. Qu’elles soient industrielles ou non. Qu’elles soient exportatrices et soumises à la concurrence extérieure ou non. Qu’elles soient bénéficiaires, même largement, ou non.

Ainsi, la grande distribution profite amplement de ce crédit d’impôt. En 2013, son impact aurait été de 70 millions d’euros pour Carrefour et de 45 millions pour Auchan.

À l’évidence, il faudrait concevoir un certain ciblage du CICE et le concentrer sur les secteurs ou les entreprises qui en ont réellement besoin. Avec une attention particulière pour les PME.

Soutenir aussi la demande

Par ailleurs, à côté de l’offre, il faut aussi soutenir la demande.

Mario Draghi l’a souligné le 22 août dernier, en analysant la situation de la zone euro :

« Une stratégie cohérente pour réduire le chômage doit s’appuyer à la fois sur des mesures d’offre et de demande… La demande a besoin d’un coup de fouet. »

Le président de la BCE encourage donc les pays européens à prendre des mesures de relance.

De même, le FMI s’inquiète de la faiblesse de la demande européenne et recommande une rigueur moins prononcée.

La France ne doit pas se polariser trop principalement sur une politique de l’offre. Elle doit stimuler à la fois l’offre et la demande. En améliorant notamment le pouvoir d’achat des ménages modestes.

À cet égard, en avril dernier, le Premier ministre s’était engagé – en particulier envers notre groupe – à ne pas geler la revalorisation au 1er octobre des retraites inférieures à 1200 € par mois.

Mais la prévision d’inflation pour 2014, faite par l’État, s’avère aujourd’hui nettement moins élevée qu’initialement prévu. De ce fait, l’application purement technique du « coefficient de revalorisation » aurait conduit à un non-relèvement de ces pensions.

D’où le choix d’une autre voie, d’une autre démarche, recommandée vendredi par notre groupe : donner un « coup de pouce » à ces petites pensions pour permettre leur relèvement, très attendu par les retraités modestes.


LES RELATIONS GOUVERNEMENT-PARLEMENT

Un deuxième élément est important pour notre groupe dans ce vote de confiance : la conception de vos relations avec le Parlement.

Vous avez déclaré le 27 août : « J’aime l’entreprise. » Très bien. Puis le 31 août : « J’aime les socialistes. » Encore mieux. Il vous reste à dire : « J’aime le Parlement. » (Applaudissements sur les bancs du groupe RRDP). Ce qui sera également très positif. (« Bravo ! » sur divers bancs).

Mais, il est vrai, vous l’avez presque déjà dit dans votre première déclaration de politique générale. Avec cette phrase : « Rien n’est possible sans l’écoute et le dialogue… Une démocratie forte, c’est un Parlement respecté. »

Vous annonciez alors une nouvelle méthode de travail, fondée sur une concertation accrue avec la majorité parlementaire.

Le gouvernement et sa majorité doivent en effet dialoguer pour s’accorder. Et ils doivent le faire le plus possible en amont des textes.

Bref, il s’agit de rompre avec certaines pratiques hégémoniques de la Vè République, qui auraient pu se résumer ainsi : « Le Gouvernement décide, le Parlement exécute. »

- Nous souhaitons donc l’usage moins fréquent de la procédure accélérée, qui oblige le Parlement à légiférer hâtivement et donc imparfaitement quand il s’agit de textes complexes qui nécessiteraient un examen approfondi.

Cette LGV, cette « Législation à Grande Vitesse », ne garantit guère l’efficacité des lois adoptées.

D’ailleurs, il vous arrive de remettre l’ouvrage sur le métier quelques mois seulement après la promulgation d’une nouvelle loi.

- De même, il importe de ne pas recourir aux ordonnances sur des sujets importants, comme cela avait été initialement envisagé pour le travail dominical. Car cette procédure reviendrait à esquiver, pour l’essentiel, le débat parlementaire.

Il faut se garder d’utiliser l’arsenal constitutionnel primitif de la Vè République, qui limitait le rôle du Parlement. En transformant les élus en simple machines à voter.

La vocation de la gauche, c’est, au contraire, de revaloriser le Parlement, qui est l’expression du suffrage universel.

Pas de vote automatique

Étant représentés dans l’équipe ministérielle, les députés de notre groupe accorderont leur confiance au Gouvernement, dans leur grande majorité. En étant solidaires sur les principaux choix.

Mais il s’agira d’un soutien lucide et réfléchi dans l’examen des divers projets de loi. Nous nous prononcerons texte par texte, cas par cas. Sans vote automatique ni mécanique.

Comme nous l’avons d’ailleurs fait ces cinq derniers mois. Il nous est arrivé, en effet, de devoir nous abstenir, voire de voter contre un texte pour pouvoir obtenir sa modification. Cela a été le cas sur la réforme territoriale, pour parvenir au maintien des Conseils généraux dans les départements ruraux.

D’ailleurs, l’Exécutif devra tenir compte de la nouvelle donne parlementaire, qui existe depuis quelques mois.

Le départ des écologistes du Gouvernement et les votes autonomes de certains députés socialistes donnent parfois des scrutins aux résultats plus aléatoires, plus incertains.

Dans cette situation parlementaire, contingente et difficile, les voix de notre groupe pourraient donc se trouver déterminantes pour l’issue de tel ou tel scrutin législatif. Elles seront souvent nécessaires pour l’obtention d’une majorité.


RASSEMBLER LA NATION

Un dernier point justifie notre soutien : la nécessité de rassembler notre pays, qui connaît beaucoup de fêlures, de fractures pouvant menacer son unité.

Notre société est devenue très fragile, très vulnérable. Et il ne faut pas la déstabiliser davantage en ajoutant la crise à la crise, ici au Parlement.

Une société fragile

- Fragilité d’abord avec 14 % de la population, soit 8.500.000 personnes, qui vivent sous le seuil de pauvreté. Parmi elles, on compte 3 millions d’enfants pauvres – soit 1 enfant sur 5 – dans notre pays, 5ème puissance économique mondiale.

- Fragilité avec 3.400.000 chômeurs, dont 540.000 jeunes de moins de 25 ans, devant qui semblent se fermer les portes de la société.

- Fragilité aussi avec les emplois précaires, qui se multiplient et qui génèrent l’incertitude de l’avenir.

- Fragilité avec la fracture territoriale entre les villes-centres et les banlieues populaires. Celles de la France périphérique, qui concentre toutes les difficultés sociales.

- Fragilité avec la montée du communautarisme, qui risque de fragmenter la société en entités particulières, repliées sur elles-mêmes.

- Fragilité, enfin, avec le retour du racisme, du rejet d’autrui, des slogans de haine des années 1930. Avec, en même temps, l’essor des partis extrémistes, qui pratiquent la démagogie et utilisent les pulsions collectives.

Unir

Avec le lien social qui se distend, la France devient une société inquiète, une société anxieuse, qui s’interroge, se défie et s’alarme.

Dans un tel contexte, la mission essentielle du Gouvernement, c’est de rassembler la nation. En recherchant le consensus. En surmontant les conflits et les tensions.

L’objectif, c’est une société plus apaisée et plus unie. Une société de concorde, qui pratique le dialogue, le débat, l’échange.

Les valeurs républicaines

Pour cela, il faut, comme toujours, en revenir aux « fondamentaux ». C’est-à-dire aux valeurs républicaines.

Justice et progrès. Egalité des chances sans distinction d’origine. Refus des discriminations. Tolérance et respect de chacun. Laïcité pour être ensemble, quelles que soient les appartenances confessionnelles. Fraternité pour bâtir une société plus solidaire.

Sur ces bases, notre pays peut retrouver la conscience commune d’un destin commun. Il peut retrouver « ce désir de vivre ensemble » par lequel on définit souvent une nation.

Sur ces bases, vous pouvez ouvrir des perspectives, « préparer l’avenir », selon la formule de Pierre Mendès France, et porter un nouvel espoir. (Applaudissements sur les bancs du groupe RRDP et sur de nombreux bancs du groupe SRC.)

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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 10:06

Jean-Michel Baylet, nouveau "patron" de la majorité ! Enfin presque...
 

Mercredi 17 Septembre 2014 à 05:00

Bruno Rieth propose son analyse de la situation de la majorité qui se transforme dans Marianne.

Comme nous l’avions annoncé, Manuel Valls a passé le barrage du vote de confiance. Mais, s'il a bien reçu le nombre de suffrages suffisants pour éviter de se retrouver en minorité, ce scrutin démontre clairement une base politique qui se réduit à vue d’œil. Les "frondeurs" progressent, les écolos sont unis dans le doute et le PRG de Baylet joue presque désormais les arbitres des élégances. C'est dire...

Jean-Michel Baylet (et ses 0,64 % à la primaire de 2011) au côté de François Hollande et Manuel Valls - CHESNOT/SIPA

 

Cinq mois. Cinq petits mois séparent les deux votes sur la déclaration de politique générale du gouvernement Valls 1 et Valls 2. C’est peu cinq mois, et pourtant, durant ce court laps de temps, la situation s’est clairement dégradée pour le Premier ministre. Le 8 avril dernier, ils étaient 306 députés à lui accorder leur confiance et 239 à lui refuser. Le seul groupe socialiste (SRC) comptabilisait 279 votes de soutien, ce qui suffisait à Manuel Valls pour gouverner avec une majorité absolue fixée alors à 273. À l’époque, seuls 11 députés socialistes s’étaient abstenus. On retrouvait déjà Pouria Amirshahi, Fanély Carrey-Conte, Pascal Cherki ou encore Henri Emmanuelli. Pour résumer, principalement l’aile gauche du PS du courant Un Monde d’avance. Les écologistes, tout juste sortis du gouvernement étaient encore divisés sur la stratégie à adopter. Dans un vote dispersé, ils étaient 10 à soutenir le gouvernement (dont les deux co-présidents du groupe, Barbara Pompili et François de Rugy) et 6 à s'abstenir comme Sergio Coronado, Eva Sas ou encore Noël Mamère. Côté députés du Front de gauche, ils étaient 12 à voter contre en toute logique. Les radicaux étaient 13 à soutenir le gouvernement. Là aussi logique, les députés PRG ne pouvaient pas désavouer un exécutif comptant des ministres radicaux.

Mais voilà, depuis avril dernier, Manuel Valls n’a pas chômé. Poussé peut-être par un François Hollande persuadé du bien-fondé de sa politique envers et contre tous, celui-ci a préféré faire la part belle aux revendications de Gattaz plutôt que de tendre l'oreille aux revendications des députés de sa propre majorité, qu'ils soient « frondeurs », écolos ou même chevènementistes.

Résultat, un vote de confiance obtenu ce mardi 16 septembre mais qui, au regard des suffrages exprimés, risque de donner quelques sueurs froides à l’équipe du Premier ministre et annonce des « emmerdes » en perspective pour les prochaines discussions sur le budget.

Les conseils généraux sauvés pour Baylet ?

Pour ce vote, la majorité absolue était de 257 voix. Problème : au sein du groupe PS, ils n’étaient que 253 députés socialistes à voter pour la confiance. Traduction : Valls ne possède plus qu’une majorité relative à l’Assemblée. Pis, il lui faut désormais compter beaucoup sur les radicaux… Chez les « frondeurs », ils sont 31 à avoir franchi le pas de l’abstention rejoint par les trois chevènementistes du groupe SRC. « Un avertissement sérieux qui doit être pris par l’exécutif », selon l’un des abstentionnistes. C’est que pour un mouvement qui n’a véritablement que 5 mois d’existence, ils ont triplé leur effectif. Si aucun n’a osé le vote contre, il reste encore deux ans et demi à tenir. Vu les cinq derniers mois, il n'est pas sûr que cette question ne vienne pas un jour titiller certains.

C’est côté écolo que la surprise est de taille. Comme nous l'avions écrit, Manuel Valls a réussi à unir les écologistes… contre lui. Ils sont 17 à s’être abstenus mise à part la député Isabelle Attard qui a voté contre (elle vient tout récemment de rejoindre les rangs de l'organisation Nouvelle donne). Un vote de groupe donc. Incroyable pourrait-on dire. Valls architecte... de la réunification des députés verts, c’en est presque émouvant...

Finalement, le vrai grand (et inattendu) gagnant de ce scrutin se prénomme Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche et heureux détenteur de 0,64 % des voix à la primaire de 2011 ! Durant l’été, celui-ci a mis un « coup de pression » à Manuel Valls au sujet de sa réforme territoriale, menaçant de lui retirer son appui et par la même occasion, ses ministres. En cause, le projet de suppression des conseils généraux. Il faut croire qu'en vieux briscard de la politique, le patron de La Dépêche du Midi avait anticipé qu'il serait bientôt en position de force. Bien vu puisque le Premier Ministre, dans son discours de politique générale, vient d’enterrer la disparition pure et simple des conseils généraux. Logiquement, les députés radicaux lui ont donc accordé leur confiance. Ce qui, au final, se traduit dans les suffrages par 269 voix pour Manuel Valls contre 244 contre (ces derniers n'étaient que 239 lors du dernier vote).

Un vote de confiance acquis donc, mais à quel prix ? Alors qu’en avril dernier la différence entre les pour et les contre était de 67 voix, aujourd’hui, il n'y a plus que 25 voix d'écart… Vingt-cinq petites voix, une peau de chagrin. Surtout, les frondeurs, s’ils restent encore dans une logique d’abstention, progressent par rapport à leur situation d'il y a cinq mois. Sur un vote de confiance, ce n’est pas anodin. Enfin, le torchon entre le gouvernement et les Verts ne brûlent plus seulement. Il est calciné, réduit en cendre.

Conclusion, il y a des chances que, pour Manuel Valls, ce vote de confiance ne lui inspire pas vraiment… la confiance justement.


Tags : austérité, Hollande, libéralisme, Manuel Valls, Vote de confiance

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 18:52


"Nous pourrions nourrir deux fois la population mondiale, et pourtant..."

PASSER LE DROIT A L'ALIMENTATION DANS LA RÉALITÉ.


Le Point - Publié le 09/09/2014 à 11:08 - Modifié le 09/09/2014 à 11:54

 

Olivier De Schutter, ex-rapporteur spécial de l'ONU, dénonce l'inertie du système agricole mondial. Pour lui, le droit à l'alimentation est encore une fiction.


Elle tue plus que le cancer, la guerre ou les catastrophes naturelles. En 2014, la faim est toujours d'actualité. Plus d'un milliard de personnes souffrent de sous-alimentation. Deux milliards de plus sont mal nourries. En parallèle, on dénombre 1,3 milliard d'individus en surpoids ou obèses. Cherchez l'erreur !


Surtout quand on sait que la planète pourrait produire largement assez pour nourrir tout le monde. Après six ans de mandat, Olivier De Schutter a abandonné en mai son tablier de rapporteur spécial de l'ONU pour le droit à l'alimentation, remplacé par la Turque Hilal Elver. Le Belge a pris la coprésidence d'un nouvel organisme, Ipes Food. Un regroupement d'experts qui veut être à l'alimentation durable ce que le Giec est au climat. De passage à Paris au forum Convergences pour débattre de la production agricole durable, le juriste a accepté de répondre à nos questions.


Le Point : En 2000, un des Objectifs du millénaire était de diviser par deux la faim dans le monde d'ici 2015, on en est loin. Quels nouveaux objectifs et surtout, quels moyens, faut-il prendre pour les prochaines années ?

Olivier De Schutter : Il y a un consensus sur la nécessité de réinvestir dans l'agriculture, mais pas n'importe laquelle. Celle entre les mains des petits producteurs, qui souvent font appel à une main-d'oeuvre familiale, dans les pays où la productivité est la plus basse, notamment l'Afrique subsaharienne. Même si ce diagnostic est très partagé, les solutions proposées dans les Objectifs du développement durable en train d'être adoptés à New York (en remplacement des Objectifs du millénaire, NDLR) vont dans le mauvais sens. Je suis inquiet que l'on continue de prôner les vieilles recettes de la libéralisation des produits agricoles, qui ont prouvé qu'elles échouaient. Libéraliser, ça veut dire mettre en concurrence les agricultures du monde entier, sacrifier les moins compétitives et encourager une agriculture focalisée sur l'exportatrice
plutôt que sur les cultures vivrières.

Il faut aller vers l'autosuffisance de chaque pays ?

Pas nécessairement, mais il faut aller vers un rééquilibrage entre les marchés internationaux et locaux, qui ont été sous-développés. On n'a pas tiré tous les enseignements des crises alimentaires. Il y a une vraie tension entre l'objectif affirmé d'aider les plus petits et miser, encore, sur le développement du commerce international.

Le droit à l'alimentation est donc, encore aujourd'hui, une fiction ?

Malheureusement, oui, dans bien des cas. Pourtant, nous vivons dans un monde qui, si l'on gérait adéquatement nos ressources, pourrait nourrir pratiquement deux fois la population de la planète. On produit l'équivalent de 4 500 kcal par personne et par jour. C'est deux fois plus que les besoins journaliers de 7 milliards d'habitants...

Vous avez pris vos fonctions en pleine crise, en 2008. Dans quelle mesure l'agriculture mondiale est-elle devenue le terrain de jeu des spéculateurs ?

Cela a été très vrai entre 2008 et 2011, mais, depuis, les investisseurs sont moins intéressés aujourd'hui à l'idée d'accaparer les terres pour produire. Sur les marchés financiers, des mesures ont été prises pour limiter la trop grande volatilité des cours. Comme avec la mise en place du Agricultural Market Information System, coordonné par la FAO (sur le prix du riz, du blé, du soja et du maïs, NDLR).

Mais le cartel des céréaliers reste une réalité aujourd'hui...

On sait que quatre entreprises* céréalières majeures monopolisent pratiquement le commerce international. Leur poids est encore plus excessif dans certaines régions. Cela entraîne des rapports de force extrêmement inégaux dans les chaînes alimentaires, du producteur au consommateur. Renforcer les organisations paysannes face à leurs intermédiaires, c'est un tabou dont on ne parle jamais dans les sommets internationaux.

Comment faire en sorte que les paysans aient leur mot à dire ?

Il est frappant de voir que, quand les sont payés moins. L'organisation en coopérative peut aider à renforcer leur pouvoir de négociation, à mieux choisir leurs acheteurs. Il faut aussi qu'ils soient mieux informés des prix auxquels ils peuvent prétendre.

Dans les pays qui ont franchi le pas, peut-on dire aujourd'hui que le rôle des OGM a joué un rôle positif?

C'est un chiffon rouge, qui a beaucoup trop monopolisé l'attention. En réalité, les OGM ont été bénéfiques à certains agriculteurs, dans certaines conditions, comme aux États-Unis. C'est un type de technologie adapté à leur agriculture industrielle. Mais dans beaucoup de cas, les OGM ne sont pas soutenables pour l'environnement, appauvrissent la biodiversité et, contrairement à ce qu'on pense souvent, augmentent à terme l'utilisation des pesticides. C'est aussi une technologie chère, pas adaptée pour les petits paysans qui dépendent du rachat de semences brevetées.

La malnutrition n'est pas qu'une affaire de pays du Sud. Aux États-Unis, l'écart se creuse entre la qualité du régime alimentaire des plus riches et des plus pauvres... Comment expliquer ce "quart-monde" des mal-nourris ?

Dans les pays développés, ce sont les groupes sociaux les moins favorisés et les moins bien logés, ceux qui passent leur temps dans les transports, qui sont les moins bien alimentés. Ils sont les premières victimes de diabète, de maladies cardio-vasculaires, de cancers. J'ai longtemps pensé que le facteur décisif était le prix des fruits et des légumes. Ce n'en est qu'un parmi d'autres. Les plus décisifs sont le groupe social auquel on appartient, ses normes et aussi le temps que l'on a pour cuisiner des
aliments frais.

Êtes-vous toujours partisan de taxer plus fortement les produits trop gras et sucrés, à faible valeur nutritive?

Oui, ce serait un très bon signal. Comme pour le tabac et l'alcool, les sodas et les aliments que les Anglo-Saxons appellent les HFSS (à forte teneur en gras, sucre et sel) doivent être taxés pour en décourager la consommation. Ils sont nocifs pour la santé ! C'est ce que le Mexique a fait depuis novembre 2013, cela va
dans le bon sens.

Après six ans de mandat, quel est votre plus gros regret ?

J'ai sous-estimé le verrouillage et l'inertie du système existant. Dans mon rapport final que j'ai remis en mars, j'ai identifié les sources de ces blocages. Il faut plaider aujourd'hui pour une réappropriation par les citoyens du système alimentaire. Ils sont expropriés de ce système, ils n'ont guère les moyens de l'influencer. Les décisions prises le sont en faveur des lobbys, et non des populations. Le seul obstacle, au fond, n'est pas technique. Il est de nature politique.

* Soit Archer Daniels Midland (ADM), Bunge, Cargill et Louis Dreyfus - trois firmes américaines et une française -, surnommées les "ABCD companies".

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14 septembre 2014 7 14 /09 /septembre /2014 16:04


L'affirmation nationale n'est pas un péché.


Réarmer la pensée républicaine.


 

Marianne : En France, la crise de confiance dans la parole et l'action politiques atteint un paroxysme depuis le remaniement. En cette rentrée surtendue, comment analysez-vous cette défiance ?


Jean-Claude Milner : Je retiens plusieurs raisons. Le quinquennat resserre le rythme et, du coup, souligne l'absence de contraste. La droite a été remplacée par la gauche ;
pourtant, à tort ou à raison, l'opinion ne perçoit pas de différence. L'alternance tourne à vide. Qui plus est, la coïncidence trop étroite entre élection présidentielle et élections législatives a retiré aux Français un moyen de corriger la trajectoire en cours de mandat ; la Constitution est devenue de ce fait une machine à produire des déconvenues. Dire que l'action politique est mise en cause, c'est un lieu commun, mais il y a plus : le doute s'étend aux institutions, je veux dire à la notion d'institution elle-même, ce qui relève à mes yeux du populisme. Toutefois, ces raisons n'expliquent pas tout.

Pourquoi ?


Parce que, plus profondément, le doute s'est installé dans l'esprit des Français sur le caractère national de leurs gouvernements.

Que voulez-vous dire ?


Aujourd'hui, l'esquisse même de réalisation d'un programme de type Front populaire serait tout bonnement impossible. A cause de l'Europe. Même le programme qui avait été défini par François Hollande lors de la dernière campagne présidentielle ne serait complètement applicable qu'à la condition de rompre avec plusieurs principes posés par l'Europe - je pense à la règle de libre concurrence qui interdit à l'Etat de soutenir des entreprises en difficulté. Or, la possibilité que l'Etat soit un acteur économique faisait partie de l'identité nationale.

Justement. L'Union européenne, comme vous le suggérez dans « La Politique des choses », fonctionne-t-elle comme une machine à « dépolitiser » ?


Oui, et les conséquences de cette dépolitisation sont particulièrement aiguës pour la gauche française. Elle tient à garder dans sa rhétorique une référence aux précédents de 1936 et de la Libération mais, à supposer qu'elle veuille s'en inspirer, elle se heurte, dans le réel, aux empêchements nés de traités qu'elle a elle-même ratifiés. On soutient que le Parti socialiste, à la différence de son homologue allemand, n'a pas fait son Bad Godesberg et n'a pas voulu assumer sa mue sociale-démocrate. C'est vrai, mais le PS a choisi l'Europe. Or, cela revient strictement au même. Sauf qu'on demeure dans le non-dit. Au lieu d'une révision idéologique explicite, on a préféré maintenir un idéal programmatique, en y juxtaposant une idolâtrie européenne qui, de fait, voue ce programme à du pur bavardage. Conclusion : les socialistes subissent un tiraillement maximal entre deux fantasmes.

La droite républicaine paraît aussi assez « tiraillée »...


Oui, mais à un moindre degré. Je ne parle pas ici des querelles de personnes. La droite de gouvernement est partagée entre le souvenir de la doctrine gaulliste en matière européenne et les effets de la déconstruction méthodique de cette doctrine, à partir de l'élection de Valéry Giscard d'Estaing, en 1974. Depuis lors, la droite se présente comme la plus européenne des formations politiques, mais cet engagement est contredit par la rémanence, toujours possible, de la thématique gaulliste.

C'est en raison de ces tiraillements structurels que triomphe aujourd'hui, au sommet de l'Etat, une certaine « acratie » ?


Oui, mais ce n'est pas lié à la personne d'un président en particulier. Tout le personnel politique français ne sait gouverner que dans le cadre de l'Etat westphalien ; il ne peut rationaliser son action que dans les limites de l'Etat-nation - un Etat doté d'un pouvoir central, qui homogénéise et rééquilibre le territoire ; cela requiert, entre autres choses, une économie animée par la puissance publique. Cet Etat non seulement stratège mais aussi investisseur est au cœur de notre modèle ; aujourd'hui, il est mis en échec par les traités européens. C'est pourtant lui qui a permis à notre pays, à de nombreuses reprises par le passé, de sortir des pires crises en lançant d'amples programmes de revitalisation de l'économie. De ma part, ce n'est en aucune façon un réquisitoire contre l'Europe. C'est un réquisitoire contre les hommes politiques. Aucun n'a eu l'audace de la clarté : si l'on veut maintenir le modèle français, il faudrait, dans les traités, une clause de préservation de l'Etat investisseur - ce qui conduirait à réévaluer la notion de déficit public. Si on juge cela inopportun ou nocif, alors il faut dire ouvertement que l'investissement public est devenu un luxe que la France ne peut plus s'offrir. Il faut choisir, or on ne choisit pas. D'où l'acratie dans ses deux variantes : soit le décisionnisme frénétique de Nicolas Sarkozy, soit la résolution de François Hollande de n'entreprendre que ce qu'autorisent les traités européens, pas davantage. A l'impopularité de l'un a succédé l'impopularité de l'autre ; sous des apparences opposées, la cause réelle est la même : le néant.

Etes-vous finalement devenu, comme Régis Debray ou Alain Finkielkraut, un nostalgique du général de Gaulle ?


Pas du tout ! Plutôt que la nostalgie du gaullisme, je ressens l'urgence du choix : ou bien le personnel politique français s'avise que sa méthodologie est liée à un modèle - celui de l'Etat-nation, stratège et investisseur - auquel il a lui-même renoncé, au nom de l'Europe, et alors il doit affronter la contradiction et la traiter d'une manière intelligente, ou bien il n'affronte rien, et le sentiment de ne plus être gouverné risque d'atteindre dans le peuple une intensité difficilement tolérable.

Plusieurs géographes et écrivains décrivent le face-à-face de deux France qui s'ignorent : celle, intégrée à la mondialisation, des centres-villes, et celle, laissée pour compte, des zones périurbaines. Quelle est votre analyse ?


Cette fracture est à mon avis la conséquence directe de la crise du mode d'intervention traditionnel de l'Etat. Encore une fois, un des mérites de la centralisation à la française tenait au principe d'équilibre qui la régissait.

D'équilibre entre les territoires... De recherche d'équilibre, en tout cas. L'Etat cherchait à rééquilibrer les régions entre elles par la redistribution, les services publics, etc. De la même façon, dans les agglomérations, la division entre centre et périphérie était compensée par l'implantation de sites industriels dans les banlieues (Citroën à Aulnay, Renault à Billancourt...). On ne peut pas négliger le rôle d'entraînement de ces entreprises nationalisées. Aujourd'hui, il n'y a plus un seul bassin d'emploi qui soit à la taille des zones périurbaines. Est-ce en réduisant le nombre de régions qu'on réparera cette situation ? Marianne a qualifié la réforme territoriale de « mille-feuille indigeste » - je crains de devoir ajouter : et inefficace. Etant donné la nature des pouvoirs exercés par les régions, qui tiennent plus de la gestion administrative que de la décision, il aurait fallu privilégier des évolutions de fonctionnement plutôt qu'un redécoupage. Faute de quoi, l'ancien centralisme dit « jacobin » se sera mué en un centralisme à centres multiples. Si le centralisme se définit comme pouvoir discrétionnaire d'un centre, la France de 2014 est plus centralisée qu'en 1981.

Comment, face à ces risques d'éclatement de la cohésion nationale, reconstruire du nous ?


Nulle part, sauf en France, le nationalisme n'est stigmatisé. Le mot nous choque. Le mot « patriotisme » nous fait sourire. Je parlerai donc d'indépendance nationale. On la permet aux pays émergents ; pourquoi serait-elle interdite aux pays vieillissants ? Le mot « national » sonne désagréablement, mais tant pis : il faut cesser de tenir l'affirmation nationale et l'indépendance nationale pour des péchés.

Pourquoi ?


Car il y a une manière non excluante de s'affirmer comme nation : les Allemands l'ont prouvé en menant à bien leur réunification.

Donc, pour vous, le préalable à la réaffirmation du nous, c'est la rupture avec le « french bashing », cette spécialité hexagonale ? Cela peut-il sérieusement endiguer le Front national?


Le FN a réussi ; il répond donc à des demandes. Au-delà de ces demandes, je discerne un désir d'histoire. Valéry Giscard d'Estaing avait tort : la page n'est jamais blanche. Se réapproprier, aujourd'hui, l'histoire d'un pays, ce serait entamer la reconstruction de ce que vous nommez le nous - l'appropriation républicaine des déterminations politiques. Sans mensonges, ni oubli, ni ignorance.

Il faudrait, aujourd'hui, rejouer une part de cette bataille ? En réarmant la pensée républicaine, c'est cela ?


Il faut, aujourd'hui, rejouer toute la partie. Pour une raison inverse de celle qui prévalait en 1875, au début de la IIIe République. La République est devenue une habitude. C'est presque pire.

En France, écriviez-vous dans « De l'école », « tout tient à quelques fragments de savoir ». Ce sont ces fragments de savoir qu'il faudrait remettre au cœur de notre actualité ?


Mais oui, car ces fragments de savoir et de culture spécifiques, liés à la singularité du modèle français, peuvent encore inspirer, en France, des décisions majeures. Un seul exemple : la neutralité de l'espace public. On ne peut que constater l'influence croissante du multiculturalisme ; elle s'appuie sur une donnée : la montée de l'islam politique, et sur une légende : les prétendus succès qu'auraient obtenus les modèles d'intégration fondés sur la juxtaposition et l'indifférence mutuelle des communautés. Or, ces modèles ont complètement échoué ; il suffit d'enquêter dans leurs zones d'influence : l'Europe du Nord et les nations anglophones. Quant à l'islam politique, plutôt qu'une menace, j'y discerne un rappel, qui n'a rien à voir avec l'islam. L'erreur, c'est de croire que les libertés démocratiques, la tolérance, l'autonomie intellectuelle sont naturelles ; elles ne le sont pas. Elles sont artificielles. Elles dépendent d'une machinerie compliquée, dont le meilleur artisan et le meilleur protecteur est un Etat ; quant à cet Etat, le meilleur moyen qu'il a d'intéresser ses citoyens à son perfectionnement, c'est de prendre appui sur l'indépendance nationale. C'est pour avoir négligé cette donnée élémentaire qu'on a laissé se développer de véritables zones d'extraterritorialité, où s'imposent des contre-modèles antirépublicains. Face à l'imminence des fractures, un propos commun doit être réarticulé ; si l'on veut que ce propos soit audible dans l'opinion, on ne peut y parvenir qu'en donnant toute sa place à la détermination «Etat-nation». L'articulation de la dimension nationale et de la dimension étatique va devoir être réinscrite au cœur de nos préoccupations.


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27 août 2014 3 27 /08 /août /2014 07:46


Comment faire passer pour un acte considérable,

une action inévitable, c'est le rôle de la COM ?

 

 


Les médias s'embêtaient peut-être alors il fallait occuper le terrain face à l'opinion. C'est fait ! Etablissons que F. Hollande et son premier ministre n'avaient guère d'autre choix que la démission du gouvernement après la quasi déclaration de guerre de quelques ministres d'importance.

Valls I est suivi par Valls II. Pas de gros changements. Si tout de même ! Un, nous récupèrons un banquier à l'économie, ce n'est pas forcément gage de réussite, mais c'est surement une victoire du lobby patronal et celui de la Finance. Certes on affuble M Macron du label social devant celui de libéral, appellation qui se veut rassurante. Mais qui dit clairement que nous n'avons plus de gouvernement de gauche.

E. Macron, ex secretaire général adjoint de l'Elysée, aurait "convaincu" F Hollande de faire baisser le coût du travail... Ce qui signifie : "rogner sur tous les postes du salaires des salariés". 

Il est probable que F Hollande n'exécutera qu'un mandat. Dans deux années, quels résultats significatifs pourra-t-il avancer pour l'emploi des jeunes, pour la remise en ordre (un meilleur contrôle) du monde de la Finance, pour la relance économique ? Pour cette dernière, le MEDEF - surement ravi de la tournure des évènements,  joue à fond l'attentisme sur le pacte de responsabilité: "on est dans le flou, on attend de voir, etc". Mais "on" ne se prive pas de pouvoir engranger la manne de 40 milliards d'euros associée au plan de responsabilité et ... de distribuer des dividendes aux actionnaires (entre 15 et 30 % de plus cette année selon les sources) par anticipation ? Les citoyens ont déjà commencé à faire les comptes et ils ont déjà distribuer les cartons jaunes, avant de changer de couleur.


Pour conclure, constatons, cependant, que la tendance de relocalisation de l'industrie se confirme, le résultat de l'action d'Arnaud Montebourg.

Quant aux Radicaux de Gauche ils restent au gouvernement. Loyauté oblige  mais surtout réalisme face aux prochaines échéances. D'ailleurs JM Baylet est persuadé qu'un autre remaniement interviendra selon des déclarations reprises dans la presse. Le point d'achoppement sera la conduite de la réforme territoriale.

La rentrée est là.


Erwan MARIE

PRG29


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7 août 2014 4 07 /08 /août /2014 08:10

Interview du Président des Radicaux de gauche au Nouvel Obs (lire en entier sur le nouvel-obs)

 

Jean-Michel BAYLET vous menacez aujourd'hui de rompre avec le gouvernement. Pourquoi ?

 

- Notre désaccord est grave et profond. Il porte principalement sur la réforme territoriale. Nous considérons qu'elle se fait dans la précipitation et en dehors de toute concertation utile et réelle avec celles et ceux qui sont concernés, c'est-à-dire les élus locaux, les fonctionnaires territoriaux et les populations qui ont quand même leur mot à dire. Sur le fond, nous comprenons la nécessité de la réforme, mais nous disons qu'il faut la faire sur des critères objectifs et sérieux. Au lieu de cela, on fusionne par exemple les deux immenses régions que sont le Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, mais on ne rattache pas la petite région des Pays-de-la-Loire à la Bretagne pour des raisons d'amitié personnelle avec le président de la République.

 

Que demandez-vous concrètement ?

 

- Nous exigeons le maintien du conseil général dans les départements ruraux. C'est une condition sine qua non. Seules les métropoles peuvent agir avec la même efficacité que les conseils généraux. Quand un département ne compte pas une telle métropole, le conseil général reste une collectivité de proximité indispensable pour les services et l'aménagement du territoire. Nous réclamons aussi une plus juste représentation de ces départements ruraux. Pour l'heure, avec le système qui a été retenu, les petits départements ne seront représentés que par un ou deux conseillers régionaux.

 

Si vous n'êtes pas entendu ?

 

 

- Je ne veux pas me conduire comme les Verts qui ne cessaient de menacer de sortir de la majorité gouvernementale. Mais sur la réforme territoriale, nous sommes très déterminés. Si nous ne sommes pas entendus, si nous arrivons à un point de rupture, alors là, oui, nous prendrons nos responsabilités et nous partirons du gouvernement. Nous en avons voté le principe lors de notre dernier comité directeur. Un vote confirmé par le bureau national, en présence de nos trois ministres. [...]

 

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Le journal Libération fait une analyse du positionnement du PRG, qui contredit, en quelque sorte, les déclarations du Président Jean-Mchel Baylet.

 

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Pourquoi les radicaux resteront sagement au gouvernement

Libération.f 7 AOÛT 2014 À 07:18

  •  

DÉCRYPTAGE

Leur patron Jean-Michel Baylet menace de faire démissionner les ministres radicaux de gauche à cause de la réforme territoriale. Un coup de bluff.

 

Iront-ils au bout? Dans une interview donnée au Nouvel Observateur, le patron des radicaux de gauche, Jean-Michel Baylet, menace de faire claquer la porte du gouvernement à sa ministre et ses deux secrétaires d’Etat si la réforme territoriale reste en l’état. Mais en lançant, en plein cœur de l’été, un avertissement déjà exprimé début juillet - soit avant le vote du texte en première lecture à l’Assemblée nationale - on a du mal à croire le sénateur et président du conseil général du Tarn-et-Garonne capable de faire prendre à sa famille politique le même chemin que les écologistes. Voici cinq raisons pour lesquelles, selon Libération, les radicaux de gauche resteront au gouvernement.

 

1 - Parce qu’ils n’ont jamais été aussi bien servis dans un gouvernement. Une ministre de plein exercice chargée d’une des priorités du quinquennat - le Logement - et deux secrétaires d’Etat - Développement/Francophonie et Sports - les Radicaux de gauche se proclament «deuxième force de la majorité» depuis le départ des écologistes. Qui plus est : ces derniers n’avaient eu droit qu’à deux membres dans le gouvernement Ayrault. Et si Jean-Michel Baylet n’en fait pas partie lui-même, c’est qu’à la veille du remaniement, le patron du PRG s’est retrouvé mis en examen pour une affaire de frais de bouche au conseil général du Tarn-et-Garonne vieille de dix ans… avant de bénéficier d’un non-lieu un mois plus tard. Pour un parti issu d’une famille plus que centenaire (le Parti radical fondé en 1901) mais dont l’influence se limite désormais à quelques régions du Sud-Ouest et départements d’outre-mer, il y a de quoi réfléchir avant de se priver de trois représentants dans un gouvernement de gauche. Et contrairement aux écologistes, les radicaux ne sont pas poussés par une base militante qui demande à quitter le navire hollandais.

 

2 - Parce que le PRG ne peut se la jouer autonome. A l’inverse des écologistes ou des communistes, s’ils sortent du gouvernement, les radicaux sont incapables d’agiter à la face des socialistes la menace d’une candidature à la présidentielle… Manière, de l’extérieur, de peser sur les décisions du gouvernement. Le PRG est peut-être l’un des plus vieux partis de France, mais il n’a pas, dans l’histoire de la Ve République, brillé par l’ampleur de ses scores aux élections présidentielles.

Depuis la scission du Parti radical en 1972, les radicaux de gauche n’ont présenté que deux candidats à la présidence de la République. En 1981, Michel Crépeau récolta 2,21% des voix et en 2002 Christiane Taubira obtint 2,32%, accusée par la suite d’être responsable de l’élimination de Lionel Jospin dès le 1er tour. Le reste du temps, les radicaux ont toujours choisi de soutenir le candidat socialiste avant le 1er tour. En 2011, Jean-Michel Baylet a ainsi participé à la primaire organisée par le parti socialiste, incarnant à lui seul le rassemblement avec les autres formations de gauche. S’il aura réussi à porter sa revendication d’une légalisation de la consommation de cannabis, il ne recueillera qu’un minuscule 0,64% des voix… des sympathisants de gauche.

 

3 - Parce que le gouvernement est ouvert sur les départements ruraux. Dans cette interview, Jean-Michel Baylet «exige le maintien du conseil général dans les départements ruraux». Il en fait même «une condition sine qua non» de la participation des radicaux au gouvernement. Surtout, Baylet craint que les départements ruraux soient complètement dilués dans les nouvelles grandes régions qui découleront de la réforme territoriale. «Les petits départements ne seront représentés que par un ou deux conseillers régionaux», redoute le sénateur. Mais Manuel Valls a déjà exprimé sur cette question une position de nature à rassurer Baylet et tous les élus socialistes des territoires ruraux. «Le gouvernement sera extrêmement attentif et très ouvert aux propositions que le Parlement sera amené à faire» sur «l’avenir des territoires ruraux», a promis le Premier ministre le 3 juillet.

 

4 - Parce que Hollande et Valls ont besoin d’eux. Si le Premier ministre se montre aussi ouvert, c’est aussi qu’avec le chef de l’Etat, il espère calmer les ardeurs de Baylet et ses troupes. Car c’est le seul levier sur lequel peut jouer le patron du PRG : menacer l’exécutif de le priver de majorité à la rentrée sur le budget. Car si Hollande et Valls ont depuis longtemps fait une croix sur une majorité de gauche au Sénat - où les radicaux de gauche ont près d’une vingtaine de représentants - celle de l’Assemblée ne tient qu’à un fil depuis le départ des écologistes et la «fronde» de trente à quarante socialistes sur les textes budgétaires. Les radicaux qui sortent et l’alerte rouge se déclenche pour un gouvernement Valls menacé de mise en minorité. Rien que pour éviter cette situation critique, Hollande saura trouver les mots - et les mesures - pour faire rentrer Baylet dans le rang de la majorité.

 

5 - Parce que se diviser avant les sénatoriales, ce serait l’assurance de faire gagner la droite. Outre la réforme territoriale, Jean-Michel Baylet l’a aussi mauvaise sur les sénatoriales. L’élu du Tarn-et-Garonne déplore «un désaccord avec le PS qui ne respecte pas l’accord électoral signé avec le PRG pour les sénatoriales» de septembre. Le patron du PRG fait bien de grogner, la dernière fois, ça avait marché. Pour les européennes, il s’était plaint auprès de Hollande du fait que son parti n’avait eu droit - dans un premier temps - à aucune tête de liste pour les européennes. Sans prévenir ses responsables locaux, le premier secrétaire d’alors, Harlem Désir, avait obtempéré et livré celle de la grande région Sud-Ouest à Virginie Rozière, à l’époque directrice de cabinet de Sylvia Pinel, et élue à Strasbourg aujourd’hui.

Après le raz-de-marée à droite aux municipales, le risque de basculement du Sénat est réel. Alors pour éviter de laisser sur le carreau davantage d’élus socialistes - susceptibles de lui en vouloir par la suite - le chef de l’Etat saura aussi trouver des compensations au courroux radical. Et Baylet saura évidemment les accepter.

Lilian ALEMAGNA et Rémy DODET

 

Probable réponse à la rentrée et plus surement après
la convention républicaine du parti en octobre.
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30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 07:54

VIRGINIE ROZIÈRE DÉPUTÉE EUROPÉENNE PRG :

 

"MONSIEUR JUNCKER, NOUS VOUS SURVEILLONS !"

 

MARDI 29 JUILLET 2014

Couverture

2014 marque un tournant pour l’Europe. Les partis politiques ont parlementarisé l’UE en faisant élire à la tête de la Commission le vainqueur des élections. Jean-Claude Juncker a été élu président de la Commission européenne par le Parlement. Il était le chef de file des partis de droite européens. Arrivé en tête des élections, sa nomination est une avancée démocratique indéniable. C’est le passage de l’intergouvernemental au communautaire. C’est un pas vers le fédéralisme que nous radicaux défendons. Mais Juncker, c’est aussi le libéral, l’ancien premier ministre d’un paradis fiscal. Et c’était notre concurrent lors des élections européennes, contre lequel nous opposions notre champion : Martin Schulz. Pour cela, j’ai décidé de m’abstenir. Comme le candidat désigné n’a pas de majorité sans les Socialistes & Démocrates, il fallait mettre en place un rapport de force pour infléchir son programme de travail. C’est primordial pour réorienter l’Europe, pour lutter contre la désaffection dont elle fait l’objet et contre le travail de sape des europhobes. Il était de la responsabilité de Juncker de rassembler une majorité au Parlement européen autour de sa candidature. Nous l’avons entendu dire qu’il était candidat parce qu’il n’aime pas l’Europe telle qu’elle est, dire sa priorité en faveur de la croissance et de l’emploi. Nous l’avons entendu, en écho au programme que nous avons défendu pendant la campagne, accepter d’utiliser la flexibilité du Pacte de stabilité, réfléchir à la dimension sociale des politiques économiques.

Nous avons également écouté ses réserves sur la nécessité d’une relance et d’investissements ambitieux, et ses réticences à renforcer la garantie jeunesse alors que le chômage des jeunes est plus que jamais une préoccupation majeure.

Les propositions de Monsieur Juncker sont insuffisantes pour répondre au désarroi et à la défiance de ceux qui souffrent des politiques d’austérité. Nous ne pouvons changer le résultat des élections. Les Français, et les Européens, ont voté massivement pour les partis de droite et d’extrême droite. Et nous, députés Socialistes & Démocrates, n’avons comme alternative que de composer avec l’échiquier politique tel qu’il nous est donné. Dans un contexte où chacune de nos voix doit être pesée pour réorienter l’Europe, j’affirme que nous avons fait le choix de placer le président de la Commission sous surveillance renforcée.

Nous devrons travailler conjointement avec nos adversaires... Mais pas à n’importe quel prix, pas au prix de la réorientation de l’Europe. Le choix de l’abstention était le choix du respect de la démocratie, et de la proclamation de mes convictions, résolument pro- européennes, résolument de gauche !

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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 15:53

Guillaume LACROIX, récent Secrétaire général du Parti Radical de Gauche, a été interviewé par le journal Le Monde le mardi 22 juillet dernier.

 

 

 

Pour les radicaux de gauche, « le PS ne respecte pas notre accord »

 

 

 

Le Parti socialiste affirmait début juillet avoir trouvé un accord pour les sénatoriales avec le Parti radical de gauche (PRG) pour faire des listes communes, à l’exception de la Charente-Maritime. Une version démentie par les radicaux, qui considèrent que Solférino ne respecte pas sa part du marché.

Explications avec Guillaume Lacroix, secrétaire général du PRG.

 

IMG_4318.jpg

Guillaume Lacroix (PRG29)

 

Avez-vous, comme l'affirme Solférino, conclu un accord avec le PS sur les sénatoriales ?

 

Guillaume Lacroix : Nous avons signé en 2013 un accord qui portait sur l'ensemble des échéances électorales de 2014, les municipales, les européennes et les sénatoriales. Pour cette dernière partie, il a été signé par le premier secrétaire du PS de l'époque Harlem Désir, le président du PRG Jean-Michel Baylet, le président du groupe RDSE (les radicaux au Sénat) et le président du groupe socialiste qui à l'époque était François Rebsamen, et enfin par Jean-Pierre Bel, le président du Sénat. Les choses se sont faites différemment des autres fois, où nous avions constitué notre groupe au Sénat de manière indépendante. Cet accord existe donc, mais le problème c'est que le PS ne le respecte pas.

 

 

Que prévoyait cet accord ?

 

 

L'accord prévoit la garantie habituelle pour les postes des sortants, ainsi que cinq nouvelles places pour le PRG. Parmi celles-ci, deux sont actées, en Ardèche et en Saône-et-Loire. En revanche pour les trois autres, il y a des soucis. En Eure-et-Loir, une candidate socialiste est prête à entrer en dissidence, en Charente-Maritime, c'est la totalité de la liste socialiste qui menace de partir de son côté. Enfin, la troisième place sur la liste du Rhône pose également problème.

 

 

Vous considérez donc qu'il y a rupture de l'accord ?

 

 

Nous ne comprenons pas pourquoi avoir proposé cet accord si c'est pour ne pas l'appliquer. Il y a un problème de considération, de fonctionnement de la majorité et de respect de la parole donnée. On le voit avec les difficultés de la réforme territoriale. Nous sommes allés dire clairement que nous voulions participer à la réforme de la France. Mais il faut pouvoir en parler entre partenaires avant que les annonces soient faites. Nous sommes l'un des deux piliers de la majorité, nous avons été les champions de la loyauté, sur des textes comme la réforme pénale ou le projet de loi de finances rectificative.

 

 

 

Que comptez-vous faire si les termes de l'accord ne sont pas respectés ?

 

Il faut rappeler que le groupe RDSE s'est composé tout seul. S'il faut reprendre les anciennes habitudes, on le fera. Nous serons candidats là où nous avons l'habitude de l'être, en Rhône-Alpes, en Provence-Alpes-Côte d'Azur, et globalement dans les départements qui sont ouverts aujourd'hui au renouvellement.

 

Plus généralement, le comité directeur de notre parti qui s'est tenu le 11 juin a voté le fait que si nous n'arrivons pas à trouver, sur la réforme territoriale, sur le fonctionnement de la majorité, et sur le respect de la parole donné, un fonctionnement de majorité, nous nous poserons la question de notre présence au gouvernement.

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24 juillet 2014 4 24 /07 /juillet /2014 08:08

Le vrai pouvoir des riches
 

Par Bruno Abescat, publié le 23/07/2014 à 16:42
 

LES FORTUNES PROLIFÈRENT PARTOUT DANS LE MONDE. CAPITALISTES OU GRANDS PATRONS, SPORTIFS D'EXCEPTION OU AUTEURS À SUCCÈS, BANQUIERS OU AVOCATS INTERNATIONAUX, CES NANTIS CONSTITUENT UNE ARISTOCRATIE COSMOPOLITE ET DISPARATE, TOUJOURS PLUS PUISSANTE ET INFLUENTE. DÉJÀ, CERTAINS D'ENTRE EUX N'HÉSITENT PLUS À DÉFIER LES GOUVERNEMENTS, D'AUTRES CONTRÔLENT LES MÉDIAS, BEAUCOUP SE SUBSTITUENT AUX ETATS DÉFAILLANTS. ET CE MOUVEMENT N'EST PAS PRÈS DE RALENTIR.

 

La scène remonte à 2007, mais elle en dit long sur l'un des patrons français les plus puissants. Ce samedi 10 février, Bernard Arnault, PDG de LVMH, l'une des plus grandes fortunes mondiales, reçoit la cravate de commandeur de la Légion d'honneur. Privilège des vrais nantis, la cérémonie se tient à son domicile parisien. Thierry Breton, ministre de l'Economie, fait le déplacement pour décorer le n° 1 du luxe. Il n'est pas le seul : Nicolas Sarkozy, Claude Pompidou et le Premier ministre britannique, Tony Blair, notamment, viennent le féliciter. En toute intimité.

Cela se passe comme ça avec Bernard Arnault. Comment refuser quoi que ce soit à cette figure du capitalisme tricolore, à cet entrepreneur, pourvoyeur d'emplois, à ce patron de presse aux multiples réseaux, au mécène encore qui vient d'annoncer la prochaine ouverture, le 27 octobre, de la Fondation Vuitton? Un écrin posé dans le Jardin d'Acclimatation, à Paris, signé Frank Gehry, qui abritera notamment une partie de sa collection d'art contemporain.

Dans sa catégorie, "B.A." est au top. En haut de l'affiche de cette aristocratie cosmopolite et disparate, difficile à cerner, mais qui assoit son pouvoir chaque jour un peu plus. Qu'ils soient capitalistes, grands patrons, banquiers, artistes, champions sportifs, tradeurs de haut vol, avocats internationaux, architectes renommés ou auteurs à succès - tous gens fortunés -, ils semblent "avoir gagné sur tous les tableaux", comme concluait, au début de l'année, dans un livre percutant, Pourquoi les riches ont gagné (Albin Michel), l'essayiste Jean-Louis Servan-Schreiber.

 


L'aciériste indien Lakshmi Mittal n'a pas plié devant le gouvernement français.

 
Aujourd'hui, certains sont capables de défier les Etats, d'autres - parfois les mêmes - contrôlent les médias, beaucoup suppléent aux gouvernements défaillants. Dans un monde sans frontières, tous tiennent le devant de la scène. Ces dernières semaines, plusieurs ont défrayé la chronique. Leur démarche peut paraître parfois anecdotique. Elle est souvent déterminante. Jamais anodine.

Le milliardaire Petro Porochenko, le "roi du chocolat", conquiert la présidence de l'Ukraine après avoir mis ses ressources - colossales - au service de la contestation pro -européenne. Leonardo DiCaprio, héros de Titanic et ardent défenseur de l'environnement, débourse 7 millions de dollars pour la préservation des océans. Patrick Drahi, le nouveau "tycoon" des télécoms, apporte 14 millions d'euros à Libération - une goutte d'eau à l'aune de sa fortune, un investissement salutaire pour le quotidien. De son côté, J. K.Rowling, l'auteur britannique de la saga Harry Potter, s'engage, à cent jours du référendum sur l'indépendance, pour le maintien de l'Ecosse au sein du Royaume-Uni, et joint le geste à la parole en signant, en guise de soutien, un chèque de 1,2 million d'euros...

 

Milliardaires et millionnaires prolifèrent

 
Incontournables, les riches ? Toujours plus nombreux, en tout cas. Cette année, la famille des milliardaires s'est encore élargie : ils sont 1 645 dans le monde selon le magazine Forbes. Un record absolu depuis la création de ce classement, en 1987. Ensemble, ces ultra-riches "pèsent" 6400 milliards de dollars. L'équivalent de la somme des PIB de la France et de l'Allemagne! A l'étage du dessous, les millionnaires aussi prolifèrent : le cabinet de conseil Capgemini en dénombre près de 12,5 millions (en dollars).

Et ce mouvement n'est pas près de ralentir. La croissance de leur richesse devrait s'accélérer, sous l'effet notamment du développement de l'économie numérique, à l'origine de promotions éclairs. Cette année, Jan Koum et Brian Acton - les fondateurs de WhatsApp - sont entrés dans le club des milliardaires et dans la légende de la Silicon Valley. Mark Zuckerberg, patron de Facebook, a eu la (riche) idée de racheter pour 19 milliards de dollars leur société, créée en... 2009 !

 


Petro Porochenko est devenu président de l'Ukraine après avoir financé les contestataires proeuropéens.

Zuckerberg - dont la fortune personnelle a doublé l'an dernier - est l'un de ces capitalistes dont le patronyme est (presque) aussi connu que leur firme, à l'image de Larry Page (Google) ou de Jeff Bezos (Amazon). Dans le sillage de leurs aînés, Bill Gates (Microsoft) ou feu Steve Jobs (Apple), ils ont fait de la planète leur terrain de jeu. Ils y déplacent leurs pions au gré de leurs envies et de leurs intérêts. Ces géants du Net contournent ainsi allègrement les réglementations fiscales.

A présent, leur domination sur la Toile est telle qu'ils suscitent même l'inquiétude. Mathias Döpfner, PDG du groupe de presse allemand Axel Springer, concédait, le 16 avril dernier, dans une lettre ouverte au n° 2 de Google, "avoir peur" du moteur de recherche et de son écosystème, de plus en plus tentaculaire : "J'espère que vous êtes conscient de la responsabilité particulière de votre entreprise." Aux Etats-Unis, Jeff Bezos, lui, a gagné le surnom de "Voldemort" - alias "le Seigneur des Ténèbres" -, l'un des personnages de Harry Potter.

 


Bill Gates reçu en guest star par Manuel Valls


Les riches n'en imposent pas que dans le high-tech. Partout, les leaders des plus grandes entreprises bravent les Etats. Philip Morris réclame 25 millions de dollars à l'Uruguay parce que ce pays l'a contraint à augmenter les messages de prévention sur ses paquets de cigarettes. Malgré les pressions pour maintenir en activité les hauts-fourneaux de Florange, le magnat de l'acier, Lakshmi Mittal, n'a pas plié devant le gouvernement français. Et pas question de contrarier ces globe-trotteurs ! Ils n'hésitent pas alors, comme leur argent, à filer sous d'autres cieux. En mai 2005, François Pinault a renoncé à son projet de fondation dans l'île Seguin pour jeter son dévolu sur le palais Grassi, à Venise... Les lourdeurs administratives le rendaient chèvre.

"Les Etats ferraillent avec les riches, mais ils n'ont pas les moyens de leur faire la guerre", remarque Jean-Louis Servan-Schreiber. Face aux multinationales et à leurs responsables, ils paraissent souvent désarmés. Comment s'en étonner quand la trésorerie d'Apple (159 milliards de dollars) est trois fois supérieure à celle de l'Etat fédéral américain ; quand le seul chiffre d'affaires de Royal Dutch Shell représente plus de 60 % de la richesse des Pays-Bas ; quand le distributeur américain Walmart emploie quelque 2,2 millions de salariés. Forts d'un tel levier d'influence, ses propriétaires, la famille Walton, sont toujours très... écoutés. D'autant qu'ils sont aussi très riches. Quatre des héritiers de ce mastodonte figurent parmi les 15 premières fortunes mondiales.


Ils murmurent à l'oreille des ministres


Les têtes d'affiche du patronat sont aussi des acteurs sociaux à part entière. Leur influence ne cesse même de croître, simultanément à leurs rémunérations. Voilà trente ans, la publication du salaire d'Ambroise Roux - l'équivalent actuel de 1,5 million d'euros par an - avait fait scandale. Aujourd'hui, le PDG de l'ex-Compagnie générale d'électricité figurerait dans les tréfonds du classement des patrons du CAC40! Loin derrière Carlos Ghosn (Renault-Nissan), Jean-Paul Agon (L'Oréal), Henri de Castries (Axa) ou Maurice Lévy (Publicis). Tous ont leurs entrées en haut lieu.
 


J. K. Rowling, l'auteur de Harry Potter, a signé un chèque de 1,2 million d'euros pour le maintien de l'Ecosse dans le Royaume-Uni.
 

Les gouvernants les consultent régulièrement. Et, à défaut de toujours les choyer, ils prennent soin de ménager ces messieurs. Pendant l'affaire Alstom, il n'y a qu'à voir comment l'exécutif français a composé avec les dirigeants de General Electric et de Siemens. En pleine bataille pour le rachat de SFR, le 27 février, Martin Bouygues, lui, est venu directement plaider sa cause auprès de François Hollande. Le 5 mai, lors du dîner donné à l'Elysée en l'honneur du Premier ministre japonais, Shinzo Abe, un aréopage de patrons, dont Christophe de Margerie (Total) et Chris Viehbacher (Sanofi), côtoyait les politiques. A la fin de juin encore, en marge des Solidays, Bill Gates était reçu en guest star par Manuel Valls.

Quelques-uns de ces "rich and famous" ne se contentent pas de murmurer à l'oreille des ministres. Ils s'engagent, à l'image des Dassault, père et fils, ou, plus récemment, des entrepreneurs Charles Beigbeder et Denis Payre. D'autres financent un think tank pour diffuser leurs idées ou soutiennent les causes qui leur tiennent à coeur, comme l'Américain George Soros. En trente ans, le célèbre financier d'origine hongroise a donné - notamment - 2,4 milliards de dollars en faveur des droits de l'homme.



Les riches et leurs "bonnes oeuvres"


Au-delà, les riches ont leurs "bonnes oeuvres". Ils sont de plus en plus nombreux à adopter "un comportement socialement responsable", souligne Capgemini. A l'heure où la plupart des Etats, endettés, sont fragilisés - "l'arbitre est en haillons", dit joliment Servan-Schreiber -, ils peuvent avancer d'importants moyens et se substituer aux pouvoirs publics pour remplir certaines missions. Dans l'humanitaire, le social, la culture, mais aussi l'éducation ou l'environnement.

Le fondateur de Free, Xavier Niel, a ouvert, l'an dernier, l'école "42", destinée à délivrer, gratuitement, une formation en informatique. Aux Etats-Unis, trois "milliardaires verts" - Henry Paulson (ex-patron de Goldman Sachs), Tom Steyer (ancien gérant d'un fonds spéculatif) et Michael Bloomberg - mènent la lutte contre le réchauffement climatique. En Italie, Diego Della Valle, PDG de Tod's, engage sa maison et 25 millions d'euros pour restaurer le Colisée...

Il faut se réjouir de ces initiatives privées. Il faut aussi connaître leurs limites. Demain, quel mécène acceptera de financer la réfection d'un monument ou de parrainer telle exposition s'il ne bénéficie pas d'une certaine visibilité? Les choix des riches ne sont jamais désintéressés. Ils peuvent, aussi, être d'un goût douteux. Connaissez-vous Jason Buzi? Ce millionnaire américain, qui a fait sa pelote dans l'immobilier, s'amuse à dissimuler des enveloppes de billets dans les espaces publics, puis poste des indices, via son compte Twitter, dans l'espoir qu'un petit chanceux puisse les retrouver. On songe alors à Michel Audiard : "Plus t'as de pognon, moins t'as de principes. L'oseille, c'est la gangrène de l'âme." Parfois.

In l 'Express.fr

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Published by radicalisme-finisterien - dans Gouvernement Politique
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