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7 août 2014 4 07 /08 /août /2014 08:10

Interview du Président des Radicaux de gauche au Nouvel Obs (lire en entier sur le nouvel-obs)

 

Jean-Michel BAYLET vous menacez aujourd'hui de rompre avec le gouvernement. Pourquoi ?

 

- Notre désaccord est grave et profond. Il porte principalement sur la réforme territoriale. Nous considérons qu'elle se fait dans la précipitation et en dehors de toute concertation utile et réelle avec celles et ceux qui sont concernés, c'est-à-dire les élus locaux, les fonctionnaires territoriaux et les populations qui ont quand même leur mot à dire. Sur le fond, nous comprenons la nécessité de la réforme, mais nous disons qu'il faut la faire sur des critères objectifs et sérieux. Au lieu de cela, on fusionne par exemple les deux immenses régions que sont le Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, mais on ne rattache pas la petite région des Pays-de-la-Loire à la Bretagne pour des raisons d'amitié personnelle avec le président de la République.

 

Que demandez-vous concrètement ?

 

- Nous exigeons le maintien du conseil général dans les départements ruraux. C'est une condition sine qua non. Seules les métropoles peuvent agir avec la même efficacité que les conseils généraux. Quand un département ne compte pas une telle métropole, le conseil général reste une collectivité de proximité indispensable pour les services et l'aménagement du territoire. Nous réclamons aussi une plus juste représentation de ces départements ruraux. Pour l'heure, avec le système qui a été retenu, les petits départements ne seront représentés que par un ou deux conseillers régionaux.

 

Si vous n'êtes pas entendu ?

 

 

- Je ne veux pas me conduire comme les Verts qui ne cessaient de menacer de sortir de la majorité gouvernementale. Mais sur la réforme territoriale, nous sommes très déterminés. Si nous ne sommes pas entendus, si nous arrivons à un point de rupture, alors là, oui, nous prendrons nos responsabilités et nous partirons du gouvernement. Nous en avons voté le principe lors de notre dernier comité directeur. Un vote confirmé par le bureau national, en présence de nos trois ministres. [...]

 

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Le journal Libération fait une analyse du positionnement du PRG, qui contredit, en quelque sorte, les déclarations du Président Jean-Mchel Baylet.

 

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Pourquoi les radicaux resteront sagement au gouvernement

Libération.f 7 AOÛT 2014 À 07:18

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DÉCRYPTAGE

Leur patron Jean-Michel Baylet menace de faire démissionner les ministres radicaux de gauche à cause de la réforme territoriale. Un coup de bluff.

 

Iront-ils au bout? Dans une interview donnée au Nouvel Observateur, le patron des radicaux de gauche, Jean-Michel Baylet, menace de faire claquer la porte du gouvernement à sa ministre et ses deux secrétaires d’Etat si la réforme territoriale reste en l’état. Mais en lançant, en plein cœur de l’été, un avertissement déjà exprimé début juillet - soit avant le vote du texte en première lecture à l’Assemblée nationale - on a du mal à croire le sénateur et président du conseil général du Tarn-et-Garonne capable de faire prendre à sa famille politique le même chemin que les écologistes. Voici cinq raisons pour lesquelles, selon Libération, les radicaux de gauche resteront au gouvernement.

 

1 - Parce qu’ils n’ont jamais été aussi bien servis dans un gouvernement. Une ministre de plein exercice chargée d’une des priorités du quinquennat - le Logement - et deux secrétaires d’Etat - Développement/Francophonie et Sports - les Radicaux de gauche se proclament «deuxième force de la majorité» depuis le départ des écologistes. Qui plus est : ces derniers n’avaient eu droit qu’à deux membres dans le gouvernement Ayrault. Et si Jean-Michel Baylet n’en fait pas partie lui-même, c’est qu’à la veille du remaniement, le patron du PRG s’est retrouvé mis en examen pour une affaire de frais de bouche au conseil général du Tarn-et-Garonne vieille de dix ans… avant de bénéficier d’un non-lieu un mois plus tard. Pour un parti issu d’une famille plus que centenaire (le Parti radical fondé en 1901) mais dont l’influence se limite désormais à quelques régions du Sud-Ouest et départements d’outre-mer, il y a de quoi réfléchir avant de se priver de trois représentants dans un gouvernement de gauche. Et contrairement aux écologistes, les radicaux ne sont pas poussés par une base militante qui demande à quitter le navire hollandais.

 

2 - Parce que le PRG ne peut se la jouer autonome. A l’inverse des écologistes ou des communistes, s’ils sortent du gouvernement, les radicaux sont incapables d’agiter à la face des socialistes la menace d’une candidature à la présidentielle… Manière, de l’extérieur, de peser sur les décisions du gouvernement. Le PRG est peut-être l’un des plus vieux partis de France, mais il n’a pas, dans l’histoire de la Ve République, brillé par l’ampleur de ses scores aux élections présidentielles.

Depuis la scission du Parti radical en 1972, les radicaux de gauche n’ont présenté que deux candidats à la présidence de la République. En 1981, Michel Crépeau récolta 2,21% des voix et en 2002 Christiane Taubira obtint 2,32%, accusée par la suite d’être responsable de l’élimination de Lionel Jospin dès le 1er tour. Le reste du temps, les radicaux ont toujours choisi de soutenir le candidat socialiste avant le 1er tour. En 2011, Jean-Michel Baylet a ainsi participé à la primaire organisée par le parti socialiste, incarnant à lui seul le rassemblement avec les autres formations de gauche. S’il aura réussi à porter sa revendication d’une légalisation de la consommation de cannabis, il ne recueillera qu’un minuscule 0,64% des voix… des sympathisants de gauche.

 

3 - Parce que le gouvernement est ouvert sur les départements ruraux. Dans cette interview, Jean-Michel Baylet «exige le maintien du conseil général dans les départements ruraux». Il en fait même «une condition sine qua non» de la participation des radicaux au gouvernement. Surtout, Baylet craint que les départements ruraux soient complètement dilués dans les nouvelles grandes régions qui découleront de la réforme territoriale. «Les petits départements ne seront représentés que par un ou deux conseillers régionaux», redoute le sénateur. Mais Manuel Valls a déjà exprimé sur cette question une position de nature à rassurer Baylet et tous les élus socialistes des territoires ruraux. «Le gouvernement sera extrêmement attentif et très ouvert aux propositions que le Parlement sera amené à faire» sur «l’avenir des territoires ruraux», a promis le Premier ministre le 3 juillet.

 

4 - Parce que Hollande et Valls ont besoin d’eux. Si le Premier ministre se montre aussi ouvert, c’est aussi qu’avec le chef de l’Etat, il espère calmer les ardeurs de Baylet et ses troupes. Car c’est le seul levier sur lequel peut jouer le patron du PRG : menacer l’exécutif de le priver de majorité à la rentrée sur le budget. Car si Hollande et Valls ont depuis longtemps fait une croix sur une majorité de gauche au Sénat - où les radicaux de gauche ont près d’une vingtaine de représentants - celle de l’Assemblée ne tient qu’à un fil depuis le départ des écologistes et la «fronde» de trente à quarante socialistes sur les textes budgétaires. Les radicaux qui sortent et l’alerte rouge se déclenche pour un gouvernement Valls menacé de mise en minorité. Rien que pour éviter cette situation critique, Hollande saura trouver les mots - et les mesures - pour faire rentrer Baylet dans le rang de la majorité.

 

5 - Parce que se diviser avant les sénatoriales, ce serait l’assurance de faire gagner la droite. Outre la réforme territoriale, Jean-Michel Baylet l’a aussi mauvaise sur les sénatoriales. L’élu du Tarn-et-Garonne déplore «un désaccord avec le PS qui ne respecte pas l’accord électoral signé avec le PRG pour les sénatoriales» de septembre. Le patron du PRG fait bien de grogner, la dernière fois, ça avait marché. Pour les européennes, il s’était plaint auprès de Hollande du fait que son parti n’avait eu droit - dans un premier temps - à aucune tête de liste pour les européennes. Sans prévenir ses responsables locaux, le premier secrétaire d’alors, Harlem Désir, avait obtempéré et livré celle de la grande région Sud-Ouest à Virginie Rozière, à l’époque directrice de cabinet de Sylvia Pinel, et élue à Strasbourg aujourd’hui.

Après le raz-de-marée à droite aux municipales, le risque de basculement du Sénat est réel. Alors pour éviter de laisser sur le carreau davantage d’élus socialistes - susceptibles de lui en vouloir par la suite - le chef de l’Etat saura aussi trouver des compensations au courroux radical. Et Baylet saura évidemment les accepter.

Lilian ALEMAGNA et Rémy DODET

 

Probable réponse à la rentrée et plus surement après
la convention républicaine du parti en octobre.
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