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18 septembre 2020 5 18 /09 /septembre /2020 08:24

Remettons la langue française au cœur de notre identité

 

 

 

 

"Remettre la langue française au cœur de notre identité est un projet de "reconquête républicaine". Une reconquête par l’intégration, dans laquelle la langue doit être la priorité. Cela passe notamment par les moyens dédiés à l’apprentissage du français pour les nouveaux arrivants", argumente Pierre-Yves Bournazel. In Marianne 09-2020.

 

« Les images de violences extrêmes commises par des bandes, le chaos que sèment des casseurs en marge de manifestations, les discours de haine qui essaiment dans l’opinion et sur les réseaux sociaux, les tentations de séparatisme qui abîment le pacte républicain, la concurrence des mémoires qui attise le communautarisme en prétendant faire œuvre d’Histoire… Ces faits divers et ces polémiques rythment l’actualité et agitent la sphère médiatique.

L’« hyperfocalisation » sur ces phénomènes témoigne certes du temps de l’information immédiate et en continu, mais ils sont davantage les signaux d’une société fracturée qui se radicalise, qui doute d’elle-même, inquiète de son avenir et de son identité. Bien entendu les citoyens attendent légitimement des réponses judiciaires fortes à ces atteintes à la République et à l’autorité de l’Etat.

Sous les deux quinquennats précédents, les mêmes fractures et les mêmes questionnements étaient présents avec la même intensité. Aussi cela devrait-il inviter ceux qui étaient alors au pouvoir à une forme d’humilité.

Le débat sur l’identité demeure et sera sans nul doute un thème majeur de la prochaine élection présidentielle. Les termes actuels du débat portent en eux le piège du repli sur soi et du rétrécissement, entre une droite et une gauche identitaires qui ne cherchent plus à savoir ce que nous avons de commun. Elles se définissent de plus en plus à travers une grille de lecture systémique de la société, désignant d’un côté des boucs émissaires et de l’autre des victimes.

 

FRACTURES

Cette exacerbation des tensions entre les citoyens nourrit une fragmentation dangereuse des identités sans offrir d’issue positive. Les voies de la démagogie et du populisme sont des dangers.

Comment en effet reprendre le fil d’un récit national sans tout d’abord poser ce qui nous rassemble et ce qui constitue la fierté d’être français ? Loin de pécher par angélisme, c’est la substance même de l’identité qui réclame de se tourner vers ce qui fait l’amour de notre pays.

« Ma patrie, c’est la langue française », disait Albert Camus. Depuis l’ordonnance de Villers-Cotterêts, suivi par le mouvement de la Révolution, la langue française a permis l’unification de la nation, l’émancipation de l’individu et notre vocation universelle.

Notre langue a ainsi façonné notre identité française.

La maîtrise de la langue est la condition fondamentale de la réussite de l’intégration. Maîtriser le français, c’est un projet d’adhésion à notre pays, à ses valeurs républicaines, à sa culture, à son histoire. L’enjeu est d’autant plus décisif que c’est aussi là que se joue la capacité à exprimer ses opinions et à se comprendre entre citoyens, alors que la faculté du dialogue apparaît de moins en moins possible au sein de notre démocratie. On pourrait y voir la vision d’une « identité heureuse », mais il s’agit avant tout d’une identité concrète et ouverte, qui n’abdique pas l’idée d’un dessein positif pour notre pays.

 

RECONQUÊTE RÉPUBLICAINE

Remettre la langue française au cœur de notre identité est un projet de « reconquête républicaine ». Une reconquête par l’intégration, dans laquelle la langue doit être la priorité. Cela passe notamment par les moyens dédiés à l’apprentissage du français pour les nouveaux arrivants. À ce titre, le doublement depuis 2019 des heures de cours de français pour les étrangers s’installant légalement dans notre pays va dans le bon sens. L’application concrète des dispositifs, les ressources humaines consacrées et l’effectivité de l’évaluation demeurent une source d’amélioration. Apprendre la langue ne doit plus être considéré comme un outil de l’intégration parmi d’autres, mais comme l’intégration elle-même.

Il y a également une reconquête du français à mener au sein de l’école. Réparer la fracture linguistique. Dans notre pays, un élève sur cinq ne maîtrise pas correctement la lecture et l’écriture en CM2, alors même que les standards d’évaluation ont été abaissés ces dernières années. La réforme conduite par le  ministre de l’Education nationale du dédoublement des classes dans les zones prioritaires en CP et en CE1 relève d’une prise de conscience qui était attendue. Dans le 18ème arrondissement, qui en est le premier bénéficiaire à Paris, cet effort envers celles et ceux qui ont moins de capital de départ répond à un devoir d’égalité des chances de la République.

La langue française est enfin le moteur du rayonnement de notre identité.

Elle n’est pas seulement un objet de fierté par la beauté de sa musique, la diversité de ses auteurs et la richesse de son patrimoine. Notre langue est aussi un instrument de puissance sur la scène internationale. Penser et écrire en français, c’est d’une certaine façon porter une vision du monde que la langue structure et façonne. Pour reprendre les mots du philosophe Hegel, « c’est dans les mots que nous pensons ». Redonner de la force à la langue française participe activement à promouvoir le multilatéralisme qui est au cœur de notre conception des relations internationales. A cet égard, au plus près de nous, prenons garde à la baisse continue du français comme langue de travail dans les institutions européennes.

Mettre la langue française au cœur de notre identité, c’est finalement l’inscrire dans quelque chose de plus grand, qui répond à son aspiration universelle : une communauté d’imaginaires, de pensées et de destins que représente la francophonie. Nous devons chérir ce bien précieux que nous avons en partage avec les 300 millions de francophones dans le monde, et dont le nombre devrait doubler d’ici 2050. Notre devoir et notre intérêt sont de donner à l’ambition de la francophonie davantage de moyens afin d’assumer son rayonnement. Au-delà de l’enjeu stratégique pour notre pays, il y a une fierté collective à assumer cette singularité culturelle.

La langue et l’identité sont intimement liées, elles disent ce que nous sommes. Gardons à l’esprit les mots de Jean-Marie Gustave Le Clézio : « il faut que l’amour de la langue française soit aussi l’amour de celles et ceux qui l’ont choisie. »

 

——————————————-

 

Le député P-Y Bournazel est membre du parti politique AGIR parti de la droite dite constructive, pas tout à fait LREM. Cependant, si on ne partage pas forcément toutes les idées véhiculées dans ce texte il y a au moins matière à débat.

La facilité est là, accuser l’école alors qu’on participe à une majorité parlementaire  qui participe à la déconstruction de l’école républicaine, qu’il réclame, au profit d’une privatisation qui n’est même plus rampante affaiblit le propos. De plus l’utilisation « snobinarde » systématique  des expressions anglo-saxonne par les praticiens médiatiques est oubliée. Enfin, quand ceux qui se croient les élites politiciennes ne donnent pas l’exemple...

Ces remarques ne doivent  pas empêcher qu’une partie des arguments, même controversés, sont à considérer car mis bout à bout ils dessinent avec d’autres le contexte de la problématique du développement de la langue française.

 

JP Bernard

Lrdg 29

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17 septembre 2020 4 17 /09 /septembre /2020 05:57

Présidentielle américainePourquoi il faut se préparer au pire

 

 

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12 septembre 2020 6 12 /09 /septembre /2020 06:58

Vu d’AllemagneCoronavirus : 7 questions pour comprendre la pandémie en France

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11 septembre 2020 5 11 /09 /septembre /2020 06:35

Entretien exclusif : "Mon plan de relance", par Arnaud Montebourg

 

Dans une interview exclusive à "Marianne", l’ancien ministre du Redressement productif dissèque le plan gouvernemental, qu’il qualifie de "plan de non-relance" et avance sa contre-proposition.

 

 

Il est arrivé à la rédaction de Marianne avec sous le bras un dossier empli de fiches annotées. Sa lecture (très) critique du plan de relance à 100 milliards d’euros annoncé par le gouvernement le 3 septembre. Selon lui, il s’agit plutôt « d’un plan de non-relance », « sous-calibré rapporté à la perte de richesse de 267 milliards d’euros en 2020 » et qui abandonne la France des petites entreprises alors que c’est « elle qui va trinquer ». Sur les 100 milliards du plan, il compte « 60 milliards de mesures non opérationnelles », dépensées et investies beaucoup plus tard, « paralysées par le système bureaucratique », car soumises à permis de construire, appels d’offres, autorisations administratives… Ne pas en déduire pour autant qu’il valide les 40 milliards de mesures immédiatement opérationnelles.

 

En préalable, l’ancien ministre de François Hollande pointe le problème des 120 milliards d’euros de prêts garantis par l’Etat. Selon lui, « un carnage économique et social » en perspective, avec l’émergence « d’entreprises zombies » qui ne pourront pas rembourser ces prêts. Mais il s’insurge surtout contre la baisse aveugle des impôts de production des entreprises. Selon lui, « une subvention pure et simple, sans contrepartie ».

Dans l’interview qu’il nous a accordée (disponible dans son intégralité ici), Arnaud Montebourg détaille le remède qu’il propose, alors que selon ses projections, l’économie française risque de subir la disparition de près de deux millions d’emplois, à la suite de la crise du coronavirus.

 

RELOCALISATION DES ACTIVITÉS DIRECTES

Sa réponse passe par le non-respect d’un certain nombre de règles européennes, en particulier celles de la commande publique. Il propose également de conditionner la suppression des impôts de production à la relocalisation des activités directes ou sous-traitées des entreprises. Des opérations surpervisées depuis un « cabinet ministériel de guerre économique ».

Il déplore également que le plan de relance n’aborde que peu la question de la montée de la pauvreté dans le pays et juge le gouvernement « responsable de non-assistance à Français en danger ». Il expose trois pistes pour répondre à la situation sociale : « ouverture d’écoles d’urgence dans les secteurs d’avenir », « rachat de certains hôtels en difficulté pour les transformer en logements », « instauration de tickets alimentaires ciblant l’agriculture biologique ».

 

Qui pourrait mettre son plan en œuvre ? Pour lui, « le projet vital pour le pays est un projet de reconstruction nationale avec toutes les forces capables de le faire dans une démocratie refondée ». Il prône une économie « avec de la codécision, du partage du pouvoir et du capital ». Selon lui, « le projet d’Emmanuel Macron a vécu, mort-né dès qu’il fut démasqué, faute du soutien de la grande masse des Français », et il faut donc « inventer l’après ».

 

In marianne.net 09-2020

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10 septembre 2020 4 10 /09 /septembre /2020 06:54

Les impasses du roman national

 

Dans le discours d’Emmanuel Macron à l’occasion du cent-cinquantenaire de la République, les omissions, si j’ose dire, sautent aux yeux. Il nous invite à prendre toute la République « en bloc », mais il en oublie la moitié. Sans parler des captations d’héritage.

 

 

Du classique, rien que du classique ! Quand le climat social s’alourdit, faites souffler sur le pays un petit vent d’angoisse sécuritaire, puis embarquez le dans un bon vieux et sulfureux débat identitaire. Refrain archi connu. Sarkozy en avait fait une méthode de gouvernement. Valls en fit une arme qui faillit être fatale à la gauche. Et voilà que Macron, l’ancien partisan d’une laïcité ouverte – c’était il y a seulement trois ans, c’est court pour changer à ce point d’opinion ! – ne résiste pas à la tentation de recourir à cette nouvelle loi d’airain de la politique qui mêle l’identitaire et le sécuritaire. Avec, cette fois, une surenchère qui ne fait pas dans la nuance : la République serait menacée de « séparatisme »… Pour l’intendance, le Président a trouvé en Darmanin son Manuel Valls. Tout est donc en place pour cette sourde guérilla aux camps bien tranchés. L’ennemi de l’intérieur est clairement désigné. La loi, hélas, ne sanctionne pas encore le harcèlement antimusulmans… Mais Daech, le burkini, les imams, les associations sportives ou culturelles qui ne font pas assez allégeance à la laïcité figurent en vrac dans l’entretien que donnaient, lundi au Parisien-Aujourd’hui en France, Gérald Darmanin (venu de la droite) et Marlène Schiappa (venue de la gauche) dans un chœur idéalement macroniste. Si, de surcroit, on peut rogner sur le budget des associations, c’est tout bénéfice. Et pour mettre les sceptiques du côté du gouvernement, la traque des petits consommateurs de shit gonflera les statistiques.

 

Il ne s’agit évidemment pas ici de contester l’existence de la délinquance dans notre pays, ni de la grande misère, et de l’insécurité qui pourrit la vie de certaines cités. Mais notre droit est doté d’assez de lois pour réprimer ce qui doit l’être, et poursuivre, par exemple, les gros trafiquants. On s’interroge donc sur le moment. Pourquoi maintenant ? Il y a, bien sûr, le climat social. Mais il y a aussi et surtout une stratégie électorale qui peu à peu prend forme. Emmanuel Macron pense que la présidentielle se jouera à droite. Il lui faut donc continuer d’assécher le terreau de la concurrence LR et, dans le même élan, réduire le pré carré de Marine Le Pen. Dans ce scénario, le Président s’est réservé le beau rôle. Celui de l’historien ou du philosophe. Son discours prononcé devant le Panthéon, le 4 septembre, à l’occasion du cent-cinquantenaire de la République, a tissé la toile de fond idéologique indispensable à l’opération. Mais, même en altitude, la pensée macronienne est réactionnaire. Le roman national qu’il nous a servi est tout en lumière aveuglante. Les omissions, si j’ose dire, sautent aux yeux. Le Président nous invite à prendre toute la République « en bloc », mais il en oublie la moitié.

 

Le mot « colonialisme » n’y figure pas une seule fois. Le retard historique du droit de vote aux femmes devient motif de fierté. Le principe égalitaire est présenté comme une réalité. Et la démocratie est réduite à « la liberté de participer au choix de ses dirigeants ». On pense à la phrase de Rousseau analysant en 1755 la jeune démocratie anglaise : « Au lendemain du vote, le citoyen n’est plus rien. » Dans cette histoire là, le mouvement social, qui ne se contente pas du verdict des urnes, se sent à l’étroit.

 

C’est le roman d’une seule France, dans lequel tant de nos concitoyens ne peuvent évidemment se reconnaître. Sans parler des captations d’héritage. Emmanuel Macron se réfère à la République sociale, qui assurément n’est pas la sienne, et à l’État-providence, que sa politique est en train de ruiner. Pourquoi donc se gêner ? Il s’approprie Jaurès, Blum, Mendès France (Sarkozy nous avait déjà fait le coup). A la fin, la confusion idéologique est à son comble. Il instrumentalise des concepts qu’il fige pour un usage personnel : la République, la laïcité, qui font l’objet de batailles d’interprétation autrement complexes, deviennent des dogmes à lecture exclusive. Tout ça pour redescendre trop vite au niveau du calendrier de la semaine : le « séparatisme », érigé soudain en menace existentielle. C’est la Patrie en danger ! Et voilà qu’une loi, une de plus, va viser une partie de nos concitoyens. Ceux, sans doute, qui chantent mal « La Marseillaise ».

 

Ce discours, qui fait de la République un phare identitaire, révèle aussi un paysage bancal. La gauche n’y a aucune place. Fût-ce même comme adversaire. La France politique de Macron est une peau de chagrin. Il est vrai que depuis un certain colloque de Villepinte, en 1997, la gauche a cédé du terrain dans un débat qui devrait pourtant la définir en tant que gauche. Il n’y a pas de politique sécuritaire sans politique sociale. C’est l’un des sujets, avec bien d’autres, sur lesquels il va falloir s’entendre. L’espoir est venu ces jours-ci de La Charité-sur-Loire, où se tenait la deuxième édition du Festival des idées. Des fils rompus ont été renoués. Tout le monde reparle avec tout le monde. Et c’est déjà beaucoup. Dans un livre (1), Lionel Jospin y a ajouté quelques propos bienveillants pour Mélenchon, qui a répondu sur le même ton dans l’Obs. La gauche a besoin de toutes ses forces dans une France malade culturellement autant que socialement.

(1) Un temps troublé (Le Seuil).

 

 

PAR DENIS SIEFFERT

PUBLIÉ LE 9 SEPTEMBRE 2020 dans Politis.fr

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9 septembre 2020 3 09 /09 /septembre /2020 14:23

Vu du Royaume-Uni

 

L’“ensauvagement” de la France n’est qu’un mythe raciste

 

2 MIN

POLITICO (BRUXELLES) via Courrier international.

 

La polémique française sur ce terme employé récemment par le ministre de l’Intérieur trouve son écho à l’étranger. Pour cet ancien correspondant britannique, il ne recouvre aucune réalité.

 

 

“Que ce soit clair : les récents actes de violence ne doivent pas être passés sous silence ni minimisés”, concède John Litchfield. Mais parler d’“ensauvagement” dans la France en 2020 est pour ce journaliste de Politico “une aberration”.

Il est vrai, rappelle-t-il, que des incidents ultraviolents sont survenus cet été à Bayonne, par exemple, ou à Lyon. Dans le premier cas, un chauffeur de bus a été tué pour avoir rappelé l’obligation du port du masque ; dans le deuxième, une jeune femme est morte après avoir été traînée pendant 800 mètres par une voiture. Il existe aussi l’éternel problème de la violence entre bandes au sein des banlieues françaises. Mais, pour autant, ce terme récemment remis au goût du jour par Marine Le Pen sert avant tout un discours politique.

“L’idée que la France s’enfoncerait dans un monde apocalyptique, où les migrants régneraient par la terreur […] est un mensonge destiné à attiser la haine et le racisme. Ce que Marine Le Pen laisse entendre sans grande subtilité, c’est que les personnes issues des minorités visibles sur le sol français, qu’il s’agisse de Français ou de migrants, sont persona non grata. Selon la dirigeante du RN, la violence est dans leur ADN et leur culture est trop différente de la culture française.”

Mais, en réalité, il y a aujourd’hui de moins en moins de violence en France, souligne le journaliste, chiffres à l’appui : ces derniers vingt-cinq ans, le taux d’homicides a chuté presque de moitié. Ramené à la population, il est cinq fois moins élevé qu’aux États-Unis. Le nombre de vols avec violence et des actes de violence est stable, et même en régression si l’on exclut les agressions sexuelles. Plus récemment, entre 2012 et 2018, les incidents violents ont chuté de 647 000 à 579 000.

 

Une société moins violente selon les chiffres

 

Mais “qu’elles soient vraies ou fausses, les rumeurs continuent de se propager”. Conséquence : 60 % des Français affirment que l’insécurité augmente et que le sujet se trouvera tout en haut des préoccupations lors de la campagne présidentielle, explique Litchfield, qui, du coup, pour démontrer le “grotesque” de cette argumentation propose d’inverser la logique. Car, si les chiffres de la violence sont en baisse, ceux des migrants présents en France, eux, augmentent.

“Au cours de l’histoire française récente, le nombre d’homicides a explosé à la fin des années 1940, puis des années 1970 jusqu’au milieu des années 1990. La France compte aujourd’hui 6 500 000 personnes d’origine étrangère, soit un peu moins de 10 % de la population – des Algériens comme des Américains. En 1975, le pourcentage de personnes d’origine étrangère en France était de 7,4 %. En 1946, il était de 5 %.”

Au cours de ces deux périodes, toujours selon les statistiques, les actes criminels violents étaient plus répandus qu’aujourd’hui. Et le journaliste de conclure :

Si l’on suit la logique de Marine Le Pen, il est tout à fait possible (et probablement tout aussi trompeur) de dire que l’augmentation du nombre d’étrangers a fait de la France un espace plus sûr et plus paisible.”

 

 

Source

Politico

BRUXELLES http://www.politico.eu

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7 septembre 2020 1 07 /09 /septembre /2020 07:20

ArchitectureNotre-Dame de Paris, un édifice pas si catholique

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6 septembre 2020 7 06 /09 /septembre /2020 10:37

Pour une éthique de la non-coopération démocratique

 

L’association Sciences citoyennes expose les raisons qui l’ont conduite à refuser une audition parlementaire dans le cadre du projet de loi de programmation de la recherche, fortement contesté.

 

 

Le monde associatif militant est confronté à un dilemme récurrent : participer sans compter à l’ensemble des manifestations où son message pourra être diffusé, entendu, et, qui sait, modifier l’ordre existant ? Ou bien choisir avec parcimonie, quitte à se priver de tribunes, les occasions qui sont sans risque d’instrumentalisation ou de récupération, et lors desquelles son impact et de véritables alliances lui permettront de changer le cours des choses

 

 

La dernière controverse de l’été, dans le microcosme de l’écologie politique, illustre l’inconfort de certains invités à participer à un événement soutenu par de nombreux sponsors trouvant, par le biais d’un faible soutien financier, une occasion idéale de « greenwashing », permettant de masquer des pratiques réelles désastreuses pour l’environnement par une communication d’influence. Encore plus récemment, trois associations environnementales ont annoncé leur décision de boycotter le Conseil national de la transition écologique pour dénoncer les atteintes régulières au droit de l’environnement que le gouvernement et la majorité ont de plus en plus de mal à dissimuler derrière les consultations de façade.

 

 

À notre tour, à la suite d’une invitation à échanger dans le cadre d’une audition par les rapporteurs de la commission Culture de

l’Assemblée nationale sur le projet de loi de programmation de la recherche, nous partageons ici nos interrogations sur notre rôle et nos stratégies d’alliance, face à ce qui ressemble fort à une tactique de « democracy-washing ».

 

 

 

Résumé des manœuvres

 

Acte 1 : Le 1er février 2019, l’ancien Premier ministre Édouard Philippe annonce l’ouverture de groupes de travail pour préparer une loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). Comme nous l’avions signalé à l’époque dans une lettre ouverte à la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le processus ne s’est pas engagé de la meilleure façon qui soit.

Alors que chaque nouveau débat (OGM, 5G…) met en évidence l’impact énorme des technologies sur la vie de chaque citoyenne et de chaque citoyen, la question des orientations scientifiques et politiques que l’État veut faire prendre à son système public de recherche n’est pas traitée. Cette future loi concerne avant tout les modalités « techniques » du pilotage étatique (recherche sur projet, attractivité des carrières, innovation et recherche partenariale) plutôt que les finalités et les garde-fous. Par ailleurs, sa préparation ne semble impliquer que certains « sachants » parlementaires, scientifiques, dirigeants d’organisme de recherche et acteurs industriels, les représentants syndicaux n’étant pas conviés.

 

Acte 2 : En parallèle de la mobilisation contre le projet de loi sur les retraites, la communauté académique est consultée sur cette LPPR durant l’automne-hiver 2019-2020, sans que les revendications qui sont alors exprimées soient entendues par les rédacteurs du projet. Sciences citoyennes participe à la réflexion collective en organisant un séminaire à l’Assemblée nationale, avec la participation de syndicats, d’associations et de coordinations de chercheurs, en présence de parlementaires, et en sollicitant la rencontre avec un membre du cabinet de la ministre. Nos propositions Pour une recherche avec et pour les citoyens y sont présentées, afin que le débat autour de l’organisation du système de recherche s’élargisse aux questions suivantes :

  • Quels sont les acteurs légitimes pour effectuer les choix scientifiques et techniques ?
  • Quel est le sens du métier de chercheur au XXIe siècle ?
  • Avec quel(s) partenaire(s) préférentiel(s) la recherche doit-elle être menée ?

Nous proposons, notamment, d’organiser des conventions de citoyens afin de débattre démocratiquement des priorités assignées à notre recherche publique et de mettre en place les mécanismes ad hoc pour en suivre l’exécution.

La mobilisation contre le projet de loi recherche culmine quelques jours avant le confinement, avec une forte mobilisation le 5 mars 2020.

 

Acte 3 : Après l’annonce présidentielle de suspension de tous les projets de loi en cours, alors que le pays se réveille exsangue du confinement et que les établissements de recherche et d’enseignement restent clos, le projet de loi LPPR est diffusé début juin, à quelques jours des vacances scolaires. Il est débattu au Cneser (1) dans des conditions rocambolesques et recueille, avant son adoption en Conseil des ministres le 22 juillet, nombre d’avis défavorables (quasi-unanimité des organisations syndicales, sociétés savantes, CESE [2]). La procédure accélérée est enclenchée sur ce texte, ce qui réduira les temps de discussions parlementaires.

 

Acte 4 : Des invitations sont lancées durant l’été pour des auditions par les rapporteurs de la commission Culture de l’Assemblée nationale, à tenir entre le 27 août et le 4 septembre. Les auditions se tiennent en visioconférence, ne sont pas retransmises, ne donnent pas lieu à un compte rendu. L’agenda prévoit un examen des articles dans les semaines du 14 et du 21 septembre à l’Assemblée nationale, durant ces mêmes semaines de rentrée où les enseignants-chercheurs devront redoubler d’énergie pour permettre d’accueillir les étudiants nombreux, dans des conditions dégradées.

Peut-on encore parler de démocratie dans ce processus de passage en force ? Doit-on participer à un processus réduisant la consultation à peau de chagrin, dans des temporalités inappropriées, avec un manque de transparence sur les informations dont disposeront, à la suite des auditions, les représentants de la nation, et surtout contre l’avis de la majorité des acteurs concernés (3) ?

Tout comme dans les controverses citées en introduction, l’urgence pour notre association est d’identifier quelle stratégie adopter aujourd’hui pour parvenir aux changements souhaités. Ceux-ci concernent justement l’exercice de la démocratie, pour des sciences ouvertes au service du bien commun. Depuis sa création en 2002, Sciences citoyennes promeut l’appropriation citoyenne et démocratique des sciences. Par ses travaux sur les conventions de citoyens ou la recherche participative par exemple, elle dessine les conditions et méthodologies permettant l’information, l’expression et la prise de décision éclairées sur les questions scientifiques et techniques. Elle propose des dispositifs favorisant la liberté d’expression et limitant les conflits d’intérêts. Dans cette démarche, elle accorde une place centrale à la reconnaissance des différentes formes de savoir, à l’intelligence collective émanant d’un collectif complètement informé (donc capable d’un avis en connaissance de cause), à la transparence des procédures aboutissant à la décision politique.

 

Dans les conditions de vie désormais explicitement intenables dans lesquelles nous nous trouvons, le temps des compromis et des énergies dissipées ne semble plus le bon. Si des alliances doivent être créées, ce sera avec des acteurs qui ne considèrent pas la démocratie comme un vernis recouvrant l’autoritarisme, qui placent la question de la réorientation de nos sociétés techno-industrielles comme majeure pour l’avenir, qui ne voient pas la recherche scientifique comme une garantie de la « capacité de notre économie à croître », et ce sans considération pour la destruction de notre environnement naturel, social et démocratique.

C’est pourquoi nous avons refusé l’audition proposée par les rapporteurs de la commission des Affaires culturelles et de l’Éducation de l’Assemblée nationale. C’est pourquoi nous en appelons à la communauté scientifique et au monde associatif militant pour enrichir nos réflexions et nos capacités de contre-propositions sur une loi de programmation de la recherche véritablement digne des enjeux de ce siècle.

 

(1) Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche, juridiction administrative et comité consultatif placé auprès des ministères chargés de l’Enseignement supérieur et de la recherche.

(2) Conseil économique, social et environnemental.

(3) Voir la liste des 335 laboratoires mobilisés contre la LPPR en janvier 2020 : https://universiteouverte.org/2020/01/26/liste-des-labos-mobilises/

 

PAR SCIENCES CITOYENNES

PUBLIÉ LE 4 SEPTEMBRE 2020 in Politis.fr

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2 septembre 2020 3 02 /09 /septembre /2020 08:35

La gauche fourbit ses armes

 

Forts en influence, mais faibles en organisation, les Verts sont offerts à tous les pillages. Les prochaines échéances électorales auront pour eux cet enjeu crucial de savoir s’ils vont pouvoir prétendre mettre en œuvre à grande échelle la politique qu’ils préconisent.

 

 

Les idées d’abord, le choix des personnes ensuite. Jolie formule, un peu usée, mais que l’on a beaucoup entendue ces jours-ci dans les allées des journées d’été des mouvements politiques. Il y a les sincères qui y croient encore ou qui voudraient y croire, et ceux qui la répètent pour amuser et abuser les journalistes, eux-mêmes obsédés par cette unique question : qui sera candidat à la présidentielle de 2022 ? La vertueuse formule n’est plus alors qu’un vulgaire teasing. Certes, il existe des espaces dont l’échange des idées est la raison d’être. Nous aurons les 4, 5 et 6 septembre la deuxième édition du Festival des idées initié par Christian Paul et Guillaume Duval. Sorte de révolte tout à fait pacifique contre la dictature d’un calendrier de plus en plus vorace, et lieu indispensable de convergences. Chez les Verts, on a tout de même une bonne raison de répéter la jolie formule : il y a deux candidats et on espère, en gagnant du temps, s’éviter une guerre fratricide entre Éric Piolle, le maire de Grenoble, et Yannick Jadot, député européen qui fait jusqu’ici la course en tête. Mais gagner du temps, c’est en perdre pour Jadot, qui espérait s’être imposé comme le candidat naturel. Côté idées, les Verts sont plutôt bien pourvus. Leurs idées sont devenues des faits. Le moment est écologique. Ils ont gagné, comme on dit, la bataille culturelle, et commencé, avec les municipales, à convertir ce succès en politique. La crise du coronavirus ne fait que valider dramatiquement leurs analyses.

 

Les Cassandre ne sont plus des oiseaux de mauvais augure, mais des lanceurs d’alerte universels. Tout le monde vient chasser sur leurs terres, et parfois braconner. C’est le cas de la droite, qui essaie de nous convaincre que le libéralisme qui ruine la planète va, à présent, la sauver. Forts en influence, mais faibles en organisation, les Verts sont offerts à tous les pillages. Les prochaines échéances électorales, régionales et départementales d’abord, et présidentielle ensuite, auront pour eux cet enjeu crucial de savoir s’ils vont pouvoir prétendre mettre en œuvre eux-mêmes à grande échelle la politique qu’ils préconisent.

 

 

 

 

Et du côté de Mélenchon, quoi de neuf ? On ne lui fera pas le mauvais procès d’être un écologiste de la 25e heure. Certes, il ne vient pas de cette culture-là, mais il a su intelligemment l’intégrer à son corpus idéologique. Avec de subtils amendements qui n’auront pas échappé à son auditoire de dimanche dernier, en conclusion des journées d’été de La France insoumise. Ils auront noté que la hiérarchie de son discours s’est inversée : c’est à présent l’écologie d’abord. L’insoumis a compris que le sujet – qui ne cesse jamais d’être social – offrait le champ du plus vaste rassemblement. Trop grand pour une classe, mais parfait pour un « peuple » et pour un « populiste de gauche » ! Mais alors, où est le débat avec les Verts ? Côté candidature, Mélenchon a un coup d’avance. Il me pardonnera de ne pas croire à ses grosses ficelles. Vu le caractère « gazeux » de La France insoumise, on voit mal ses amis (qu’il « consultera » avant de prendre sa décision) lui dire : « Non, Jean-Luc, tu n’es pas assez bon orateur. » C’est donc entendu, Mélenchon sera candidat pour 2022. Peut-il s’entendre avec Jadot ou Piolle, le moment venu ? Peu probable, même s’il fait soudain « patte de velours ». Sans compter qu’il y aura peut-être d’autres candidats du côté des repentis du PS, notamment. On sait comment cela se termine : à coups de sondages. Un candidat prendra le pas à l’approche de l’échéance, et contraindra l’autre à se retirer ou à faire de la figuration. Scénario connu. Mais je me garderai de réduire à mon tour la politique et le destin de la gauche à un duel d’ego.

 

Si l’écologie, dans ses grands principes, et surtout dans son urgente nécessité, fait consensus, le débat de fond n’est pas clos pour autant. Mélenchon a fait dimanche l’éloge vibrant de la planification écologique. Le jacobin a vanté les vertus des nationalisations, des relocalisations qui restituent notre souveraineté, et des réquisitions. Il a mis en forme ce qu’il avait défendu au plus fort de la crise des masques et des respirateurs, pour en faire une politique. L’argumentaire ne manque pas de force en temps de crise. Dommage qu’il soit associé à un éloge du système cubain qui mériterait quelques nuances, surtout s’agissant des médecins dépêchés comme agents de propagande dans des conditions discutables, et à un couplet nostalgique sur l’URSS, qui avait, dit-il, des « défauts ». Oui, le Goulag ! Des « défauts » dont Poutine a visiblement gardé de mauvaises habitudes dans le traitement de ses opposants. Cela est venu brouiller, juste avant que retentisse « La Marseillaise », un message qui sera au cœur du débat. Centralisation et renforcement de l’État, d’un côté, décentralisation et enracinement dans les territoires, de l’autre. L’histoire est en marche.

 

PAR DENIS SIEFFERT pour POLITIS.FR

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19 août 2020 3 19 /08 /août /2020 12:48
 

La racialisation de la question sociale est une impasse

Le texte ci-dessous a été publié le 24 juillet. Bien qu’il émane d’une association politique, la rédaction d’UFAL Flash croit utile de le porter à la connaissance de ses lecteurs, car il présente une analyse que nous partageons.

NDLR

Alors que notre pays traverse une grave crise sociale, qui touche l’ensemble des membres de notre société, certains se sont emparés de l’affaire Georges Floyd pour tenter d’assimiler la France à un pays raciste.

NOTRE HISTOIRE

Rappelons que notre pays n’a jamais connu la ségrégation, qu’il a été le premier, au nom de l’égalité, à abolir l’esclavage dès l’apparition de la République (1794), puis définitivement dès son retour en 1848, et qu’avec la fin du colonialisme – que ses propres idéaux condamnaient – il a parié sur l’égalité, rejetant les séparations selon les différences pour favoriser le mélange. Il a su donner les mêmes droits civils, économiques et sociaux à chacun, pour dépasser par le haut les contradictions du passé.

Cela a été le fait non seulement du combat des républicains, mais aussi des luttes sociales dont bien des acquis sont inscrits dans notre Constitution. C’est une chance pour tous ! C’est d’ailleurs ce qui justifie aux yeux de bien des migrants de rejoindre notre territoire, la France étant devenue depuis 2019 la première terre d’asile d’Europe.

Aucune discrimination ne doit rester sans réponse, mais comment suivre ceux qui entendent assigner aux problèmes sociaux une origine uniquement raciale ? Selon le baromètre de la Commission nationale consultative des droits de l’homme, la France n’a jamais été aussi tolérante et ouverte à l’égard des étrangers. Le Défenseur des droits recense, en matière de discriminations diverses, 5.448 réclamations (rapport 2019) dont 14,5% relatives à l’origine et 2,6% relatives aux convictions religieuses (21,3% et 3,7% respectivement en 2016). On comprend mal comment on peut parallèlement affirmer qu’il s’agirait d’un phénomène de masse, dit « systémique », car même en multipliant les réclamations par dix, nous en serions encore loin.

LES INÉGALITÉS

S’il y a des personnes pour lesquelles l’exercice de leurs droits est mis en cause en raison de leur couleur, de leur religion, de leur sexe, de leur orientation sexuelle ou de leur handicap, cela relève d’une rupture de l’égalité qu’il faut combattre, et non des conséquences d’un « privilège blanc » qui n’est qu’un fantasme amenant le combat pour une cause juste dans une impasse. On justifie même l’idée folle d’une police au service de ce prétendu « privilège », par essence raciste, alors qu’elle est à l’image de notre société, diverse. Elle est tenue au respect des droits de chacun, et vu ce qu’elle représente, elle doit se montrer exemplaire ; mais les dérives à combattre ne peuvent pas être généralisées.

La France est avant tout un pays de services publics qui bénéficient à tous, reflet du principe d’égalité qui trône au sommet de nos institutions, un pays où personne ne meurt devant un hôpital parce qu’il est de telle ou telle origine ou classe sociale. Selon le Défenseur des droits, le premier critère de discrimination en France est le handicap, avec 22,7% des réclamations. N’y aurait-il que des non-blancs qui en soient l’objet ? On voit combien il est absurde de tout rabattre sur la seule question de la couleur ou de l’origine.

LA CLASSE SOCIALE, VRAI MARQUEUR

Comme le souligne l’Observatoire des inégalités, à classe sociale égale, les enfants d’immigrés réussissent aussi bien que les enfants de non-immigrés. C’est bien l’appartenance à une classe sociale qui reste, en matière de réussite, le critère fondamental. C’est la place des enfants d’ouvriers qui n’a cessé de reculer dans les grandes écoles, toutes origines confondues.

À ne plus voir les choses que par le prisme de la différence entre les « blancs » et les autres, on alimente une victimisation généralisée, justifiant de ne plus penser qu’en termes de minorités opprimées et de séparation. On se monte les uns contre les autres. On rend ainsi un service inespéré à l’extrême-droite, dont cette division est le fonds de commerce, comme à un ultralibéralisme mondialisé qui conteste la souveraineté des peuples, favorisant un modèle multiculturel anglo-saxon de cloisonnement identitaire qui annule la capacité à agir des forces sociales autant que celle à décider des citoyens. Il est d’ailleurs époustouflant de voir importer des États-Unis, par des gens se revendiquant comme de « gauche », une idéologie raciale qui y a depuis toujours concouru à la devise « diviser pour mieux régner », reléguant la question sociale tout en enfermant chacun dans une case. Nous n’en voulons pas !

FAIRE RÉSONNER LA RÉPUBLIQUE

Nous ne faisons qu’un peuple, croyants ou incroyants, de diverses origines ou couleurs, aux yeux de la République. Celle-ci est à la fois laïque, parce que l’État séparé des cultes ne reconnaît que des individus de droit par-delà les différences, et sociale, parce qu’en conséquence, la protection sociale est aveugle à tous les particularismes. Nous nous engageons à lutter pour l’idéal de liberté, d’égalité et de fraternité, car il est loin d’être mis en pratique toujours et partout, plutôt que pour un monde où chacun défend les droits de sa « race » ou de sa religion. Il n’y a d’espoir que dans un combat politique où le peuple joue le premier rôle, celui d’un corps de citoyens souverains, qui voit plus haut et plus loin, pour le bien de tous

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